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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 07:50
Robert de Montesquiou

Robert de Montesquiou

Curieusement, dès l’enfance, des liens  invisibles m’ont mis en contact avec l’écrivain qui m’a inspiré deux ouvrages et tient une place importante dans ma vie. Petite fille, j’ai eu pour camarades de classe, au cours Charles de Foucault, deux fillettes de la prestigieuse famille des Montesquiou-Fezensac, Victoire et Véronique. J’étais dans la même classe que Véronique et nous avons fait notre communion solennelle ensemble à St Jean-Baptiste de Neuilly. Un jour, elle m’avait emmenée chez elle, rue de Longchamp, dans un hôtel particulier cossu, et j’avais fait la révérence à sa mère, une femme d’une extrême beauté. Leur jeune frère Aymeri entrera un jour dans la politique et sera député du Gers où la famille possède un vaste domaine.

 

Avec Victoire, qui était dans une classe supérieure, car de quelques années mon aînée, je me rendais deux soirs par semaine à un cours de danse place des Ternes, chez une danseuse des ballets russes Alicia Nikitina et nous rentrions ensemble chez nous à Neuilly par le  bus 43, en fonction à l’époque. Je ne savais pas alors que les ballets russes avaient été introduits en France grâce à l’entregent de la comtesse Elisabeth Greffulhe dont on sait qu’elle fût l’inspiratrice de la princesse de Guermantes, l’un des personnages de La Recherche. Et je savais moins encore que le grand-oncle de Victoire et Véronique, le comte Robert de Montesquiou, avait inspiré l’un des personnages clé de "La Recherche", le baron de Charlus. Oui, j’avais déjà, tout en l’ignorant totalement, posé un pied dans l’œuvre majeure du XXe siècle.

 

Par la suite, cela n’a fait que s’intensifier. A Louveciennes où nous nous étions installés mon mari et moi en 1971, j’avais suivi les cours d’un certain Mr Bonnefoy sur l’œuvre proustienne et m’étais plongée corps et âme dans une lecture, certes vaste et difficile, mais captivante. C’est ce professeur  qui m’avait demandé de rédiger, à la fin de l’année, un compte-rendu détaillé de l’ouvrage, rédaction qui m’avait obligée à lui consacrer beaucoup de temps et surtout de réflexion et travail qui fut à la base de mon premier livre sur l’écrivain : « Proust ou la recherche de la rédemption », repris et retravaillé quelques années plus tard. Enfin  en 1991, désirant quitter la région parisienne, mon mari et moi  nous sommes installés à Trouville et où ? rue Marcel Proust dans le voisinage du manoir des Finaly où Proust séjourna à plusieurs reprises et juste à côté de la demeure normande de son amie madame Straus. N’en jetez plus …

 

Marcel Proust est par conséquent entré dans ma vie très tôt et n’en est plus sorti. Et j’aime ces liens constants qui se sont tissés autour de son œuvre comme si ma sensibilité devait, tôt ou tard, se greffer à la sienne, trouver une explication psychologique à ma propre émotivité, à ma propre quête. Proust a cela d’extraordinaire, en s’analysant il nous ouvre à nous-même un horizon que nous ne percevions que partiellement, il nous donne quelques clés pour nous mieux connaitre et mieux percevoir la complexité des choses. Il est un permanent révélateur de nous-même. C’est évidemment l’une des raisons qui fait que cet écrivain est plus aimé que la plupart des autres. Il touche en permanence à l’essentiel.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE


Pour consulter les articles consacrés à Marcel Proust, cliquer    ICI

 

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La duchesse de Montesquiou-Fezensac, mère de Victoire et Véronique

La duchesse de Montesquiou-Fezensac, mère de Victoire et Véronique

Victoire de Montesquiou-Fezensac

Victoire de Montesquiou-Fezensac

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commentaires

L
Une entree fatalement convaincante lorsqu'on lit vos deux ouvrages sur cet ecrivain.
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A
Une entrée assez inattendue néanmoins.
I
je me rends compte en vous lisant , Armelle, que j'avais raison<br /> .Le hasard n'existe pas. Vous étiez prédestinée à rencontrer Marcel Proust, et pour votre bonheur, et pour le sien. Car vous aurez su ô combien le mettre ici- bas en lumière, et ce avec amour, profondeur, et simplicité.<br /> Aucun essai sur lui ne m'aura éclairée autant que vos écrits. J' ai lu quelques essais intéressants, mais qui n'ont laissé aucune trace en moi. Et vous êtes arrivée! Avec votre beau regard et votre amour de lui, et vous avez su me présenter, et cet auteur ,et cet homme! <br /> Tel qu'il était en lui-même; Vous qui à son sujet avez percé bien des mystères, car l'amour vous a rendue voyante .....<br /> Isabelle
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I
Victoire de Montesquiou est belle. J'ai d'abord cru que c'était Vous! Oui, elle vous ressemble, quelque part, car vous êtes unique. Veuillez excuser un commentaire si peu fourni mais depuis que je suis née la Beauté me captive. Elle est pour moi lumière et joie, qu'il s'agisse d'un visage ou d 'une fleur ou d'un ciel étoilé...<br /> Isabelle
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A
Merci Isabelle Prêtre, c'est trop d'honneur ... Comme vous la beauté me captive. Celle des humains nous touche, celle de la nature nous subjugue.
G
Bonjour Madame,<br /> <br /> Quelle jolie histoire, si bien racontée. <br /> Merci beaucoup.<br /> <br /> Bonne Journée
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J
Me suis délecté ! Et un blog où l’on n’est pas sans cesse dérangé par des pubs agressives vaut son pesant de Proust ! Ébouriffant !!
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A
Toujours votre humour, cher Jack !
E
Quel délice que de vous lire ainsi, de mettre le doigt grâce à vous sur ce qui fut le déclic d'une quête qui était la vôtre déjà, mais il fallait cette petite mise non pas à l'étrier mais au chausson pour que tout, un jour, prenne son sens!<br /> <br /> Merci pour cet important détail...
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A
Merci Edmée. Toujours votre humour si sympathique.

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