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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 08:23
Manies ennemies de Pauline Liétar

 

Lucie, brillante chercheuse, ayant perdu une bonne partie des crédits alloués à ses travaux sur la maladie de la pierre,  profite d’une mutation de son mari au Pays Basque pour cesser son emploi et devenir mère au foyer en élevant ses deux enfants. Mais Lucie est atteinte de troubles obsessionnels du comportement, son cerveau hyper actif est perturbé pas son nouvel emploi du temps qui la sollicite insuffisamment, alors elle fantasme en construisant des histoires abracadabrantès. Elle a perdu sa mère alors qu’elle n’avait que dix-huit ans et elle est persuadée qu’elle est indirectement responsable de cette disparition brutale. Depuis ses TOCS ont pris une nouvelle acuité, elle doit  vérifier tout ce qu’elle fait, craignant qu’un oubli génère une nouvelle catastrophe. Ainsi, redoute-t-elle de n’avoir pas serré son frein à main, de ne pas avoir fermé la porte correctement, de n’avoir pas éteint la plaque de cuisson, parfois d’avoir renversé le cycliste ou le piéton qu’elle vient de croiser, ainsi  fait-elle demi- tour pour constater qu’il est toujours bien sur la route. Et, une fois, elle ne revoit pas dans son rétroviseur le jeune garçon qui marchait sur le bord de la route quand elle est passée à sa hauteur. Elle essaie de se persuader que ce n’est qu’un trouble de son cerveau en ébullition mais un appel lancé sur la Toile signale la disparition d’un gamin qui pourrait être celui-ci. Alors, elle panique, se convainc qu’elle l’a poussé dans le ravin, essaie de se raisonner, participe aux recherches, fouine partout pour tenter de trouver des indices propres à l’innocenter, mais rien n’y fait, ses troubles ne font qu’empirer. Elle doit  avoir recours aux médicaments qu’elle  dissimule dans son placard secret.

 

Ses recherches prennent alors l’allure d’une véritable enquête qu’elle conduit avec l’aide des nouveaux outils de gestion de l’information qu’elle utilise avec une grande agilité. Au cours de ses recherches, elle découvre des indices qui lui évoquent le décès de sa mère et la rapproche de plus en plus de sa quête d’information sur la disparition du jeune garçon qu’elle pense avoir poussé dans le fossé. En trouvant ce qui relierait cette disparition à ce décès, elle espère prouver son innocence dans ces deux événements dramatiques et, ainsi, échapper à son addiction médicamenteuse. Voilà un sujet original où celle, qui pense être la coupable, mène l’enquête elle-même, enquête qui, de ce fait, échappe aux  codes habituels du polar. Un texte rythmé, alerte, qui entraîne le lecteur page après page sans lui laisser le temps d’envisager, ne serait-ce que brièvement, la conclusion de cette quête inédite. Un livre qui se lit d’une traite, vous aspirant vers son dénouement. Une illustration des perturbations que subissent ceux qui sont atteints de troubles obsessionnels du comportement et de la dépendance qui les asservit quotidiennement à la médication.


Denis BILLAMBOZ


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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 07:01
Liste des articles "Les coups de coeur de Denis "

 

Voici la nouvelle rubrique que nous propose notre ami de longue date : Denis BILLAMBOZ. Grand lecteur devant l'éternel, Denis nous a déjà offert pendant deux années un tour du monde littéraire de grande qualité, nous menant à travers les livres choisis dans un formidable voyage au royaume des mots. Aujourd'hui, il va nous livrer ses coups de coeur, ses moments d'enthousiasme, les romans qui ont marqué tout particulièrement sa mémoire. Il a voulu ouvrir cette rubrique sur mon dernier né "Le jardin d'incertitude" auquel il a trouvé des qualité, ce qui m'honore. D'autres coups de coeur suivront chaque lundi, Denis aimant d'un vrai amour les écrivains et les poètes. Alors accompagnons-le dans cette équipée qui ouvre ce matin sa première page.

 

 

Le jardin d'incertitude de Armelle Barguillet Hauteloire

Léo Ferré, le poète vagabond  

Irène,Nestor et la vérité de Catherine Ysmal

Le sang et la mer de Gary Victor

Cortés et son double de Christian Duverger

Seuls le ciel et la terre de Brian Leung

Les couleurs de l'hirondelle de Marius Daniel Popescu

Mourir est un art comme tout le reste de Oriane Jeancourt Galignani

A l'exemple de mon père de Uwe Timm

L'accordeur de silences de Mia Couto

Le renard était déjà le chasseur de Herta Müller

La compagnie des Tripolitaines de Kamal Ben Hameda

Adieu ma mère, adieu mon coeur de Jules Roy

Hammerstein ou l'intransigeance de Hans Magnus Enzensberger

Dans la grande nuit des temps de Antonio Munoz Molina

Les immortelles de Makenzy Orcel

Les feux de Shohei Ooka

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de Thomas Vinau

Muette de Eric Pessan

Le son de ma voix de Ron Butlin

Ici ou nulle part de Rocio Duran Barba

Rue des voleurs de Mathias Enard

Volt de Alan Heatcock

"Du domaine des murmures" de Carole Martinez

un domaine au Cap-Vert de Henrique Teixiera de Sousa 

"S'inventer un autre jour" de Anne Bert

Retour à Salem d'Hélène Grimaud

Folie de Ivan Vladislavic

Un bon musulman de Tahmima Anam

L'hom Wazo de Dora Wadrawane

Christie Malry règle ses comptes de Brian Stanley Johnson

Souvenirs d'un enfant des rues de Mansour El Souwaim

Kyôto de Yasunari Kawabata

Le grand absent de Laurent Graff

La petite de Michèle Halberstadt

La carte du monde invisible de Tash Aw

Le général Della Rovere de Indro Montanelli

Monsieur le commandant de Romain Slocombe

Le colonel et l'appât 455 de Fariba Hachtroudi

Les mouettes de Sandor Marai

La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier

L'amant imaginaire de Taos Amrouche

Poèmes du Temps de Isidore Hiro

La belle amour humaine de Lyonel Trouillot

Le triomphe de la mort de Patrick Weiller

Les fées penchées de Véronique Janzyk

Deux nouvelles de Alberto Barrera Tyszka

Un garçon singulier de Philippe Grimbert

Mon doux amour de Raoul Mille

Comme un karatéka belge qui fait du cinéma de J.C. Lalumière

Faillir être flingué de Céline Minard

Ana Marija ne m'aimait pas de Lijljana Durovic

La preuve par le miel de Salwa Al Neimi

Un ciel rouge, le matin de Paul Lynch

Le maître bonsaï de Antoine Buéno

Coeurs multicolores de Eduard von Keyserling

Mademoiselle de la Ferté de Pierre Benoît

Tirza de Ali Abassi

"ICI" de Christine Van Acker

Les hommes forts de Georges Magnane

La mauvaise pente de Chris Womersley

Le vicomte pourfendu de Italo Calvino

Le verrou de Laetitia Kermel

Un privé à bas bilan d'Eric DEJAEGER

Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre

De Goupil à Margot de Louis Pergaud

Fixer le ciel au mur de Tieri Briet

Les aphorismes selon André STAS

La cloche de détresse de Sylvia Plath

L'automne des incompris de Hugo Ehrhard

 

