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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 10:41
Réchauffement climatique : si la responsabilité humaine s'avérait fausse ?

 

C’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat ! – assure le bernois Werner Munter. Spécialiste reconnu des avalanches, ce Suisse  planche  nuit et jour depuis trois ans sur le réchauffement climatique.

Et, pour lui, l’homme n’y est pour rien !


Il y a une semaine, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pointait une nouvelle fois d’un doigt accusateur l’homme et le CO2 qu’il produit comme principaux coupables du réchauffement climatique.

Werner Munter, spécialiste mondialement reconnu des avalanches, qui se penche compulsivement sur le phénomène s’insurge : « ces gens sont des imbéciles qui répètent en boucle des bêtises, le savent et sont payés pour ! »

Son diagnostic climatosceptique, loin d’être celui d’un hurluberlu, est partagé par d’éminents scientifiques dont deux Prix Nobel. Il l’explique clairement. 


  
Vous affirmez que l’homme n’a rien à voir avec le réchauffement. Pourquoi ? 
  
Précisons tout d’abord que je ne conteste pas le réchauffement lui-même. Je l’ai d’ailleurs constaté en tant que guide de montagne en voyant les glaciers reculer. Celui qui nous fait face par exemple a perdu 100 m depuis que j’ai acheté cet appartement en 1989. En 2005, le pilier Bonatti des Drus s’est effondré à cause du réchauffement du permafrost. Ce que je remets en cause, ce sont les causes de ce réchauffement. Elles n’ont rien à voir avec l’homme ou avec le CO2 comme on nous le serine. Je suis arrivé à cette conclusion pour trois raisons. 


 
Quelles sont ces raisons ? 


La première, c’est tout simplement l’analyse des données climatiques reconstituées sur des millions d’années. Rien que dans les 10 000 dernières années, il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons. Ces optima correspondent à des cycles naturels. Au Moyen Age, il était par exemple possible d’aller en vallée d’Aoste depuis Arolla avec les troupeaux car le glacier n’existait plus. Lors des deux premiers optima, le Sahara était une savane avec des lacs, des arbres et des éléphants. Avant cela, pendant des centaines de milliers d’années, il a fait plus chaud qu’aujourd’hui. Et parfois jusqu’à 7 degrés plus chaud ! Or le GIEC se concentre sur les 150 dernières années. Autant dire qu’il regarde autour de son nombril. Les reconstructions paléoclimatiques montrent aussi que, pendant des centaines de millions d’années, il n’y a pas eu de corrélations entre le CO2 dans l’atmosphère et la température sur terre.


 Votre second argument ?  

 

La concentration de CO2 – qui est soit dit en passant un gaz vital et non pas un poison –dans l’atmosphère est négligeable. Il y en a un peu moins de 0,5‰ dans l’atmosphère, et au maximum 5% de cette quantité est imputable à l’homme. Pour un million de molécules d’air, il y a seulement 20 molécules de CO2 produites par l’homme. Et chaque année, notre industrialisation rajoute 4 molécules de CO2 pour chaque million de molécules d’air, mais la moitié est absorbée par les océans et les plantes. Et on veut nous faire croire que cette infime proportion due à l’homme est une catastrophe ? J’ai beaucoup de peine à le croire.


Pourquoi dès lors la thèse officielle fait quasi consensus ? Vos collègues scientifiques ne sont pas tous des imbéciles ! 
 


Ces théories visent à nous culpabiliser. Quand des scientifiques comme ceux du GIEC disent qu’ils veulent sauver la planète, je dis qu’ils ne sont pas crédibles. Ils mentent pour préserver des intérêts économiques dont les leurs. Car il y a tout un business derrière la lutte contre le réchauffement. Il y a une volonté de faire peur aux gens par exemple en dramatisant la montée des océans, alors que ceux-ci ne s’élèvent que de 2 à 3 mm par an !

 

C’est aussi une manipulation intellectuelle de parler de CO2 en tonnes plutôt qu’en proportion.
 

 

Des tonnes, ça impressionne, mais rappelons que l’atmosphère pèse 5 000 000 000 000 000 tonnes ! (cinq Millions de Milliards de tonnes!)

 

Votre dernier argument est que la thèse officielle contredit les lois de la physique.   C’est-à-dire ? 
 


Celle de la thermodynamique en particulier. Pour faire simple : la terre fait 15° de température en moyenne.

L’atmosphère censément polluée de CO2 est grosso modo à -30° à 10 km d’altitude.

Qu’elle réchauffe la Terre qui est bien plus chaude qu’elle est une aberration.

La thermodynamique nous dit que la chaleur va toujours vers le froid et jamais dans le sens inverse, ce que correspond à notre expérience quotidienne. 
 


Alors au final, comment expliquez-vous ce fichu réchauffement ?
 


