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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 08:17
Au revoir Lisa de Françoise Houdart

 

Lisa, née dans le sud de la Belgique, près de la frontière française, au milieu des années cinquante, est traductrice en allemand. Elle voyage beaucoup pour son métier et voit peu sa mère, Eugénie, qui l’a élevée seule depuis l’âge de dix ans car le père de l’enfant a quitté le domicile conjugal à cette époque. Un soir, un violent orage anéantit le tilleul tutélaire qui a abrité une bonne partie de son enfance et projette sa mère dans un état de choc qui nécessite son admission à l’hôpital. Lisa la veille et profite de cette occasion pour essayer de renouer avec elle le dialogue qu’elle n’a plus qu’au téléphone. Elle n’a jamais pu comprendre pourquoi son père est parti, pourquoi il n’est jamais revenu, bien que sa mère, qui regarde toujours par la fenêtre, semblait guetter son retour.

 

François Houdart nous conte l’histoire de cette famille à trois voix, celle d'Eugénie qui dévoile comment, jeune maman, elle acceptait les écarts conjugaux de son mari jusqu’au jour où une convocation, émanant de la police, invite celui-ci à se rendre au poste pour répondre de ses agissements à l’endroit d’une jeune mineure tombée enceinte de ses œuvres. Folle de rage, elle l’avait jeté dehors, il avait filé et n'était jamais revenu, bien qu'il ait beaucoup écrit. Sa mère étant dans le coma, Lisa fouille sa chambre et trouve les fameuses lettres envoyées par le père en même temps que les cartes postales qu’il lui adressait et qui sont toujours alignées sur la cheminée. A travers ces lettres, elle découvre la version des faits présentée par Auguste, son père, qui reconnait ses infidélités, raconte sa fuite en France pour éviter les poursuites et les tentatives qu’il a faites pour renouer avec sa mère mais surtout avec elle, sa petite Lisa. Mais Eugénie s’est opposée à toutes ces tentatives et a refusé le divorce qui n’était pas admis dans son milieu à cette époque. Aussi, a-t-il refait sa vie autrement.

 

Lisa donne à son tour sa version des événements ayant marqué sa jeunesse, son enfance sans père, les quolibets de ses camarades de classe, le refus de sa mère de répondre à ses questions, les points d’interrogation qui restent après avoir entendu quelques éclats de voix entre les adultes… Et, surtout, après avoir lu et relu les lettres du père et avoir entendu la version de la voisine. Aussi  écrit-elle une lettre à son père pour tenter de découvrir son vrai passé et éclairer ses origines réelles qui lui semblent  ténébreuses.

 

Ce roman est le type même d’une histoire devenue de plus en plus commune depuis que la procréation dépend de moins en moins des aléas sexuels. On y retrouve  les problèmes qui font les choux gras des avocats et des psychologues : le divorce possible ou non, les ruptures, l’adultère, l’infidélité, l’amour passionné, l’amour qui s’en va, la pression sociale et familiale. Tout ce qui contribue au grand malaise qui détruit de nombreux couples. C’est aussi un texte sur l’écoute, la tolérance, la compréhension, le pardon, ce qui peut éviter de pousser sous le tapis des secrets, des rancœurs, des regrets, des remords et même de la haine, ingrédients redoutables  qui pourrissent  à jamais la vie d'innombrables familles.


Denis BILLAMBOZ


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11 octobre 2021 1 11 /10 /octobre /2021 09:16
Mes trente glorieuses d'Anne Gallois

Dans ce livre (roman, biographie, témoignage ?), Anne Gallois raconte la vie d’une fille née au creux de la guerre, en 1942, un peu trop tôt pour faire partie de la marée du babyboom qui a envahi  les institutions quand elle a déferlé à l’école notamment, mais ailleurs aussi. Margot, cette gamine ne trouve pas sa place dans le creux d’une sororité de six filles, coincée entre les plus grandes et les plus petites, toutes plus belles qu’elle, elle en est convaincue. Sa tignasse rousse et ses taches de rousseur, stigmatisées par ses camarades, ne font qu’accentuer son mal être et son envie de se révolter contre tout ce qui peut  la contraindre. Elle refuse toutes les règles d’où qu’elles émanent, se sent constamment  humiliée et éprouve le besoin de se distinguer, de n’importe quelle manière, pour montrer qu’elle existe, devenant vite  insupportable.

