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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 09:02
A l'enseigne du coeur épris de Jean-François Pigeat

L’auteur de cet ouvrage se penche avec une certaine nostalgie sur toutes ces familles qui explosent et essaient de se reconstituer en s'appliquant à saisir une seconde chance, mais reconstruire une famille avec un bagage bien plein, des enfants, des cicatrices, des habitudes,… ce n’est pas facile, même si ce coquin d’amour ne choisit pas ses cibles en fonction de l’âge.

 

 

A l’enseigne du cœur épris

Jean-François Pigeat

 

 

A l’époque où les mariages se  désunissent aussi vite qu’ils s’unissent, la Toile devient un havre précieux pour les marchands de bonheur conjugal et les candidats à une nouvelle tentative après un premier essai infructueux, les volontaires pour la construction des fameuses familles recomposées, cible privilégiée des marchands de promesses en tout genre. La ménagère, de moins de cinquante ans, a pris du plomb dans l’aile, les familles reconstituées l’ont poussée dans l’ornière du marketing.

 

 

Geneviève, orpheline trop tôt, mère trop jeune, veuve trop vite et Stéphane, quadra divorcé, tentent l’expérience. Elle est moins évidente qu’on ne le dit souvent dans les médias. Passé la quarantaine, on a une histoire, du vécu à raconter ou à cacher. Geneviève n’est pas très organisée, elle prend la vie comme elle vient sans chercher à y mettre un ordre trop stricte ; Stéphane, lui, est un peu plus rigide, ordonné voire maniaque.  Ils essaient d'organiser leur vie en  transigeant autant que possible, malgré des goûts et des habitudes assez différents, mais l’affaire devient beaucoup plus compliquée quand, brusquement, déboule un fils que Geneviève n’avait pas mentionné jusque-là dans son curriculum vitae, et pas n’importe quel fils, un jeune homme « bordélique », envahissant, négligeant, pas très soigné et plus apte à dépenser l’argent de sa mère qu’à en gagner lui-même. Et ce fils adulé a un frère presque jumeau, mais de père seulement, que sa mère n’a pas pu élever et que Geneviève a recueilli pendant une certaine période. Cela fait beaucoup pour Stéphane, trop peut-être, qui trouve la barque chargée et prend l’initiative de rompre. Certes, l’amour à quarante ans, comme à vingt ans, n’est pas facile, il ne se laisse pas diriger et les cœurs les plus rigides peuvent connaître des penchants de midinette. Geneviève disparait juste au moment où Stéphane voudrait recoller leur amour en kit, la quête commence, les palpitations agitent le cœur de l’amoureux, l’histoire d’amour prend une nouvelle dimension.

 

 

Jean-François Pigeat traite le problème des familles recomposées avec humour et sarcasmes dans un texte guilleret, primesautier, bourré de formules drôles, de raccourcis fusant toujours à propos et de mots volontiers savants ou recherchés. Derrière son texte plutôt humoristique, il faut tout de même constater la dénonciation d’une indiscutable décomposition de la société qui perd progressivement ses maillons fondamentaux, ceux des familles unies, soudées, cellules de bases de la civilisation occidentale. L’auteur ne juge pas, il constate, évalue et note les changements qui affectent la population toute entière en soulignant que l’amour sera toujours un sentiment étrange, pas facile à comprendre, qu’il fera encore bien des misères à ceux qui y sombrent, et, cela, quelles que soient  les âges et les statuts.

 

Denis BILLAMBOZ

 

 

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 08:08
Histoire de Milad de Rafik Schami
Histoire de Milad de Rafik Schami

Ce roman écrit en 1968, mais qui n’a pas pu être publié avant 1997 en Autriche, revient en pleine lumière aujourd’hui avec les événements tragiques qui meurtrissent la Syrie. Il raconte à travers une histoire digne des contes orientaux médiévaux, les tares endémiques qui gangrènent la Syrie depuis sa fondation.

 

 

Histoire de Milad qui partit pour manger à sa faim pendant vingt et un jours

Rafik Schami (1946 - ….)