Je n’ai pas de réponse car trop de facteurs entrent en jeu. Par contre, j’ai des hypothèses. Je soupçonne par exemple les variations de l’intensité du rayonnement solaire – qui répondent à des cycles – de jouer un rôle central, tout comme les processus nucléaires complexes et méconnus qui sont à l’œuvre au centre de notre Terre. Quoi qu’il en soit, c’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat. La nature est bien plus forte que l’homme, nous ne sommes pas les maîtres de la Terre !
 


Et si le réchauffement climatique n'était que le prétexte à la création de nouvelles taxes ?

 
 Et si le fait que la Sibérie devienne cultivable n'était pas une catastrophe ?


 Et si ceux-là même qui sont incapables de prévoir la météo à plus de 5 jours et qui prétendent savoir le temps qu'il fera dans 50 ans, nous prenaient pour des cons ?


Et si la sagesse consistait à dire qu'on n'en sait rien ...


Et si on commençait à raisonner par nous-mêmes au lieu de gober tout ce qu'on veut nous imposer ? (dans "imposer", il y a "impôt")

 

 

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Comment défigurer des paysages pour des résultats quasi nuls ...

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 09:28
La coccinelle et l'éléphant - fable pour se dérider en ce début d'année
La coccinelle et l'éléphant - fable pour se dérider en ce début d'année

Une coccinelle gémissait
Contre le sort fatidique
Qui l’avait faite trop petite.
Que ma vie est donc cruelle !
Se plaignait-elle.
Un éléphant en faisait autant
Contre un sort désobligeant
Qui l’avait voulu trop grand.
La coccinelle disait :
Pourquoi ai-je une robe écarlate,
Parsemée de jolis pois noirs,
Puisque dans ce monde distrait,
Et plus cruel qu’il n’y parait,
Personne ne semble me voir ?
Si la coccinelle se désolait
Que l’on fasse si peu de cas
De ses appas,
De sa grâce juvénile
et de sa belle mise,
Pour sa part, l’éléphant s’affligeait
Que sa noble prestance n’attise
Que de sombres convoitises.
Contrairement à sa consoeur,
Mais avec le même cœur,
Il trompetait
Qu’il lui aurait davantage plu
De passer inaperçu.
Pour s’emparer de mon ivoire,
Et malgré mes cris d’alarme,
C’est sans état d’âme, croyez-moi,
Que l’on me sacrifie
Sur l’autel du profit,
Contait-il à ses amis,
Les fidèles hippopotames,
Qui s’apitoyaient au récit
De ses déboires et de ses drames.
Si bien que ce qui fit ma fierté
Ne sert à promouvoir
Que la malhonnêteté
De quelques financiers.

Tandis que la coccinelle déplorait
Que ses mérites et ses vertus
Restassent, en somme, trop méconnus,
L’humeur de notre éléphant s’altérait
Au point que sa bonhommie
Virait ni plus, ni moins, à la mélancolie.
Mélancolie ! Neurasthénie !
Allons, allons, mes amis,
Reprenez vos esprits,
La vie, qu’on se le dise,
N’est pas si difficile !
Petite coccinelle, sache que l’on t’admire.
On t’a prise pour emblème
Et, que tu le veuilles ou non,
Tu ornes plus d’un livre,
Anime plus d’un récit.
Et toi, noble éléphant,
Sais-tu que des savants,
Venus du monde entier,
Guettent des heures durant,
Sous l’auvent d’un banian,
Ta marche impériale,
Sans céder, pour autant,
A des pensées vénales !
Puis, au bord de l’étang
D’où s’envolent les flamants,
Ils te regardent boire.

Ne soyez pas tristes, mes amis,
On vous aime,
On vous traque, on vous filme,
On vous prend pour modèles,
La renommée le veut ainsi …
Alors, pardonnez-nous et soyez rassurés :
Notre curiosité ne nous est dictée
Que par l’amitié.

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE  ( extrait de « La ronde des fabliaux » )

 

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 08:21
Mijn vater is groot de Dominique Watrin

Avec ce pamphlet, je vous propose un petit détour dans le domaine des humoristes, en cette période où nous en avons tous bien besoin, pamphlet rédigé par un humoriste belge qui stigmatise la querelle linguistique qui gangrène son pays depuis sa création.

 

 

                                               Mijn vater is groot

                               Dominique Watrin (1968 - ….)