 

L’histoire de cette fille, c’est celle d’une petite bourgeoise provinciale née dans une famille de commerçants nantis de Nevers, même si le père a encore la terre de la ferme familiale collée sous les semelles. Les parent sont rigoureux, catholiques, pratiquant avec ferveur, plutôt fachos comme on disait à cette époque. Les filles sont scolarisées à l’école des bonnes sœurs, elles ne peuvent pas se mêler aux enfants des prolos, c’est trop dangereux, ils transmettent de drôles d’idées. Dans ce texte, Anne Gallois brosse le portrait d’une famille bourgeoise type, très ressemblant à celui que les révoltés de soixante-huit caricaturaient pour dénoncer les inégalités sociales, économique, politiques …

 

L’histoire de cette gamine, de cette famille, percutent la grande Histoire que Paris Match met en image chaque semaine à sa une et que Margot achète pour son père. L’auteure rythme habilement son récit avec ces images brossant ainsi un portrait de la France des « Trente glorieuses » et même du monde. C’est la période de la reconstruction européenne après la catastrophe de la deuxième guerre mondiale, du babyboom, de la croissance économique, de l’invention du cinéma en couleur et du cinémascope, c’est l’apparition d’une nouvelle forme musicale, des quarante-cinq tours… Tous ces changements s’accompagnent de la création d’une élite née dans l’image : les stars du cinéma et idoles de la chanson. Les poètes sont relégués dans le monde confiné des intellos pendant que les nouvelles vedettes inondent les médias notamment la une de Paris Match, le fameux « choc des photos… ».

 

Pour moi ce livre est un exercice de nostalgie appliquée, j’ai vécu à cette époque, je suis un peu plus jeune que Margot, moins vieux serait plus juste, mais je n’étais pas du côté des nantis, j’avais les semelles pleines de terre. J’ai connu cette France dont on a conservé deux faces seulement : les bourgeois cathos et fachos d’une part et, d’autre part, les prolos cocos. Cette France qui  s’affrontait dans les élections et les débats politiques hauts en couleurs qui les précédaient. Margot et Anne ont navigué dans cette France bipolaire passant de l’un à l’autre des bords sans toujours bien comprendre les motivations de chacune des parties avec surtout l’envie, et le besoin, d’en découdre, d’exister, de bousculer l’ordre établi quel que soit le chemin à emprunter. Merci Anne pour ce grand moment de nostalgie, ce survol de la première moitié de notre vie et, comme chantait une idole devenue icône nationale, 

« Souvenirs, souvenirs
Vous revenez dans ma vie
Illuminant l'avenir
 

…».


Denis BILLAMBOZ


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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 08:48
Les 9 vies d'Ezo de Jean-Marie Darmian

 

Ce livre pourrait être la parfaite illustration de ce que fut, au début du XXe siècle, le flux migratoire des Italiens du nord vers la France où ils ont fondé une communauté soudée, courageuse, travailleuse, entreprenante, dure au mal. Certes, elle dut faire face à de nombreuses humiliations et vexations avant de s’installer durablement dans son nouveau pays où elle a créé pratiquement toutes les entreprises du bâtiment et des travaux publics qui ont édifié la France du XXe siècle, celle du béton armé ou précontraint, celle des grands immeubles, des ponts, des autoroutes, etc…

Ezio, né en 1915, est le fils de Giovanni et Gesuina Baziana qui se sont installés dans la région bordelaise au début du XXe siècle. Le père a travaillé dur avec l’aide de son épouse pour charrier des blocs de pierre depuis la carrière jusqu'aux divers chantiers locaux. Ils avaient un cheval et pouvaient ainsi choisir leurs chantiers et leurs clients et travailler pour leur propre compte. Leur petite entreprise prospérait jusqu’au jour où un malheureux télégramme rappela à Giovanni qu’il était toujours citoyen italien et qu’il devait participer à la défense du pays contre l’envahisseur austro-hongrois. Ezio n’était qu’un nourrisson que sa mère emmenait avec elle dans  les charrois qu’elle a effectués seule pendant que son mari se battait sur le front piémontais. Après la guerre, Giovanni, toujours aussi imaginatif et entreprenant, constitue progressivement une petite fortune en se lançant dans une nouvelle technologie : le béton précontraint qu’il convoie lui-même sur  les chantiers de ses collègues bâtisseurs. Mais l’âge d’or ne durera pas ; lors de sa première sortie à la mer avec sa nouvelle automobile dont il est si fier, il est foudroyé par une hydrocution en plongeant dans l’eau froide dès son arrivée sur la berge. 