 

 

Un jour en rentrant chez lui un jeune Damascène rencontre un attroupement entourant un homme gravement blessé, il a été torturé par la police. Il connait ce personnage étrange, c’est Milad. Celui-ci vivait dans une grotte à Maaloula, mais sa famille l’héberge et le soigne désormais. Chaque soir, huit nuits durant, le blessé raconte son aventure au jeune homme : les vingt et un jours qu’il a passés à manger à sa faim avant de rejoindre la fée qu’il a connue dans la grotte où il s’était réfugié pour échapper à la violence de son beau-père. Le narrateur a écrit cette histoire en 1968 mais n’a pu la publier qu’en 1997, en Autriche, le pouvoir syrien et ses apparatchiks, les religieux, les éditeurs peureux et frileux ne voulant pas se compromettre en publiant ce récit.

 

Milad est enfant de la misère, son père disparait lors d’une attaque contre son village, sa mère, très pauvre, épouse un vieillard violent qui les frappe tous les deux, rejette l’enfant et le laisse quasiment mourir de faim. L’enfant fuit, se réfugie dans une grotte où il est visité par une fée bleue qui lui propose l’aventure qu’il confie au narrateur. « Au fil des années qui viennent, tu devras manger à ta faim vingt et un jours de suite. Puis tu viendras à moi, et de même que l’arc-en-ciel fait cadeau au ciel de ses couleurs, je remplirai ton cœur de joie ». Les sauterelles ont dévasté la région, Milad doit se mettre en marche pour trouver un maître capable de lui procurer une nourriture suffisante pendant les vingt et un jours imposés par la fée avant de connaître le bonheur. Le but du récit est bien sûr de raconter cette épopée, mais aussi de démontrer combien il était difficile de manger à sa faim pendant quelques jours de suite dans cette région en ce temps-là. Milad se débrouille comme il peut pour ne pas mourir de faim et expérimente toutes les solutions qui se présentent à lui pour manger durant les trois semaines imposées. Il est victime, complice et même parfois instigateur de toutes sortes d’escroqueries, combines, carambouilles et autres filouteries dans un périple rocambolesque qui le ramène sans cesse à sa grotte salvatrice.

 

Cette histoire ancrée dans la droite ligne des contes orientaux, digne des aventures de Rocambole, imprégnée de satire politique, se déroule dans les environs de Damas à l’époque où l’Empire Ottoman s’effritait sous la poussée des Français et des Anglais qui s’affrontaient pour imposer leur hégémonie sur cette partie du Moyen-Orient. L’auteur stigmatise tous les pouvoirs politiques, religieux, économiques qui utilisaient la corruption comme principe de gouvernement et d’administration sans oublier les riches marchands qui ont souvent construit leur fortune dans la plus parfaite illégalité.

 

Ce récit cocasse et drôle, même s’il évoque des épisodes souvent tragiques, décrit la face cachée de la naissance de la Syrie moderne, celle où les conflits actuels étaient déjà en germination. Il nous rappelle que l’Islam n’est pas la seule religion syrienne et que la corruption, la violence, l’intolérance et le pouvoir brutal et sanguinaire n’est pas l’exclusivité de ceux qu’on accuse aujourd’hui. Le système clanique a été un excellent support pour toutes les turpitudes, le reste semble bien n’avoir été souvent qu’arguties et prétextes pour imposer volonté et pouvoir. Chacun défendait son territoire en y laissant sa vie ou en fuyant après la défaite." Sais-tu à quel point c’est amer, de défendre un village avec le courage d’une panthère, pour ensuite tomber à genoux devant la faim invisible et silencieuse et devoir s’en aller comme un âne affamé ? » Comme le font encore aujourd’hui de nombreux Syriens qui prennent la mer au risque d’y sombrer.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 08:54
La porte rouge de Valentine Goby

Vous le savez, je l’ai déjà dit dans cette rubrique, plusieurs fois peut-être, j’aime l’écriture de Valentine Goby et surtout sa façon d’aborder son sujet. Elle choisit toujours l’angle qui peut valoriser le sujet le plus banal. Dans ce texte écrit pour des adolescents, elle met beaucoup de tendresse et de poésie à décrire un monde austère, brutal, violent, déshumanisé…. Elle veut redonner le goût de la vie aux enfants perdus de la zone, parents lisez ce petit livre, il est aussi pour vous.

 

 

                                                     La porte rouge

                                      Valentine Goby (1974 - ….)

 

 

C’est beau, c’est bourré de tendresse et elle fleure bon la poésie cette petite histoire rédigée par Valentine Goby à l’intention d’une classe de seconde d’un lycée de la banlieue parisienne, d’après une série de photos d’Hortense Vinet. Elle a su, à partir de ces documents, saisis à travers des lucarnes, des trous de serrure, raconter un monde déshumanisé, minéral, dur, décrépit, inventer une fiction étonnante, émouvante,  un peu trop moralisatrice sans doute, mais pleine d’espoir. De l’espoir dont manque tellement les adolescents qui peuplent ces cités sans âme.