 

 

« A l’heure où j’écris ces lignes (le dépôt légal de ce livre date de novembre 2011), la Belgique tremble sur ses bases. Pour la énième fois ! La Belgique tangue. La Belgique se fissure. Pire, la Belgique s’effrite… » Un rien provocateur, l’auteur Dominique Watrin a éprouvé le besoin d’écrire un livre sur le bilinguisme qui affecte la Belgique depuis sa création artificielle et raconte comment, dans la communauté wallonne, on tente, sans grande conviction, d’enseigner le néerlandais à des gamins peu concernés qui n’ont comme seule motivation : de pouvoir au moins ramasser les poubelles à Bruxelles car, leur dit-on, si tu ne connais pas les deux langues tu ne pourras même pas ramasser les poubelles dans la capitale. Un argument pas plus convaincant que stimulant, si bien que les gamins finissent, pour la plupart, comme l’explique le titre : « voilà  comment je suis devenu un con qui ne parle pas le néerlandais ». Un livre qui voudrait déculpabiliser ceux que l'on blâme de ne pas parler l’autre langue de la Belgique.

 

 

L’auteur raconte avec sa verve satirique l’apprentissage linguistique qu’il a subi pendant sa scolarité primaire et secondaire et même, à très petite dose, pendant ses études supérieures. Moi-même, j’ai passé, hélas, moins de temps que lui à apprendre les langues mais j’ai reconnu certaines méthodes usitées par ses enseignants qui ressemblaient un peu aux miens. La galère de l’apprentissage des langues ne concerne pas que les Belges, mais pour eux c’est une obligation plus contraignante qu’en France. Les petits français ont la réputation d’être nuls en langues étrangères et les Belges, selon Watrin, celle d’être nuls en néerlandais au point d’en nourrir un complexe. Et pour qu’ils ne souffrent pas trop de ce complexe linguistique, il nous explique que « Ce livre, je l’ai écrit pour que les francophones unilingues retrouvent une dignité dans leur sentiment de culpabilité ».

 

 

Ce livre est avant tout un texte drôle, ironique, satirique, j’ai bien ri en le lisant, mais il soulève un vrai problème qui perturbe depuis toujours les rapports entre les deux principales communautés qui peuplent la Belgique. Pour sûr, Watrin a mis les rieurs de son côté, son message est sûrement passé mais le problème reste toujours posé.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 10:05
Nos tables gourmandes - Histoire de nos réveillons
Nos tables gourmandes - Histoire de nos réveillons

Immersion au cœur de monuments de gourmandise, incontournables festivités, l’histoire de nos tables de réveillon remonte loin dans le temps et perpétue une tradition culinaire que la France a porté à un paroxysme d’excellence. Certains s’étonneront, mais le repas de fête de fin d’année, tel que nous le connaissons aujourd’hui, apparut dans les grandes villes il y a déjà deux siècles, voire davantage. Auparavant, comme le raconte Alphonse Chabot dans « La nuit de Noël dans tous les pays » on se régalait surtout, dans la plupart des régions de France, de cochonnailles issues d’un animal abattu pour l’occasion. Sa dégustation s’accompagnait de spécialités du cru et s’arrosait de vins d’origine locale. Survivance de ces festins généralement familiaux où l’on se délectait des produits de la ferme, l’oie rôtie tenait une place de choix sur la table festive. Peau croustillante, viande juteuse, si possible d’origine garantie du Sud-Ouest, elle sera, cette année encore, présente dans de nombreuses familles et dans les restaurants étoilés. Arrivée récemment d’Amérique, la dinde aux marrons – dans sa version farcie notamment – lui a volé néanmoins la vedette. Parmi les initiateurs de ce putsch culinaire, les gastronomes Grimod de la Reynière (1758 – 1837), qui en adorait les sot-l’y-laisse, ou Brillat-Savarin (1755–1826), qui se qualifiait de « dindonophile ».

 

Avec sa chair fine et moelleuse, le très aristocrate chapon s’est démocratisé depuis quelques années. Son histoire est d’ailleurs surprenante. Au IIe siècle avant notre ère, des Romains ont eu l’idée de châtrer un coq pour contourner une loi contre le luxe ostentatoire – il en existait déjà ! – qui interdisait de servir plus d’une poularde par banquet. Et ce détournement remporta quelque succès. Le foie gras est l’autre grand produit de nos campagnes obtenu par le gavage cruel des oies et des canards. Comme le racontent Jean Vitaux et Benoît France dans leur « Dictionnaire du gastronome », c’est dans l’Egypte antique qu’il faut en chercher l’origine. Des bas-reliefs y attestent du gavage des oies en 2500 ans avant J.C. Dans sa version moderne, il s’est développé dès le XVIIIe siècle en Alsace et dans le Sud-Ouest et représente de nos jours 75% de la production nationale. Les précieux palmipèdes y sont gavés avec du maïs produit localement. Reste la question : foie gras d’oie ou de canard ? Bien que plus dense, plus ferme et plus fin que celui de canard, le foie gras d’oie ne constitue plus que 5% de la production et s’avère nettement plus difficile à trouver et plus onéreux. Par souci gustatif, on préférera un « foie gras entier » composé d’un ou de plusieurs lobes, et l’on se méfiera de la simple appellation « foie gras », correspondant à un produit composé de morceaux agglomérés ; enfin, on bannira le « bloc de foie gras », une émulsion reconstituée dans un moule. Personnellement, j’ai renoncé au foie gras car je n’aime pas manger ce qui a coûté beaucoup de souffrance à ces malheureux volatiles.

