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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 08:25
Panne de secteur de Philippe B. Grimbert

L’histoire d’un père qui voudrait que sa fille atteigne les sommets de la société qu’il n’a jamais pu gravir jusqu’au plus haut échelon et, pour cela, est prêt à tout ou à peu près tout. Une satire sociale du monde des bobos frimeurs et des institutions pas toujours très regardantes sur les moyens d’assurer leur mission. L’ascenseur social déraille parfois !

 

 

Panne de secteur

Philippe B. Grimbert (1961 - ….)

 

 

Paul, chercheur peu scrupuleux n’hésitant à bidouiller un tantinet les résultats de ses expériences pour asseoir et même développer sa notoriété, et par la même ses revenus de chercheur en biologie, a une fille qu’il croit surdouée en décryptant des indicateurs peu évidents. Mais sa fille, élève moyenne d’une banale école de l’est parisien,  ne peut pas réussir dans cette « école de merde », il faut qu’elle fréquente une fabrique à champions de la Rive gauche où elle aura les meilleurs enseignants et d’excellentes fréquentations. Une petite manipe arrange vite la domiciliation de la jeune fille qui est tout aussi vite intégrée dans une excellente école qui la conduit tout droit au Lycée Henri IV, la Mecque des littéraires parisiens, où elle parvient à suivre le parcours, avec l’aide d’un petit ami,  pour intégrer Khâgne.

 

Divers arrangements avec l’éthique et les règlements assurent à la jeune fille un parcours sans faute, même s’il n’est pas des plus brillants, et son père peut toujours rêver d’une carrière exemplaire pour elle. Il est prêt à tout, même à quelques écarts avec la morale, les lois et les règlements, pour que ce parcours ne dévie en rien et permette à la famille de s’introduire dans le gotha intellectuel de la capitale et de partager petits fours et champagne avec ceux qui détiennent le pouvoir, la gloire et l’argent . Mais les mécaniques trop complexes supportent mal les grains de sable et le petit ami qui soutient la jeune fille dans ses études et dans son affirmation féminine se lasse de cette première expérience et commence à regarder ailleurs au grand dam de la jeune fille qui perd peu à peu le moral et le goût des études.

 

Le père, qui ne conçoit pas que sa fille finisse comme une misérable prof dans un « collège de merde », élabore un stratagème compliqué et bien peu moral pour sauver l’idylle de celle-ci et lui redonner le courage et l’envie de poursuivre ses études. Cette combine foireuse ne résiste pas longtemps aux épreuves induites par l’agitation des hormones secouant les jeunes mâles et leurs partenaires potentielles. Elle éclate bien vite en éclaboussant violemment tout l’entourage des protagonistes de cette sinistre affaire.

 

Philippe B. Grimbert (ne pas omettre le B. il y a un homonyme), dans une langue savoureuse, drôle, ironique, imagée et narquoise, nous peint un portrait satyrique et sans concession de la classe parisienne qui s’est octroyée le pouvoir et la gloire par des pratiques souvent peu  recommandables. Qui sont-elles, en effet, ces élites qui se pensent importantes parce qu’elles sont vues et reconnues, ces pères et  mères qui comptent sur leurs enfants pour réaliser les rêves qu’ils n’ont pas été en mesure  de concrétiser eux-mêmes. L’auteur  jette en passant un bon coup de griffe à l’Education nationale bien peu républicaine qui élève ses futures élites comme des légumes dans des serres avec tous les compléments nécessaires à un bon développement. Et pour finir, c’est notre société de consommation à outrance, à bout de souffle, qui s’effrite parce qu’un tout petit grain de sable a perturbé les galipettes de deux jeunes qui n’en étaient qu’à leur toute première expérience. Preuve que notre société est bien fragile et qu’elle ne tient plus que par le paraître. L’auteur a su rester sur le fil aigu de  la satyre et de l’humour sans sombrer dans une triste comédie comme les médias nous en offrent quotidiennement.


Denis BILLAMBOZ


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