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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 09:22

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Qu'est-ce que le bonheur, qu'entend-t-on par être heureux, nager dans le bonheur ? Il y a déjà le plaisir, la joie, la satisfaction, alors le bonheur de quelle façon est-il autre, de quelle façon se singularise-t-il, comment savoir que nous sommes heureux ? Et être heureux, ne serait-ce pas seulement ...ne pas être malheureux ? Autant de questions que nous sommes en droit de nous poser, tant il est vrai que l'on parle beaucoup du bonheur sans très bien savoir le définir, sans savoir si nous l'avons jamais éprouvé, s'il est chimère ou réalité ?

 

L'optimisme de ceux qu'on a appelés au XVIIIe siècle  " les philosophes" a placé le bonheur dans le développement des "Lumières", c'est-à-dire dans le développement de la connaissance et de l'intelligence. Après s'être appliqués à libérer les esprits de tout ce qu'ils considéraient comme des préjugés, ils ont pensé affranchir les individus de toutes les servitudes, les oppressions, les despotismes, et ont eu une confiance illimitée dans  " le progrès".



Deux ouvrages de Rousseau sont centrés sur le bonheur : L'Emile et La Nouvelle Héloïse. Selon le philosophe, l'éducation de l'enfant devait le rendre heureux. C'était une première approche de ce bonheur tant souhaité. Pour qu'il l'éprouve, il fallait donc laisser l'enfant se développer, jouer, se promener, apprendre librement. L'idée dominante était que la nature humaine est foncièrement bonne et, par conséquent, ne présente aucun obstacle au bonheur individuel. En quelque sorte, le bonheur serait de pouvoir faire ce que l'on veut, comme on le veut, quand on le veut. Vision simpliste des choses que la vie s'est empressée de démolir, car le bonheur est chose plus complexe et mystérieuse que certains ont bien voulu le laisser entendre. Par exemple un Président de la République, qui ambitionnait de contribuer au bonheur des Français, ne fit, en définitive, que des lois pour les contraindre davantage.

 


Le bonheur humain peut-il être une organisation parfaite de la société telle que Charles Fourier, théoricien socialiste l'espérait au début du XIXe siècle, le fruit de l'usage de la raison et de la recherche de l'intérêt bien compris ?  Dans Les frères Karamazov de Dostoïevski, le personnage du Grand Inquisiteur croit que le salut promis aux hommes est la réalisation d'un royaume terrestre de justice, d'amour, d'équité pour tous. Puis, il s'aperçoit que bien peu d'entre eux sont capables de répondre à cet appel. Aussi renonce-t-il à ce rêve déraisonnable pour entreprendre une tâche plus humaine : l'établissement d'un ordre terrestre tel que les hommes puissent l'envisager comme accessible, même si une part de leur liberté est entre les mains de quelques maîtres qui se chargent d'aménager et d'organiser rationnellement leur condition.

 

D'importants textes bibliques développent l'idée que le bonheur a un caractère aléatoire, hasardeux, improbable. Les guerres, les maladies, les injustices, les famines semblent, en permanence, compromettre le bonheur de l'homme sur la terre. On a parlé de ce monde comme d'une vallée de larmes où le bonheur n'est concevable que dans un autre monde.  Shopenhauer, philosophe du XIXe siècle, rappelait que, durant sa vie, l'homme oscille en permanence entre souffrance et ennui. Selon lui, le bonheur était inaccessible. Aussi fallait-il s'appliquer à ne pas ajouter au malheur en pratiquant la bienveillance et la compassion et trouver, pour soi-même, la paix intérieure en s'exerçant, comme les sages de l'Inde, au détachement et au renoncement des désirs.

Aristote, son prédécesseur, était plus optimiste. Il estimait que le plaisir est un élément du bonheur mais qu'il n'en est pas le tout. Il s'ajoute à l'acte comme la beauté s'ajoute à la jeunesse. Un homme n'est heureux que s'il vit conformément à sa nature et se tient à l'écart des perversions de l'esprit et de la chair. La vie heureuse est une continuité d'actions que la raison accompagne - écrivait il.  La pratique de la vertu ajoutait un élément supplémentaire en procurant la force de supporter les privations et les inconvénients dont la vie ne cesse de nous affliger.