Ezio n’est encore qu’un gamin de douze ans, un brillant élève, le meilleur du canton. Il décide alors qu’il ne sera pas instituteur comme le sien le voudrait, ni patron de l’entreprise conservée par la mère et  un contremaître, mais médecin pour comprendre comment son père a pu décéder si brutalement. Il entreprend et réussit les études nécessaires puis installe son cabinet où il s’investit auprès des  plus pauvres, sachant mieux que quiconque d’où ils viennent. Mais Ezio n’en n’a pas fini avec l’Histoire. Lors d’un séjour dans sa famille italienne, il doit fuir précipitamment en empruntant un itinéraire périlleux, pour échapper aux Chemises noires mussoliniennes qui voudraient l’enrôler prestement et l’envoyer tout aussi vite sur le front d’Abyssinie. Il réussit son expédition et demande rapidement la nationalité française, ce qui n’est pas la meilleure façon d’assurer sa sécurité. En 1943, ses collègues de l’Ordre des médecins, le désigne comme « volontaire » pour le funeste STO, mais il avait sans doute le tort d’être étranger. Malgré toutes ses démarches et rebuffades, il doit rejoindre Ratisbonne (Regensburg en allemand), au confluent du Danube et de la Regen, où il est affecté dans les usines Messerschmitt chargées de la fabrication du premier avion militaire à réaction. Un site ultra secret !

Ses malheurs ne font alors que commencer ; il subit un traitement extrêmement sévère, il est même condamné à mort, sauvé in extrémis par le vieux médecin allemand qu’il assiste pour maintenir un minimum de vie chez les prisonniers travaillant dans cette immense usine souterraine. Là, il va connaître un événement terrible dont la description l’a beaucoup ému : le gigantesque bombardement des usines Messerschmitt par les Alliés. Son biographe raconte comment il l’a vécu. Par ailleurs, j’ai lu, il y a très longtemps, un livre  « Chasseurs dans le soleil » de John E. Johnson, un ancien pilote de chasse britannique qui évoque ce bombardement lors duquel il a couvert les bombardiers qui déversaient leur mortelle cargaison sur sa tête et celle de mon père qui était lui aussi prisonnier de guerre dans cette même ville mais dans une autre entreprise. Il m’a souvent raconté la violence de ce bombardement et l’angoisse qu’ils éprouvaient, lui et ses camarades, chaque fois que les sirènes signalaient l’approche de nouvelles vagues de largueurs de mort. La guerre est souvent aveugle et frappe souvent au hasard, ce n’était l’heure ni pour Ezio ni pour mon père.

Lire, c’est faire des rencontres avec des auteurs, des éditeurs, des distributeurs et parfois se faire rencontrer, dans un même texte, des gens qui ne se sont jamais rencontrés et qui ignorent même l’existence de ceux avec qui on les met en scène. Vous comprendrez que, pour moi, ce livre véhicule une émotion particulière.


Denis BILLAMBOZ


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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 07:48
Diagnostic à haut risque de Patrick Guillain

 

2002, Françoise chercheuse à l’Institut Pasteur navigue entre Hong-Kong et Hanoï pour participer à l’éradication de l’épidémie de la fièvre de Canton (une épidémie inventée par l’auteur en s’inspirant de celle du SRAS qui a sévi notamment en Asie entre 2002 et 2004). Elle est intriguée par le comportement de certains variants qui se diffusent de façon très différente  selon les villes où la fièvre se propage. 2015, Samuel et Romain participent à une mission sanitaire dans le cadre de l’épidémie causée par le virus Ebola en Guinée. Samuel a conservé quelques sentiments à l’intention de Maud en détachement provisoire à l’OMS à Genève, chercheuse à l’institut de Veille Sanitaire. Elle a repris les résultats des recherches de Françoise et voudrait les approfondir en se rendant en Asie pour rencontrer ceux qui ont participé à la lutte contre le virus lors de cette épidémie. Elle conforte les conclusions de Françoise, fait part de ses soupçons à Samuel qui, lui aussi, poursuit ses recherches en rapport avec l’Institut Pasteur. Ses résultats, confrontés à ceux de Maud, l’inquiètent fortement.