L'audience de Oriane Joncourt Galignani

Matin perdu de Vergilio Ferreira

Willenbrock de Christoph Hein

"14" de JEAN ECHENOZ

Pereira prétend de Antonio Tabucchi

Première neige sur le Mont Fugi de Yasunari Kawabata

J'ai eu des nuits ridicules d'Anna ROZEN

Cannibales de Mahi Binebine

Les trois lumières de Claire Keegan

L'ironie du sort de Didier da Sylva

Des mille et une façons de quitter la Moldavie de Vladimir Lortchenkov

Un petit nuage de James Joyce

Le trône d'Adoulis de Glen W. Bowersock

L'echappée de Valentine Gobi

Le cuisinier de Talleyrand de J.Christophe Duchon-Duris

Nue de Jean-Philippe Toussaint

Tristano meurt d'Antonio Tabucchi

La claire fontaine de David Bosc

Un certain sourire de Françoise Sagan

Le dynamiteur de Robert Louis Stevenson

Tu seras un raté, mon fils de Frédéric Ferney

Le démon avance toujours en ligne droite d'Eric Pessan

De l'influence du lancer de minibars sur l'engagement humanitaire de Marc Salbert

Création d'Antonia Susan Byatt

Histoire de la Grande Maison de Charif Majdalani

Une seconde vie de Dermot Bolger

Moi et toi de Nicolo Ammaniti

Du côté de Canaan de Sebastian Barry

Marthe et Mathilde de Pascale Hugues

La mer, le matin de Margaret Mazzantini

Leon et Louise d'Alex Capus

La folie que c'est d'écrire d'Alexandra Bitouzet

Annabel de Kathleen Winter

La soudure d'Alain Guyard

L'important, c'est la sauce de Michel Thauvoye

Au nom de Sa Majesté de Laurent Graff

Autrefois le rivage de Paul Yoon

Parabole du failli de Lyonel Trouillot

Le génocide arménien de Michel Marian

Huit quartiers de roture de Henri Calet

La fraternité des atomes de Gauthier Hiernaux

Ma mémoire assassine de Kim Young-ha

Des jours en trop de Hassan Daoud

Elek Bacsik, un homme dans la nuit de Balval Ekel

Une pièce montée de Blandine Le Callet

22h22 de Denis Daniels

Prisonniers du ciel de James Lee Burke

Deux d'un coup de Liviu Rebreanu

L'accordéon de la mer et autres formes de Kim Myong-in

Les affligés de Chris Womersley

Mijn vater is groot de Dominique Watrin

Figurante de Dominique Pascaud

Petits plats de résistance de Pascale Pujol

Kokoro de Delphine Roux

L'envie de Iouri Olécha

Le Livre du thé de Kakuzo Okakura

La porte rouge de Valentine Goby

Histoire de Milad de Rafik Schami

A l'enseigne des coeur épris de Jean-François Pigeat

Le p'tit cheval de retour de Michel Audiard

Sous un ciel qui s'écaille de Goran Petrovic

Ce qui reste de Rachid O.

Fuir de Jean-Philippe Toussaint

Le bunker de Balval Ekel

Dictionnaire de trois fois rien de Marc-Emile Thinez

Ozu de Marce Pautrel

Kinderzimmer de Valentine Goby

Vie des hauts plateaux de Philippe Annocque

Confidences et solitudes de plus en plus courtes de Thierry Radière

L'équation du nénuphar de Pascale Petit

La mort et la belle vie de Richard Hugo

L'enfant de la haute mer de Jules Supervielle

L'or de Blaise Cendrars

 

Tant et tant de chevaux de Luiz Ruffato

Le dieu du tourment de Hugo Ehrhard

Un peu plus bas vers la terre de Renaud Cerqueux

Après l'orage de Selva Almada

Le bunker - premier témoignage - de Thierry Radière

Nosaka aime les chats de Akiyuki Nosaka

Mon amour pour la vie en moi de Gérard Sendrey

La pluie ébahie de Mia Couto

Animots de Jean Jacques Marimbert

Le Bateau-usine de Kobayashi  Takiji

Fausse route de Pierre Mérindol

Il est minuit Monsieur K de Patrice Franceschi

Les effrois de la glace et des ténèbres de Christoph Ransmayr

La dénonciation de Bandi

Toujours plus à l'Est de Benjamin Pelletier

Toutes les choses de notre vie de Hwang Sok-Yong

L'amour en super 8 de Chefdeville

Le bouffon de la montagne de Christophe Bigot

Bestiolerie potagère de Louis Bubost

Jardin de printemps de Shibasaki Tomoka

Les lièvres de jade d'Eric Allard et Denys-Louis Colaux

Allons z'enfants d'Yves Gibeau

Sympa de Alain Schifres

La concessions française de Xiao Bai

Call-Boy de Ira Ishida

Le vampire de Clichy de Véronique Janzyk

Tête dure de Francesco Pittau

Bleu de travail de Thomas Vinau

Les enfants du grand jardin de Carine-Laure Desguin

Adriana de Théodora Dimova

Copies de Thierry Radière

Un ours qui danse de Vincent Jolit

Métamorphose d'un crabe de Sylvie Dazy

La semaine des martyrs de Gilles Sebhan

Comment apprendre à s'aimer de Motoya Yukiko

Bonneville de Laurent Saulnier

Le jardin Arc-en-Ciel de Ito Ogawa

Les nuits de Williamsburg de Frédéric Chouraki

Le voyage d'Octavio de Miguel Bonnefoy

Le petit oeuvre poétique de Claude Louis-Combet

Pas Liev de Philippe Annocque

 

 

Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas de Imre Kertész

La lanterne de l'aubépine de Seamus Heaney

Soudain j'ai entendu la voix de l'eau de Hiromi Kawakami

L'argent de Charles Péguy

Narayama de Schichiro Fukazawa

La mer noire de Kéthévace Davrichewy

La petite gamberge de Robert Giraud

Ma vie palpitante de KIM Ae-ran

Fable d'amour d'Antonio Moresco

Les pauvres parents de Ludmila Oulitskaïa

Un serpent à Alemdag de Sait Faik Abasiyanik

A un moment donné de Thierry Radière

La vie et l'oeuvre du compositeur Foltyn de Karel Capek

Le pont sans retour de Vincent-Paul Brochard

Izo de Pascal de Duve

Contes espagnols de Lorenzo Cecchi

Ma voisine a hurlé toute la nuit de Anne-Michèle Hamesse

Bingo (Père & fils) de Jean-François Pigeat

Relations secrètes de LI Jingze

Amour, gloire et dentiers de Marc Salbert

Sous le ciel de l'Altaï de LI Juan

Comment ma femme s'est mariée de PARK Hyun-Wook

Un livre de raison de Joan Didion

Les mensonges de la mer de Kaho Nashiki

Visions de Kerouac d'Yves Budin

La femme qui court de Jennifer Johnston

Tout un été sans facebook de Romain Puértolas

Déséquilibres ordinaires de Françoise Steurs

Sans Abuelo Petite de Cécile Guivarch

La fille de Souslov de Habib Abdulrab Sarori

Vie et mort de Katie Olson de James Garner

Afin que rien ne change de Bruno Cerqueux

2401 de Bob Boutique

Le dimanche des mères de Graham Swift

Les liens du sang de Errol Henrot

Sous une pluie d'épines de Vu Tran

Mariage contre nature de Yukiko Motoya

Les vagues de Virginia Woolf

Oursins et moineaux de Sjon

La vie du bon côté de Keisuke Hada

Mémoires d'une fleur de Jacques Pimpaneau

Les petites épiceries de mon enfance de Lee Mekyeoung

 

 

Au nom du pire de Pierre Charras

Le chat qui venait du ciel de Takashi Hiraide

Mes chats écrivent des haïkus de Minami Shinbô

Crépuscule du tourment de Leonora Miano

Le vin des rues de Robert Giraud

Kvar Io de Sabine Huynh

Les anges ne reviendront plus de Firouz Nadji-Ghazvini

Le naufragé de Zocalo de Fabrizio Méjia-Madrid

Plaisirs d'été d'Herman Bang

La méthode Sisik de Laurent Graff

Les aventures des quatre derviches de Mir Amman

Ma très chère grande soeur de Gong Ji-Young

Armaguédon Strip de Frédérick Houdaer

Blues Social Club de Lorenzo Cecchi

Le rêve de Dieu de Krsté Tchatchanski

Lumière dans les ténèbres de Philippe Remy-Wilkin

L'autre côté de la mer d'Arnold Couchard

Elise et Lise de Philippe Annocque

Au nord de Mogador de William Cliff

Siddhartha de Hermann Hesse

Désordres amoureux de Ama Ata Aidoo

La péninsule aux 24 saisons de Mayumi Inaba

Un début loin de la vie d'André Blanchard

Tout dort paisiblement sauf l'amour de Claude Pujade-Renaud

Courtisane de Muneera Swar

Berlin secret de Franz Hessel

Généalogie du mal de Yu-Jeong Jeong

Noir sur blanc de Jun'ichirô Tanizaki

Tombe, tombe au fond de l'eau de Mia Couto

La toile du paradis de Maha Harada

By the rivers of Babylon de Kei Miller

Idaho d'Emily Ruskovich

La vie brève de Jan Palach d'Anthony Sitruk

La fille de mon meilleur ami d'Yves Ravey

Nouvelles septentrionales de Thierry Radière

Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin

Jours de dèche de Didier Delome

La passion selon Saint-Mars de Gérard Adam

Un paradis de Sheng Keyi

Récit d'un naufragé de Gabriel Garcia Marquez

Le voisin de la cité Villène d'Elodie Wilbaux

Un été immobile de Claude Donnay

La disparition de Josef Mengele d'Olivier Guez

Johnny Guitar de Roy Chanslor

La couleur de l'aube de Yanick Lahens

Les dupes de Jean Dutourd

Il est grand temps de rallumer les étoiles de Reinhardt Wagner

Yves Saint Laurent, le soleil et les ombres de Bertrand Meyer-Stabley et Lynda Maache

Deuil pour deuils de Christophe Stolowicki

Célébration du chat d'Anne Davis

Les radis bleus de Pierre Autin-Grenier

Roman d'un saltimbanque de Jacques Pimpaneau

Peine Perdue de Kent

Le camp de l'humiliation de Kim Yu-kyeong

Zam de Zam Martino Ebale

Le neuvième orgasme est toujours le meilleur d'Anne-Michèle Hamesse

Apre coeur de Jenny Zhang

Le modèle oublié de Pierre Perrin

Lalala est là de Julie Bonnie

L'Ukraine, une histoire entre deux destins de Pierre Lorrain

Beau comme une éclipse de Françoise Pirart

L'embâcle de Sylvie Dazy

A la cime des montagnes de Chi Zijian

L'ordre des choses de Jean-François Pigeat

Tempête rouge de Tsering Dondrup

Un amour de psy d'Anne Duvivier

My heart belongs to Oscar de Romain Villet

Albert Giacometti, ascèse et passion de Anca Visdei

Lily sans logis de Frédérique-Sophie Braize

Tignasse étoile d'Evelyne Wilwerth

Deux personnes seules au monde de Kim Young-ha

Des écrivains imaginés de Cécile Villaumé

Mon hôte s'appelait Mal Waldron de Carino Bucciarelli

Saison frivole pour un tueur de Stephan Ghreener

Tous pour elle de Laurent Malot

Les bedaines de coton de Cyril Maguy

Le coeur en lesse d'Aurélien Dony

Les dames de l'Elysée de Bertrand  Meyer-Stabley et Lynda Maache

Les contrées des femmes errantes de Jasna Samic

Les étrangers de Didier Delome

Maiba de Russel Soaba

L'avenue, la kasbah de Daniel Soil

Arbres de Ji Dahai

Dans l'oeil du démon de Jun'ichirô Tanizaki

 

 

La vie des abeilles de Maurice Maeterlinck

La vie des termites de Maurice Maeterlinck

La vie des fourmis de Maurice Maeterlinck

Courrier prioritaire d'Anita Vaillancourt

Les fables de Jean de la Fontaine illustrées d'estampes japonaises (Picquier)

