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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 09:26
Carthage, ville éternelle

 

Situé sur une colline qui domine le golfe de Tunis, Carthage a joué un rôle de premier plan dans l’antiquité et en conserve des vestiges qui n’ont cessé de nourrir l’imaginaire universel. Ne s’agit-il pas de l’un des centres les plus brillants de la civilisation africo-romaine ?

 

Carthage, au temps de la grandeur romaine, fut l’une des cinq capitales de l’Empire avec Rome, Constantinople, Antioche et Alexandrie.  Elle fut fondée par une princesse phénicienne, sœur de Pygmalion, du nom d’Elisa-Didon qui, pour échapper à la tyrannie de son frère, s’était enfuie à la tête d’une petite flotte et, après deux années d’errance, s’était installée sur la lagune de terre qui bordait le lac de Tunis, alors navigable. La légende veut qu’en ce lieu elle fonda la ville, mais, contrainte d’épouser un prince autochtone afin de gagner la bienveillance des habitants et établir l’alliance entre l’envahisseur et l’indigène, elle prétexta qu’il lui fallait d’abord rompre les liens d’un précédent hymen, fit élever un bûcher et s’y précipita, s’immolant plutôt que de lier son sort à un homme qui ne partageait pas ses croyances. Ainsi allait s’élever au fil des siècles une ville-Etat qui, à l’exemple de Didon, ne manquerait ni de panache, ni de fierté, ni de grandeur.

 

En effet, Carthage ferait trembler et pâlir d’envie les pays qui bordent la Méditerranée ; elle exercerait son pouvoir jusque sur l’Espagne, la Sardaigne, la Sicile, l’Italie, la Grèce, succomberait et renaîtrait cent fois sous les Phéniciens, les Romains, les Vandales, les Byzantins, les Arabo-musulmans, les Croisés, les Espagnols, les Turcs, les Français ; vieille d’un passé de trois mille ans et riche d’une épopée prestigieuse dont le crépuscule ne parvient pas à dissiper les dernières lueurs, elle reste presque, à l’égale de Rome, une ville éternelle.

 

A la Carthage punique d’Hannon, qui avait été reine des mers, avait succédé celle d’Hannibal, maîtresse du monde, puis celle d’Auguste, capitale de l’Africa pro-consulaire, enfin, après la Carthage de saint Augustin qui avait promu la cité de Dieu, elle était devenue vandale pendant un siècle, byzantine avec Bélisaire, avait été conquise par les Arabes qui lui préférèrent Tunis.

 

Pour le visiteur qui s’attarde sur les lieux de la Carthage ancienne, il est émouvant d’essayer de les imaginer dans leurs différentes configurations, dont le temps les a passagèrement revêtues. Le sol est encore marqué de ces strates qui relatent l’histoire des hommes, leurs combats, leurs victoires, leurs défaites, leurs audaces, leurs croyances, leurs errements. Ainsi la colline de Byrsa, mot phénicien qui signifie « lieu fortifié », était-elle couronnée à l’époque punique par les temples du dieu Echmoun, à l’époque romaine par un monument dédié à la triade Jupiter-Junon-Minerve, au temps d’Auguste par une mosaïque figurant des monstres sans tête ou sans membre, qui intriguait à ce point les badauds qu’ils se pressaient autour d’elle et que saint Augustin, saisi lui-même d’étonnement, en parle dans ses écrits. Ainsi se succédèrent les sanctuaires, tantôt religieux, tantôt païens, comme si le monde ne cessait d’osciller entre ces deux pôles, de s’user entre l'espérance et le désespoir, la foi et le doute, la grandeur et la misère, le durable et l’éphémère. Oui, les hommes ont écrit ici une page mémorable qui leur ressemble, pleine d’effusion et d’indifférence, de douleur et de volupté, d’agitation et d’apaisement.

 

Le port fut longtemps dominé par deux colonnes ioniques qui donnaient à la circonférence constituée par le bassin principal l’aspect d’un portique et voyait accoster les navires marchands, tandis que se croisaient dans les avenues bordées de villas, de temples et de palais, une population cosmopolite. Depuis l’esplanade, on discerne toujours au loin une chaîne de reliefs qui barre l’horizon au sud-est. C’est sur l’un de ces versants que la ville avait été édifiée à l’origine. L’agglomération s’étendit ensuite  jusqu’aux rives de la Béhéra, lac salé qui baigne la presqu’île de Carthage. Au-delà, une zone de jardins et de verdure et, sur la bande de terre lagunaire qui sépare le lac de la mer, le port de la Goulette. Après la chute de Carthage, ce site avait toujours conservé une importance stratégique. En 1535, il avait été annexé par Charles-Quint qui y avait établi de puissantes fortifications et en avait fait sa base maritime pour dominer l'ensemble de la Méditerranée.

 

hannibal.jpg     Hannibal

 

C'est également à Carthage en 203 qu'avaient été livrées aux fauves Perpétue et sa servante Félicité. On suppose que leurs corps furent inhumés dans la basilica majorum dont, hélas ! il ne reste que des vestiges épars. Au temps d'Hamilcar, père d'Hannibal, le lieu se nommait Mégara et était bâti à l'emplacement des citernes romaines alimentées par l'aqueduc qu'avait fait construire l'empereur Hadrien. Dans ce voisinage se trouvait la sépulture d'un autre martyr saint Cyprien, sur laquelle avait été élevée une imposante basilique à sept nefs, qui se terminait par une abside encadrée de deux sacristies. Parmi les bouquets de cyprès, il faut se représenter les monuments d'alors : les églises abondamment décorées, les cathédrales imposantes dont les voûtes reposaient sur des colonnes en marbre, les palais aux salles circulaires ouvrant sur des patios, les chapelles tréflées, les atriums en hémicycle entourés de portiques, les stèles votives, les nécropoles, les fontaines peuplées de statues, les thermes aux gigantesques chapiteaux corinthiens, enfin les citernes aux bas-reliefs frappés de têtes d'empereurs et de déesses.

 

Aujourd'hui, il ne reste que des ruines magnifiques qui se détachent sur le bleu du ciel, symphonie qui mêle la lumière, la mer, les reliefs que l'on devine dans la brume et la minéralité du passé sculptée par le vent et la pluie. Il y a là une ordonnance magistrale comme si le passé s'était juste assoupi, tout prêt à renaître comme une fabuleuse légende inoubliée.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Carthage, ville éternelle
Photos Yves BARGUILLET

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 09:16
Colmar, la petite Venise d'Alsace

