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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 07:55
La lumière de l'archange de Gérard Adam

Gérard Adam a été en mission en Afrique alors que le virus Ebola y causait des ravages, de cette expérience, il a tiré un roman prémonitoire qui annonce par, bien des aspects, ce que  nous vivons aujourd’hui.

 

 

La lumière de l’archange

Gérard Adam (1946 - ….)

 

 

En cette période de pandémie, les Editions M.E.O rééditent le roman de Gérard Adam écrit entre 1986 et 1990, un texte prémonitoire qui évoque une épidémie née au cœur de l’Afrique, aux confins de la Centrafrique, du Congo (Zaïre) et du Cameroun, menaçant l’avenir même de l’humanité en 1999, au moment du changement de millénaire, même si celui-ci n’est effectif qu’à la fin de l’an 2000. Pour bien comprendre ce livre, il faut en apprécier les divers temps  : celui de l’écriture entre 1986 et 1990, celui de l’intrigue 1999, celui de la réédition 2020 et, sans qu’il y soit fait allusion, celui de la pandémie devenue effective : 2019/2020. La pandémie actuelle pourrait donc être celle que Gérard Adam a annoncée à la fin des années quatre-vingt du siècle dernier, celle qui ne serait pas advenue au changement de millénaire mais peut-être celle qui sévit actuellement. Il convient aussi de prendre en compte le temps d’avant, le temps de l’enfance, le temps de la jeunesse, le temps de la construction des amitiés et des réseaux, notamment le Club Saint Michel. Et, enfin, le temps des bonheurs et des épreuves.

 

Pour suivre l’histoire, il est nécessaire de bien situer les événements dans l’espace, la région de Nola, notamment le monastère de San Miquel de Mar, lieu mythique où vivent deux personnages, gardiens de la mythologie qui a vu naître le Club Saint Michel, le lieu de l’enfance du héros, Pierre Lhermitte, le lieu de sa convalescence, l'Occitanie, et tous les lieux, dispersés dans le monde, qui hébergent les chercheurs réunis au sein de Club Saint Michel.

 

L’épidémie a atteint le Professeur Lhermitte, responsable de son éradication. Il passe sa convalescence à proximité du monastère avant de rejoindre son poste au cœur de l’Afrique, sur le terrain, pour contenir l’épidémie et la nouvelle phase qui se dessine. Cette épidémie ressemble à toutes les épidémies virales comme celle que nous connaissons actuellement. Gérard Adam est médecin, il a été affecté en Afrique pour combattre ce type de maladie, il connait très bien le sujet. Et, déjà,  il y a trente ans, il évoquait les conflits de personnes sur la gestion de la crise sanitaire, sur les méthodes de lutte contre le virus, sur la compétition entre les chercheurs mais aussi des luttes d’égos…

 

L’aspect sanitaire est très important dans le livre mais il n’en est pas le cœur, l’auteur cherche plus à montrer l’aspect humain d’une telle crise, véritable révélateur de nos forces et faiblesses devant la remise en cause de  l’humanité elle-même. Comme l’histoire est racontée par le héros, qui a connu lui-même la maladie, il  évoque un chapitre souvent éludé, celui de la souffrance, de la douleur, du délire, de la peur, du stress… sur lesquels il met des mots, des images, des pensées, des angoisses. Il évoque aussi l’aspect social en envisageant la naissance d’une autre société dans un autre monde.

 

Mais l’aspect de cette prémonition, qui me semble  le plus important, est la dimension métaphysique que l’auteur donne à celle-ci. Il semble  qu’il ait été, et soit encore, plus ou moins convaincu qu’un risque de pandémie fatale pour l’humanité existe. C’est peut-être la raison pour laquelle  il a voulu s'attarder sur la dimension mystique de l'histoire : la lutte entre Saint Michel, celui du monastère, et le dragon qui incarne le diable. La lutte du bien contre le mal, la lutte entre ceux qui considèrent le mal comme une punition divine et ceux qui croit encore en l’homme. Gérard Adam puise au plus profond de la foi cathare, à travers une approche mythanalytique enseignée par une vieille dominicaine gardienne des croyances médiévales qui envoyaient les ordres mendiants sur les chemins de la chrétienté pour rappeler aux croyants l’humilité, la charité, la foi et l’amour du prochain. Le raisonnement de l’auteur ne s’arrête pas là, il va plus loin encore, au plus profond de l’homme, peut-être là où certains considèrent que siège le cerveau reptilien, celui qui existait avant que l’homme pense, celui qui guidait l’homme vers la survie, le développement de son espèce, la station debout, ce long parcours qui le conduira … à la pensé. Mais la pensée n’enfante pas que le bien, elle peut aussi accoucher du mal, celui qui anéantira l’espèce, sauf si quelques êtres «primitifs» dirigés par leur cerveau reptilien, réinventent la vie.

 

Ce livre est éminemment prémonitoire même s’il manque sa cible de deux décennies mais je ne crois pas que l’auteur voulait avertir l’humanité d’une telle possibilité, je crois surtout qu’il voulait montrer que l’homme est le principal ennemi de l’homme et qu’un retour à des valeurs très primaires peuvent faire renaître une autre humanité plus … humaine. Mais, ce livre est tellement riche que chacun y puisera son message.


Denis BILLAMBOZ


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Gérard Adam

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