 

Derniers arrivés sur nos tables de fête, le saumon, les huîtres et autres fruits de mer doivent leur essor au développement des transports. Les Français sont actuellement les premiers consommateurs d’huîtres au monde ! Marenne-Oléron, Cancale, Bouzigues ou Arcachon sont autant de noms synonymes de vrai régal. C’est dans cette dernière ville que débuta, sous Napoléon III, l’ostréiculture moderne. Enfin, point d’orgue du repas, la bûche  trouve son origine avant le Moyen-Age. Une tradition consistant à faire brûler dans la cheminée une énorme bûche qui devait se consumer pendant au moins trois jours, et, si possible de Noël à la Saint Sylvestre. Ces très grosses bûches étant difficiles à transporter jusqu’à Paris, Antoine Charadot, un pâtissier de la rue de Buci, a eu l’idée, en 1879, d’en faire un gâteau. Aujourd'hui, on peut la choisir pâtissière ou glacée.

 

Enfin un repas de fête ne peut s’envisager sans champagne. A l’époque romaine, la Champagne était déjà une terre viticole. Mais c’est à un certain dom Pérignon (1638-1715) – moine bénédictin de son état – que l’on doit, du moins en partie, l’invention du vin que nous connaissons aujourd’hui. Symbole universel de réjouissance, il ne peut être produit que dans une zone délimitée, selon des méthodes et avec des caractéristiques précises. Grâce à l'aide de 16 bureaux sur quatre continents, le redoutable "Comité interprofessionnel du vin de Champagne" surveille cette appellation sur l'ensemble du monde. Ce gardien intransigeant de nos traditions n’hésite pas à entamer des procédures à l’encontre des contrefacteurs et à faire corriger les inexactitudes qui pourraient être publiées dans la presse. Ainsi nos tables sont-elles bien garnies et véritablement fastueuses. Mais n’oublions pas la part du pauvre. Invitons l’ami esseulé, la femme sans ressource, l’enfant orphelin et pourquoi pas le chien errant. Et dans nos pensées, faisons place à nos chers absents. Joyeux réveillon !

 

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Nos tables gourmandes - Histoire de nos réveillons
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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 08:08
Les affligés de Chris Womersley

Même si la chute de ce livre ne me semble pas à la hauteur du récit, ça reste un texte très fort, poignant, émouvant, dur, sans concession devant la douleur et la mort. J’ai de la sympathie pour cet auteur qui m’a adressé un twitte lors de la publication d’un commentaire d’un précédent ouvrage.

 

 

                                                       Les affligés

                                    Chris Womersley (1968 - ….)

 

 

Je suis entré dans cette histoire pourtant morbide et sordide, pleine de souffrance et de deuils, avec beaucoup d’empathie pour les personnages paumés, aux marges de la société, à la limite du monde des animaux et de celui des humains. Elle est pleine d’humanité, de bassesse, de vices, de violence mais aussi de tendresse et d’amour comme l’était peut-être la société de nos ancêtres dans les cavernes.

 

 

Après avoir fait la guerre, celle qu’on appelle tristement la Grande, en France, Quinn Walker rentre au pays, un tout petit village de Nouvelle-Galles du Sud  infesté par la grippe espagnole. Il emprunte les chemins de traverse pour ne pas exhiber sa gueule cassée mais surtout pour ne pas rencontrer ceux qui le croient coupable de l’ignoble meurtre de sa sœur. Tout laisse penser qu’il est le meurtrier, tous le croyaient disparu puis mort à la guerre, tous voulaient le lyncher, à commencer par son père et son oncle. Les épreuves supportées pendant la guerre lui donnent le courage d’affronter sa famille, en commençant par sa mère mourante de la grippe, pour la convaincre qu’il n’est pas le meurtrier qu’ils ont désigné. A l’approche de son village, il rencontre son ange salvateur sous la forme d’une fillette qui ressemble étrangement à ce qu’était sa sœur quand elle a été assassinée. La petite le prend sous son aile protectrice, elle connait un peu la magie, sait tout, se faufile partout et voudrait que lui aussi la protège de ceux qui veulent la conduire dans un orphelinat.