 

 
L'intellectualisme de Spinoza n'a pas séparé la parfaite connaissance de la vertu et la vertu du bonheur. L'homme, participant de l'essence infinie de Dieu, se sait éternellement uni à la substance divine et l'amour intellectuel de Dieu est sa béatitude. Pour Kant, la recherche du bonheur ne devait être en aucune façon le mobile de la vertu. L'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme devaient représenter des postulats suffisamment importants pour que nous lui sacrifions le bonheur. Il est vrai que les Grecs avaient déjà eu conscience que le bonheur, en tant qu'état imperturbable et définitif,  n'appartenait pas aux mortels.  A travers l'histoire, les philosophes ont toujours été convaincus que la vie des êtres soumis au temps, au changement et à ses aléas, était incompatible avec le bonheur absolu, que celui-ci était une conquête toujours fragile, que certains de ses éléments ne dépendaient pas de nous et que nous restions exposés aux bons et aux mauvais coups du sort. Ils ont toujours souligné que le bonheur ne pouvait pas se confondre avec le plaisir, qu'il ne se séparait pas de la moralité, qu'il s'accordait avec les aspirations les plus nobles et les plus élevées. En effet, la permissivité ne rend pas l'homme heureux. On dit de certaines personnes qu'elles ont des natures heureuses, comme s'il y avait une prédispositions au bonheur. Peut-être la recette est-elle simplement de ne pas envier celui des autres...

 

Le bonheur nous tombe rarement dessus comme le malheur. On ne sait d'ailleurs pas très bien pourquoi et comment nous sommes heureux. Ce n'est pas une immersion subite comme le sont la joie et le plaisir ; plutôt un état où les éléments, qui nous composent, paraissent être en accord les uns avec les autres. Est-ce l'amour, la réussite professionnelle, une santé à toute épreuve qui concourent à composer ce subtil équilibre ? Je crois que sa définition est impossible pour la bonne raison que le bonheur n'est semblable pour personne, car particulier à chacun. Certains vous diront qu'ils ont éprouvé du bonheur dans des situations difficiles, voire problématiques, simplement parce que de se sentir en mesure de les surmonter leur communiquait un sentiment de plénitude et que cette satisfaction-là s'apparentait au bonheur. Ne cherchons pas non plus à le traquer, ce serait une quête perdue d'avance. Ne tient-il pas à la fois de l'harmonie intérieure et de quelques opportunités extérieures ! On ne s'étourdit pas de bonheur comme on s'étourdit de plaisir ; on s'apaise et se rassure à son contact, on goûte alors à la saveur rare de la sérénité et on l'éprouve sans pouvoir le partager, tant il ne relève que de nous-même.

 

Néanmoins, l'aspiration au bonheur ne se laisse pas décourager. Elle reste au coeur de chacun, profonde, universelle, incoercible, fermement liée à l'exigence de voir réunis bonheur et vertu et de s'alimenter à la flamme de la sagesse et de la raison. Le bonheur ne se décrète pas mais se secrète comme un suc et c'est pour cela qu'il reste personnel, que chacun le ressent, le perçoit selon sa nature et que l'on ne peut en aucune façon le quantifier ou le cerner. Il est au secret du coeur ce quelque chose qui ressemble au contentement, à la plénitude. Il n'est pas en soi absence de malheur, mais plus précisément quiétude de l'esprit, harmonie et concorde de ce qui compose l'étoffe intime de notre être.

 

" J'ai senti que le bonheur était proche, humble comme un mendiant et magnifique comme un roi. Il est toujours là ( mais nous n'en savons rien ), frappant à la porte pour que nous lui ouvrions, et qu'il entre, et qu'il soupe avec nous ".