 

Dans sa cité à elle, Dora, jeune lycéenne, se cloître dans l’appartement où elle vit avec sa mère. Dehors, elle a vu le diable mais elle ne veut le dire à personne. Par sa fenêtre, elle regarde la rue peuplée des seuls couchers de soleil. De l’autre côté du mur, Charlie, un jeune garçon court, court, court, pour fuir en permanence l’appartement où il vit, l’appartement qui sent mauvais, qui sent son père ivrogne et violent. Un soir Dora ose sortir pour une raison insignifiante, ramasser une ordure jetée par une main indélicate et, chaque soir, le rituel se répète avec une telle régularité qu’elle finit par attendre cette canette qui est le seul lien qui la relie à la société. Derrière cette canette mal élevée, il y a une main, quelqu’un, elle voudrait savoir qui, mais elle n’ose pas et pourtant cet objet insignifiant, sale, va la conduire vers l’autre, l’autre qui va lui tendre la main.

 

Quitte à me répéter, j’aime l’écriture de Valentine, je l’ai déjà avoué plusieurs fois, j’aime aussi cette histoire, même si elle est très morale, car elle est destinée à des adolescents en totale perte de confiance. Elle leur dit qu’ils doivent lutter pour vivre selon leur envie, se vêtir selon leur goût, une mini-jupe ne fait pas une pute, et choisir leur métier selon leur vocation. Elle dénonce avec tendresse et amour les préjugés, les a priori qui accablent cette jeunesse grandissant dans un monde sans humanité où seule la violence est vivace. Avec ces mots, ses mots, elle les aide à croire que les fleurs poussent aussi sur les tas de gravats et qu’un « Petit Prince » peut aussi courir autour des barres de la zone.

Un livre pour les adolescents que leurs parents feraient bien de lire, ils y prendraient certainement plaisir et ils comprendraient peut-être mieux leurs enfants.
 

Denis BILLAMBOZ
 

 

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 09:42
Le Livre du thé de Kakuzo Okakura
Le Livre du thé de Kakuzo Okakura

Le livre du thé, la voie du thé, a été écrit par Okakura en 1906. Nourri de la culture occidentale, cet érudit japonais voulait démontrer à travers le rituel de la cérémonie du thé  l’étendue de la spiritualité nippone et ainsi prouver que le Japon pouvait contribuer à la culture, à la pensée et à la sagesse de l’humanité entière.

 

 

Le livre du thé

Kakuzô Okakura (1862 – 1913)

 

 

Okakura est né en 1862, deux ans après l’ouverture de la baie de Tokyo aux étrangers, il a écrit « Le livre du thé » en 1906 quand le Japon connaissait ses premiers succès en s’appuyant, après deux siècles d’isolement, sur les méthodes militaires et industrielles occidentales. Selon l’auteur des préface et postface, Sen Soshitsu XV : « Il souhaitait se faire l’interprète de la civilisation nippone aux yeux de l’Occident … Il entendait remonter le vaste courant de culture asiatique qui prend sa source en Inde et cerner sa contribution potentielle à l’ensemble de la civilisation humaine ». Nourri de la langue anglaise qu’il avait acquise très tôt dans une famille de grands négociants, des classiques chinois et japonais, l'auteur rédigea son texte directement en anglais pour qu’il soit facilement accessible aux Américains, qu’il fréquentait assidûment, notamment lorsqu’il vécut à Boston.

 

 

Okakura a choisi le cha-no-yu, la cérémonie du thé, « la voie du thé » selon certaines traductions, comme symbole de la civilisation japonaise de manière à faire comprendre aux Occidentaux que les Orientaux avaient eux aussi des valeurs qui soutenaient aisément la comparaison avec les leurs. Okakura supportait mal la suffisance des Occidentaux, se refusant à comprendre l’Orient alors que le thé devenait une boisson appréciée de la Russie aux Amériques. Il voulait leur faire admettre que le « théisme » est une véritable mythologie asiatique, apparue en Inde, transplantée en Chine et enfin instaurée sous forme d’un rituel au Japon au XIIIe siècle, avant d’être définitivement codifiée au XVIème. La cérémonie du thé est en quelque sorte une forme de religion née du taoïsme, enrichie du bouddhisme et du confucianisme. « La vision d’Okakura s’enracine également dans les valeurs religieuses du bouddhisme, du taoïsme et du confucianisme ».