 

Au cours d’un déplacement vers le nord de la Guinée, Samuel et ses collègues disparaissent  subitement, ne serait-ce  pas une action politique en relation avec l’épidémie ? Les services secrets français sont sur les dents, les querelles, qui les opposent, ne font qu’empirer. Maud, qui entend les retrouver, se lance alors dans une quête d’indices, ne voulant croire que Samuel et ses collègues soient morts ou disparus. Sur cette base, Patrick Guillain noue une intrigue très pointue où les virus jouent un rôle essentiel. Ceux qui, aujourd'hui, suivent l’actualité sanitaire la comprendront d'autant mieux après avoir lu ce livre. Et ceux qui croient que la covid s’est échappée d’un laboratoire de Wuhan trouveront quelques arguments pour défendre cette hypothèse. L’auteur est lui-même microbiologiste, il a participé à la lutte contre Ebola dans de nombreux pays, il connait bien le sujet, son roman est très crédible, même s’il laisse une part nécessaire à l’imagination.

 

Il y a une certitude à retirer de ce livre, au cas où nous l’aurions oublié, certains virus, certains microbes, certaines bactéries, certains composés chimiques sont de véritables armes de destruction massive ou sélective. Elles ont été et sont encore  largement utilisées dans des conflits régionaux et pour  faire disparaître des opposants trop encombrants. Les terroristes ne sont pas les seuls à en user. Néanmoins les services secrets s’étonnent de cette disparition mystérieuse, car aucun mouvement subversif n’a été signalé dans la région depuis un bon bout de temps. Alors, il faut bien échafauder des hypothèses : demande de rançon, volatilisation volontaire, élimination pure et simple, certaines puissances politiques n’hésitent pas à le faire, tout comme certaines puissances financières. Patrick Guillain le démontre avec beaucoup de crédibilité.


Denis BILLAMBOZ


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13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 08:41
Voyage avec mon âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson

 

« Avec l’avènement de la randonnée pédestre et le retour à la nature, l’épopée de Robert Louis Stevenson a fait l’objet, ces dernières années, de très nombreuses publications ». Les Editions de Borée en proposent une nouvelle mais pas une de plus, une autre, une différente, un magnifique ouvrage grand format illustré de plus de deux cents documents d’époque : photographies, cartes postales, notamment, choisis et commentés par Jean-Marie Gazagne et Marius Gibelin. Un magnifique ouvrage, un vrai beau livre !
 

Cet itinéraire est devenu l’un des chemins de randonnée fétiche de la Fédération française de randonnée pédestre, il est parcouru par de très nombreux marcheurs, à tel point que cette fédération a édité un guide spécifique à l’intention de ceux qui souhaitent l’emprunter. Récemment, j’ai aussi lu un recueil de récits de voyages de Francis Navarre (De l’Hexagone considéré comme un exotisme) parmi lesquels figure son périple sur les pas de l’écrivain marcheur. Stevenson n’est pas un aventurier chevronné, l’auteur du propos introductif le présente comme «un jeune homme très « spleen », souffreteux, beau parleur, un peu hâbleur mais surtout quelqu’un qui semble assez mal dans sa peau».  Il m’est surtout apparu comme un grand novice en matière de randonnée pédestre, il connaît mal l’itinéraire qu’il souhaite emprunter, il n'entend rien aux ânes et encore moins à leur conduite, il ne sait pas charger sa monture, pas davantage préparer un paquetage nécessaire et pas trop encombrant. Alors, évidemment, le démarrage est laborieux. Le chargement de l’ânesse s’écroule ou blesse la bête qui traîne les pattes. Il s’égare, fait des détours inutiles mais il est courageux et obstiné, il ne recule nullement devant la difficulté et finit, grâce aux conseils de braves gens rencontrés au cours de son périple, par trouver un rythme de croisière compatible avec ses prévisions. Malgré ses faiblesses pulmonaires, il n’hésite pas à dormir au clair de lune, même sous la pluie battante, affrontant le risque de rencontres avec des animaux ou des vagabonds pas tous toujours bien intentionnés. Il lui fallait une certaine détermination pour affronter ces sentiers peu carrossables, les rencontres hasardeuses et les intempéries.
 