 

Julien Green  ( Journal - 1940 )

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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commentaires

A
Le bonheur n'est qu'une aspiration. Raison pour laquelle il se tient une vie durant.
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P
Je crois qu'il n'y a qu'un moyen d'être relativement heureux, c'est de ne plus chercher le bonheur.<br /> Les joies et les plaisirs suffisent à garder l'amour de la terre.... Avec, tout au bout, la lumière de l'avenir ensoleillé qui nous attend au ciel.<br /> Je crois qu'il nous faut prononcer le OUI affirmatif de Nietzsche face à la vie dans sa globalité, car de toute façon on ne peut pas faire autrement.<br /> Le courage est la force d'âme qui nous fait tout traverser... Les drames et les larmes, et même le désespoir.<br /> Cesser de se dire que la terre est le lieu du bonheur, car un lieu d'où il peut disparaître n'est pas sa demeure.<br /> Bref il faut être porté, soulevé, par quelque chose de plus haut que lui...
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P
Et si l'on parlait un peu du bonheur universel sur la terre?<br /> Pourquoi est il impossible?<br /> Pour toutes les raisons que l'on a déjà données.<br /> Mais j'en vois une autre.<br /> On empêche les hommes d'être davantage heureux .<br /> Car même si l'on sait que l’éternel bonheur n'existe pas ici- bas, on sait aussi tout ce qui peut l’empêcher d'exister, je dirai mieux, l'interdire!<br /> Il suffit de réfléchir un peu.<br /> De voir où les hommes en sont, e t ce qu'on leur propose.<br /> L'athéisme actuel qui conduit au désespoir ?<br /> Promettre à une âme la cendre ne peut que la désespérer.<br /> La religion?<br /> Certes pas quand elle défigure Dieu, le dieu de l'amour.<br /> Quand elle fait de la vie un combat contre soi.<br /> Quand elle parle du monde comme un lieu de ténèbres.<br /> Quand elle veut que l'homme déteste la terre où il habite au lieu de l'aimer,, tout cela en croyant plaire à Dieu qui pour nous l'a créée.<br /> Quand elle demande de lutter contre la chair, comme si la chair était le diable, alors que Dieu nous a voulus incarnés.<br /> N 'est -ce pas dire à Dieu qu'IL ne nous aime pas, en nous ayant mis dans une telle situation N'est -ce pas Le critiquer, au lieu de L 'honorer, et de LE remercier, pour tous Ses dons?<br /> quand un homme se bat une vie durant contre la vie appelée Péché , comment pourrait -il être heureux?<br /> Je termine là, mais c'était selon moi important de le dire.
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P
Non , Armelle, tous les artistes n'ont pas reçu le don du bonheur.<br /> Ils ont, en revanche, reçu celui de rendre les autres heureux.<br /> Ils auront connu le bonheur par procuration.<br /> La plupart des comiques sont dans ce cas. Ils convertissent leurs larmes invisibles en éclats de rire, mais ce sont les autres qui rient, pas eux.<br /> Je pense à certains acteurs et comédiens.<br /> Je préfère ne pas citer leurs noms, car ce serait les trahir, eux qui ont toujours voulu les hommes heureux.
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P
Poser la question c'est déjà y répondre.<br /> Si l'on n'avait jamais connu le bonheur, nous ne pourrions comprendre ce qu'il est, si on l'avait toujours possédé, on ne se rendrait pas davantage compte de la signification du mot, il serait un état naturel.<br /> Je me dis d'ailleurs bien souvent que son absence, ou son impermanence, sur terre est quelque part une chance. Sinon nous ne saurions plus tard goûter jusqu'à l'ivresse le bonheur du ciel.<br /> Il n'y aurait pas d'élément de comparaison.<br /> Mais quand on a vécu les croix de ce monde, alors oui, on sera prêt à s’exalter là -haut, et à chanter un chant de louanges.