 

 

Refermé sur lui-même pendant deux siècles, le Japon a cultivé sa religion, sa philosophie, ses mœurs, sans jamais les confronter à celles d’autres peuples, les approfondissant jusqu’à en tirer la quintessence, jusqu’à en faire non pas une perfection qui est une finitude en soi, mais une aspiration perpétuelle vers la perfection à jamais inaccessible. Okakura explique comment ce rituel dépouillé à l’extrême conduit, à travers son raffinement suprême, sur la voie de la sagesse, au nirvana, si on observe les quatre principes fondamentaux : harmonie, respect, pureté et sérénité. « Le livre du thé » évoque le breuvage, la chambre du thé, la cérémonie, le maître, le rapport avec l’art, l’harmonie avec la nature, la religion, la philosophie, le chemin vers la perfection. « Le Livre du thé… nous rappelle que la beauté des fleurs est – à tout moins – aussi essentielle à l’existence humaine que les plus récentes inventions du confort moderne ».

 

« Voir, selon le cha-no-yu, c’est abandonner le verre déformant des coutumes et des jugements sociaux pour percevoir les choses telles qu’elles sont ». « Cela fait près d’un siècle qu’Okakura a rédigé son essai. Le message qu’il renferme n’a rien perdu de sa force, et son impact est sans doute plus grand encore aujourd’hui. Les êtres humains, nous avertit Okakura, doivent apprendre à vivre en harmonie, et à respecter sincèrement toutes les cultures ». Combien d’entre nous ont-ils entendu ce message ? Combien l’ont écouté ? Combien en ont appliqué les enseignements ? … Bien trop peu hélas !

 

Denis BILLAMBOZ

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 09:05
L'envie de Iouri Olécha

Un livre que je cherchais depuis longtemps, aussi ai-je été heureux de trouver cette réédition et de pouvoir enfin lire cet auteur un peu vite oublié. Ma lecture a certes été un peu ardue, c’est, comme on le dit désormais, un texte exigeant mais riche qui réjouira ceux qui feront l’effort de le lire.

 

 

                                                                        L’envie

                                 Iouri Olécha (1899 – 1960)

 

 

Publié pour la première fois en 1927, « L’envie » est le premier roman rédigé par Iouri Olécha, premier roman qui reste son chef d’œuvre. Dans ce texte, l’auteur raconte la rencontre entre un apparatchik, Babitchev, un homme ayant un passé chargé, sûr de lui, suffisant, arrogant, qui s’est taillé une belle place dans l’administration grâce à la Révolution ; au parti, grâce à sa débrouillardise et à son absence de scrupule et, également, au jeune homme égaré qu’il a ramassé ivre sur la voie publique, éjecté d’un café par des convives peu hospitaliers. « Lui, André Petrovitch Babitchev, occupe le poste de directeur du trust de l’industrie alimentaire. C’est un charcutier en gros, un confiseur en gros, un cuisinier en gros. Et moi, Nicolas Kavalérov, je suis un bouffon ». « … il a industrialisé les cuisines ». Il acquiert une notoriété dans le parti en inventant un saucisson industriel grâce aux compétences de ses charcutiers. Entre eux se dresse le frère de Babitchev inventeur mythomane qui couve un jeune footballeur de talent.

 

Kavalérov, véritable parasite de Babitchev, l’inventeur du saucisson,  rejette ce parvenu suffisant, se pavanant devant les foules pour se faire valoir et gravir les échelons du pouvoir. Il lui écrit une lettre accusatrice dénonçant son inconséquence, son avidité, et ses ambitions peu louables. Olécha a compris très rapidement que la Révolution était gangrénée par des ambitieux incompétents, intéressés par le seul pouvoir et ce qu’il procure. En 1927, cette attitude était déjà empreinte de témérité, les grandes purges pointaient à l’horizon et elles le concernèrent de près ; certes, il échappa à l’accusation mais il subit des tracasseries qui troublèrent sa vie et surtout son œuvre qui eut à souffrir de différentes formes de censures.

