"Je suis issu d'une génération qui a rêvé de grands espaces" - souligne dans "Ocean's songs" Olivier de Kersauson qui se dévoile davantage dans ce livre que dans les précédents, car "prendre la mer, c'est tout sauf une fuite, c'est au contraire une discipline et une contrainte" - pousuit-il et il nous livre comment et pourquoi cette discipline est la seule qui l'ait tentée "tant il lui est apparu indécent de ne pas aller partout dans le monde voir de ses yeux l'extraordinaire tentation" de se frotter aux couleurs de l'absolu. Il a connu toutes les mers et les océans, a vécu pauvrement, chichement mais quelle vie ! Ce monde émouvant et brutal lui a toujours plu.
Mais la navigation n'est pas simple et Kersauson a traversé des moments difficiles car le passage du Horn et beaucoup d'autres ne sont pas aisés, sont même épouvantables. Il lui est arrivé de passer 11 jours dans l'entresol de l'enfer. L'archipel des délices reste pour lui la Polynésie car son métier lui a permis de naviguer sur toutes les mers du globe et ces tours du monde se présentent selon lui comme le cours le plus magistral de géographie. Partir d'un point et y revenir nous assure que notre existence a été sensée, parfaite et achevée, et il précise qu'il n'est jamais fatigué de la solitude. Il lui est redevable car c'est elle qui a conduit sa vie. "Je peux rester ainsi une demi-journée à la lisière de mes reves et de mes souffrances". "La miséricorde" - ajoute-t-il - "est un engrais dont je fais grand usage". Et il est certain que ce livre ajoute à son oeuvre une magie émouvante.
Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
Liste des articles de la rubrique CULTURE, cliquer ICI
/image%2F1426042%2F20250724%2Fob_ac89cb_1000005266-2.jpg)






