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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 09:16
Les chats ne rient pas de Kosuke Mukai

Le chat est un animal domestique dont les Japonais apprécient beaucoup la compagnie, il est très présent dans la littérature, il n’est donc pas étonnant que Kosuke Mukai l’ait  mis en scène dans son premier roman. Le chat qui venait du ciel (Takashi Hiraide), Nosaka aime les chats (Akiyuki Nosaka), Mes chats écrivent des haïkus (Minami Shimbô), pour ne citer que des livres que j’ai lus récemment.  En effet, cet animal occupe une place centrale dans les familles japonaises, il est normal qu’il perturbe souvent l’écrivain en gambadant sur ses pages ou sur son clavier. Kosuke Mukai raconte l’histoire de Son, un chat récupéré par Renko et le narrateur, Hayakawa, son ex-compagnon, quand ils vivaient encore en couple. Désormais, ils sont séparés et Renko a épousé Myata.

 

Son devient vieux, sa santé vacille et Renko voudrait partager la fin de vie du chat avec son ex-compagnon, ils l’ont récupéré et élevé ensemble, elle pense donc qu’ils peuvent s’organiser pour lui apporter les derniers soins en se répartissant les visites chez le vétérinaire et les soins à domicile. Le mari de Renko voit cet arrangement d’un mauvais œil, il pense que sa femme cherche à profiter de l’occasion pour raviver la relation qu’elle avait avec Hayakawa. Mais, progressivement, le trio s’installe dans une sorte de routine pour qu’il y ait toujours une personne à la maison pour surveiller le chat, comme si celui-ci avait réuni ce trio autour de lui dans un même objectif et dans la même affection.

 

Kosuke Mukai installe le chat comme régulateur des querelles qui pourraient surgir ou resurgir entre les membres du trio : Renko et Hayakawa se sont séparés sans motif tangible, un malentendu plus qu’un différend, le couple Renko - Myata s’use peu à peu, les deux hommes ne s’aiment pas beaucoup, ils se sentent un peu rivaux. Mais, l’obligation de soigner le chat et l’affection qu’ils lui portent, les obligent à trouver un modus vivendi acceptable pour chacun. La morale de ce livre serait que lorsque qu’on a un but commun et une obligation d‘atteindre un objectif collectif, il est possible de construire une cohabitation  pour tous. Mais, le chat n’est pas éternel, malgré leurs soins attentifs, il mourra un jour prochain et les trois membres du trio se retrouveront comme avant, avec leurs problèmes et sans le chat pour les obliger à s’entendre. Une invitation à la réflexion avant qu’une contrainte l’impose et, sans doute aussi, une démonstration de l’importance d’un animal domestique pour réguler les relations entre les humains. Voyez ce qu'il vous reste à faire si vous avez des problèmes de couple ...

 

Denis BILLAMBOZ


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