 

Comment expliquer la fin d’une civilisation et l’apparition d’un homme nouveau ? Comment va se traduire cette transformation sociale ? Iouri Olécha, en 1927, se pose déjà cette question. Il a certainement constaté que la réalité révolutionnaire ne correspondait pas exactement aux théories énoncées a priori et à ce que le peuple attend réellement. Il s’interroge notamment sur la volonté de destruction de la notion de famille pour la remplacer par une organisation nouvelle de la société, par la substitution des relations sentimentales par des rapports plus raisonnés. « Mais qu’est-ce que cela signifie ? Qu’il faut détruire le sentiment humain de paternité ? Alors pourquoi m’aime-t-il, lui, l’homme nouveau ? »

 

Ce livre est aussi une méditation sur le temps et l’histoire. « La révolution a été quoi ?... Quoi exactement ? La cruauté même ! Et pourquoi est-elle devenue ainsi ? Elle était généreuse aussi, n’est-il pas vrai ? Elle était bonne, et dans tout le cercle du cadran, n’est-il pas vrai ? Il s’agit donc de ne pas s’affliger en petit, dans l’intervalle de deux divisions mais de considérer le cercle entier du cadran… Alors, on ne voit plus l’écart entre la cruauté et la grandeur d’âme, le temps seul compte. Le temps a déformé la perception de l’histoire et a transformé la grandeur d’âme de certains en véritable cruauté ». Olécha essaie de nous expliquer que les dérapages révolutionnaires sont en partie imputables à une vision  globale des problèmes qui a provoqué l’application de mesures trop générales, particulièrement préjudiciables à certains. L’individu n’est pas l’élément standard d’un peuple, mais un être différent de tous les autres et on peut le faire évoluer en inscrivant le changement dans son temps, dans son rythme. L’application radicale de grandes théories généralistes a pu être généreuse mais, hélas, dévastatrice.

 

Ce roman, qui est plus qu’un roman, est une plongée au cœur de la société ukrainienne du début du siècle dernier, à l’époque où le héros forge son avenir révolutionnaire dans les humiliations et les fantasmes. Les chimères occupent une grande place dans le texte, elles incarnent les idées fantasmagoriques et démagogiques qui ont fait dévier la Révolution de ses objectifs fondamentaux.

 

Littérairement, cette oeuvre m’a paru très moderne pour l’époque, écrite en bonne partie à la forme interrogative, Olécha questionne, interpelle le lecteur à longueur de pages, je n’ai jamais vu autant de points d’interrogation dans un texte. La construction est elle aussi moderne, il faut suivre attentivement les personnages pour ne pas confondre les deux frères antagonistes, les temps et les époques. Il semble que le livre essaie de reproduire la confusion régnant dans la société nouvelle qui tente de se constituer après la Révolution.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 09:21
Kokoro de Delphine Roux

A mon goût, un très joli texte clair, net, précis, épuré, fluide, moderne, dans lequel j’ai lu l’opposition entre deux conceptions du Japon : une vision très traditionnelle ancrée dans les us et coutumes ancestraux et une vision très moderniste d’un pays ouvert sur le monde, friand des nouvelles technologies et des mœurs occidentales.

 


                                                        KOKORO

                                            Delphine Roux (1974 - ….)

 

 

Delphine Roux n’est pas japonaise, elle est une bonne française, et pourtant, quand je suis entré dans son livre, j’ai vérifié le nom de l’auteure et sa biographie car j’avais réellement l’impression de lire un roman nippon, son texte me rappelait d’autres écrits d'écrivains venus eux, à coup sûr, du Japon. Voilà un magnifique texte tout de concision, de précision, dépouillé, épuré, construit en des chapitres très courts qui ne révèlent au lecteur que ce qui est absolument nécessaire pour comprendre la belle histoire qu’elle nous conte dans une subtile progression, même si on se doute de l’épilogue de ce récit  très moral.

 

Le narrateur, Koichi, et sa grande sœur Seki ont perdu leurs parents quand ils étaient encore enfants, ils ont été élevés par leur grand-mère qu’il a fallu placer dans une maison de retraite quand la vieillesse a altéré ses facultés. Seki et Koichi vivaient en parfaite harmonie jusqu’à ce que la grande sœur devienne « une jeune femme moderne, dans l’écho des titres des magazines, dans la maîtrise du visible. Elle dit que je devrais faire comme elle, me bouger. Que je serais certainement mieux dans mes baskets. Ses conseils amplifient mes silences. Mes baskets et moi, je crois, nous entendons joyeusement ».