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Colmar n'a rien à envier à sa prestigieuse rivale Strasbourg, car elle est une ville également belle, riche d'une architecture d'exception et ayant sa "petite Venise" comme l'autre a sa "petite France". On ne peut que les unir dans une égale admiration et se féliciter que l'une et l'autre aient su préserver et entretenir leur patrimoine et nous l'offrir de la façon la plus ludique et la plus séduisante. Dès l'abord, la ville vous requiert, vous envoûte par son charme, ses canaux, ses demeures à colombages, ses fontaines, ses monuments, ses géraniums aux balcons qui disent son appartenance à l'Alsace. Ni les guerres, ni le temps ne paraissent avoir eu prise sur elle. Elle reste confondante de beauté et sa gastronomie est à l'égale de son apparence : d'aussi rare qualité. Tout est réuni pour faire de notre visite un moment inoubliable et qui perdurera dans nos mémoires. C'est entre le Xème et le début du XIIIème siècle qu'il faut citer le premier accroissement important de ce qui n'était auparavant qu'un gros bourg. Colmar est d'abord une cité municipale avant de passer sous la dépendance directe de l'Empereur. En 1278, Rodolphe de Hasbourg accorde à la ville une constitution municipale, si bien qu'elle va bientôt compter parmi les dix villes impériales de la Décapole et s'affirmer comme une grand centre artistique, cela grâce à la création de nombreux ateliers réputés pour avoir développé la peinture de chevalet et produit les fameux panneaux peints du "gothique tardif". Après les vicissitudes de la guerre de Trente ans et la pénétration de la Réforme protestante, Colmar va gagner le giron de la monarchie française et en obtenir quelques privilèges. L'arrivée en 1698 des Jésuites d'Ensisheim, qui s'installent dans le prieuré Saint-Pierre, montre la volonté royale de redonner à l'église catholique un rôle de premier plan. Après la Révolution, Colmar s'intègre encore davantage dans l'administration française. L'urbanisme de l'annexion de la période allemande de 1870 à 1918 transforme l'aspect de certaines rues et places mais sans rompre les harmonies du passé. Les transformations de XIXème siècle et les luttes des deux guerres mondiales ne l'ayant pas déparée, c'est avec un héritage brillant que Colmar connaît depuis 1945 un rayonnement indiscutable.

 

 

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Après avoir flâné dans la "petite Venise" qui allie les panoramas les plus attrayants et sollicite sans cesse votre viseur photographique, nous parcourons la célèbre rue des Marchands et ses maisons pittoresques avec leurs soubassements en pierre, leurs portes moulurées, quelquefois cintrées, et leurs étages à colombages et souvent à encorbellements. L'une des plus fameuses est la maison Pfister du XVI ème en grès de Rouffach, avec un très bel oriel d'angle. Cet édifice est remarquable par le décor peint très en vogue à l'époque et qui en exprime bien les goûts humanistes, puisque son iconographie associe les thèmes bibliques à des figures allégoriques comme celles de l'amour, de la justice, de la tempérance et même quelques représentations d'empereurs. Plus loin la maison des têtes, dans la rue qui porte son nom, retient l'attention par son pignon à volutes et l'ordonnance de sa façade aux fenêtres à meneaux. S'ajoute à cela une profusion d'éléments décoratifs - cariatides, têtes et masques grimaçants - d'une incroyable finesse d'exécution. Nous poursuivons notre visite par la collégiale Saint-Martin, bel exemple de l'art gothique dans le Haut-Rhin. Des fouilles récentes ont révélé la présence d'une église dès le XIème siècle. A l'intérieur, je tombe en admiration devant les consoles sculptées représentant la Passion du Christ avec un réalisme touchant et un art accompli aussi bien dans les détails que dans les expressions des visages. La place en elle-même a beaucoup d'élégance et permet de contempler un ensemble architectural de grand renom avec la toiture polychrome de la cathédrale et l'admirable maison Adolph dont la richesse ornementale se caractérise par l'emploi de motifs décoratifs et des ferronneries disposées en frise sur la loggia.

 

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             La collégiale Saint-Martin                                               La maison Pfister

 

Le Koïfhus ou "ancienne douane" nous subjugue à son tour, vaste édifice à deux niveaux surmonté d'une haute toiture en tuiles bicolores coiffant une jolie galerie de bois, débordante de fleurs. Quel décor urbain peut être plus séduisant ? Peu en somme ! Et on s'imagine combien l'ensemble devait être harmonieux lorsque les automobiles et les nuisances modernes ne venaient parfois en rompre l'ordonnance et vous empêcher de photographier une maison ou une rue selon l'angle le mieux adapté.  Colmar est incontestablement une ville d'artistes et nombreux sont ceux qui y sont nés ou y ont travaillé. Ainsi Martin Shongauer ( 1445 - 1491 ) y a exécuté presque toute son oeuvre peinte ( retables ) qui fut admirée par Dürer et les artistes de la Renaissance, dont "La vierge au buisson de roses"  ( 1473 ), visible dans l'église des Dominicains où l'artiste représente la Vierge tenant l'enfant, assise sur un banc de gazon, devant un fond de rosiers où volettent des oiseaux. L'auteur a su associer à la tendresse du motif, la force d'un ensemble monumental qui est un des chefs-d'oeuvre de la fin du Moyen-Age. Dans l'ancien couvent des Dominicaines d'Unterlinden, c'est le retable d'Issenheim, polyptyque peint par Grünewald, que l'on peut admirer. Ces peintures ont été réalisées vers 1512-1516. Le caractère précieux et exceptionnel de cet ensemble, désormais présenté par volets pour éviter les manipulations régulières trop dangereuses, vous laisse pantois tant l'ampleur peinte et sculptée est une véritable perfection. On imagine la vision qu'offrait la première ouverture du retable où se succèdent l'Annonciation, la Nativité, la Crucifixion, le concert des Anges et la Résurrection. La deuxième ouverture permettait de contempler les deux autres volets peints, la Visite de saint Antoine à saint Paul et la tentation de saint Antoine qui encadraient les sculptures centrales.

 

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La Vierge au buisson de roses               Le Koïfhus et son balcon fleuri

 

Plus tard, Auguste Bartholdi (1834 - 1904) y naîtra à son tour - dans une demeure devenue musée Bartholdi - et recevra de nombreuses commandes des provinces françaises et de l'étranger. On lui doit, entre autres réalisations, le Lion de Belfort et la statue de la Liberté  à l'entrée du port de New-York. Né lui aussi à Colmar, l'écrivain et aquarelliste Jean-Jacques Waltz dit Hansi (1872 - 1951). Son crayon vengeur, qui se faisait volontiers caricatural à l'égard de l'occupant allemand, savait se faire tendre, amusé et poétique dès qu'il s'agissait de représenter le petit peuple alsacien, coloré, patriote et malicieux.

En général, la visite de Colmar se commence et s'achève par la "Petite Venise" dont on se plaît à longer les cours d'eau bordés de maison étroites, avec des étages à pans de bois, dont la plupart datent des XVIe et XVIIe siècles. Ce quartier, dit " des tanneurs", existait néanmoins dès 1209 et conserve encore certains vestiges, de vieilles enseignes, des ponts fortifiés, dont le pont sur la Lauch qui, dans le passé, était l'entrée de la ville. On l'appelait volontiers "le pont de l'abreuvoir" pour la simple raison que les maraîchers y abreuvaient leurs animaux dans la rivière qui coulait sous ses arches. Après des heures de marche ou de piétinement, un dîner dans une auberge ne sera pas un luxe superflu. Et, ici, les bonnes tables sont nombreuses ! Inutile de rappeler que la charcuterie entre dans la préparation de nombreux plats. A côté des saucisses de Strasbourg, jambons et pâtés, le presskopf, un fromage de tête de porc, côtoie le foie gras, grand seigneur de la gastronomie alsacienne. Également au menu, les volailles, le gibier et les poissons. Nous n'avons que l'embarras du choix entre le coq au riesling et la poularde aux morilles, la truite des Vosges au bleu et la carpe frite du Sundgau. Bien entendu, pas question de délaisser l'incontournable choucroute ou le baeckeofe, mélange de viandes de boeuf, porc, agneau ou cuisse d'oie marinées ensemble dans un vin blanc sec, sylvaner ou riesling, accompagné d'oignons, d'ail et d'un bouquet garni. A Colmar, comme dans toute l'Alsace, seront sollicités non seulement vos yeux, votre imagination, votre mémoire  devant la foisonnante diversité de son patrimoine mais vos papilles par son art de vivre si accompli.