Il démarre son périple dans le Velay à Le Monastier sur Gazeille pour cheminer en direction du sud entre le Gévaudan et le Vivarais et rejoindre les Cévennes et Alès. Douze jours de marche au rythme de Modestine, l’ânesse qu’il a achetée juste avant de partir. Il arrêtera celui-ci un peu avant son terme à Saint-Jean-du-Gard, l’ânesse étant trop fatiguée pour le terminer dans les délais impartis par son compagnon de route. Stevenson décrit quotidiennement sa journée : les paysages qui l’enchantent, les rencontres plus ou moins conviviales qu’il fait, les aléas du voyage, les nuits en plein air ou à l’auberge, les petites villes et villages qu’il traverse, la faune et la flore, les légendes, les faits historiques, les personnages plus ou moins célèbres qui ont laissé une trace dans la mémoire collective. Il consacre une place importante à la religion, notamment au contraste entre le pays catholique du nord et le protestantisme en pays camisard. « D’un seul coup son récit devient plus descriptif, il y met tout son cœur et narre les épopées des Camisards avec une certaine emphase ». Le protestant écossais ne comprend pas très bien les catholiques, il se sent plus proche de ses coreligionnaires protestants. Le vocabulaire de l’époque s’harmonise bien avec les descriptions de l’auteur et leur confère une certaine saveur. « Les filles deviennent belles, le paysage lumineux, bref, il revit et il lui tarde de rejoindre ses amis ». Ce périple semble avoir eu de réelles vertus thérapeutiques sur Stevenson qui repart plein d’enthousiasme vers d’autres cieux après avoir oublié un amour inaccessible sur les chemins cévenols. Cette nouvelle édition, toute en images,  est une belle réussite et, plus qu’une lecture, une plongée au coeur des paysages, des villes et villages que l’auteur a traversés, une rencontre avec les personnes qu’il a croisées.

Denis BILLAMBOZ


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Voyage avec mon âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson
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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 07:45
Suiza de Bénédicte Belpois

 

Tomàs, riche paysan galicien, propriétaire de tout le village, campagnard fruste et brutal, bosseur et cultivé, a suivi des études supérieures, ne s’est jamais remis du décès de sa femme, seule la bouteille peut soulager sa douleur lors des beuveries qu’il s’autorise un peu trop souvent avec son vieux et fidèle commis. Un véritable fauve toujours prêt à se jeter sur sa proie qu’elle soit un adversaire belliqueux ou une femme trop aguichante. Un jour sa route croise celle de Suiza, un nom que les villageois lui ont donné car elle ne parle pas l’espagnol et n’est pas très dégourdie, elle est même un peu attardée, son père ne manquait pas une occasion de le lui rappeler. Les villageois ont cru qu’elle venait de la Suisse et l’ont donc affublée du nom de Suiza mais, en fait, elle est pontissalienne comme l’auteure, habitante de la petite ville de Pontarlier à quelques kilomètres de ma maison natale, tout près de la frontière Suisse. Elle n’est certes pas très intelligente, mais elle a un véritable sens pratique et une belle adresse manuelle. Elle ressent les choses plus qu’elle ne les comprend. Elle est comme un petit animal qui ronronne quand on la caresse, elle ne griffe  jamais et certains l’ont vite compris. Un jour, elle décide d’aller voir la mer. Au foyer, certaines lui ont dit qu’elle était en Espagne, alors elle s’est mise en route pour l’Espagne, en stop… Elle échoue dans un petit village galicien proche de Lugo où elle trouve un petit boulot de serveuse dans le bistrot qui sert de refuge à Tomàs. Et, quand le fauve a croisé la biche, il est tombé en rut, il s’est jeté dessus pour se l’approprier et en faire sa femelle dominante. La biche n’a pas protesté, sa grande douceur et sa tendresse ont vaincu l’animal, foudroyé par un véritable coup de foudre. Il en a fait sa compagne, sa femme même s’il ne l’a pas épousée, la biche a su apprivoiser le fauve. Ils ont alors commencé une histoire commune. Mais celle-ci se complique car le crabe guette le fauve qui se réfugie dans le déni sans pouvoir renier l’éventualité d’une échéance fatale et proche.