 

Seki incarne le Japon moderne, conquérant, le dragon qui terrorise les industriels occidentaux, alors que Koichi représente le Japon traditionnel et immuable, celui qui reste impassible devant les événements les plus inquiétants. « J’ai tout gardé. Seki voulait tout jeter, J’ai tout gardé ». La grande sœur voulait brader le passé pour plonger plus vite encore dans un avenir où l’efficacité, la vitesse, la productivité, l’enrichissement ont valeur de vérités absolues. Koichi refuse cette vie trépidante et puérile et s’incruste dans son passé pour vivre avec sa grand-mère, « J’étais bien à vivre chez grand-mère. J’évoluais à son rythme, en douceur, dans la métrique de ses rituels ». Le frère et la sœur s’éloignent jusqu’à ce que la sœur succombe à la pression et sombre dans une dépression nerveuse. Alors le frère décide d’entrer en action.

 

Ce thème d’un Japon bipolaire déchiré entre un avenir ultra moderne, ouvert sur le monde, et la tradition ancestrale des anciens figée dans le passé est récurent dans la littérature nippone contemporaine, Delphine Roux connait certainement très bien cette littérature et elle s’y blottit avec bonheur. Elle use, dans son texte, de la même concision que celle qu’elle met dans la bouche de la grand-mère qui se réfugie dans le silence pour manifester son refus de finir sa vie dans un mouroir. « Quand j’entre dans sa chambre, elle m’accueille avec des lalala, des hoho. Ca veut dire bienvenue mon petit Koichi, je suis contente de te voir, tu m’as manqué ». Le lecteur devra lui aussi développer les mots de l’auteure pour déguster toute la saveur de ce texte.

Un vrai petit bijou de littérature française à la sauce japonaise.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 09:00
Petits plats de résistance de Pascale Pujol

Ce texte totalement décalé n’est pas qu’un livre drôle et hilarant, la verve humoristique de l’auteur ne cache pas le regard sardonique et très critique que l’auteur porte sur notre administration. Une balade sur la Butte qui ne manque ni de sel ni de piment.

 

 

                                                   Petits plats de résistance

                                                      Pascale Pujol 

 

 

Un livre drôle et amusant qui raconte les tribulations picaresques et truculentes d’une bande de chômeurs chevronnés qui sévit sur les pentes de la plus célèbre butte parisienne, terrorisés par une employée cynique et zélée de l’agence "Pôle emploi" du quartier, bien décidée à les remettre au boulot ou à les radier des listes des allocataires. Champions de la débrouille et de l’embrouille, ces chômeurs inventent les pires  carambouilles pour améliorer leur quotidien ou simplement survivre, sans succomber aux manœuvres de leur tortionnaire, la belle Sandrine, l’employée exemplaire de "Pôle emploi".

 

La féroce fonctionnaire se laisse cependant attendrir par son plus fidèle chômeur, elle ne le radie pas, elle l’oblige à apprendre le métier de cuisinier, elle a une idée derrière la tête : elle n’envisage pas de torturer du chômeur toute sa vie, elle veut ouvrir un restaurant, elle est passionnée de cuisine, elle a besoin d’un chef. Cette faiblesse passagère va lui faire rencontrer le reste de la bande : un géant noir conseiller spécial des chômeurs égarés, un géant alsacien directeur d’un foyer d’hébergement en cours de cession, un Tamoul génie de la cuisine, une chroniqueuse en sexologie et quelques autres, ainsi constituent-ils son quotidien, auquel s'ajoute sa propre famille haute en couleur, son mari magouilleur, sa belle-mère dévergondée, sa fille surdouée et parfaitement amorale, son fils bellâtre efféminé, oui, à eux tous une micro société où la débrouillardise fait loi tout comme l’absence de scrupule tient lieu de morale.

 

Cette petite troupe développe sa petite affaire tout en s’érigeant en défenseur de la morale et des plus démunis face aux investisseurs peu scrupuleux et très avides d’acquisitions immobilières dans ces rues qui s’embourgeoisent les unes après les autres. Une façon de défendre l’identité de ce quartier populaire où le bourgeois s’encanaillait, en préservant des mœurs ancestrales et une certaine idée de la résistance aux dictats de l’administration.

 

Ce livre m’a amusé, j’ai bien ri, le style alerte, vif, enjoué de l’auteure valorise les images inventives et colorées, les raccourcis fulgurants, les formules lapidaires  qu’elle distribue à longueur de pages. Mais toute cette gouaille sert aussi à montrer l’émergence d’une nouvelle société, fille de la crise, une société qui a appris à se débrouiller sans tendre la main, en allant chercher ce dont elle a besoin là où il est. Dans ce texte, la société trop réglementée semble avoir enfanté une nouvelle forme d’être et d’avoir.