 

Pour tous renseignement sur les célèbres marchés de Noël, cliquer  ICI

 

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Strasbourg, la belle européenne      

 

Alsace : la route des vins        

 

Riquewihr

 

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P1080042.JPG  Le Koïfhus


 156205_une-femme-observe-le-retable-d-issenheim-de-matthias.jpg                               

       La Crucifixion de  Grünewald au couvent des Dominicaines d'Unterlinden

 

100228-1.JPG  Le concert des Anges

 

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 09:07
Photos Yves BARGUILLET

Photos Yves BARGUILLET

 

S’offrir un safari à quelques kilomètres de chez soi semble être un pari inconcevable et, pourtant, c’est ce que j’ai réalisé en compagnie de mon mari, immersion dans un monde animal d’une surprenante beauté et, ce, dans  le décor collineux de notre belle province. Un véritable enchantement de plusieurs heures qui nous a mis en présence d’un monde sauvage que l’on peut approcher sans crainte et qui semble sortir d’un paradis retrouvé, sans perdre pour autant une once de son authenticité. Oui, ils sont là les délicieux pandas roux, les ours à lunettes, les tigres blancs qui sont issus d’une mutation génétique du tigre du Bengale, le calao papou, le rhinocéros indien, le tapir malais, l’émeu et le kangourou d’Australie, le lion, auquel il faut 5kg de viande quotidiennement, la hyène rayée, le sublime guépard, la panthère du Sri Lanka,  le bébé alpaga, le zèbre de plaine, l’élégante girafe, les nombreuses gazelles dont l’oryx et l’antilope cervicapre d’Inde, la tortue alligator, le loup blanc, le rat de Madagascar, le banteng d’Indonésie, la malicieuse mangouste, le potamochère, le bison d’Amérique, le macaque ouanderou, les hamadryas, le lémurien maki catta, le tamarin pinché, les ouistitis d’Amérique, enfin, pour ne pas user votre patience, les oiseaux dont  les cacatoès blancs, les ibis rouges, le calao trompette, le perroquet Ara bleu et jaune, le goura de Scheepmaker qui est  fidèle en amour, le caïque maipouri, un petit perroquet à longue vie, l’amazone aux ailes oranges sans oublier les chevaux appaloosas, montures des Indiens Nez-Percés.

 

Rhinocéros et guépardRhinocéros et guépard

Rhinocéros et guépard

Les tigres blancs :  la mère et ses petits âgés de 3 moisLes tigres blancs :  la mère et ses petits âgés de 3 mois

Les tigres blancs : la mère et ses petits âgés de 3 mois

Tapir terrestre et ours à lunetteTapir terrestre et ours à lunette

Tapir terrestre et ours à lunette

Kangourou roux d'Australie et nandou d'AmériqueKangourou roux d'Australie et nandou d'Amérique

Kangourou roux d'Australie et nandou d'Amérique

Alpagas ( leur réputation de cracheur n'est pas fondée...)Alpagas ( leur réputation de cracheur n'est pas fondée...)

Alpagas ( leur réputation de cracheur n'est pas fondée...)

 

Tant à voir, tant à admirer qu’en 4 heures nous n’avons pas pu tout photographier, aussi y retournerons-nous puisque ce paradis sauvage ne se trouve qu’à 34 km de chez nous. Inutile de prendre l’avion pour vous dépayser, vous disposez au parc zoologique de CERZA, près de Lisieux, de lodges pour dormir, divers points de restauration et goûterez à un dépaysement total, loin des bruits de la civilisation urbaine, auprès des 650 pensionnaires de ce lieu saisissant qui contribue à l’enrichissement de nos savoirs en matière d’éthologie, de génétique, de médecine vétérinaire et, plus simplement, à notre compréhension du monde animal qui n’en finit pas de nous surprendre et de nous émerveiller.

 

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Macaque ouanderou ou macaque lion et lémurienMacaque ouanderou ou macaque lion et lémurien

Macaque ouanderou ou macaque lion et lémurien

Chevaux appoloosas et panda couché dans un arbreChevaux appoloosas et panda couché dans un arbre

Chevaux appoloosas et panda couché dans un arbre

Cacatoès blanc et ibis rouges
Cacatoès blanc et ibis rouges

Cacatoès blanc et ibis rouges

Mangouste et girafeMangouste et girafe

Mangouste et girafe

Le capybara, rongeur le plus gros du monde, et bison d'Amérique.Le capybara, rongeur le plus gros du monde, et bison d'Amérique.

Le capybara, rongeur le plus gros du monde, et bison d'Amérique.

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 08:22
Villequier et la maison Hugo-Vacquerie  et l'abbaye de Saint-Wandrille
Villequier et la maison Hugo-Vacquerie  et l'abbaye de Saint-Wandrille

Villequier et la maison Hugo-Vacquerie et l'abbaye de Saint-Wandrille

Au moment où la saison devient plus intime et que les lumières commencent à se voiler comme une lampe sous son abat-jour, j'avais envie d'une promenade en Normandie et pourquoi pas à Villequier où, dans une boucle harmonieuse de la Seine, la famille Vacquerie possédait une résidence entourée d'un jardin, lieu devenu plus romantique le jour où la famille Hugo s'était jointe à la leur à l'occasion des épousailles de la jeune Léopoldine, fille aînée de Victor, avec Charles Vacquerie. Marié en février 1843, le jeune couple se noie le 4 septembre de la même année lors d'une promenade en barque aux alentours de leur maison. Celle-ci, neuve et mal lestée, s'était retournée et Léopoldine ne savait pas nager. Malgré les efforts de son mari pour tenter de la sauver, ils sombrèrent tous les deux. Ce drame liera étroitement les deux familles et Madame Hugo viendra souvent séjourner auprès de ses amis avec ses quatre enfants, d'autant que Léopoldine et son mari sont enterrés dans le cimetière voisin. Hugo, dont c'était sans doute l'enfant préférée écrira :

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends,
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne,
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

La maison Hugo-Vacquerie, le village et les tombes de la famille Hugo
La maison Hugo-Vacquerie, le village et les tombes de la famille Hugo
La maison Hugo-Vacquerie, le village et les tombes de la famille Hugo

La maison Hugo-Vacquerie, le village et les tombes de la famille Hugo

Ici, tout est beau. Le silence de ce petit village avec sa rue parallèle au fleuve ; la Seine, au loin, déroulant son lent et long ruban gris ou bleu selon les endroits, cela dans une immuable douceur de vivre ; son église avec sa nef en coque de navire et ses vitraux du XVIe siècle, enfin son cimetière qui la ceint comme une couronne et où reposent, non seulement Léopoldine et son époux, mais Adèle Foucher, la femme de Victor Hugo, et sa plus jeune fille morte en 1915 dans un asile où elle était internée depuis de longues années. On aime à s'attarder sur un banc pour voir couler le fleuve aux courbes paresseuses avec, à l'horizon, quelques falaises blanches et les hêtraies touffues appuyées à des vallons qui forment depuis la nuit des temps un paysage inchangé.