 

C’est une jolie histoire d’amour entre deux contraires qui s’attirent, elle recèle toute la violence animale que l’amour peut contenir et déborde d’une émouvante tendresse. Bénédicte a su trouver les mots pour dire la splendeur des paysages, la rusticité des personnages et le débordement des sentiments qu’ils soient dans la force ou la douceur. Par ailleurs, ses paysages sont plus attirants que ceux dépeints par les meilleurs dépliants diffusés par les organismes chargés de promouvoir la région, ses personnages plus vrais que nature, truculents, excessifs, esclaves de la terre qui est leur seul moyen d’existence, tous en dépendent même ceux qui ne peuvent compter que sur la générosité des autres. Ce récit donne ainsi une vraie couleur à ce coin de Galice et à ceux qui l’habitent. Bénédicte a le sens du langage, c’est lui le véritable moteur de ce texte, les formules qu’elles inventent, les mots qu’elle met dans la bouche de ces gens simples, proches de la nature, des réalités, assumant leur quotidien sans se projeter plus loin, texte qui se déguste plus qu’il ne se lit ! Ce langage vif, coloré, direct, fondé sur un vocabulaire proche du parler, enrichi de termes d’une grande richesse, d’une grande justesse et surtout d’une belle saveur, confère au récit, au-delà de la vie dont il déborde, une véritable âme qui se reflète dans les mœurs, les coutumes, les travers, les qualités des personnages qui semblent directement poussés dans le sol de leur région. Une histoire d’amour romantique comme on en écrivait au XIXe siècle, mais mitonnée à la sauce du réalisme, en l’occurrence cru et même cruel, qui a sévi juste après. Sans oublier la modernité qui assaisonne le langage et  lui procure  sa vigueur et son charme.


Denis BILLAMBOZ


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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 07:37
L'amour d'une mère de Julie Maillard

 

A l’approche de la Fête des Mères, les Editions de l’Aube publie ce très joli recueil de nouvelles sélectionnées avec finesse et goût par Julie Maillard. « Tendre et doux ou âpre et violent, l’amour d’une mère est une force qui peut tout emporter sur son passage ». Au travers des neuf textes qu’elle a retenus, elle nous le démontre. J’ai choisi de nommer les auteurs et leur texte afin que chaque lecteur puisse rechercher l’original et éventuellement le situer dans son contexte éditorial ou dans l’œuvre de l’écrivain.

 

Hans Christian Andersen – Histoire d’une mère - Un conte radieux comme Andersen en a beaucoup écrit, plein de poésie et de romantisme mais du romantisme comme on en écrivait au XIXe siècle. « Comment as-tu pu trouver ta route jusqu’ici ? demanda la Mort, et comment as-tu pu t’y rendre plus vite que moi ? ».

 

Jules Renard – L’enfant gras et l’enfant maigre – Une très courte nouvelle comme une réplique, une excuse, une politesse qui ne sert qu’à masquer une cruelle réalité. « Chère Madame, je ne dis point cela parce que vous êtes sa mère, mais savez-vous que je le trouve très bien aussi, le vôtre, dans son genre ! ».

 

Alphonse Daudet – Les mères – Un amour maternel surdimensionné rempli d’une foi inébranlable en son pouvoir qu’une mère éprouve pour son fils soldat. « Quand il parut, la façade du fort en fut toute illuminée ».

 

Marguerite Audoux – Mère et fille – Quand la mère, qui a trop protégé sa fille devient sa rivale, l’affrontement est inéluctable mais l’amour conduira l’une au sacrifice que seule une mère peut consentir pour son enfant. « Va, maman, épouse monsieur Tardi, afin que de nous deux il y en ait au moins une qui ait un peu de bonheur ».

 

Guy de Maupassant – La Mère Sauvage – Une mère même éloignée de son fils ne l’oublie jamais, la Mère Sauvage vengera impitoyablement son fils tué à la guerre. « On trouva la femme assise sur un tronc d’arbre tranquille et satisfaite ».

 

George Sand – Les mères de famille dans le beau monde – Un texte très corrosif, amer et, en même, temps, acide qui dénonce le ridicule des femmes qui veulent encore paraître quand elles devraient se contenter d’être des modèles pour leurs filles. « Jugez donc quelle révolution, quelle fureur chez les femmes, si on les obligeait d’accuser leur âge en prenant à cinquante ans le costume qui conviendrait aux octogénaires ».

 

Maxime Gorki – La mère du traître – L’histoire d’une mère qui voudrait se revêtir du déshonneur de son fils pour lui épargner la honte et la punition qu’il mérite. « Je suis sa mère, je l’aime et je me considère comme coupable de sa trahison ».