Ces trous dans mon coeur d'Isabelle Fable

Lettres à un jeune homme de Max Jacob

Etranger dans mon pays de Xu Zhiyuan

Le renaissance de la liberté de Paul Valéry

Petites chroniques des printemps et automnes de Li Jingze

Un sandwich à Ginza de Yokô Hiramatsu

Vague inquiétude d'Alexandre Bergamini

Panne de secteur de Philippe B. Grimbert

L'esprit européen en exil de Stefan Zweig

L'ombre d'une vie de Jirô Asada

Loin des querelles du monde d'Anna Rozen

Notre lâcheté d'Alain Berthier

Protection rapprochée de Lorenzo Cecchi

Neige et corbeaux de Chi Zijian

La défense et illustration de la langue française de Joachim du Bellay

Les beaux jours d'Annie Preaux

On ne coupe pas les ailes aux anges de Claude Donnay

Baie Saint Paul de Jean-Manuel Saëz

L'histoire de Chicago May de Nuala O'Faolain

Le choix de Mia de Jean-Pierre Balfroid

La lune éclaboussée - Meurtres à Maubeuge de Carine-Laure Desguin

Le tambour des larmes de Beyrouk

En avant la chronique de Philippe Chauché

Pourquoi ont-ils tué Jaurès de Stéphane Bret

Les hibiscus sont toujours en fleurs de Monique Bernier

La lumière de l'archange de Gérard Adam

L'Ecclésiaste

La république du bonheur de Ito Ogawa

Debussy pour toujours de Zoran Belacevic

Le ciel sous nos pas de Leïla Balsaïn

La position du schuss de Loris Bardi

Monsieur Minus de Laurent Graff

Mon grand-frère de Thierry Radière

A propos de Pre de Daniel Charneux

Joailliers de légende de Bertrand Meyer-Stabley et Laurence Catinot-Crost

Les chats ne rient pas de Kosuke Mukai

Les secrets de la forge d'Isabelle Artiges

Duncan et la petite tour Eiffel de Jérôme Attal

Pas faite pour de Véronique Adam

La sainte entreprise de Pascale Cornuel

Une histoire belge de Robert Massart

Le cabinet Lambda de Paul Lambda

Les effacés d'Anne Staquet

Entre la source et l'estuaire de Grégoire Domenach

La boussole des rêves de Jean-Jacques Marimbert

C'était le jour des morts de Natalia Sylvester

Autopsie pastorale de Frasse Mikardsson

Chambre avec vue sur l'océan de Jasna Samic

L'homme qui voulait boire la mer de Pan Bouyoucas

Les pas perdus du Paradis de Catherine Deschepper

La maison du Belge d'Isabelle Bielecki

La théorie du parapluie de Ralph Vendôme

Pourquoi je t'aime de Francis Huster

La malédiction des mots d'Evelyne Guzy

El Curandero de Paul Vanderstappen

Le silence des bois de Maureen Martineau

Donne-moi des fils où je meurs de Maud-Jan Ailleret

Nous et les oiseaux de Carino Bucciarelli

Mon coeur restera de glace d'Eric Cherrière

Dylanographie de Nicolas Levecchi

On efface  pas les souvenirs de Sophie Renouard

L'hexagone considéré comme un exotisme de Francis Navarre

Suiza deBénédicte Belpois

Voyage avec un âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson

Diagnostic à haut risque de Patrick Guillain

Les 9 vies d'Ezio de Jean-Marie Darmian

Mes trente glorieuses d'Anne Gallois

Au revoir Lisa de Françoise Houdart

Et si Notre-Dame la nuit ... de Catherine Bessonart

Les couleurs de la peur d'Isabelle Fable

La femme de l'autre rive de Roger Faindt

Les étés de Jeanne de Nicole Marlière

Bruges-la-morte de Georges Rodenbach

Les demeurées de Jeanne Benameur

La petite vendeuse loin de la plage de Nadine Thirault

L'arche de mésalliance de Marin de Viry

Antonietta de Gérard Haddad

Le ventre des hommes de Samira El Ayachi

Pierre Hubermont, écrivain prolétarien de Charneux, Duray et Fourmanoit

Les orages possibles de Claude Raucy

Un après-midi dans le désert de Mustapha Tlili

L'été de la petite de Jo Hubert

L'heure des olives de Claude Donnay

Manies ennemies de Pauline Liétar

La chambre du premier de Monique Bernier

Anne Ancelin Schützenberger - Psychodrame d'une vie de Colette Glasman

ARDS de Jean-Louis Vanherweghem

Les ailes battantes de Martine Rouhart

Entendez-vous dans les campagnes de Ahmed Tiab

Le serment de l'espoir de Parme Ceriset

Les passeurs de mots de Chloé Dusigne

Signe de terre d'Yves Hughes

La mort en partage de Thierry Rocher

Parc fermé d'Olivier Duculot


 

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Liste des articles : LES VOYAGES LITTERAIRES DE DENIS
 

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28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 08:50
L'heure des olives de Claude Donnay

 

Nathan simule un burn out pour quitter son job et retrouver sa liberté car sa femme est en train de le quitter et qu'il se sent un peu coupable. Il ne veut plus de cette vie avec une belle famille qui ne connait pour seule préoccupation que le pouvoir et l’argent, une sœur qu’il ne voit presque plus et un job qui ne le passionne nullement. Il rêve d’une vie simple et authentique, il ne veut plus des faux semblants et des artifices. Sa sœur réussit à l’emmener à la campagne pour un week-end de détente où il rencontre Alex, une femme plus âgée que lui qui l’attire franchement, elle l’entraîne en balades dans la campagne où ils finissent par se séduire mutuellement. 

 

Il a menti à Alex, Alexandra lui a menti elle aussi, ils ont inventé des personnages compatibles pour vivre une aventure en cachette, loin de leur monde réciproque. Mais leur histoire bascule quand Nathan, voulant en savoir plus sur sa belle, découvre qu’elle est avec sa collègue une égérie du monde parisien de l’édition, qu’elles font et défont les carrières littéraires des plus grands auteurs. Alors, pour l’épater et redorer son image personnelle, il lui dit qu’il écrit et le prouve en lui adressant, sous son nom, le manuscrit que son père a rédigé. Hélas pour lui, ce texte est très bon, il est promis à une belle carrière éditoriale. Nathan bascule alors dans une double vie, dans un imbroglio insoluble dont il ne pourra sortir qu’à l’aide d’une écrivaine qui le confie à son père.

 

Ce texte d’une très grande richesse comporte plusieurs entrées, c’est tout d’abord une réflexion sur le mensonge, le mensonge provoqué par les vices de notre société où il faut souvent mentir pour ne pas perdre la face et tout ce qui s’en suit. Nicole trompe Nathan qui le quitte, Alex ment à Nathan sur sa double vie, mais c’est surtout Nathan qui ment à tout le monde (employeur, épouse, famille) en laissant croire qu’il souffre d’un « burn out » et aussi à son père à qui il a volé son manuscrit pour le faire éditer sous un pseudo personnel. Donnay semble se demander comment est-il possible de vivre dans notre monde en disant toujours la vérité ? Est-elle seulement bonne à être dévoilée ? C’est aussi un livre militant où, à travers le récit escroqué au père qu’il plonge en abyme dans l’histoire de Nathan - ou peut-être est-ce l’histoire de Nathan qui tombe en abyme dans le récit paternel,  l'auteur défend farouchement la cause de ceux qui aident les migrants à trouver une meilleure vie dans un univers où ils sont contraints de se réfugier sans y être acceptés.