 

Non loin se trouve l'abbaye de Saint-Wandrille, haut lieu touristique, fondée au VIIe siècle par un ministre du roi Dagobert épris de solitude, qui souhaitait se retirer en un endroit propice au recueillement et à la prière. Il fixera son choix sur ce paysage de prairies et forêts où tout semble s'harmoniser pour transmettre à chacun la plus parfaite sérénité. Au XIIIe siècle, l'abbaye connut son apogée et il n'y avait pas moins de 300 moines à partager leur existence entre la prière, le travail  manuel et culturel. (Aujourd'hui l'abbaye compte trente moines )

 

Promenade normande : Villequier et Saint-Wandrille
Promenade normande : Villequier et Saint-Wandrille

L'abbatiale, comme celle de sa voisine Jumièges, était alors une véritable cathédrale qui sera peu à peu démantelée à la Révolution par des hommes qui feront de cette merveille une carrière de pierre. Les moines en reprendront possession en 1894. En 1969, après bien des vicissitudes et des difficultés administratives, la communauté monacale acquiert une ancienne grange seigneuriale qui, démontée et remontée pièce par pièce, devient la nouvelle église, superbe par ses proportions et sa simplicité, où l'on peut admirer une descente de croix médiévale d'une extrême beauté. De même que le cloître, splendide dentelle de pierre mi-gothique, mi-Renaissance, dont les remplages assurent un décor toujours différent. Les lumières du soir donnent à ce paysage de pierre certi dans un décor bucolique une splendeur exceptionnelle qui incite à la contemplation. Il y a ainsi, autour de nous et proche de nous, des lieux élus qui nous rappellent qu'il arrive à l'homme de composer avec Dieu.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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L'ancienne abbatiale et le cloîtreL'ancienne abbatiale et le cloître

L'ancienne abbatiale et le cloître

La nouvelle église et la descente de croix
La nouvelle église et la descente de croix

La nouvelle église et la descente de croix

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 07:56

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        L'Hôtel-Dieu de Beaune ( cour intérieure du XVe siècle )

 

Le début de l'automne est sans doute la période de l'année qui sied le mieux à la Bourgogne, l'ancien duché de Philippe le Hardy, de Jean sans Peur et de Charles-Quint qui a vu l'histoire s'écrire avec un grand H. Oui, les premières teintes de la saison la parent d'un charme enchanteur. Les toits multicolores et la végétation s'harmonisent soudain, mêlant les tons d'or et de rouille, les verts profonds et les incarnats. Ici, on pénétre dans l'une des plus vieilles terres d'Occident qui doit presque toute sa configuration au lent et patient travail de l'homme. Aussi y a-t-il urgence à prendre le temps de goûter à la douceur des paysages, à la saveur des fruits, à l'arôme des vins et à s'émerveiller de ce que le Moyen-Age chrétien a inspiré aux tailleurs de pierre et aux architectes. La Bourgogne doit son nom au peuple scandinave des Burgondes qui fixa ici, au Ve siècle, sa longue errance. Ensuite, les moines assurèrent la relève ; aux vignes et aux pâturages, ils ajoutèrent des millliers d'abbayes et de prieurés qui furent des relais pour la foule des Croisés et que scandaient les huit offices quotidiens. Plus tard, la haute magistrature édifiera un admirable décor urbain. Ce seront Auxerre la joyeuse que chanta la poétesse Marie Noël et Dijon, la ville "énigme", attachante et auguste avec sa place d'Armes que domine la statue équestre du grand roi, ses palais, ses loges, ses forges, sa chapelle des Elus où se tenaient les séances solennelles de l'Assemblée bourguignonne. Des ducs aux rois, le pouvoir était symbolisé par les palais et les tombeaux, si bien que la grandeur subsiste comme rassemblée dans une piété minérale.

 


tournus_et_philibert.jpg   Tournus

 

 

 

Partout est présente la mémoire des pierres. Sur le sol de ce vieux pays se déroule un long chapelet de basiliques, monastères, paroisses, oratoires qui surent résister aux méfaits révolutionnaires et conserver leur authenticité. Nous en aurons l'assurance en revisitant Vézelay, temple des récits bibliques, maison très sainte érigée très près du ciel. En ce lieu s'attardèrent Philippe-Auguste, Richad Coeur de Lion, Saint Bernard qui y prêcha la seconde croisade et Saint Louis en route pour la Terre Sainte, ainsi que quelques autres icônes de l'histoire européenne. A l'heure de la prière du soir, la basilique s'ouvre à vous dans son recueillement majestueux après que vous ayez passé le tympan qui a fixé l'éternité dans la pierre. Vézelay est incontestablement l'une des merveilles de l'Occident, car, nulle part ailleurs, l'art roman n'a mieux maîtrisé ses techniques et son inspiration. Tout, dans ce haut lieu, est cohérence, simplicité, dépouillement et grandeur. A la sortie, un peu de temps est nécessaire pour revenir à la réalité des choses, peut-être en parcourant à pied l'esplanade et les remparts qui cernent la colline afin de contempler la lumière s'éteindre progressivement sur les reliefs environnants en se laissant pénétrer par le silence qui veille ainsi qu'un dieu bienfaiteur.

 


Basilique_de_Vezelay_Narthex_Tympan_central_220608.jpg   Vézelay

 

 

Le lendemain, nous nous rendons à Bazoches, qui n'est éloigné de Vézelay que d'une dizaine de kilomètres, château familial de Vauban où l'élégance n'a d'égale que l'harmonie. C'est à Bazoches que s'arrêtèrent Philippe-Auguste et Richard Coeur de Lion en partance pour Jérusalem. On les imagine soupant et dormant dans cette demeure qui jouit d'un panorama unique sur le Morvan. C'est en 1675 que le Maréchal de Vauban en fit l'acquisition grâce à une gratification que Louis XIV lui avait accordée à la suite du siège de Maestricht. Entre deux voyages, il appréciait de venir s'y reposer auprès de sa femme et de ses enfants, d'autant que la demeure à taille humaine, aux pièces claires et bien distribuées, offrait toutes les commodités. Aujourd'hui, elle est occupée par ses descendants qui l'entretiennent avec un soin jaloux et proposent, à qui le souhaite, de venir s'y marier ou d'organiser une fête.  C'est également dans ce château que Vauban élabora une partie de ses études et les plans de plus de 300 ouvrages et échafauda les méthodes d'attaque et de défense des fortifications et places fortes qui firent de lui le maître incontesté de l'architecture militaire. Enfin, c'est dans cette sobre et belle demeure qu'il composa et rédigea ses réflexions sur les sujets les plus divers que, non sans humour, il appelait "ses oisivetés". Il repose sous une simple dalle dans la modeste église du village auprès de sa femme morte peu de temps avant lui, de l'une de ses filles et d'une petite fille décédée en bas âge. Voilà le tracé de vie d'un des plus grands serviteurs de la France.

