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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 08:13
La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez

Hélas, mille fois hélas, sa triste réputation fait que tout le monde a entendu parler de Josef Mengele, le bourreau nazi et de sa probable cavale en Amérique du Sud. Avec ce livre Olivier Guez met un terme aux doutes, aux  légendes, aux  fantasmagories et aux mensonges proférés pour couvrir la fuite de ce sinistre individu. Il a enquêté dans les archives et sur le terrain,  vérifié, validé, recoupé  les informations pour écrire enfin la véritable destinée de celui qui fut l’un des plus cruels bourreaux de l’ère nazie, pour que l’on sache la vérité sur cette cavale et que l’on connaisse les complicités dont il a bénéficié.

 

 

La disparition de Josef Mengele

Olivier Guez (1974 - ….)

 

 

Olivier Guez a eu le courage et le talent de s’attaquer à l’un des redoutables mythes du XXe siècle, à nous narrer la fuite et la cavale du tristement célèbre docteur d’Auschwitz  Josef Mengele entretenues par une abondante littérature tant journalistique que livresque. Quand j’étais encore à la communale (1960 – 1961), l’instituteur me laissait lire une revue d’histoire et de géographie qui publiait déjà des articles sur les abominables expériences de cet ignoble bourreau et sa disparition mystérieuse en Amérique du sud vraisemblablement. De nombreux auteurs, dont notamment Simon Wiesenthal, ont contribué à fabriquer la légende qui est vite devenue mythologique tant le triste héros semblait filer avec une grande aisance entre les mailles des filets lancés sur sa personne. Et cette légende sordide a vécu de longues années après sa mort.

 

J’avais déjà lu de nombreux textes sur ce personnage avant de connaître celui de Guez et  je ne pensais pas découvrir beaucoup de choses nouvelles et, pourtant, la réalité qu’il révèle est un peu différente de ce que la légende a pu véhiculer. La légende du grand dignitaire nazi régnant sur une armée de sbires à sa botte, protégé par tous les pouvoir en exercice au sud de l’Amérique, prêt à repartir en guerre à la première opportunité, en prend un coup. Il faut cependant noter qu’Olivier Guez précise que son livre est un roman, qu’il a eu besoin de la fiction pour relier certains faits dûment avérés mais globalement son texte est fortement étayé, les dates et les lieux sont toujours précis et attestés. Rien ne semble contestable dans son propos. Ce livre est donc un document de première importance pour étudier la cavale de Mengele à partir de son arrivée en Argentine. « Ce 22 juin 1949, Helmut Gregor (premier pseudonyme utilisé par Mengele lors de sa cavale latino-américaine) a gagné le sanctuaire argentin », ce qu’il a vécu avant n’est pas décrit, seulement esquissé.

 

Il y eut d’abord les années roses avec Perón qui accueillait les nazis à bras ouverts en Argentine où ils se retrouvaient au sein d’entreprises, d’amicales, de confréries, de sociétés culturelles, de maisons d’édition… L’instabilité politique en incita beaucoup à prendre la direction du Paraguay où Stroessner régnait en maître et les protégeait tout en utilisant leurs compétences pour asseoir son pouvoir dictatorial. Puis, pour Mengele, la fatwa tomba vite, il devint rapidement le criminel nazi le plus recherché après Eichmann, la fuite devint alors plus compliquée, il fallait composer avec de nombreux complices pas toujours fiables, quitter les rangs de la belle société pour se fondre dans une populace de plus de plus miséreuse.

 

Ce qui surprend dans le texte de Guez est le rôle joué par la famille Mengele lors de la cavale de son héritier : certains l’ont protégé, l’entreprise l’a toujours payé, personne ne l’a dénoncé alors que tous savaient. Les complicités étaient nombreuses en Allemagne. Mais le fuyard a aussi bénéficié des aléas des intérêts géopolitiques et des préoccupations des Etats qui pouvaient le rechercher et du peu d’empressement de ceux qui ne voulaient pas se pencher sur des dossiers brûlants au risque d’ouvrir une boîte de Pandore trop nauséabonde.

 

Tout en restant à la lisière du récit, Olivier Guez maintient  l’attention du lecteur sans jamais sombrer dans la sordidité racoleuse, sans l’éluder pour autant. Son texte est très documenté, très crédible, certainement  proche de la réalité. Il n’hésite pas à détruire le mythe du héros machiavélique imprenable et à écorner la légende tressée par ses devanciers. Nous retiendrons que la diaspora nazie était puissante, qu’elle a bénéficié de nombreux soutiens, que ceux qui ont connu et commis les horreurs de cette guerre sont presque tous décédés mais la doctrine fondée sur la prédominance d’une race supérieure n’est pas morte et d’autres rêvent aujourd’hui encore de la remettre en pratique.


Denis BILLAMBOZ


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Le sinistre Josef Mengele.

Le sinistre Josef Mengele.

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