Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 09:04
Deux personnes seules au monde de Kim Young-ha

Tous ceux qui ne connaissent pas encore la littérature coréenne pourrait s’initier grâce à ce recueil de trois nouvelles sombres et plutôt surprenantes de Kim Youg-ha, car il me semble que c’est là une excellente porte d’entrée pour partir à la découverte de cette littérature où se nichent de nombreuses perles rares comme le roman du même auteur : « Ma mémoire assassine » qui évoque la perte de mémoire si  inquiétante pour bon nombre de personnes aujourd’hui.

 

 

Deux personnes seules au monde

Kim Young-ha

 

 

Kim Young-ha est l’une de mes portes d’entrée dans la littérature coréenne moderne. Avant de le découvrir, j’avais déjà lu quelques livres d’auteurs coréens mais je n’avais pas vraiment accroché, je trouvais leurs textes trop elliptiques, si bien qu'il m'était difficile de percer leur sens profond. Après avoir lu « Ma mémoire assassine », je suis entré dans un autre univers, découvert d’autres auteurs sortant d’une littérature un peu fossilisée et proposant des textes novateurs. Avec cette nouvelle publication "Deux personnes seules au monde", Kim Young-ha propose trois nouvelles écrites avec la même virtuosité que son roman "Ma mémoire assassine".

 

La deuxième nouvelle de l'ouvrage est particulièrement remarquable, l’écrivain y déploie sa virtuosité pour construire une intrigue particulièrement sophistiquée. Une intrigue qui démonte la machination machiavélique qu’un éditeur a élaborée pour se débarrasser de son auteur vedette devenu trop coûteux pour ce qu’il produit. Ce texte comblera les amateurs de romans les plus noirs tant le sujet est machiavélique. Cette nouvelle commence par le récit de la visite chez son psychiatre d’un patient qui se prend pour un épi de maïs.

 

« Que vous arrive-t-il ? l’interrogea le psychiatre.

  • Je suis poursuivi par des poules. J’ai tellement peur. »

… d’une voix douce, son psy tenta de le rassurer.

  • Vous n’êtes pas un épi de maïs, vous êtes un homme. Vous le savez, n’estce pas ?
  • Moi, je le sais bien sûr, mais elles, docteur ? »

 

 

Dans cette nouvelle où l’on ne sait plus qui manipule qui, l’écrivain en panne d’imagination comprend vite qu’il est l’épi de maïs qu’une grosse gallinacée voudrait bien picorer, mais l’homme de lettres peut comprendre les coups les plus tordus. Il a l’esprit plus affûté que l’assassin le plus imaginatif.

 

Les deux autres nouvelles ne manquent pas d’intérêt elles aussi. L’une raconte comment un père écrase totalement sa fille préférée qui ne trouvera sa voie dans la vie qu’après le décès de celui-ci. L’autre est celle pathétique d’un couple qui s’est fait ravir son enfant unique et ne le récupère que quand l’épouse a sombré dans la folie et que l’enfant, devenu adolescent, refuse cette famille invivable, entraînant une chute tout à fait inattendue. Incontestablement Kim Young-ha est un grand écrivain, un conteur qui sait construire des intrigues sophistiquées dans lesquelles il égare le lecteur le plus attentif pour le surprendre par une chute des plus époustouflantes.


Denis BILLAMBOZ


Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer  ICI


RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL


 

L'écrivain coréen Kim Young-ha

L'écrivain coréen Kim Young-ha

Partager cet article
Repost0

commentaires

E
Bien entendu on ne peut généraliser, mais je découvre (un peu) le cinéma coréen avec plaisir, et ce livre lui aussi est noir, astucieux, comme les films vus...
Répondre
D
Je reçois des livres coréens de temps en temps et j'ai trouvé de véritable bijoux dans cette littérature qui n'est pas si éloignée de la nôtre. Notamment un roman de cet auteur sur la maladie d'Alzheimer, "ma mémoire assassine", court mais très judicieux et très adroitement construit.
A
Lorsqu'il y avait encore le Festival du cinéma asiatique à Deauville, supprimé depuis peu par souci d'économie, j'ai découvert la beauté du cinéma coréen avec beaucoup d'intérêt. Il peut être violent mais également d'une lenteur calculée comme un long poème.

Présentation

  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
  • Contact

TEXTE LIBRE

 4016234704 (Small)

Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pours recevoir.
   Goethe

 

 MES DERNIERS OUVRAGES PUBLIES ( cliquer sur l'icône pour accéder à leur présentation )

 

1184097919 profil de la nuit  2851620614

les signes pourpres  3190-NEL i 978-3-8417-7335-7-full

 

SI VOUS PREFEREZ LES IMAGES et le 7e Art, RENDEZ-VOUS SUR MON BLOG : 

 

Bannière pour Armelle 1 

 

 

Recherche