 


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    Le château de Bazoches et le village

                                                      

 

Mais la Bourgogne n'est pas seulement admirable pour sa romanité, ses villes et villages, ses basiliques, monastères et habitations anciennes, elle l'est également pour ses voies d'eau qui la sillonnnent et l'imbibent d'une fraîche clarté. Réunir les fleuves fut une grande ambition ébauchée dès le XVIe siècle et que réalisera le XVIII ème en entreprenant des travaux gigantesques afin de favoriser le commerce fluvial. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui ont choisi la péniche ou le bateau habitable pour s'offrir une croisière et se laisser doucement porter au fil de l'eau et du temps. Rives ombragées, forêts de hêtres, chasse aux libellules et aux papillons, cueillette des champignons, passage des écluses, les minutes s'égrennent. Il y a celles de l'émerveillement, celles de la méditation dans un silence de cathéadrale que composent les ormes et les saules. Pour nous, ce ne sera que quelques balades à pied le long du rivage, puisque nous sommes descendus chez des amis qui restaurent un château médieval et ont ainsi privilégié l'intemporel à l'éphémère.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Château de Bazoches
Château de Bazoches

Château de Bazoches

Intérieur du château et portrait de Vauban
Intérieur du château et portrait de Vauban

Intérieur du château et portrait de Vauban

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 09:19
Photos Erwann Barguillet
Photos Erwann Barguillet

Photos Erwann Barguillet

gazelle de Grant

gazelle de Grant

La grande famille des antilopes est l'une des plus diversifiée d'Afrique de l'Est, au Kenya comme en Tanzanie. Il y en a de toutes sortes : des légères, des audacieuses, des rustiques, des timorées, des inquiètes, des sveltes et des trapues. Les antilopes des plaines par exemple, comme les gazelles de Grant ou de Thomson, ont une robe fauve et un ventre blanc, des cornes en forme de lyre.

gazelles de Thomson et de Grantgazelles de Thomson et de Grant
gazelles de Thomson et de Grant

gazelles de Thomson et de Grant

dik-dik

dik-dik

 

Plus grande, l'antilope des roseaux se singularise par des cornes courbées vers l'avant comme des crochets. Dans la savane rameuse se plaisent les koudous qui portent de superbes cornes en spirales et des rayures sur le corps. On remarque aussi le généruk ou antilope-girafe au cou démesuré et au corps gracile. Citons également le bongo au pelage acajou barré de blanc et marqué au poitrail d'un large V de teinte plus claire et le dik-dik aux grandes oreilles.

antilope des roseauxantilope des roseaux

antilope des roseaux

koudou et gazelle de Thomson koudou et gazelle de Thomson

koudou et gazelle de Thomson

J'ai gardé pour la fin l'oryx, antilope fine et élégante, maquillée de blanc et de brun, avec une tête couronnée de cornes annelées. Lui aussi aime les broussailles, mais supporte les quasi déserts, car il a besoin de peu d'eau pour subsister. C'est un animal courageux qui n'hésite pas à se battre s'il est attaqué, combat qu'il perd souvent mais qu'il a néanmoins livré. Ainsi est-il arrivé à une mère oryx de s'attaquer à une portée de lionceaux pour obliger une lionne à lâcher son petit qu'elle tenait déjà dans sa gueule. Pour eux la vie est courte, le danger constant, il s'agit seulement de survivre dans un pays encombré de pièges et dangers. C'est pour cette raison que les animaux ont dû braver un environnement hostile et que le petit oryx, qui se tient debout dès sa naissance, est en mesure de suivre le troupeau d'adultes peu de jours après sa naissance. Comparées à un lionceau, que la lionne met des mois à éduquer, les gazelles, en général, font figure de surdouées ; habiles, souples et téméraires, filant comme le vent, adultes dès l'âge d'un an, elles sont prêtes à en découdre avec la terre entière et ne craignent nullement, en certains circonstances, à affronter les félins avec leurs cornes effilées et, parfois, certes rarement, à emporter la victoire et à sauver leur peau. Mâles et femelles usent d'une stratégie intelligente en fuyant en zigzag de manière à désarçonner leur poursuivant.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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oryx

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 08:43
Photos exclusives de Erwann BARGUILLET prises en Tanzanie
Photos exclusives de Erwann BARGUILLET prises en Tanzanie

Photos exclusives de Erwann BARGUILLET prises en Tanzanie

C'était l'heure où les bêtes viennent boire à l'étang de Yangali, débouchant des sentiers dispersés parmi les épineux. Le ciel, sous l'effet d'une éruption, laissait fondre sur le paysage une coulée fluorescente, allumant des incendies dans les ramures et découpant, en un dessin ombré, la silhouette des reliefs. Une colonie d'éléphants avait choisi ce moment pour s'avancer en fil indienne, d'un pas lent, une femelle âgée ouvrant la marche en agitant sa trompe et en battant des oreilles, et les jeunes jamais très loin de leurs mères. Parfois, ils sont une quarantaine à entrer dans l'eau, à s'asperger dans un brouhaha incroyable qui n'effraie nullement les oiseaux. De quoi se nourrissent-ils ? De pas moins de deux à trois quintaux d'herbes, de feuillages, d'écorces et de racines. En permanence, ils défrichent la savane qui n'a nul besoin de jardinier pour la paysager.

 

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Puis, arrivent en désordre les buffles, les zèbres, les gnous, les rhinocéros avec leur double corne et leurs quatre tonnes de chair et d'os et les nonchalantes girafes qui se plaisent à traîner autour des points d'eau et à grignoter, avec une indifférence incommensurable, épines et feuilles d'acacias de leur langue qui sort de leur bouche comme un long serpent bleu. Les lions viennent plus tard, après leur nuit de chasse et la grasse matinée qu'ils s'accordent, suivie d'une tout aussi longue sieste aux heures les plus chaudes. Ils préfèrent les crépuscules quand, au bord des étangs, sont terminés les embouteillages. A ce moment, il n'y a plus de mobile dans la savane, prête à s'enténébrer, que les singes, les hyènes et les chacals, tandis que se perçoivent, dans l'obscurité, des frémissements, des grondements, des craquements qui composent une rumeur continue et inquiétante.

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Aucune mère ne l'est davantage que la lionne, aucune plus subtile dans sa manière de transmettre l'art de la chasse, la précision dans l'attaque, la bravoure dans le combat, la majesté dans l'attitude, l'autorité dans le comportement. Aucune plus courageuse pour protéger sa portée, plus vaillante face à l'adversité, mieux disposée à lutter jusqu'à la mort si l'un des siens est menacé. Montherlant a écrit à ce propose : "La lionne si le lion est tué attaque, tandis que le lion si la lionne est tuée s'enfuit." Tout est dit de ce qui sépare le mâle de la femelle.

Plus beau qu'elle avec sa crinière abondante, ses muscles puissants, ses dents et ses griffes redoutables, son rugissement que l'on entend jusqu'à sept kilomètres à la ronde, il ne se révèle pas moins paresseux, comptant sur les femelles du groupe pour assurer l'affût, l'approche, la poursuite, parfois la mise à mort, n'entrant le plus souvent en action que pour se prélever, avec une autorité impérieuse, sa part du lion. C'est un jouisseur imbu de ses privilèges et quelque peu flambeur. Gros dormeur et grand bâilleur devant l'Eternel, on le considère comme l'icône de la force et du courage, l'effigie de la puissance, alors qu'il serait plus juste de le prendre pour exemple de l'oisiveté...

