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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 09:25
Briser en nous la mer gelée d'Erik Orsenna

Erik Orsenna a bâti son roman comme une carte du Tendre et, en amoureux transi, comme un parcours du combattant qui le mènera jusqu’au Grand Nord, au pays des aurores boréales. Je comprends que certains lecteurs aient trouvé qu’il y avait d’inutiles longueurs dans cet ouvrage de presque 500 pages – et je partage ce sentiment – mais probablement sous le charme de cet intarissable conteur, je lui ai emboîté le pas et me suis retrouvée en sa compagnie sur des terres qu’il m’a fait découvrir en une suite d’images subliminales glacées à plaisir. Le titre l’explique.

 

Erik Orsenna se plait à se dire, que dis-je  à s’écrire, car il s’écrit à lui-même en quelque sorte dans ce long texte – il s’analyse et prend une indéniable jouissance à se mettre le cœur en charpie. Mais c’est ainsi, les écrivains ne se lassent jamais de se disséquer et de se raconter à eux-mêmes le pourquoi du comment. En effet, l’académicien a la plume évocatrice et transfiguratrice. Avec lui, la douleur semble belle et un désert de glace un palais des mille et une nuits. Vous avez compris, j’ai  aimé ce roman pour sa tendresse, ses divagations, ses parenthèses souvent superflues, son inquiétude mais, plus encore, pour cette part si grande d’un subconscient flamboyant. A-t-il rêvée cet amour, l’a-t-il vécu, bien entendu le lecteur ne doute pas un instant qu’il y a une grande part de vrai dans ce qu’il nous conte et que tous ces sentiments, mis en orbite et en pages, ont un goût de vérité. Mais ce récit va tellement plus profond qu’un fait divers, la plume sait si bien user de l’imaginaire, la sensibilité vibre si fort comme une percussion, que le récit d’un homme inconsolable qui part au bout du monde, au pays des chercheurs d’or et des glaces éternelles, pour tenter de redonner forme à sa vie, n’a pas manqué de me toucher.

 

D’un restaurant huppé, où tout commence, il nous propose un certain voyage dans la solitude, la dérision, le remords, nous comprenons, grâce à lui, pour quelle raison les glaces ne parviendront jamais à geler un cœur épris. En quelque sorte, un ouvrage d’initiation. L’amour peut être redoutable mais il réserve aussi bien des surprises. Orsenna, qui se plait à bouger, a trouvé là le meilleur moyen de quitter les horizons trop étriqués de nos villes. Cet homme apprécie de partir, en quelque sorte … de s’éloigner et  c’est là où le bât blesse. Il s’éloigne trop vite de ce qui l’enchante, sans doute par crainte de ne plus être enchanté.


Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE


 

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