 

Denis BILLAMBOZ

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 08:51
Figurante de Dominique Pascaud

Un petit roman bien écrit, empathique, qui m’a rappelé « L’échappée » de Valentine Goby. Les deux récits évoquent chacun le destin d’une soubrette qui veut échapper à sa condition de bonniche en profitant d’une rencontre particulière.

 

 

 

                                                      Figurante

                                Dominique Pascaud (1976 - ….)

 

 

Dans un hôtel minable d’une petite ville anonyme, elle fait les chambres, le ménage, la vaisselle, elle sert à table, elle est mal payée mais elle  est contente d’avoir un travail dans sa ville natale où elle habite avec son copain garagiste. Elle n’a pas d’ambition, elle veut seulement épouser son compagnon, avoir des enfants, ouvrir des chambres d’hôtes et mener une vie tranquille de mère de famille. Mais, un jour, un vieil homme loge à l’hôtel, il est aimable et agréable avec elle, elle voudrait qu’il soit son père car elle ne s’entend pas bien avec le sien ; ce dernier ne l’aime pas beaucoup et l’ignore quand elle le visite. Le vieil homme est un réalisateur de cinéma, il voudrait tourner son dernier film dans cette petite ville et il est convaincu qu’elle est son héroïne. Il a allumé une flamme dans son esprit, elle pourrait avoir une autre vie, devenir quelqu’un de connu, quelqu’un qu’on considère, qu’on respecte, elle qui n’a jamais été considérée par son père  et peu respectée par ses employeurs. Elle se met à rêver, en vain, la productrice à une autre candidate dans sa manche. Elle est blessée, elle se sent trahie et, quand son père décède, sans lui dire le nom de la mère qu’elle n’a pas connue, elle décide de changer de vie et de tenter l’aventure…

 

 

Ce texte dense, attachant, désignant et décrivant les plus petits gestes de l’héroïne et les plus menus objets constituant son environnement, emporte immédiatement le lecteur dans l’univers de cette gamine. Construit de phrases courtes, précises, il m’a immédiatement séduit et entraîné au cœur de cette histoire qui rappelle un roman de Valentine Goby, « L’échappée », non seulement par son sujet  et son côté intimiste mais aussi par son écriture.

 

 

Une histoire qui pourrait être banale, toutes les gamines ont rêvé d’être des stars, mais celle-ci ne sombre pas dans la tragédie pathétique ou dans la béate comédie scintillante de paillettes, elle reste à dimension humaine. C’est une belle leçon d’humilité et de sagesse – il faut savoir accepter son destin et bien vivre avec - en même temps qu’un bel exercice d’écriture.

 

Denis BILLAMBOZ

 

 

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 08:21
Mijn vater is groot de Dominique Watrin

Avec ce pamphlet, je vous propose un petit détour dans le domaine des humoristes, en cette période où nous en avons tous bien besoin, pamphlet rédigé par un humoriste belge qui stigmatise la querelle linguistique qui gangrène son pays depuis sa création.

 

 

                                               Mijn vater is groot

                               Dominique Watrin (1968 - ….)

 

 

« A l’heure où j’écris ces lignes (le dépôt légal de ce livre date de novembre 2011), la Belgique tremble sur ses bases. Pour la énième fois ! La Belgique tangue. La Belgique se fissure. Pire, la Belgique s’effrite… » Un rien provocateur, l’auteur Dominique Watrin a éprouvé le besoin d’écrire un livre sur le bilinguisme qui affecte la Belgique depuis sa création artificielle et raconte comment, dans la communauté wallonne, on tente, sans grande conviction, d’enseigner le néerlandais à des gamins peu concernés qui n’ont comme seule motivation : de pouvoir au moins ramasser les poubelles à Bruxelles car, leur dit-on, si tu ne connais pas les deux langues tu ne pourras même pas ramasser les poubelles dans la capitale. Un argument pas plus convaincant que stimulant, si bien que les gamins finissent, pour la plupart, comme l’explique le titre : « voilà  comment je suis devenu un con qui ne parle pas le néerlandais ». Un livre qui voudrait déculpabiliser ceux que l'on blâme de ne pas parler l’autre langue de la Belgique.