Elle, effacée, plus petite, est cependant plus résistante, plus généreuse et active, chasseresse remarquable qui revient auprès des siens pour partager les agapes, prête à bondir, à foncer sur l'obstacle si nécessaire, jamais en repos, consciente jusqu'à l'anxiété de ses responsabilités. Merveilleux spectacle que ces joutes pleines de grâce auxquelles les mères se livrent avec leurs lionceaux, étonnantes scènes studieuses où la lionne apprend à sa portée à choisir sa proie, à la guetter, à affiner sa technique d'approche. Elle n'hésitera pas, d'un mouvement vif, à saisir le cou de son petit avec sa gueule, afin qu'il recommence, avec davantage de précision, le geste qui fera de lui un chasseur accompli. Les femelles ne se démobilisent  jamais et leur méthode d'enseignement paraît exemplaire. Les lionceaux rechignent mais finissent par obéir à ces mères exigeantes, jamais lasses de les éduquer.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE   ( extraits de mon récit :  "Les signes pourpres" )

 

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 09:35
Trouville renoue avec son passé - Ouverture d'un complexe hôtel/cures marines
Trouville renoue avec son passé - Ouverture d'un complexe hôtel/cures marines

Trouville, qui avait été au XIXe siècle la reine des plages et, bien qu’ayant perdu de son éclat, restait néanmoins, à côté de sa luxueuse voisine Deauville, une plage familiale appréciée et un port plein de charme. Aujourd’hui, cette station balnéaire renoue avec le faste de son passé grâce à l’ouverture, en avril 2015, d’un hôtel 5 étoiles qui s’inscrit dans la continuité mythique de l’hôtel des Roches-Noires où séjournèrent des personnalités comme Marcel Proust et, plus tard, Marguerite Duras, d’un restaurant gastronomique et de cures marines prestigieuses.

 

 C’est le 1e juillet 1847 qu’avait eu lieu l’ouverture du Salon des bains sur un terrain ayant appartenu au docteur Olliffe, ce même docteur qui avait incité le frère de l’empereur, le duc de Morny, à s’intéresser aux étendues marécageuses qui se déployaient à perte de vue de l’autre côté de la Touques. Mais, pour lors, Deauville n’existait pas et Trouville brillait déjà de mille feux. La petite ville, découverte par le peintre Charles Mozin, qu’avaient séduit ses collines verdoyantes, ses pêcheurs sur la plage, ses barques dans la tempête, son estuaire au flux ou au jusant et, par-dessus tout, ses ciels qui varient de couleur et d’intensité à chaque heure, très vite suivi par Eugène Isabey, Paul Huet, Alexandre Descamps et Alexandre Dumas, oui, le petit port avait peu à peu pris le relais de Dieppe, lancé par la duchesse de Berry, et connaissait un essor grandissant. Aux aristocrates du début, qui bâtirent les premières grandes villas, ainsi la villa persane de la princesse de Sagan, celles de Monsieur de la Trémouille ou de la marquise de Montebello ou encore de Galliffet, s’ajoutaient bientôt la villa de Formeville, celle de Monsieur Leroy d’Etiolle, si bien que le modeste port de pêche s’était métamorphosé en quelques décennies en un lieu de villégiature recherché par des estivants tout autant épris de sport et de grand air que de confort et de mondanité.

 

En effet, c’est à Trouville, en 1891, que sera créée la Coupe de France  et, en 1906, les épreuves de régates dureront deux jours et seront remportées par une équipe allemande. Trouville aura également son vélodrome et, en 1893, le premier Paris-Trouville sera patronné par le Journal et ouvert aux vélopédistes comme aux tandémistes. Et, bientôt,  la construction du casino actuel, complété par une salle de spectacle que l’on aimerait voir rénovée  elle aussi, assurera sa renommée. Dans les rues montantes couronnant sa colline, sur la plage ou la jetée, on croisait Boudin, Courbet, Whistler, Monet, Corot, Bonnard, Charles Pecrus, Helleu, Dufy, Marquet, Dubourg pour ne citer que les plus connus. Davantage que le pittoresque, c’est la qualité de la lumière qui les fascinait, le duo subtil de l’eau et du ciel, les masses de couleurs distribuées par l’ocre des sables et les toilettes des femmes, les jeux d’ombres perpétrés par les parasols et les ombrelles qui deviendront emblématiques de l’impressionnisme. Tous essaieront de rendre sensible les vibrations de la lumière, les glacis fluides qui l’accompagnent et cet aspect porcelainé dont parlait Boudin.

 

Le train à voie étroite ramenait chaque été son lot de villégiaturistes. Les passagers descendaient enveloppés dans des pelisses, les femmes dissimulées sous des voilettes qui les protégeaient des escarbilles. Les calèches attendaient devant la gare inaugurée en 1863, trois ans après le pont de la Touques  et qui, dorénavant, reliait Trouville à Deauville, sa cadette. Cette cadette commençait d’ailleurs à s’émanciper et la période de 1910-1912 sera décisive pour les stations des deux bords de la Touques. Trouville n’était plus, alors, la seule à capter l’attention, il fallait compter avec Deauville. La lutte fut d’autant plus rude que s’y mêlèrent politique et rivalités de personnes. Ce fut entre autre la guerre des casinos. Mais, bientôt, la mise fut remportée par le magicien de la nuit Eugène Cornuché qui entraîna les initiés dans le somptueux établissement qu’il inaugurait à Deauville. Les trouvillais n’avaient plus que leurs larmes pour pleurer, d’autant que des nuages s’accumulaient à l’horizon et que le tocsin s’apprêtait à retentir dans toutes les églises de France. En l’été de 1914 éclatait la Première Guerre Mondiale.

 

En 1922, la guerre terminée, Cornuché, qui avait fait la gloire du casino de Deauville, reprenait pied à Trouville en même temps qu’un mécène, Fernand Moureaux, ambitionnait, quitte à en payer une partie de ses deniers, à redonner au petit port normand son caractère et son charme, tout en l’actualisant. Ainsi s’élèveront sur les quais rénovés et, d’après les plans de Maurice Vincent, la nouvelle poissonnerie avec criée et se réalisera la normandisation des maisons qui bordent la Touques. La guerre de 39/45 ne manquera pas,  à son tour, de laisser des cicatrices. Les allemands détruiront la jetée-promenade qui permettait l’accostage des bateaux à vapeur en provenance du Havre et une part du patrimoine immobilier sera également endommagée. Si bien que Fernand Moureaux, une fois encore, avancera sur ses fonds personnels les sommes nécessaires à la destruction des blockhaus et à la réhabilitation des bâtiments dont l’église Notre-Dame des Victoires qui avait perdu ses vitraux. Il ne faudra pas moins de douze années pour déminer et redonner à la cité balnéaire son cachet. Beaucoup de changements s’avèreront inévitables : les grands hôtels seront convertis en appartements, un complexe nautique remplacera les « bains bleus », mais la magnifique jetée-promenade ne verra pas aboutir le projet de sa reconstruction.

