Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 09:20
Oh, et puis zut ! de Iocasta Huppen

 

Comme le souligne l’éditeur dans la quatrième de couverture, ces poèmes brefs ressemblent étrangement à des haïkus, ils en ont la forme mais pas le contenu. Les Japonais les nomment « senryu », ils ont pour sujet principal les faiblesses humaines avec ou sans une référence à la saison. Iocasta Huppen, grande spécialiste des poèmes courts d’inspiration japonaise, propose avec ce recueil une sorte d’éphéméride qui raconte une année calendaire qui commencerait au printemps. Une année qui pourrait être celle qui s’écoule avec des compléments des saisons précédentes pour raconter l’automne qui vient de finir et l’hiver qui s'annonce. Comme les haïkus, ces poèmes sont composés de trois vers, deux parfois, qui ne comportent que quelques mots, rarement plus de cinq. Avec ces quelques mots, elle narre l'existence qu’elle mène à Bruxelles ou sur les lieux de vacances qu’elle a fréquentés.

 

Ainsi, dès le début, elle évoque la vie de cette année difficile avec son confinement qui nous a tellement entravé et a fait tout autant jaser :

 

« Dans le ciel bleu / Le scoop de quelques traces d’avion - / confinement mondial ».

 

A cette saison, au Japon les cerisiers fleurissent, Iocasta ne l’a pas oublié :

 

« Reflet - / des pétales de cerisier / partout sur la lune ».

 

Une nouvelle importante fleurit ce début de ce printemps :

 

« Cinquième mois - / la graine apportée par le vent / se porte bien » ???

 

Pour fêter l’arrivée de l’été un peu de musique avec trois titres de chanson alignés en forme de senryu :

 

« Passe me voir / Je t’aime tellement fort / Juste nous ».

 

Et, l’été, c’est les vacances :

 

« Départ imminent / crème solaire, maillot de bain / et masque en tissu ».

 

Et, les vacances, c’est la liberté :

 

« L’une des fesses / dépourvue de sa part de maillot - / se croire seule au monde ».

 

Et le plaisir coquin  :

 

« Câlin à l’étang / une grenouille / nous tient la chandelle ».

 

L’été s’en va, les vacances se terminent, l’automne approche :

 

« Fin des vacances / la fuite irréparable / du fauteuil gonflable ».

 

L’automne s’installe !

 

« Rayon après rayon / l’araignée tourne en rond - / lumière d’automne ».

 

Puis, cède la place à l’hiver :

 

« Soleil de décembre - / de la fiente de pigeon / un peu de vapeur ».

 

« Grêle de février - / quelques grains de cardamone / dans mon café grec ».

 

Le cycle est terminé, nous avons tous un an de plus et nous savons comment Iocasta a passé cette année, elle nous l’a confié en quelques mots comme des images qu’on range précieusement pour, plus tard, se remémorer de bons souvenirs. Malgré ces images iréniques et apaisantes, Iocasta sait bien que le monde ne tourne pas très rond :

 

« Le monde va mal / le zapper quelques minutes / au bord de l’eau ».

 

Peut-être qu’il tournera plus rond l’an prochain … ?


Denis BILLAMBOZ


Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer  ICI


RETOUR LA PAGE D'ACCUEIL

 

Oh, et puis zut ! de Iocasta Huppen
Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
  • Contact

TEXTE LIBRE

 4016234704 (Small)

Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pours recevoir.
   Goethe

 

 MES DERNIERS OUVRAGES PUBLIES ( cliquer sur l'icône pour accéder à leur présentation )

 

1184097919 profil de la nuit  2851620614

les signes pourpres  3190-NEL i 978-3-8417-7335-7-full

 

SI VOUS PREFEREZ LES IMAGES et le 7e Art, RENDEZ-VOUS SUR MON BLOG : 

 

Bannière pour Armelle 1 

 

 

Recherche