<br /> De plus, nous le savons, chacun a sa définition du bonheur, elle correspond aux goûts et aux désirs de son âme.<br /> Pour l'un c'est la joie des autres, pour l'autre la matérialité et gagner au loto et il en va de chacun ainsi.<br /> <br /> Personnellement depuis le départ de mon frère , je ne cherche pas le bonheur sur la terre. Les joies, les belles surprises de la vie, les plaisirs du corps, de l'intellect, du cœur, me suffisent et sont des baumes au chagrin le plus grand.<br /> Ne plus attendre le bonheur, c'est une grande liberté.<br /> Avoir Dieu en soi, et l'amour tout puissant pour lui, c'est une grande liberté.<br /> Désirer la paix sur tous les plans, paix de l 'âme, du coeur, du corps, c''est une grande liberté.<br /> Ne plus rien attendre mais tout espérer, c'est une grande liberté.<br /> Et puis il y a l'amour de ceux qui restent, même quand ils ne sont plus nombreux, car la présence d 'aimés à ses côtés, c'est bien plus que le bonheur. C'est la vie.
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A
Oui, l'espérance est un baume permanent.
P
Je rajoute ceci. Je crois que le mot " bonheur" est un trop grand mot pour la terre. Comme j'espère avoir su le montrer par ailleurs. Car de toute manière un bonheur qui finit...A t'il le droit de s'appeler bonheur?Je ne crois pas.<br /> Bonheur et éternité sont synonymes.<br /> Il parait que l'on ne peut définir le bonheur , rêve et but si positifs, par la négative, et pourtant, selon moi, c'est là que la vérité terrestre se trouve.<br /> Ne pas avoir mal. Connaitre la paix du corps, et de l'esprit.<br /> Prendre les joies qui viennent, et les plaisirs quotidiens.<br /> Aimer l'amour, l'amitié, et les hommes en général....<br /> Gouter la vie et la Beauté comme un vin de luxe<br /> .S'enivrer du spectacle de la nature, et du génie des créateurs.<br /> Bref se réjouir chaque jour, comme si ce jour -là était une vie entière, et s'endormir chaque soir dans l'attente d'une nouvelle aventure qui s'appelle demain... je pense que ce don de vivre est une sorte de bonheur à la portée de tous les hommes.<br /> Celui qui demande davantage prend le risque de sombrer dans le spleen ou le désespoir.<br /> Se contenter de peu, me direz -vous? Non! Car ce " peu" est beaucoup, et s'appelle la vie.<br /> Le plus grand luxe du monde ne s'achète jamais. Parce qu'il n'a pas de prix.<br /> Qui aurait l'ambition d'acheter l'océan ou les étoiles?
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A
Comment ne pas partager votre définition du bonheur qui complète la mienne.
P
La chance pour un vrai chrétien, c'est à dire celui qui aime le Christ, et ne doute jamais de LUI, c'est que si le bonheur est derrière lui...Il sera aussi devant!<br /> Il reste ce temps à vivre, cette parenthèse, comme une ligne tracée entre le passé et le présent, minces heures, si l'on réfléchit tant soit peu, par rapport à l'éternité qui viendra.<br /> Il y a une liberté, un envol, à ne plus se poser la question, à ne plus chercher sur terre un bonheur qui ne peut plus exister.<br /> Mais comme je l'ai déjà dit, penser cela n'est pas tomber dans le désespoir, il reste d'un côté l'Espérance de tout retrouver un jour, et d'autre part les plaisirs de la terre. <br /> Je fais un hymne, comme Philippe Delerm, aux plaisirs de la terre.<br /> <br /> Il y a ce que Philippe appelle" les moments suspendus".<br /> La contemplation des choses de la vie, remplir d'eau ou de vin sa carafe, voir l'eau jaillir d'une source, profiter de ce que l'on vit dans l'instant, contempler, profiter, c'est le gout de l 'instant...... et, comme lui, je déteste " cette mode qui consiste à professer le bonheur " je résume ce qu'il pense et qu'il écrit dans son livre justement intitulé : les moments suspendus"<br /> Ce ne sont pas des moments hors du temps, mais au contraire ancrés dans le présent, et réjouissant ceux qui exaltent ce présent.