 

Quant aux cures marines, qui occupaient une partie du casino, et avaient été créées par le docteur Larivière en 1945, elles avaient été fermées dans les années 90 parce qu’elles ne correspondaient plus aux normes exigées. Or, elles ouvrent à nouveau en ce 16 avril 2015 avec une surface plus grande de 2500 m2 et sont les plus modernes d’Europe du groupe Accor. L’accès est direct avec l’hôtel 5 étoiles qui constitue avec elles un complexe de bien-être et de loisirs exceptionnel. C’est l’architecte Philippe Nuel qui a redonné son élégance de jadis à l’établissement, affligé depuis 20 ans d’un déclin inexorable. Doté de 103 chambres dont 16 suites, l’hôtel se plaît à jouer sur les variations autour des camaïeux de blanc et de gris, soulignés délicatement de bleu, en écho avec l’univers marin qui l’entoure. Au décor inspiré par les bains de mer de la Belle-Epoque s’ajoute une offre thalasso et spa exclusive qui ravira les amateurs de détente marine. D’ailleurs le directeur Emile Viciana ne se cache pas de réinventer le projet d’origine, celui des débuts de la Thalasso où le Tout-Paris se rendait à Trouville pour profiter de sa longue plage de sable et des bienfaits de la mer que l’on allait prendre en cabines roulantes. Si bien que, désormais, Trouville renoue avec son passé sans rien sacrifier de son présent puisque faisant de cet alliage un atout précieux.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Trouville, le havre des artistes

 

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 09:30

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            Abbaye de Beauport

 


J'ai toujours pensé que partir c'était renaître un peu et chacun de mes voyages n'a fait que confirmer ma conviction qu'il n'y a rien de tel que de rompre les amarres pour se ressourcer, se restaurer intérieurement et s'ouvrir à de nouvelles perspectives. Ce lundi 2 juillet, mon mari et moi mettions le cap vers la Bretagne, très précisément sur Paimpol, où depuis que nous avions vu l'émission  "Les racines et des ailes" consacrée à la région, nous souhaitions la visiter au plus vite en nous fixant plusieurs jours dans un manoir/chambres d'hôtes* non loin du port, à Kerbors. Ce lieu va se révéler des plus plaisants, d'une part parce que cette demeure du XVIIe siècle a été magnifiquement restaurée par Françoise et Jean-Marie Maynier, d'autre part parce que les jardins, qui l'environnent, alternent harmonieusement pelouses, buissons de fleurs, arbres rares et pièce d'eau et sont en soi un pur enchantement.

 


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        Manoir de Troezel-Vras 

 

Une fois nos valises posées, dès le lendemain matin, nous partions à l'assaut de notre premier objectif : l'abbaye de Beauport sise en baie de Paimpol, face à l'archipel de Bréhat. Celle-ci est un témoignage étonnant de l'architecture religieuse en Bretagne. Son histoire remonte au XIIIe siècle où les chanoines de l'ordre de Prémonté vont modeler ce lieu jusqu'à la Révolution. Son nom de Beauport ou Bellus Portus dit bien son exceptionnelle dimension littorale. Elle fut ensuite un centre d'accueil des Pèlerins se rendant à Saint Jacques de Compostelle, puis un comptoir de commerce et d'économie maritimes. Pendant trois siècles, les chanoines poursuivront les constructions et aménagements en duo avec les jardins de roses et d'agapanthes, les vergers de figuiers et de pommiers à cidre, ainsi que les prés salés et l'activité d'un port abrité. Construite sur une colline surplombant le magnifique paysage de la côte, le dénivelé fut habilement utilisé dans l'organisation des bâtiments ; le cloître, l'église et les pièces principales furent construites sur les hauteurs afin de bénéficier de la vue ; les pièces servantes, cellier et salles secondaires, érigées en-dessous, au niveau du jardin et des dépendances. De style gothique, l'abbaye est aujourd'hui en ruine mais des ruines d'une beauté intemporelle qui font corps avec son environnement, si bien que l'on imagine sans peine les volumes de jadis en visitant le cloître végétalisé ou l'église à ciel ouvert qui jouent l'un et l'autre avec la lumière et les somptueuses couleurs de la nature.

 

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 La borne km 0 pour Compostelle                           La salle capitulaire

 

 

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    Le cloître dans son cadre bucolique

 

 

C'est en 1862, et suite aux démarches de Prosper Mérimée et à l'initiative du comte Ponïnski, que l'ensemble fut classé monument historique, après qu'il ait été longtemps propriété d'une famille qui n'avait plus les moyens de l'entretenir et ait subi les pillages et destructions qui faisaient suite à la Révolution. En 1992, le site a été acquis par le Conservatoire du littoral et d''importantes restaurations ont pu être effectuées en collaboration avec le Conseil général des Côtes d'Armor.

Un chemin mène au rivage qui offre au regard une série de criques, d'anses, de pointes, avec de superbes perspectives sur l'océan, côte du Goëlo qui invite à remonter les siècles jusqu'au temps d'Alain Barbe-Torte, qui guerroya contre les Normands en 917, ou à les descendre puisqu'en 39/45 elle abrita les aviateurs alliés acheminés clandestinement  d'ici vers la Grande-Bretagne. On décèle, depuis ce contre-bas, la puissance de l'abbaye qui avait juridiction sur treize paroisses et dont les bâtiments, disposés autour d'une cour intérieure, ont toujours grande allure, surtout vus de loin et dans son extraordinaire décor maritime.


 

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L'abbaye et son environnement maritime


 

A quelques kilomètres de là débute le sentier des Falaises, assez sportif car caillouteux, mais que les amoureux de la randonnée ne doivent pas manquer, car il serpente dans le silence de la lande parmi les fougères et les bruyères mauves en offrant des points de vue grandioses sur cette large échancrure côtière fermée au loin par le cap Fréhel avec, tout au long, des plates-formes parsemées d'écueils et découpées à souhait. Quant à Paimpol, la ville doit sa célébrité et sa réputation à son activité portuaire. Si, de nos jours, le vent de l'aventure ne gonfle plus les voiles des goélettes, ce chef-lieu de canton continue à jouer la carte maritime grâce à son bassin à flot et sa marina très fréquentée. Bien sûr, nous sommes loin des pécheurs d'Islande qui ont inspiré des écrivains comme Pierre Loti ou des compositeurs comme Théodore Botrel, dont le mérite a été d'ancrer dans la mémoire collective l'épopée des marins ferrant la morue à Terre-Neuve et aux abords de l'Islande. Une épopée, dont les chapelles, les sanctuaires présents partout, ont vocation à perpétrer. C'est pourquoi l'eau est si omniprésente dans la mythologie celtique. A toute époque, il semble que l'Armorique ait été vouée aux divinités de l'au-delà et aux âmes errantes, celles des marins disparus en mer. Les marais, les gorges où s'encaissent les rivières, les chaos de roches ne sont-ils pas, selon l'histoire et les légendes qui s'égarent sur la lande, les lieux fréquentés par ces âmes absentes ? Jamais, en pays breton, le souci de la destinée n'a laissé l'homme au repos. Il s'en inquiète constamment et cette inquiétude des heures dernières n'a point manqué de laisser son empreinte dans le moindre calvaire, le moindre enclos paroissial, la plus humble chapelle. Partout les éléments, la terre, la mer, le ciel forment avec l'ouvrage local de l'homme un territoire à part et, par conséquent, sacré.
 

 

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        Château de la Roche-Jagu

 

 

Notre dernière visite de la journée sera pour le manoir-forteresse de la Roche-Jagu situé dans l'une des boucles de la rivière du Trieux, dont les rives sont enveloppées de verdure. Il se dresse au sommet d'une falaise, austère et élégant, offrant une vue exceptionnelle sur la vallée et proposant aux visiteurs le charme de ses jardins. Il fut édifié au XVe siècle par Catherine de Troguindy à l'emplacement d'un ancien château-fort, ne conservant de l'ancien que la partie manoir, ce qui lui donne une allure plus légère malgré sa grande sobriété. La campagne alentour est superbe, lieu d'une intense agriculture avec, ici et là, les frondaisons d'un parc résidentiel et une végétation exubérante où que vous posiez le regard. Fourbus, nous sommes heureux au retour de retrouver notre chambre et table d'hôtes où le dîner, préparé avec les produits locaux, se révélera un régal.