 

On peut y voir aussi une belle image de la femme moderne, libre, indépendante, chargée de hautes responsabilités : Nicole est une executive woman, Pénélope et Jasmine règnent sur le monde littéraire germanopratin, Pénélope et Nicole ont des amants de passage, Ludmilla et Ingrid sont des artistes reconnues. Toutes sont des femmes séduisantes et entreprenantes qui n’hésitent pas à séduire quand elles en ont envie, ce sont elles qui décident.  Ce livre est aussi un « témoignage » sur l’écriture et le cahoteux parcours que doivent emprunter ceux qui veulent recevoir la reconnaissance de l’édition qui n’est hélas, pour bon nombre, qu’une illusion éphémère. Mais, à mon avis, ce roman est avant tout un grand texte sur l’amour, pas toujours possible, mais l’amour sous toutes ses formes : Nicole et Nathan aurait pu construire un bon couple mais la barre parentale était trop haute, Pénélope a aimé John, Ludmilla aime Ingrid, Côme tombe amoureux d’une migrante, et l’amour n’est pas que sexuel, il existe aussi entre le père et le fils, le frère et la sœur, et il peut se muer en amitié comme celle de Nathan et d'Anton. Cet ouvrage est avant tout un grand roman d’amour impossible, une histoire d’amour comme il n’en existe que dans les grandes œuvres littéraires qui surpassent le temps.


Denis BILLAMBOZ


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21 mars 2022 1 21 /03 /mars /2022 09:55
Le complexe du gastéropode de Catherine Deschepper

 

Un aristocrate terrien s’ennuyant dans sa campagne wallonne décide, sous l’impulsion de son épouse désireuse de jouer les égéries littéraires, de créer une résidence d’écrivains dans son château.  Quatre auteurs « en devenir » sont sélectionnés pour résider un mois dans la propriété en y écrivant leur deuxième livre, celui qui compte réellement, celui qui assure le succès et la réputation. Le meilleur des textes sera édité. Sont donc réunis dans le château Emile qui n’est là que pour profiter d’un logement le temps d’en trouver un autre après avoir été chassé du sien, Jean Paul qui n’est là que par la force de la conviction de sa nouvelle compagne Nadine qui jouit déjà d’une réputation suffisante pour entraîner avec elle une bande de fans surexcités, et Nicolas celui qui se sent le plus à même de remporter le trophée. « Ils étaient quatre auteurs présents dans un même endroit, pendant un mois, pour obtenir une promesse d’édition, le livre second, celui qui compte, celui qui ferait décoller sa carrière. Il faudrait donc que Nicolas élimine un à un tous ses concurrents. » Nicolas est décidé, il éliminera ses adversaires en écrivant son forfait : « Ce n’était pas bien compliqué à imaginer un huis clos dans un château, un trophée à l’arrivée, une concurrence à éliminer.»

 

Dans un texte un peu surréaliste mais surtout burlesque, nourri de néologismes destinés à actualiser le langage, à le mettre en phase avec la langue parler actuelle, Catherine raconte les tribulations rocambolesques de ces quatre auteurs, tous un peu déjantés, qui subissent les événements avant même de commencer leur copie. Avec ce texte elle entend  montrer ce qu’est la littérature belge aujourd’hui, ce qui la motive : le besoin d’écrire, l’argent, la gloire, la reconnaissance, le besoin de paraître, l’art pour l’art. Un exposé brossant un tableau comme un condensé de la littérature belge contemporaine. C’est aussi une métaphore de tous les problèmes rencontrés par les auteurs contemporains : la difficulté de se faire éditer, le tropisme parisien, le manque de notoriété, la faiblesse de la médiatisation, le manque de reconnaissance, l’insuffisance des structures et des relais de promotion, tout ce qui prive les auteurs belges de rayonner sur l’ensemble de la francophonie. Les fans de Nadine ne sont que des énergumènes aculturés. « Elle mesurait aussi que son enfermement avait renforcé chez ses lecteurs cet effet d’empathie voyeuriste et de curiosité malsaine qu’on observait chez les amateurs de télé-réalité. » La littérature n’échappe pas aux travers humains, au contraire, elle pourrait peut-être les aviver.

 

L’échec du plan de Nicolas, les déconvenues essuyées par les autres, l’extravagance et l’inconsistance de ces pseudos auteurs provoquent une véritable débandade qui atteint son paroxysme au moment de la conférence de presse décisive pour l’attribution du prix. La soirée se termine en une lamentable déconfiture qui laisse présager des lendemains bien difficiles pour les lettres belges. La maîtresse des lieux comprend vite l’étendue du désastre, « Elle ressentit un dégoût proche de la nausée et le besoin urgent de lire des livres sans rien connaitre de ceux qui les écrivent, les produisent, les commentent, les promeuvent ». Comme disait un auteur de ma connaissance : « le texte, que le texte »,  je le crois de plus en plus.
 

Denis BILLAMBOZ


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14 mars 2022 1 14 /03 /mars /2022 08:41
L'été de la petite de Jo Hubert

 

La mère et la Petite, son enfant unique, vivent dans le bourbier de la banlieue industrielle de Liège chez les grands-parents. On ne parle jamais de son père, on ne sait rien à son sujet, seulement qu’il n’est pas là. C’est une question qu’il est interdit d’évoquer, la grand-mère ne le tolérerait pas. La grand-mère, c’est elle qui dirige avec autorité cette famille et  veille à une éducation très stricte de l’enfant. L’ambiance à la maison est souvent lourde, la Petite sent, tout comme le lecteur, qu’un lourd non-dit plane sur cette famille, notamment sur la mère, une femme seule, veuve ou abandonnée. Nul ne peut et ne veut le dire, il ne faut surtout pas en parler devant la Petite, ça pourrait la perturber.

 

Chaque année, celle-ci  attend avec impatience le retour de l’été car, avec sa mère, elle passe tout le mois d’août à la campagne chez Tante Estelle, la sœur de la grand-mère acariâtre, une tante qui est tout le contraire, douce et aimante. Elle choie la Petite qui a beaucoup de liberté pour jouer aux alentours, sur les rives de l’Ourthe. C’est un véritable bonheur pour la fillette qui aime la nature au point d’embrasser les arbres et ne comprend pas bien pourquoi les gens du village disent « La pauvre petite » quand ils la voientMais cette année le cousin Léon trouble l’ambiance avec sa belle voiture américaine, ses cadeaux, son argent. Il enlève la mère que la Petite ne voit plus assez, elle a peur que le cousin l’emporte loin là-bas « à la Colonie ». La Petite n’est pas la seule à s’inquiéter, la famille est en ébullition, les sorties du cousin et de la mère contrarient sérieusement les grands-parents, l’oncle et la tante. La Petite ne comprend pas ce qui se passe, alors elle met les pieds dans le plat sans vraiment savoir ce qu’elle fait.

 

C’est un  joli texte plein d’empathie que livre l’auteure, un texte qui oscille entre un récit de vacances bucoliques et une tragédie larvée sous le tapis des non-dits familiaux. Un texte écrit comme le suggère l’éditeur : « en petites vignettes à la manière des impressionnistes ». Moi, j’ai pensé à une  épopée campagnarde en vers, à la taille de la Petite, avec ses héros et sa tragédie elle aussi à la dimension de l’enfant. Même si l’ambiance est  pesante et que le drame finit par éclater, l’atmosphère campagnarde reste conviviale,  légère,  sereine,  irénique, la nature est un puits de paix et on se prend à penser que le monde serait meilleur si les humains étaient aussi calmes et paisibles que les arbres et leur environnement naturel.