<br /> Comme lui,je pense que goûter la vie, goûter la terre, est un don de privilégié, et ce don on peut l'avoir même quand on est irrémédiablement triste au fond de soi, ou angoissé, ou anxieux.<br /> <br /> Cet auteur a déjà célébré les instants de la vie dans son livre qui a eu du succès : "la première gorgée de bière".<br /> certains ont pu croire qu'il surfait sur la superficie ou la facilité, et moi je dis qu'il était ,et qu'il est, dans la profondeur de la vie.<br /> Tous ceux qui ont un immense amour de la terre ne chancellent pas au cœur du malheur.<br /> Voilà pourquoi Nietzsche avait raison de s'en prendre à ces êtres néfastes qui croient plaire à Dieu en méprisant la terre et la vie de la terre.<br /> voilà pourquoi je rejoins et Nietzsche, et dans un autre genre, bien sur, le véridique Philippe Delerm.<br /> Je le redis sans me lasser. Quand le bonheur n'existe plus, restent la joie, par intermittence, les plaisirs,; les instants de luxe offerts par Dieu Lui Même. Ils sont là, dans le quotidien, dans le corps, dans la sensualité, dans l'extase toute simple des sens et de la contemplation.<br /> Ce sont peut être des plaisirs minuscules, comme dit Philippe, mais pour moi ils sont grandioses.<br /> Car on y frémit et on y chante, comme sous la main d'un virtuose.<br /> Il y a plus de philosophie pour moi dans les livres d'un Philippe Delerm que dans ceux d'un grand penseur tel , par exemple, Luc Ferry ou Michel Onfray, car la philosophie qui nous montre notre destin de cendre devrait être condamnée. Non seulement elle est fausse, mais elle est nocive.<br /> Aider les hommes, par ses livres, Philippe Delerm le fait plus que l'on ne peut croire, voilà pourquoi il plait, voilà pourquoi il a du succès.<br /> Et moi, qui vois le plaisir comme une bouée de sauvetage lancée par Dieu pour traverser la vie comme on traverse une mer déchaînée, je ne peux qu'applaudir cet auteur et ceux qui lui ressemblent.
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A
Je l'avais entendu parler de son livre et j'avais eu envie de me le procurer puis j'ai oublié. Oubli à réparer.
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I
Armelle, j'ai lu un essai formidable écrit par un philosophe écrivain que j'aime beaucoup et admire. Pascal Bruckner. Il s'intitule" L"Euphorie perpétuelle", et il a en sous -titre la phrase" Essai sur le devoir de bonheur".<br /> Comme je suis altruiste de nature je ne peux garder pour moi une telle richesse de pensées et je mentionne ce livre sur votre Blog car il répond à la question que vous posez!<br /> Cet essai est un régal de l'intelligence!<br /> Le brillant et érudit auteur dévoile le travers de notre société actuelle où le devoir de bonheur est devenu pour notre malheur un dogme, une obligation.<br /> " Un nouveau stupéfiant collectif envahit les sociétés occidentales:le culte du bonheur. Soyez heureux! Terrible commandement auquel il est d'autant plus difficile de se soustraire qu'il prétend faire notre bien" écrit le passionnant essayiste.<br /> Je n'en dirai pas plus. A vos lecteurs de découvrir ce joyau de l'intelligence et de la lucidité.<br /> Une chose est certaine: ce culte du bonheur à tous prix, cette exclusion et ce mépris pour ceux qui ne parviennent pas à être heureux ou à faire semblant, sont encore plus nocifs, que ne le fut le culte de la souffrance hier, divulgué par une religion se trompant sur Celui qu'Elle voulait représenter!<br /> Un Christ de la joie, traversant la souffrance, certes, pour nous aider à porter la nôtre, mais ne l'ayant jamais prônée.<br /> Bref il a fallu fermer le toit du ciel pour entrer dans une conception de la vie qui laisse sur le sol, anéantis, la plupart des humains.<br /> Bravo à Pascal Bruckner d'avoir déchiré le voile sur un tel méfait.<br /> Isabelle.
