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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 08:54
Arbres de Ji Dahai

Pour cette publication, j’ai choisi pour la première fois un livre presque totalement en images qui présente des tableaux d’un peintre sino-français installé en Arles. Ces superbes tableaux sont tous complétés par des idéogrammes chinois et un court poème. C’est un livre magnifique qui enchantera tous ceux qui l’acquerront.

 

 

Arbres

Ji Dahai (1968 - ….)

 

 

Né en Chine, vivant en Provence, Ji Dahai a son atelier en Arles. Cet artiste conjugue la calligraphie, la peinture et la poésie en un seul art et, dans cet ouvrage, rend hommage à la forêt où il se plaît à déambuler en écoutant la voix des arbres.

« … je flâne dans la forêt où les arbres chantent dans toutes les langues, les langues des poètes. »

Ce présent ouvrage n’est pas seulement  un beau livre, c’est un magnifique livre, une merveille qui comporte plus d’une centaine de peintures. Des peintures aux teintes allant du vert d’eau au gris le plus foncé en passant par toute une gamme de bronze, du jaune à l’ocre avec une pointe de rouge, de ce rouge comme la Provence en a tellement produit. Et cela en équilibre entre deux cultures,

« Deux cultures, chinoise et française, me nourrissent. L’une depuis ma naissance, l’autre depuis l’âge de onze ans. Heureuses rencontres en moi de grands esprits parfois, je me retrouve plus souvent au milieu de coutumes qui s’opposent. »
 

Ji Dahai a fondé son œuvre sur la calligraphie qui est la base de tout son art.
 

« L’unique trait qui forme « Un » à l’horizontale marque la séparation entre le Yin et Yang, entre la terre et le ciel … Ce trait fait naître ainsi une civilisation où la peinture, la poésie et la calligraphie ne font qu’un. »
 

Chaque peinture présentée dans cette exposition de papier est ornée d’un texte calligraphié : une citation, une maxime, une pensée … de l’auteur. Et, chacune d’elles, ainsi ornée de son inscription calligraphique, est complétée par un court poème de l’auteur ou d’une citation d’un maître de la littérature classique chinoise.

Ce recueil est dédié aux arbres, aussi bien français que chinois, Ji Dahai passe du cerisier au platane, de l’Extrême-Orient à la Provence, sans aucune transition, comme si ces arbres constituaient une seule et même forêt, un seul et même peuple. Aux arbres considérés comme personnes, comme êtres vivants :

 

« Arbre crie

 Arbre rit

Arbre pleure

Arbre chante

Arbres roucoulent

Arbres bécotent

Arbre rougit

Arbre fait une parade nuptiale à son ombre ».

 

Cet hommage aux arbres et, plus largement à la forêt, évoque, pour moi, le magnifique texte de Kenzaburô Oé, « M/T et l’histoire des merveilles de la forêt » dans lequel il évoque son fils handicapé qui vit en harmonie avec les arbres. Je pense que  Ji Dahai rejoint le grand auteur nippon dans son approche philosophique des relations des hommes avec la nature dans un large panthéisme. Mais Ji Dahai est aussi un très grand poète comme l’atteste les légendes qu’il inscrit sous chacune des peintures qu’il présente :
 

« Le pin tend ses bras pour capturer l’éclat de la pleine lune. »

« Le vin n’est pas fait, mon cœur est déjà ivre. »
 

Comme l’écrit l’éditeur sur la quatrième de couverture, c’est « Le regard neuf et singulier d’un artiste chinois qui vit en Provence et parle le langage des arbres ». Un artiste qui confesse : « Lire les Alpilles avec mon pinceau »


Denis BILLAMBOZ


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Arbres de Ji Dahai
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Ji Dahai

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