 

 

L’auteur raconte avec sa verve satirique l’apprentissage linguistique qu’il a subi pendant sa scolarité primaire et secondaire et même, à très petite dose, pendant ses études supérieures. Moi-même, j’ai passé, hélas, moins de temps que lui à apprendre les langues mais j’ai reconnu certaines méthodes usitées par ses enseignants qui ressemblaient un peu aux miens. La galère de l’apprentissage des langues ne concerne pas que les Belges, mais pour eux c’est une obligation plus contraignante qu’en France. Les petits français ont la réputation d’être nuls en langues étrangères et les Belges, selon Watrin, celle d’être nuls en néerlandais au point d’en nourrir un complexe. Et pour qu’ils ne souffrent pas trop de ce complexe linguistique, il nous explique que « Ce livre, je l’ai écrit pour que les francophones unilingues retrouvent une dignité dans leur sentiment de culpabilité ».

 

 

Ce livre est avant tout un texte drôle, ironique, satirique, j’ai bien ri en le lisant, mais il soulève un vrai problème qui perturbe depuis toujours les rapports entre les deux principales communautés qui peuplent la Belgique. Pour sûr, Watrin a mis les rieurs de son côté, son message est sûrement passé mais le problème reste toujours posé.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 08:08
Les affligés de Chris Womersley

Même si la chute de ce livre ne me semble pas à la hauteur du récit, ça reste un texte très fort, poignant, émouvant, dur, sans concession devant la douleur et la mort. J’ai de la sympathie pour cet auteur qui m’a adressé un twitte lors de la publication d’un commentaire d’un précédent ouvrage.

 

 

                                                       Les affligés

                                    Chris Womersley (1968 - ….)

 

 

Je suis entré dans cette histoire pourtant morbide et sordide, pleine de souffrance et de deuils, avec beaucoup d’empathie pour les personnages paumés, aux marges de la société, à la limite du monde des animaux et de celui des humains. Elle est pleine d’humanité, de bassesse, de vices, de violence mais aussi de tendresse et d’amour comme l’était peut-être la société de nos ancêtres dans les cavernes.

 

 

Après avoir fait la guerre, celle qu’on appelle tristement la Grande, en France, Quinn Walker rentre au pays, un tout petit village de Nouvelle-Galles du Sud  infesté par la grippe espagnole. Il emprunte les chemins de traverse pour ne pas exhiber sa gueule cassée mais surtout pour ne pas rencontrer ceux qui le croient coupable de l’ignoble meurtre de sa sœur. Tout laisse penser qu’il est le meurtrier, tous le croyaient disparu puis mort à la guerre, tous voulaient le lyncher, à commencer par son père et son oncle. Les épreuves supportées pendant la guerre lui donnent le courage d’affronter sa famille, en commençant par sa mère mourante de la grippe, pour la convaincre qu’il n’est pas le meurtrier qu’ils ont désigné. A l’approche de son village, il rencontre son ange salvateur sous la forme d’une fillette qui ressemble étrangement à ce qu’était sa sœur quand elle a été assassinée. La petite le prend sous son aile protectrice, elle connait un peu la magie, sait tout, se faufile partout et voudrait que lui aussi la protège de ceux qui veulent la conduire dans un orphelinat.

 

 

L’auteur entraîne le lecteur dans les faubourgs de la mort à la rencontre de ceux fauchés par la guerre, de ceux agonisants, de ceux ayant survécu par miracle à la grande boucherie, de ceux revenus marqués à jamais dans leur corps ou dans leur esprit, de ceux et de celles emportés par la grippe espagnole, de ceux et de celles  attendant un être cher peut-être déjà mort, de ceux ayant perdu le goût de la vie et peut-être aussi de ceux étant déjà allé de l’autre côté de la barrière de la vie. Pour conduire cette exploration, l’auteur mélange habilement le récit d’une quête de rédemption avec les cauchemars qui peuplent les nuits d’images sordides de la guerre. Hélas le récit s’enlise peu à peu, l’intensité faiblit, des passages superflus ou trop longs surchargent le texte, altèrent l’ambiance, dégradent l’émotion que l’auteur ressent. J’ai eu l’impression que l’auteur avait connu certaine difficulté pour trouver une chute à la hauteur de son scénario.

 

 

Je suis sorti un peu frustré de cette lecture, cette expédition aux frontières de la vie et de la mort, posant clairement le problème de la fatalité, de la destinée impossible à contourner, qui aurait pu connaître un meilleur épilogue.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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