Denis BILLAMBOZ


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7 mars 2022 1 07 /03 /mars /2022 09:12
L'année du jardinier de Karel Capek


Après ma lecture de « Le compositeur Foltyn », il y a déjà plusieurs années, j’avais été frappé par la parenté littéraire entre Karel Capek et Stefan Zweig. Ils appartiennent tous les deux à la brillante génération culturelle qui a sévi  dans la Mitteleuropa au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe. Capek est né en 1890 en Bohème, Zweig en 1881 à Vienne, le premier est décédé en 1938 et le second s’est donné la mort en 1942, ils sont donc  parfaitement contemporains. Le Tchèque est moins connu, il n’a pas non plus le même talent que Zweig que je place personnellement au-dessus de tous, mais il a lui aussi un vrai talent littéraire. Il siège parmi les auteurs majeurs de la littérature européenne de cette époque. J’ai tout autant apprécié le premier roman que j’ai lu que ce présent texte consacré aux jardins et ceux qui les cultivent. Dans le présent texte, il évoque, plus que le jardin, le travail du jardinier. Il présente son texte comme les bons vieux almanachs que mes parents achetaient chaque année pour savoir quand il fallait semer, planter, re-piquer,  ainsi, son livre est-il  découpé en douze chapitres  présentant chacun un mois de l’année. Et, dans chaque chapitre, il intègre un focus traitant d’un point particulier concernant plus spécifiquement le mois en question.

 

Il évoque le jardinier passionné, obnubilé par ses plantations, leurs pousses, leurs besoins, les soins qu’elles requièrent et toutes les misères que leur cause la météorologie et les divers parasites et maladies qui les altèrent. Sous la plume de Capek, le jardinier est un être un peu particulier, plus familier de ses plantations que de ses congénères, il le dépeint avec humour et un brin de moquerie comme un être rongé par sa passion qu’il voudrait transmettre à ses interlocuteurs et visiteurs, persuadé qu’ils sont tout autant que lui passionnés par le travail du jardin. Il le montre perpétuellement les fesses en l’air pour biner, bêcher, désherber, planter, repiquer, arroser au plus près, inquiet du temps qu’il fait, des mille petites choses qui pourraient contrarier le développement de ses chères plantes. 

 

Ce livre est tout d’abord un magnifique objet avec une couverture cartonnée portant un titre en lettres dorées, légèrement en relief, il est par ailleurs magnifiquement illustré de dessins humoristiques de la main même de son frère Josef. C’est aussi un manuel de jardinage, une leçon d’écologie avant la lettre, un vrai catalogue des plantes pouvant figurer dans un jardin, un véritable dictionnaire des termes botaniques et, aussi, un texte savoureux où les piques narquoises et ironiques apportent le sel nécessaire à toute œuvre littéraire. Je crois qu’il a inspiré de nombreux auteurs français et aussi, du Japon qui sont tout aussi férus de jardinage que le héros de Capek. Ce texte sonne tellement vrai que je suis convaincu que Capek était  un fervent disciple de Saint Fiacre. Pour conclure, nous pourrions dire avec l’auteur : « … un vrai jardinier n’est pas un homme qui cultive les fleurs : c’est un homme qui cultive la terre, c’est une créature qui s’enfouit dans le sol, laissant le spectacle de ce qui est en dessus, à nous les badauds, bons à rien.» Quel bel hommage rendu au jardinier et à ceux qui cultivent la terre pour nourrir  les autres.

 

Denis BILLAMBOZ


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L'année du jardinier de Karel Capek
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28 février 2022 1 28 /02 /février /2022 09:44
Un après-midi dans le désert de Mustapha Tlili

 

 

J’ai bien aimé cette parabole de l’histoire de la Tunisie plantée dans un bled perdu aux confins du désert où quelques survivants restent fossilisés dans le souvenir de ce que fut la ville avant l’indépendance quand il y avait encore des Européens et que les jeunes ne s’enfuyaient pas de l’autre côté de la mer ou de l’océan. Un texte fin, dépouillé, poétique … Un après-midi, en 1992, comme chaque fin de mois, dans un bled isolé aux confins du Sahara, Sam le facteur reçoit le sac de courrier qui apporte des morceaux de vie dans ce trou que le désert ronge lentement mais sûrement, des bouts de vie mais aussi des subsides venus de l’étranger pour faire vivre une population ruinée. Il trie et ouvre les lettres qu’il devra distribuer, et souvent lire, à tous les vieux appauvris vivant encore dans ce coin perdu, abandonné par les Européens (l’instituteur, le facteur, les gendarmes, les légionnaires) et déserté par les jeunes qui vont chercher fortune ailleurs.  

 

Aujourd’hui, Sam le facteur reçoit une lettre de Petit-Frère, le rebelle qu’on croyait mort, un courrier qui pourrait mettre un point définitif à une histoire qui s’est déroulée en 1957 et qui fait remonter beaucoup de souvenirs à sa mémoire, des souvenirs qu’on lui a racontés, datant d’avant sa naissance, en 1947, après le départ des combattants du désert ; des souvenirs de son enfance avec Petit-Frère, en 1955, avant que celui-ci poursuive ses études dans la capitale, puis à l’étranger ; des souvenirs de la vie dans ce village isolé où se nouent des amours, des passions, où se règlent des comptes, où s’écrit un autre avenir pour ces naufragés des confins du désert. Egalement des souvenirs de l’histoire d’Hafnawi, seul survivant d’une grande famille de bédouins décimée par la famine de 1947, qui s’est imposé par la force aux légionnaires et par la séduction à l’hôtelière et à toute la colonie européenne ; il est l’acteur principal des événements qui pourraient trouver leur dénouement définitif dans la missive reçue par Sam, missive qu'il a cachée dans son bureau sans l’ouvrir.