 

Léon Bloy – Jocaste sur le trottoir – Comme dans une tragédie grecque, un fils est manipulé par des forces supérieures qui le conduisent à coucher avec sa mère. « Un jour le terrible drôle, qui savait ce qu’il faisait, me donna l’adresse d’une femme charmante, quoiqu’un peu mûre, qui me comblerait de délices ».
 

Charles Dickens – L’histoire de la mère – Comme souvent dans les histoires de Dickens, cette mère est affligée par ce qu’on l’a privée de ses enfants qu’elle ne renoncera jamais à retrouver. «… cette femme simple et naïve, mais grande par l’amour et la foi, semblait déjà appartenir au ciel ».

 

J’ai choisi ces quelques copeaux de textes, à mon sens fort explicites, pour démontrer tous les personnages qu’une mère accepte d’être pour ne pas perdre son ou ses enfants. Souhaitons que les enfants se souviennent de tout ce que leur mère leur a donné, d’autant qu’ils n’auront jamais qu’une seule mère, aussi immense soit son amour, sa générosité et son abnégation. J’ai trouvé ces textes admirables, comme il est agréable de lire la belle langue qui  était encore la nôtre au début de ce siècle et au précédent. Merci à l’éditeur et à Julie Maillard de nous avoir offert de si  jolies phrases. Je rangerai ce recueil aux côtés de « La Mère » de Maxime Gorki, de « La Mère » de Pearl Buck et de quelques autres livres qui évoquent la mère dans tout ce qu’elle représente pour nous tous.
 

Denis BILLAMBOZ


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L'amour d'une mère de Julie Maillard
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16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 08:34
Faux semblant de Witi Ihimaera

En 1935, en Nouvelle-Zélande, Paraiti, une vieille maorie qui a hérité des connaissances et aptitudes de son père pour guérir, soigner  les corps malades ou abîmés, se prépare à accomplir le périple annuel qui la conduit à la rencontre des malades qu’elle suit régulièrement, ceux qui viennent enrichir cette troupe des esquintés de la vie, de  ceux qui n’ont pas les moyens de payer la médecine des blancs pour conserver ou retrouver leur santé. Son père lui a enseigné l’usage les principes actifs. Il lui a aussi appris comment réparer les os, soulager les muscles et les organes par des massages traditionnels pratiqués par les chamanes qui ne connaissaient pas les médicaments. Dans sa postface, l’auteur raconte comment, lui-même, enfant, a été sauvé par une guérisseuse dont il a donné le nom à son héroïne, alors que tous les médecins ne lui prédisaient qu’un faible espoir de vie.

 

Paraiti est aussi surnommée la Balafrée, la Ravagée, depuis qu’elle a été marquée par un tison ardent alors qu’elle n’était qu’une très jeune enfant, par des soldats blancs qui poursuivaient les gens de son clan accusés d’hérésie révolutionnaire parce qu’ils suivaient la religion prônée par Te Kooti, leur prophète, qui avait créé un rite fondé sur un syncrétisme entre le protestantisme et des croyances animistes ancestrales. Défigurée, elle est restée avec son père qui lui a transmis son savoir afin qu’elle puisse assurer sa vie seule, sans compagnon de route.

 

Dans ce court roman, l’auteur décrit tous les soins qu’elle apporte à la population qui la vénère : de l’accouchement à la réduction de fractures en passant par les fausses-couches et les soins de la peau, des yeux, etc… Mais un jour une servante maorie la reconnait et la recommande à sa maîtresse encombrée d’un bien lourd fardeau que son mari risque de ne pas tolérer. Paraiti refuse de telles pratiques mais elle devine bien vite que la belle bourgeoise blanche ne lui a pas tout dit et que sa situation est bien plus complexe qu’elle ne l'a décrite. Elle s’engage alors dans une aventure périlleuse pour la patiente, pour l’enfant à venir et pour elle et quelques autres encore. « J’ai misé gros, ce soir, … J’ai joué au jeu de la vie et de la mort. Prions que je puisse gagner ».

 

Ceux qui liront ce livre découvriront que cette aventure n’est pas seulement un problème moral, de convenance, de santé, de standing, c’est avant tout un conflit racial bien caché. A cette époque, et même aujourd’hui encore, la cohabitation entre les Maoris et les Blancs n’est pas facile et parfois conflictuelle. Il n’est pas de bon ton de s’allier avec une indigène. Ce racisme qui se glisse jusque dans le jeu de mots que constitue le titre du roman : Faux-semblant ou Faux sang blanc ? L’auteur est un fervent défenseur des us et coutumes locaux et un ardent protecteur du patrimoine des plantes, leur conservation ou leur transformation pour en extraire le naturel local que les Blancs ont souvent détruit à leur seul profit.


