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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 09:44
A propos de Pre de Daniel Charneux

Daniel Charneux, je l’ai rencontré à Bruxelles quand nous fréquentions tous les deux le même site de littérature, je suis donc particulièrement heureux aujourd’hui de vous présenter son dernier roman qui évoque un grand champion trop tôt disparu.

 

 

A propos de Pre

Daniel Charneux (1955 - ….)

 

 

Cette lecture m’a rappelé ma première participation à des forums littéraires sur la Toile, je me souviens particulièrement de ce site Internet, désormais historique, sur lequel j’ai rencontré Daniel Charneux et des forums qu’il partageait avec quelques autres marathoniens pour évoquer leurs courses, leur préparation, leurs entraînements, leurs plus ou moins gros bobos et également leurs lectures. Etant un médiocre coureur à pieds, je me tenais à l’écart de leurs discussions, préférant regarder le sport à la télévision. J’ai gardé ainsi le souvenir de beaucoup de coureurs et de courses, événements que Daniel raconte dans son livre et dans lequel j’ai plongé avec une certaine délectation, oubliant l’époque où j’avais l’impression que les lecteurs passionnés étaient tous des coureurs de fond et que, moi le sportif de télévision dans son fauteuil, j’étais un intrus dans le groupe.

 

Le sport est ma passion, j’ai été un médiocre participant mais un dirigeant avisé et très investi, je connais presque tous les sportifs que cite Daniel Charneux mais Prefontaine, Pre pour ses amis, m’a échappé, je ne me souviens pas de lui, même si je me souviens de Bob Schul, celui qui a battu Michel Jazy aux Jeux Olympiques de Tokyo, où il a terminé quatrième tout comme Prefontaine à Munich. Pour moi, les Jeux Olympiques de Munich resteront à tout jamais ceux de l’horreur, ceux de l’abominable attentat qui a décimé la délégation israélienne. Pour la première fois, on attaquait mortellement des sportifs en un moment symbolique considéré, depuis l’Antiquité, comme une parenthèse de paix entre les peuples. Merci Daniel de m’avoir rappelé cette période que ma mémoire avait un peu occultée.

 

Dans ce récit, Daniel Charneux  confie sa plume à Pete pour qu’il évoque ses souvenirs. Pete est un ami d’enfance de Pre, un gars qui, à l’approche des soixante-dix ans, court toujours. Dans sa chronique,  il parle de son enfance dans l’Oregon avec ce champion atypique bourré de talent, doté de capacités exceptionnelles, capable à l’entraînement de multiplier les efforts les plus épuisants mais un peu désinvolte et très soucieux de toujours déployer le maximum de panache, refusant les victoires de « comptables », ceux qui profitent des efforts des autres pour triompher. Dans cette chronique, il décrit les courses qu’il effectue régulièrement avec ses amis du club de la petite ville de l’Oregon où il réside toujours et où est né Pre. Il parle du plaisir de courir, de la joie à raconter à ses amis du club des anecdotes sur la vie et les performances incroyables de son ami, son côté désinvolte, sa carrière inachevée. Et, il écrit « Comme chaque semaine ou presque, nous avons revécu le relais », le fameux relais, leur grand souvenir, leur épopée mythologique, leur participation à l’un des plus grands relais du monde, le Hood to Coast Relay, environ trois-cent-vingt kilomètres de course pour une équipe de douze relayeurs. Leur Graal, l’événement qui les a soudés à jamais par-dessus les générations, la différence entre femmes et hommes, leurs différences sociales et professionnelles autour de leur seul point commun : courir jusqu’au bout !

 

Pete est en quelque sorte le double de Pre, il court comme  lui, il a à peu près le même âge, il est peut-être un peu plus seul, je ne connais pas suffisamment Daniel pour parler de sa vie privée et  savoir si elle pourrait ressembler à celle de Pre. Par ailleurs, Pete parle du monde qui va mal, sans ménager le Président des Etats-Unis, en dénonçant les règles absconses et les comportements irrespectueux de la nature, en élevant l’amitié au rang de vertu. Cette évocation de la course à pieds dans la nature me rappelle la lecture très récente de Monsieur Minus, le dernier roman de Laurent Graff, qui narre comment un richissime héritier fuit sa fortune en parcourant les sentiers de grande randonnée. « Il sentait sous ses pieds les reliefs du sol, les cailloux, les mottes, les brindilles, les coques, qui agissaient sur la plante de ses pieds comme des aiguilles d’acupuncture, qui semblaient activer des réseaux de sensations parcourant son corps… ». J’ai trouvé dans ces deux textes le même plaisir de parcourir la nature et aussi un style et une écriture qu’on croirait appris à la même école. J’imagine ces deux auteurs courant un footing ensemble ou partageant un bout de sentier de conserve en parlant de littérature. Et, si j’avais seulement rêvé !


Denis BILLAMBOZ


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Daniel Charneux

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