 

 

L’auteur entraîne le lecteur dans les faubourgs de la mort à la rencontre de ceux fauchés par la guerre, de ceux agonisants, de ceux ayant survécu par miracle à la grande boucherie, de ceux revenus marqués à jamais dans leur corps ou dans leur esprit, de ceux et de celles emportés par la grippe espagnole, de ceux et de celles  attendant un être cher peut-être déjà mort, de ceux ayant perdu le goût de la vie et peut-être aussi de ceux étant déjà allé de l’autre côté de la barrière de la vie. Pour conduire cette exploration, l’auteur mélange habilement le récit d’une quête de rédemption avec les cauchemars qui peuplent les nuits d’images sordides de la guerre. Hélas le récit s’enlise peu à peu, l’intensité faiblit, des passages superflus ou trop longs surchargent le texte, altèrent l’ambiance, dégradent l’émotion que l’auteur ressent. J’ai eu l’impression que l’auteur avait connu certaine difficulté pour trouver une chute à la hauteur de son scénario.

 

 

Je suis sorti un peu frustré de cette lecture, cette expédition aux frontières de la vie et de la mort, posant clairement le problème de la fatalité, de la destinée impossible à contourner, qui aurait pu connaître un meilleur épilogue.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 09:00
Noël, l'historique d'une tradition
Noël, l'historique d'une tradition

Il faut bien l’admettre : si nos traditions subsistent encore, elles perdent progressivement, sous le coup d’un laïcisme conquérant et un consumérisme roi, leur sens profond. L’heure est venue de cacher ces saints et ces crèches que l’on ne saurait voir et de traquer les manifestations offensantes, aux yeux de nombre d’entre nous, du moindre signe de religiosité. Ainsi la Toussaint a-t-elle été progressivement remplacée par Halloween, ses citrouilles et ses sorcières et Noël transmué en fête de la famille ayant pour but d’en rassembler les membres autour d’un bon repas et d’une distribution de cadeaux. A  croire que nos vieilles traditions sont plus périlleuses que les attaques terroristes  !

 

Existant depuis les premiers siècles, la crèche est le symbole par excellence de Noël. La première célébration de la nuit de Noël aurait eu lieu au VIe siècle dans l’église Ste Marie Majeure de Rome, alors que la première crèche était instaurée au XIIIe siècle par St François d’Assise. En 1223, il organisa dans une grotte de Greccio, en Italie, une crèche avec des personnages et animaux vivants, initiative qui fut reprise dans toute l’Italie avant de gagner la Provence et une grande partie de l’Europe. Peu à peu, les acteurs seront remplacés par des figurines. Au XVIIIe siècle, la crèche entre en résistance dans le foyer familial, crèche domestique qui donne lieu à un véritable engouement. En effet, la Révolution française ayant exigé la fermeture et l’interdiction des églises, elle suscite un élan spontané à la crèche intime. Plus moyen de voir Jésus à l’église, eh bien on l’installera chez soi et les santonniers feront fortune. Rien n’arrêtera les Provençaux qui, avec les matériaux à leur disposition (mie de pain, pâte à papier, argile), reproduiront la scène de la Nativité. « Et ils se sont représentés eux-mêmes, leurs villages et les petits métiers de l’époque » - rappelle Denis Muniglia.

Noël, l'historique d'une tradition

Quant au sapin, il est une coutume enracinée depuis des siècles. En 1738, la reine Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, fera installer le premier arbre de Noël à la cour de Versailles pour ses nombreux enfants, symbole de vie et de fécondité. L’origine païenne de son culte remonte aux Celtes qui avaient pour usage d’associer un arbre à chaque mois lunaire. L’épicéa correspondait à la renaissance de la lumière, fin décembre. Pour les catholiques, c’est St Boniface qui introduira le sapin de Noël au VIIIe siècle mais il faudra attendre 1521 pour découvrir la première mention officielle du sapin de Noël en Alsace.

 

En ce qui concerne le marché de Noël, il date de 1434. Il s’agit d’un document qui l’évoque à Dresde en Allemagne le lundi précédant la fête de la Nativité. Très vite les marchés allemands et alsaciens feront des émules et les villes seront de plus en plus nombreuses à en organiser. Et le père Noël ? Il est attendu depuis près de deux siècles par les enfants du monde entier la nuit du 24 décembre. Selon la tradition, il arrive sur un traîneau chargé de cadeaux, tiré par des rennes et glissant en silence dans un ciel étoilé. Mais tout le monde s’accorde à reconnaître que ses origines sont bien plus anciennes. Ce serait un certain Nicolas, évêque de Myre en Lycie qui, au IVe siècle, devenu célèbre par sa générosité et sa compassion, aurait inspiré ce si sympathique personnage légendaire. A sa mort, il fut immédiatement béatifié et fit l’objet d’un véritable culte. Des centaines d’églises lui furent dédiées et il devint en Europe le saint patron des enfants. Sa fête, célébrée le 6 décembre, donne lieu à une distribution de friandises et de cadeaux aux enfants. Mais St Nicolas, s’il est représenté depuis toujours avec une barbe blanche et un manteau rouge, ne voyageait qu’à dos d’âne. Ce sont les Scandinaves qui lui ont procuré un traîneau et des rennes plus conformes à leur climat. George Sand fut la première, en 1855, à faire référence au bonhomme de Noël et, ainsi, à entrouvrir la porte à son incroyable célébrité en France. Ainsi Noël s’inscrit-il dans des traditions qui ont perduré à travers le temps avec leur joyeuse naïveté, mêlant le fantastique et le merveilleux et plongeant aux sources de notre civilisation, à sa mémoire et à ses rites. 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Noël en Alsace.