 

 Un roman en forme de parabole de l’histoire de la Tunisie depuis la fin de la dernière guerre mondiale, dans un huis clos installé aux confins du désert nord-africain par un auteur ayant lui-même connu l’exil. Un huis clos qui rassemble  tout ce qui composait la Tunisie pendant cette période : les Européens arrogants et méprisants mais vecteurs d’instruction et de modernisation, garants de la paix ; le village de La Source et le douar ; les dictateurs et leurs sicaires, loin là-bas dans la capitale ; les frères extrêmistes comme Petit-Frère ; les exilés comme l’Américain, frère de Petit-frère, qui a fait le choix de l’instruction à l’étranger (comme l’auteur) ; ceux qui se fossilisent au pays comme Sam le facteur et les femmes veuves ou abandonnées ; le juif ; les affairistes chinois et le seul qui est peut-être à sa place, celui qui affirme la pérennité de l’Afrique désolée, souffrante mais toujours vivante, celle des peuples premiers en osmose avec la nature, le bédouin qui a survécu à la catastrophe, au mépris et aux intrigues des blancs et aux luttes pour le pouvoir. Une parabole de l’affrontement entre les colons et les autochtones, entre les indigènes favorables au pouvoir et les extrêmistes révoltés et violents, de l’Afrique livrée aux envahisseurs et de l’Afrique permanente des peuples premiers. Enfin, une parabole de l’Afrique du nord qui s’effrite, rongée par le désert, comme ce village qui se vide par les extrêmités : les vieux qui meurent et les jeunes qui partent. Un morceau de l’histoire d’un pays au nord du Sahara, les lieux ne sont jamais nommés, en Tunisie probablement, terre natale de l’auteur, raconté par un narrateur, lui aussi exilé, qui laisse la parole à Sam le facteur pour évoquer les événements contemporains du récit et à Hafnawi le bédouin pour parler des faits plus anciens.

 

Une évocation de tous les malheurs qui accablent régulièrement ce pays ; une pointe de nostalgie pour la paix et le calme qui régnaient dans ces villages perdus quand les Européens y apportaient la culture, l’instruction et un certains confort ; une manière de déplorer  les errements des dictateurs et l’obscurantisme des extrêmistes qui ont conduit les indigènes à choisir trop souvent entre l’exil, comme l’Américain, et le terrorisme, comme Petit-Frère ; une façon de déplorer la dépendance financière du pays par rapport à l’étranger et finalement un regret très fort de constater que l’affrontement religieux est devenu inéluctable entre musulmans et chrétiens. « Depuis plus d’un demi-siècle, sous nos yeux effarés, un monde meurt inexorablement et un autre naît et n’en finit pas de naître… Et domine… les esprits et les consciences, une violence qui semble sans fin. Comme hier, elle oppose, hélas !, musulmans et chrétiens. Et hier comme aujourd’hui, ce sont des individus innocents qui font les frais de ces vicissitudes de la fortune. »

 

Finalement un regard  pessimiste sur l’Afrique du Nord, malgré la présence intemporelle des peuples premiers, un regard empreint de désillusion, de résignation, de fatalité et d’acceptation de la catastrophe qui revient sans cesse, envahissant même le texte.

 

 

Denis BILLAMBOZ

 

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Un après-midi dans le désert de Mustapha Tlili
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21 février 2022 1 21 /02 /février /2022 09:35
Les orages possibles de Claude Raucy

Dans une petite ville de Belgique, Charlotte vend des fileurs, elle se laisse courtiser par un jeune plâtrier qu’elle épouse bien vite mais, hélas, le jeune homme tombe rapidement malade, la silicose disent les médecins, et décède. Accablée  par ce deuil, la jeune femme n’a plus le cœur à vendre des fleurs, elle décide alors de rentrer chez les Sœurs de la Charité où elle se montre, malgré son bon caractère et ses bonnes intentions, trop peu humble et soumise aux yeux de la mère supérieure. 

 

Dans le couvent, Charlotte, devenue Sœur Marthe de la Croix, s’occupe, au sein de l’orphelinat, des plus petits surtout du petit Gino qu’elle affectionne particulièrement. Le doux cocon du couvent n’échappe pas aux affres de la guerre qui sévit à l’extérieur, Charlotte doit effectuer une tournée dans le pays où vit sa sœur, afin de récolter quelques fonds et quelques victuailles pour nourrir les sœurs et leurs  petits pensionnaires. A cette occasion, elle rencontre son frère aussi courageux que téméraire dans son engagement dans la résistance.

 

Rentrée au couvent, elle apprend qu’un aviateur américain, dont l’avion a été abattu par l’occupant, est caché par la mère supérieure dans les greniers de l’orphelinat, seules quelques sœurs sont au courant. Lors d’une perquisition des Allemands, Charlotte sauve la vie du jeune homme en le laissant passer par sa fenêtre pour se cacher à l’extérieur du couvent. Quelques jours plus tard, l’aviateur frappe à sa porte, il veut la remercier, elle tombe sous son charme et se laisse étreindre. Le fruit de cette étreinte murit rapidement dans le sein de la jeune nonne. Une autre vie commence pour elle, une vie que le lecteur découvrira quand il lira les rapports que nouent deux jeunes Liégeois qui se rencontrent à Prague au moment où les Russes y font leur première apparition pour dompter le fameux printemps qu’ils craignent tellement.

 

Ce livre est l’histoire d’une jeune femme qui a connu des amours contrariés et une maternité malheureuse avant de vivre une existence meilleure, comme une rédemption. Mais, c’est surtout une réflexion sur la famille et sur les secrets dissimulés ou parfaitement inconnus des personnages concernés. Au moment où les fondements de la famille traditionnelle sont remis en cause, cette histoire montre que la destinée pourvoit déjà largement aux aléas qui dessinent les contours familiaux. Henri Salvador chantait un truc dans ce genre : « Ton père n’est pas ton père mas ton père ne le sait pas », Claude Raucy a  écrit une histoire différente mais dans le même esprit.


Denis BILLAMBOZ


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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 08:29
Pierre Hubermont, écrivain prolétarien de Charneux, Duray et Fourmanoit

Avant d’ouvrir ce livre, je ne connaissais même pas le nom de Pierre Hubermont et je pense, d’après ce que disent les auteurs, que de nombreux lecteurs, même parmi les plus assidus, étaient dans la même ignorance que moi. Ces trois auteurs ont rassemblé leurs connaissances, leurs  compétences et leur talent pour produire une biographie de cet écrivain fortement engagé dans les enjeux socio-politiques de son époque. Léon Fourmanoit, auteur de plusieurs ouvrages concernant le Borinage, a eu le privilège de rencontrer Hubermont et de recueillir quelques textes restés inédits, Claude Duray spécialiste de l’histoire sociale du Borinage et Daniel Charneux qui, après avoir découvert cet écrivain disparu dans les catacombes de l’histoire, a lu toute son œuvre disponible se sont associés pour composer une biographie et une bibliographie complète de cet homme tellement controversé en situant son histoire personnelle et son œuvre littéraire, syndicale et politique dans l’histoire boraine, belge et même européenne. En ce temps-là, le monde ne connaissait plus les frontières, la violence des tensions socio-politiques et les conflits sanglants passaient aisément par-dessus les limites et frontières qu’elles soient physiques, morales ou humaines.