 

* Pour tous renseignements complémentaires sur le manoir/chambres d'hôtes de Troezel-Vras, cliquer   ICI 

 

Autre articles consacrés à la Bretagne :

 

Ile de Bréhat - la perle rose         

Houat ou la Bretagne insulaire         

Le cycle arthurien et la forêt de Brocéliande       

Le Golfe du Morbihan, terre de légende

 

 

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                                                    Au manoir de Troezel-Vras

 

 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 09:15

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Pour être née à Paris et y avoir vécu, je me réjouis chaque matin, depuis plus de vingt ans, de m'éveiller dans ma jolie province et d'ouvrir mes volets sur un paysage de verdure et de mer. J'aime tout d'elle : sa campagne aux collines boisées et aux riches prairies, ses éperons rocheux surplombant des vallées encaissées, son bocage qui prend parfois des allures alpines, ses falaises abruptes et ses souples vallons. Terre  d'échange et de traditions à la géologie variée, elle figure une gigantesque mosaïque faite de pleins et de déliés. Plus à l'Est, on y voit des gorges profondes et âpres ; au Nord-Est, le pays d'Auge offre ses paysages tranquilles que le printemps vient colorer de parterres de fleurs et de gracieux pommiers, éden bucolique pour les randonneurs, alors qu'à l'approche de Caen, la plaine, qu'habille le bleu du lin et l'or du colza, s'étend à perte de vue et, qu'à la lisière Sud, le schiste et le granit s'imposent, affirmant le caractère pittoresque des villages et hameaux qui, loin des tumultes urbains, ont su conserver leur silencieuse modestie. Là s'égrènent les maisons anciennes blotties autour des rues étroites et les cours pavées ouvrant sur d'imposants manoirs.


Rappelons-nous que la Normandie est l'une des terres les mieux pourvues en monuments historiques malgré les dommages irréversibles que la guerre lui a fait subir. Pas moins de 900 édifices pour le seul département du Calvados : églises, calvaires, abbayes, châteaux et manoirs, villas balnéaires, hôtels particuliers et maisons de ville auxquels s'ajoute une centaine de monuments "dignes d'intérêt", trésors architecturaux hérités d'un passé que cette province a su entretenir et valoriser. Des joyaux qu'il n'est pas besoin de chercher pendant des heures. Ici un moulin, un ancien atelier, les vestiges d'une filature ou d'une tannerie ; là un lavoir, une laiterie ou une fromagerie restaurée, une vieille école, un colombier, un presbytère, une gare Second Empire, un viaduc ferroviaire ; le patrimoine industriel y côtoie le patrimoine rural ou maritime dans la plus parfaite harmonie.


L'esprit bâtisseur des ducs de Normandie a laissé son empreinte. Quantité de demeures fortifiées y ont été bâties à partir du XIe siècle pour parer au climat d'insécurité de l'époque  (déjà !). La fin du XVIe marquera un tournant architectural : la bourgeoisie d'alors s'installe à la campagne, les aristocrates mettent leurs demeures au goût du jour, ainsi naissent des châteaux de facture classique, rompant avec le style défensif médiéval. Qui dit patrimoine architectural suppose fatalement patrimoine artisanal issu d'un savoir-faire très ancien. Qui n'a jamais entendu parler  de la dentelle d'Alençon ? A son apogée au XVIIe, la dentelle au fuseau évoque l'âge d'or de ces compositions élevées au rang d'oeuvres d'art. Pays d'élevage également grâce à ses riches prairies, à ses verts pâturages, la Normandie est connue pour ses fromages et ses haras et chacun sait combien elle est une terre gourmande qui  réserve aux visiteurs d'excellentes tables d'hôtes.

 

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Mais si l'arrière-pays est d'une richesse incomparable, les charmes naturels du littoral ne sont pas en reste. De cette large façade ouverte sur la Manche, la mer rythme le quotidien de nombreux ports de pêche. Préservées de l'urbanisation, ces zones, peuplées d'une flore et d'une faune diversifiées, découvrent des plages infinies, dont les peintres ont aimé capter les jeux de lumière que ne cessent d'offrir les duos du sable et de l'eau, de l'eau et du ciel. Ainsi passent les saisons, toutes somptueuses selon moi. L'hiver et sa beauté graphique, ses tonalités comme saisies sur papier glacé, le printemps et son exubérance végétale qui fait de la nature la palette chromatique la plus extraordinaire qui soit, l'été et ses fastes et l'automne gagné par les feux qui embrasent les forêts, tout est enchantement pour l'oeil. Oui, la Normandie ressemble à un jardin façonné avec élégance qui viendrait s'incliner en plans successifs jusqu'à la mer,  lieu de mémoire et terre d'histoire, mais également domaine idéal pour le promeneur qui aime à s'attarder et n'a que l'embarras du choix entre chemin côtier et chemin creux.

 

Car l'histoire y a rédigé  des pages inoubliables et conçu des personnages de première grandeur, rappelons-nous Guillaume le Conquérant, la redoutable Aliénor d'Aquitaine ou Robert le Diable, la courageuse, l'intrépide Charlotte Corday, l'arrière-petite nièce de Corneille assassinant Marat dans sa baignoire, la pieuse Thérèse de Lisieux entrant au Carmel à peine sortie de l'enfance, événements et personnages qui ont fait de cette province l'un des plus remarquables foyers culturels et religieux de l'Occident. Riche des sanctuaires qui témoignent de sa foi, la Normandie plonge ses racines dans la profondeur des temps médiévaux avec ses abbayes de Jumièges, de Saint-Wandrille, du Bec-Hellouin, de Caen ou du Mont-Saint-Michel, de même qu'elle s'est toujours ouverte sur le vaste horizon de la mer avec ses ports du Havre, de Fécamp, de Dieppe, de Honfleur et de Cherbourg qui la virent commercer avec une grande partie du monde jusqu'à fonder un brillant royaume normand en Sicile. Et n'oublions pas les peintres et les écrivains qui l'immortalisèrent : les Boudin et Monet qui expérimentaient la peinture en plein air, l'incontournable Pierre Corneille, Jules Barbey d'Aurevilly, épris de légendes et de surnaturel, le Flaubert de "L'éducation sentimentale" et de "Madame Bovary" qui demeurent sans doute les meilleures introductions à la Normandie du XIXe siècle, sans oublier Guy de Maupassant qui a su, mieux que personne, décrire le monde des paysans cauchois ou celui de la bourgeoisie locale, Marcel Proust et Marguerite Duras qui se plaisaient à y séjourner et à évoquer les longues plages peuplées d'oiseaux marins ou les somptueux couchers de soleil sur la mer. Peu de régions françaises offrent une telle imagerie qui, au fil des ans, a su assurer à la Normandie semblable identité. Si cette province s'inscrit dans la mémoire de notre pays, elle conserve toute sa place dans la France d'aujourd'hui tant elle affirme la permanence de son destin et de sa culture dans l'intarissable filature du temps.

 

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Les merveilleux nuages et les lumières du soir à Trouville.
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Vue depuis les hauteurs de Trouville.

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