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I
Le bonheur , je l'ai connu, mais pas reconnu...Je l'ai reconnu au bruit qu'il a fait en partant. Cette phrase dernière n'est pas de moi mais elle est si vraie... Oui , le bonheur existe sur terre, mais il ne dure pas, et la mort d'un être aimé suffit pour le tuer à jamais. Il est pervers, car on le regrette quand il n'existe plus, et on oublie de chanter un alléluia quand il est là.<br /> Je pense comme la plupart des philosophes, il est un idéal de l'imagination.<br /> Je rejoins et Freud et Kant.<br /> Le bonheur n'est pas le but de l'humanité ici -bas, et n'est pas ancré dans les gènes.<br /> Pascal a eu tort de proclamer que chacun cherchait le bonheur même celui qui allait se pendre.<br /> Le grand psychiatre Freud a su par expérience qu'il n'en était rien. Certaines personnes très inconsciemment recherchaient au contraire le malheur et s'y jetaient elles mêmes. Il appelait ce phénomène mystérieux: la compulsion à la répétition. Exemple? Une femme déplorant sa destinée, mariée trois fois à un sadique ou un ivrogne. Non , répondait Freud, ce n'était ni malchance ni providence, mais son inconscient masochiste qui faisait pour elle ce sinistre choix.<br /> Et Kant à qui je donne raison également proclamait à son tour que si le bonheur était inscrit dans la race humaine, cela se saurait!<br /> Alors oui, il le mettait en postulat, comme une récompense à la vie vertueuse, mais ce serait dans une autre vie.<br /> Pour moi le mot "bonheur" serait un état stable et éternel d'une joie qui ne finirait plus, et il est évident que la terre n'est pas le lieu d'un tel état.<br /> Je dois dire que ceux qui sur terre passent leur temps à chercher le bonheur ne le trouvent jamais.<br /> Il est un don. Le don de celui qui sait aimer et les êtres et la vie, et le présent, et ce qui est à leur portée.<br /> Il est souvent un don inné, d'ailleurs, car des êtres rares, et mon père en faisait partie, l'ont en naissant.<br /> Ces personnes là font le bonheur de ceux qui les entoure parce qu'elles recherchent toujours le bonheur des autres aussi et qu'elles irradient la vie de leur sourire.<br /> Ne pas souffrir du corps, du coeur, ou de l'esprit, connaitre la paix et goûter la vie à pleine âme est déjà un grand bonheur.<br /> Je pense que même après un indicible malheur, et quand le bonheur n'est plus possible, il reste encore la joie, le plaisir, la vie.<br /> Je souris quand les ingénus achètent les livres de recettes du bonheur, ces recettes n'existant pas, car chacun a sa propre vision de la chose, et que l'on n'apprend pas la manière d'être heureux comme on apprend à cuisiner. Or, vous le savez Armelle, pour les éditeurs ce marché est fructueux! <br /> Moi, ces pauvres gens qui veulent décrocher le bonheur comme un pompon de manège je les tournerai volontiers vers Celui qui nous offrira un jour l'ineffable Bonheur;<br /> Et puis je leur dirai de vous lire, de prendre par exemple votre texte sur le printemps, pour se mettre à comprendre que la terre est déjà une fête en soi, et se consoler.<br /> Isabelle
Répondre
A
Comme vous le dites, chère Isabelle, le bonheur est une denrée rare que certains ont reçu à la naissance comme un trésor, la plupart de ces personnes sont d'ailleurs des artistes comme votre père. Le bonheur est le fruit d'une plénitude intérieure. Pour la plupart d'entre nous, le bonheur survient en de rares moments : une rencontre, une réalisation, une espérance ou plus simplement le travail accompli.

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