 

Pierre Hubermont n’est qu’un pseudonyme qui masque en réalité Joseph Jumeau né en 1903 (il est l’exact contemporain de Georges Simenon) dans un petit village à la limite entre le Borinage et le Haut-Pays ; c’est alors un bambin fragile qui connait une enfance difficile, l’incitant même à faire une tentative de suicide à l’âge de dix ans. Son père est un mineur fortement engagé dans l’action syndicale et la vie politique locale, son frère s’est lui aussi engagé dans l’action syndicale et dans l’écriture mais connut moins de succès. Sa faible constitution l’oriente vers les métiers de bureau, notamment le journalisme où il exerce pendant de longues années, puis se passionne pour la vie politique où il sera, pendant une longue période, membre du Parti ouvrier belge. Les auteurs suivent son action au travers des conflits qui ont marqués la vie du bassin minier borain au cours de la première moitié du XXe siècle et encore après le grand conflit mondial. Son influence dans les milieux politiques n’était pas négligeable, il avait l’oreille de nombreux dirigeants syndicaux et politiques.

 

Les auteurs égrènent aussi ses écrits littéraires au fil de sa carrière professionnelle, syndicale et politique. Ils citent de très larges extraits des principaux romans qu’il a écrits dès son plus jeune âge dont, pour n’en citer que quelques-uns « Treize hommes dans la mine », « Hardi ! Montarchain », « Germain Péron, chômeur » et plusieurs autres ensuite. Ces premiers romans se situent dans la ligné des œuvres de Zola, ils évoquent la rude vie des mineurs et les catastrophes qui souvent ont affecté l’histoire minière. Fidèle membre du parti ouvrier, socialiste convaincu, Pierre Hubermont a changé de trajectoire pendant le conflit, bien qu’il n’ait jamais adhéré aux partis extrémistes, il est progressivement devenu un fidèle héraut de la doctrine nazie et tout aussi fidèle soutien de leur combat pour une Europe nouvelle. A la fin de la guerre, il sera traduit devant la justice, condamné à mort, mais sa peine sera commuée en détention à vie, les experts estimant qu’il n’était pas en possession de toutes ses facultés quand il a écrit les textes qui lui ont valu ce jugement. Il sera libéré bien avant sa mort.

 

Cet  ouvrage est un texte essentiel pour plusieurs raisons  : c’est tout d’abord un document qui pourra orienter les recherches sur l’histoire belge de cette époque, c’est une redécouverte littéraire qui provoquera peut-être des rééditions, et c’est surtout l’occasion de reposer les questions fondamentales sur la responsabilité, sur l’engagement politique, sur la justice (Brasillach a eu moins de chance qu’Hubermont, son procès ne s’est pas déroulé dans le même contexte), et surtout sur la fameuse question soulevée chaque fois qu’on écrit sur Louis-Ferdinand Céline, faut-il séparer l’œuvre de l’auteur ? Le débat reste de plus en plus d’actualité et le restera encore longtemps.


Denis BILLAMBOZ


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Le personnage du livre lors d'un de ses discours

Le personnage du livre lors d'un de ses discours

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31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 09:23
Le ventre des hommes de Samira El Ayachi

Hannah a été emmenée par les gendarmes au commissariat pour s’expliquer sur une faute grave commise dans l’exercice de sa fonction d’institutrice. Comme elle craint d’être mal comprise, elle veut raconter sa vie, la vie de son père, la vie de sa famille nombreuse, deux grands, deux moyens et deux petits. Elle est l’un des moyens. Son père, berbère du sud marocain, s’est porté volontaire pour venir travailler en France, la pluie avait fait défaut, les dattes n’avaient pas bien poussé, le village menaçait famine, le miroir aux alouettes agité par les recruteurs a attiré le jeune homme déjà père d’un enfant. A cette époque, il ne savait pas qu’il venait en France pour assurer la fin de l’exploitation des houillères du Nord-Pas-de-Calais. Lui et ceux de sa région constituaient une main d’œuvre supposée malléable, non bénéficiaire du statut de mineur, donc facile à licencier quand le moment serait venu de fermer les mines de moins en moins productives. Mais le père, avec ses collègues et les syndicats, s’est battu comme un beau diable pour bénéficier des avantages de ce statut, il est même passé à la télévision.

 

Hannah est née en France après le regroupement familial, elle raconte sa vie plutôt misérable dans les corons où cependant régnait une vraie chaleur humaine, l’amitié, la solidarité, l’insouciance de l’enfance pendant que les adultes complotaient pour obtenir un statut plus juste. Sa vie dans les rues du quartier avec les enfants des Polonais, des Italiens, des Algériens, société multiethnique où se brassaient les langues, les jargons, les idiomes, les patois, où se mêlaient les cultures et les religions. Le coron ne connaissait pas le racisme que l’école connaissait mieux, surtout lorsqu’on est une bonne élève et qu’on veut fréquenter les grandes institutions, comme le souhaitait Hannah.

 

Ce texte n’est pas seulement un roman social qui raconte la fermeture des houillères du Nord-Pas–De-Calais et le triste sort des derniers embauchés, les mineurs marocains ; c’est également un plaidoyer pour le sort des femmes, marocaines ou autres, qui n’ont jamais été intégrées, dont on ne s’est jamais préoccupé. Ces laissées pour compte de l’intégration avaient pour seul moyen d’expression leur langue vernaculaire. L’auteure, enseignante, insiste sur l’importance de la langue dans l’éducation, l’instruction et l’intégration. L’intégration, qui n’est pas facile non plus pour les enfants nés en France qui souvent ne parlent plus que la langue apprise à l’école et éprouvent des difficultés pour communiquer avec leurs parents, accentuant ainsi le décalage générationnel déjà fortement impacté par la migration et le mélange des populations. Il faut aussi faire face au racisme, au rejet, à la stigmatisation, au sentiment d’usurper une place qui n’est pas la sienne. Et, quand, comme Hannah, on rêve d’absolu, d’un monde idéal évoqué par les montagnes de livres qu’elle a ingurgitées, le dérapage peut survenir. Faut-il accepter tout ce que les décideurs, les penseurs, la hiérarchie cherchent à imposer, ne faut-il pas se dresser pour exiger un monde meilleur comme un mineur se dresse pour avoir un meilleur sort ?

 

Ainsi ce livre n’est pas seulement un roman social qui rapporte et réclame, c’est aussi un livre militant, idéaliste, une réflexion politico-philosophique sur le rôle de l’individu dans la société construit à travers des tableaux, des scènes, des récits d’événements, de drames, de joies, de déceptions, cela autour du fil rouge de son interrogatoire au commissariat de police. Voilà un document qui montre comment s’est construite cette femme, comment des quantités de jeunes enfants d’immigrés se sont construits à leur tour et ont cherché leur chemin dans cette nation que leurs parents ne connaissaient pas. C’est ainsi un véritable document que les historiens pourront consulter quand ils étudieront cet épisode de l’histoire de France et des pays qui lui ont fourni la main d’œuvre nécessaire à son redressement après les énormes destructions de la guerre. Un roman d’une grande richesse documentaire, un texte très littéraire, une oeuvre originale et surtout une conviction d’un militantisme indéfectible.

 

Denis BILLAMBOZ


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Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

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Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

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