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26 août 2022 5 26 /08 /août /2022 07:57
Surcouf, le tigre des mers de Dominique Le Brun

Pour les amoureux de la mer, le livre de Dominique Le Brun est une plongée saisissante dans la vie mouvementée d’un de nos plus grands aventuriers, Robert Surcouf. Qui était cet homme, assez petit et replet, sinon un redoutable corsaire qui devint ensuite armateur et négociant après avoir, avec une agilité maritime exceptionnelle, régné sur le Bengale et les Indes orientales. Gamin turbulent, Surcouf (1773-1827), né dans une famille qui comptait déjà quatre générations de marins, embarque pour un premier voyage au long cours qui lui permet d’affirmer son incroyable sens marin et, par la suite, sa capacité à choisir les meilleures routes pour sillonner les immensités de l’univers maritime.

 

Surcouf accomplit un  exploit en révélant, dès ses premiers embarquements, sa capacité  à faire face aux tempêtes les plus redoutables, à se charger des tâches les plus rudes, à ne jamais baisser les bras devant l’adversité. Revenu pour quelques mois à Saint-Malo, il est probable que le marin fréquente l’école d’hydrographie puisqu’il quitte Saint-Malo, quelque temps plus tard, comme officier de marine marchande et ne cesse de prouver ses compétences de navigateur hors pair.

 

Pour les Français, les pires ennemis sur les mers sont évidemment les Anglais, redoutables marins eux aussi et qu’il ne faut attaquer qu’à bon escient. C’est d’ailleurs grâce à la prise du Kent en octobre 1800 que Surcouf deviendra une légende vivante et où le combat se jouera à un contre trois, trois en faveur des Anglais, ce qui n’empêchera pas les Français de prouver leur supériorité et d’être les vainqueurs.

 

« Dans sa lunette, Robert Surcouf identifie un très gros vaisseau de la Compagnie anglaise des Indes, ce qu’on appelle un « indiaman ». Sans doute regrette-t-il de rencontrer seulement maintenant cette proie magnifique, car les équipages fournis aux prises ont soustrait 95 hommes à la Confiance. Ils ne sont plus que 150 pour prendre l’imposant navire à l’abordage, mais le corsaire n’hésite pas. »

 

Fortune faite, Surcouf fonde une famille et épouse Marie-Catherine de Maisonneuve. La jeune épousée a 21 ans, Robert 27, mais cet homme encore jeune a déjà vécu des aventures que des baroudeurs, pourtant fameux, ont mis une vie entière à réaliser. Avec le temps, il sera père de famille et négociant avisé en armant des bâtiments de commerce. Il vit désormais une partie de son temps dans un hôtel particulier face à la porte de Dinan à Saint-Malo et l’armateur affiche le même panache que le corsaire. Le dernier de ses bâtiments sera le "Renard" qui affrontera à son tour la marine anglaise et le 10 septembre 1813 subira, avec la bravoure habituelle, une amère victoire qui cause trop de morts et de blessés.

 

Alors qu’une existence plus paisible s’installe, Surcouf perd l’un de ses fils âgé de 13 ans et, à son tour, souffre de l’estomac (probablement un cancer) qui l’emportera le 8 juillet 1827 à l’âge de 54 ans. Enterré au cimetière de Rocabey, le tombeau est toujours visible, affichant cette émouvante épitaphe :

Combat du Triton, combat du Kent,

Un célèbre marin a fini sa carrière.

Il est dans le tombeau, à jamais endormi.

Les matelots sont privés de leur père.

Les malheureux ont perdu un ami.

 

Dans cet ouvrage très documenté et passionnant, Dominique Le Brun nous propose un portrait sans fioriture d'un marin d'exception qui  traversa des périodes glorieuses et sombres avec un courage et un patriotisme jamais pris à défaut et un goût inépuisable pour l'océan.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE


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Statue de Robert Surcouf à Saint-Malo

Statue de Robert Surcouf à Saint-Malo

La prise du Kent

La prise du Kent

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L
Un marin plein d'audace et de panache.
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