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 09:50
L'accordéon de la mer et autres formes de Kim Myong-in

Dans ma toute petite librairie, grande par le talent des auteurs qu’elle propose, j’ai choisi ce petit recueil de poésie coréen, il parle de la mort, de la souffrance, de la douleur que l’auteur a côtoyé au Vietnam pendant la guerre et auprès de ceux  qui ont connu la guerre de Corée.

 

 

                               L’accordéon de la mer et autres formes

                                      Kim Myong-in (1946 - ….)

 

 

Lire de la poésie traduite est toujours source de frustration, les vers perdent beaucoup de leur saveur, de leur musique et de leur rythme lors de la traduction, mais lire de la poésie traduite d’une écriture différente de la nôtre est encore plus difficile. La translittération du coréen au français, comme c’est le cas pour le présent recueil, est source d’encore plus de modifications du texte, aussi, pour rester le plus fidèle possible à l’auteur, je vais citer la traductrice pour présenter l’œuvre de Kim Myong-in : « Les lecteurs de la poésie de Kim Myong-in seront saisis d’emblée par la singularité de son style narratif : absence presque totale de ponctuation, les débuts de phrases succédant aux précédentes dans le même vers, la fréquente inversion de l’ordre syntaxique, le rythme fragmenté qui se brise sans cesse ».

 

Les poèmes retenus pour la présente publication sont issus des sept recueils publiés antérieurement par l’auteur. Nous y retrouvons donc un condensé des thèmes chers à Kim Myong-in et, pour commencer, une évocation de la guerre du Vietnam à laquelle il a pris part et la douleur qu’il a ressentie devant la souffrance endurée par ce pays.  

 

« J’ignore ce par quoi un pays se laisse dévaster

mais j’entends de nouveau gémir ta terre

qui fut maintes fois outragée

entraînée de ténèbres en ténèbres ».

 

Kim cherche à comprendre pourquoi la mort, la mort violente, brutale, la mort des plus faibles, les enfants, les femmes, les animaux minuscules. Pourquoi la souffrance infligée aux filles, aux femmes abandonnées ou veuves, aux enfants orphelins, à tous ceux qui n’ont que le choix de subir, qui ne sauront jamais de quelle cause ils sont les victimes.

 

« Qu’est-ce que le pays ? Qu’est-ce que le peuple ? Qu’est-ce que l’idéologie ? »

 

Il décrit toutes les  tensions internes qui habitent ceux qui ont connu les grandes douleurs et notamment les guerres en Corée puis au Vietnam, les tensions qui habitent ceux qui sont partis : émigrés, noyés, morts dans une guerre lointaine, les tensions qui habitent ceux qui les attendent sans savoir, sans espoir.

 

« à Paeksock il y a des gens qui finalement ne reviennent pas demeurant des épines douloureuses aux yeux des proches qui les attendent ».

« Toi aussi tu es devenu désormais un souvenir desséché ».

 

 

La mort et sa compagne la plus fidèle, elle le suit depuis son enfance, colle à ses pas, dépeuple son arbre généalogique.

« Mon grand frère est mort il y a six ans, deux ans auparavant

ma sœur aînée est morte, mon père il y a cinq ans

(mes deux petites sœurs sont mortes il y a plus de vingt ans)

ma grand-mère il y a dix ans, alors pendant ces dix dernières années

les morts remplissent ma généalogie ».

 

 

Et quand la mort a fait son œuvre, il s’interroge sur la futilité de la vie, son insignifiance, son éphémérité.

« comme tu tombes en pluie vainement sur ce monde où il ne reste rien à mouiller »

« Qu’est-ce qu’on laisse comme trace ».

« L’eau de la rivière qui a parcouru le temps s’écoule sans cesse de toutes ses forces avec ces reflets blanchâtres ».

 

 

Même altéré par la translittération, ces poèmes de mort, de souffrance et de douleur ciselés par Kim Myong-in pincent le cœur et provoquent une grande compassion pour ceux qui l’ont inspiré. Dès les premiers textes on entre en empathie avec cet auteur qui se penche avec tant d’humilité et de ferveur sur la douleur des plus faibles.

 

Denis BILLAMBOZ  

 

 

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 10:24
Le Noël des poètes

 

Le ciel est noir, la terre est blanche ;
- Cloches, carillonnez gaiment ! -
Jésus est né ; - la Vierge penche
Sur lui son visage charmant.

Pas de courtines festonnées
Pour préserver l'enfant du froid ;
Rien que les toiles d'araignées
Qui pendent des poutres du toit.

Il tremble sur la paille fraîche,
Ce cher petit enfant Jésus,
Et pour l'échauffer dans sa crèche
L'âne et le boeuf soufflent dessus.

La neige au chaume coud ses franges,
Mais sur le toit s'ouvre le ciel
Et, tout en blanc, le choeur des anges
Chante aux bergers : " Noël ! Noël ! "

 

Théophile GAUTIER

 

 

Noël de vieil artiste

 

La bise geint, la porte bat,
Un Ange emporte sa capture.
Noël, sur la pauvre toiture,
Comme un De Profundis, s'abat.

L'artiste est mort en plein combat, Les yeux rivés à sa sculpture.
La bise geint, la porte bat,
Un Ange emporte sa capture.

Ô Paradis ! puisqu'il tomba,
Tu pris pitié de sa torture.
Qu'il dorme en bonne couverture,
Il eut si froid sur son grabat !

La bise geint, la porte bat...

 

Emile NELLIGAN

 

 

Le bonhomme Noël

 

Tout près de l'étang qui reflète
Les peupliers au vent courbés,
J'ai vu passer, oh ! quelle fête !
Le bonhomme cher aux bébés.

Par les sentiers, sous la feuillée,
Il s'en allait à petits pas,
Tout joyeux, la mine éveillée,
Comme s'en vont les grands-papas.

 

Clovis HUGUES

 

 

LES SAPINS

 

Les sapins en bonnets pointus
De longues robes revêtu
Comme des astrologues
Saluent leurs frères abattus Les bateaux qui sur le Rhin voguent
Dans les sept arts endoctrinés
Par les vieux sapins leurs aînés
Qui sont de grands poètes Ils se savent prédestinés
A briller plus que des planètes
A briller doucement changés En étoiles et enneigés
Aux Noël bienheureuses Fêtes des sapins ensongés
Aux longues branches langoureuses Les sapins beaux musiciens
Chantent des noëls anciens Au vent des soirs d’automne
Ou bien graves magiciens
Incantent le ciel quand il tonne
Des rangées de blancs chérubins
Remplacent l’hiver les sapins
Et balancent leurs ailes L’été ce sont de grands rabbins
Ou bien de vieilles demoiselles
Sapins médecins divagants Ils vont offrant leurs bons onguents
Quand la montagne accouche
De temps en temps sous l’ouragan
Un vieux sapin geint et se couche.

 

Guillaume APOLLINAIRE

 

 

Nativité

 

Qui souffle le mieux sur la crèche ?

Est-ce le bœuf ? Est-ce l'ânon ?

Le père a peur qu'un d'eux ne lèche

Le sourire de l'enfançon.

Passe une étoile par le toit

Et la paille en est éblouie.

La mère a soufflé la bougie.



Que cachait l'ombre de ses doigts.

Pas besoin d'une autre lumière

Que celle, longue du rayon

Qui, pénétrant dans la chaumière

Nimbe aussi le bœuf et l'ânon.

 

Pierre MENANTEAU

 

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Le Noël des poètes
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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 09:33
Deux d'un coup de Liviu Rebreanu

Un classique de la littérature roumaine, certains considèrent même que son auteur en est l’un des pères. Ce texte, qui oscille entre polar et roman social, est un excellent exemple de son œuvre.

 

 

                                                Deux d’un coup

                                   

                              Liviu Rebreanu (1885 – 1944)

 

 

Vers les années quarante, sans que cela soit précisé exactement, à Pitesti, en Roumanie, un couple de riches commerçants âgés est assassiné à la surprise générale. Le juge Dolga conduit l’enquête en commençant ses investigations au sein de la famille qui apparait bien désunie, les victimes n’ont pas d’enfants et leur héritage pourrait attiser les convoitises des autres membres de la famille : un frère commerçant enrichi mais moins ladre que son aîné décédé, une sœur acariâtre qui se plaint depuis longtemps d’avoir été lésée par ses frères lors du partage des biens de leurs parents. Il ajoute à cette liste de suspects prioritaires : un voisin fêtard ayant un fort besoin d’argent, un neveu attendant cet héritage avec une impatience manifeste et celui qui a découvert les corps, le valet du pope. Le juge mène son enquête avec ordre et méthode comme un véritable Hercule Poirot ou Jules Maigret des Carpates, ne laissant rien au hasard, pressant les suspects sans égards pour leur statut.

 

 

Ce roman, le dernier écrit par l’auteur décédé en 1944, comporte tous les  éléments d’un bon polar : des victimes, des suspects, des indices, des hypothèses, des rumeurs, des accusations et une part de mystère que le juge doit percer, mais, à mon avis, c’est davantage encore un roman social qu’un roman policier. L’enquête se passe bien au cœur du récit mais elle semble plus servir de prétexte à l’auteur pour dépeindre le milieu social d’une petite ville roumaine du milieu du XXe siècle avec sa bourgeoisie marchande et sa bourgeoisie administrative qui règnent sur la cité et se rencontrent facilement quand leurs intérêts sont en jeux. L’auteur dénonce sans détour le rôle de l’argent dans la vie de cette société et les tares qu’il peut engendrer chez ceux qui en ont trop comme chez ceux qui en manquent parfois cruellement.

 

 

Ce récit, avec son intrigue bien conduite et son écriture académique, est un roman fondateur de la littérature roumaine du XXe siècle et annonciateur des œuvres des grands romanciers qui l’ont nourrie jusqu’à nos jours. Au-delà du polar et du roman social, il faut considérer le regard acéré que l’écrivain pose sur la société d’alors, dénonçant au passage l’avarice, la cupidité, l’appât du gain et quelques autres vices. Un livre que je rangerais entre ceux de Simenon et d’Agatha Christie pour la qualité d’écriture et l’atmosphère.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 09:34
Ma lettre au Père Noël 2015

Cher Père Noël,

 

Il m’arrive de me demander quelle est ton humeur à la veille des fêtes tant il est vrai que ton image de grand-père bienveillant et dévoué, au cœur d’or et au caractère immuablement optimiste, est si peu en adéquation avec le monde d’aujourd’hui. Toi et le petit Prince, qui vivez non loin l’un de l’autre sur des  planètes à taille humaine, vous devez être épouvantés à la vue d’un ciel de plus en plus pollué et, à chaque instant, dérangés par les ondes multiples qui vous parviennent de la terre et des satellites qui encombrent l’empyrée au point que celui-ci sera bientôt aussi embouteillé que les artères de nos mégapoles. Sans oublier les ondes en provenance des innombrables portables, iPads et appareils numériques divers qui font vibrer vos oreilles et réduisent à une peau de chagrin le précieux silence du firmament.

 

Oui, de quel œil regardes-tu, cher Père Noël, un monde qui ne croit ni à Dieu, ni à diable, a relégué dans les oubliettes les poètes et les illusionnistes et accorde plus d’attention aux économistes et financiers du Cac 40 qu’aux conteurs et aux magiciens ? J’imagine que ton humeur n’est pas toujours au beau fixe et qu’il t’arrive plus d’un jour ou d’une nuit d’avoir envie de prendre ta retraite et de jeter ta lourde hotte aux orties. Te reposer enfin, ce serait sans doute le seul cadeau de Noël en mesure de te combler. Mais vois-tu, sur notre planète terre, très bruyante et très agitée, il n’y a pas de Père Noël pour réaliser ce souhait légitime, il n’y a que des désenchantés, des abîmés, des désillusionnés, des amers qui rêvent de migrer vers d’autres lieux, vers Mars peut-être, ou vers des astéroïdes qu’ils s’empresseraient d’ailleurs de rendre invivables et bruyants en un tour de pelle. Il est vrai aussi que nous ne savons pas être tranquilles, cohérents, raisonnables, unis, accordés, confiants, sages, mesurés et prudents. Il nous faut toujours un ennemi à pourfendre, un combat à engager, une guerre à conduire, une idéologie à promulguer et bien peu d’idéal à servir. Nos jardins sont certes emplis de fleurs mais nos cœurs chargés d’épines. L’homme a trop de faiblesse et d’ambition pour user du temps avec clairvoyance et discernement. Voilà  son malheur.

 

Et toi, cher Père Noël, comment conçois-tu l’avenir, ton avenir dans un monde qui se refuse à sauver ses espérances et ses traditions ? As-tu formé un successeur, as-tu encore des projets ? Serais-tu  lassé, désabusé au point de nous abandonner à notre triste sort ? Bien que je le redoute,  je n’ose l’envisager. Quoiqu’il en soit, ne pars pas sans retour, accorde-nous un sursis, prends en compte  ce qui en chaque adulte subsiste de son enfance et, en chaque enfant, cette part d’innocence  encore tendre et immaculée. Rappelle-nous que l’enfance sera toujours un univers  à réinventer et  à ré-enchanter, le seul qui mérite une saine colère. La tienne. Puis, fais pleuvoir sur la France, qui ne le mérite guère, une pluie d’étoiles pour éclairer nos cœurs.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Lettre au Père Noël 2017

Lettre au Père Noël 2016

Lettre au Père Noël 2013

Lettre au Père Noël 2012

 

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  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
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Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

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