Denis BILLAMBOZ


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9 août 2021 1 09 /08 /août /2021 08:19
De l'Hexagone considéré comme un exotisme de Francis Navarre

 « L’on ne peut voyager loin si on ne sait voyager près. Il y a cent expéditions à entreprendre à proximité ». Cet aphorisme, qui introduit le dernier recueil de Jean-Pierre Otte, La bonne vie, pourrait parfaitement figurer en incipit du dernier livre de Francis Navarre dans lequel il démontre qu’on peut accomplir de très beaux voyages et de très belles balades sans avoir recours à des moyens de transports surpuissants et gloutons en énergie. La France recèle des merveilles naturelles et des édifices plus ou moins importants et même prestigieux qui enchanteraient le plus exigeant des promeneurs. Alors, suivons Francis Navarre sur les routes et sentes de France qu’il a parcourues pour découvrir des coins et recoins de l’Hexagone qu’on peut visiter sans rien dépenser ou presque… juste un peu de sueur.

 

Que ce soit à pied, à moto - sur sa vieille Guzi ou  même avec un van que j’ai cru apercevoir sur un parking des Vosges - qu’il pleuve à seau, qu’il vente, que le soleil cogne, Francis Navarre parcourt la France, celle des monts et vallées que les grandes voies de circulation boudent depuis des siècles. Les différents périples, qu’il raconte et qu’il nous invite à accomplir, se déroulent sur plusieurs décennies. Ils commencent par une ancienne randonnée à moto partant de l’Aubrac pour traverser le Rhône, remonter les Alpes, retraverser le Rhône dans l’autre sens et parcourir le Massif Central jusqu’à la Corrèze qu’il affectionne tant. Il enchaîne par un périple en Lorraine en démarrant de Champagne à Langres, puis en passant par Domrémy-la-Pucelle, Nancy, plusieurs villes minières avant de revenir au sud, à Contrexéville. Il poursuit par une très longue randonnée pédestre à travers le Massif Central en empruntant un itinéraire proche de celui que Stevenson a parcouru avec son âne. Je découvrirai prochainement cet itinéraire en lisant une nouvelle édition magnifiquement illustrée de ce voyage. Encore un hasard de lecture qui m’entraîne deux fois en une même quinzaine dans des aventures similaires. Au cours de cette randonnée, Francis Navarre nous conte des morceaux de l’histoire de France, celle des régions, celle des habitants. Il nous rapporte des us et coutumes toujours respectés. Il décrit, les villes (Langogne, Le Puy), des bourgs, des villages, des monts (Aigoual), des vallées, des causses (Méjean). Il évoque aussi les personnages nés dans ces régions, comme Lafayette, et tout ce qui a fait leur fortune aux siècles  passés et ce qui a provoqué leur déclin depuis la dernière guerre mondiale. 

 

Dans son langage pétaradant comme sa vieille moto, riche de mots rares et goûteux, Francis Navarre nous convie à une balade le long de la fameuse diagonale du vide qui coupe désormais la France en deux en suivant une ligne qui relierait Strasbourg à Biarritz. Une balade pleine de charme et de nostalgie à la rencontre de la France de nos aïeux, la France authentique et rurale qui ignorait les artifices factices qui encombrent actuellement nos paysages pour essayer de les vendre à des touristes nourris au lait frelaté des médias, à la somme des gens de marketing. « Il est facile aujourd’hui d’être himalayesque ou sibérien, mais comment peut-on être Mussipontain ». Qui peut se vanter aujourd’hui, sans risquer le ridicule, de passer ses vacances dans le Quercy, la Vôge, le Dauphiné et bien d’autres belles régions aux noms qui sonnent la France de notre histoire, la France rurale et authentique dont on sait qu’elle recèle encore tant de merveilles que j’aime moi aussi découvrir au cours de virées  en voiture, ma concession à la civilisation actuelle. Mon penchant à la mollesse voltairienne !


Denis BILLAMBOZ


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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 09:10
On efface pas les souvenirs de Sophie Renouard

Septembre 2017, Annabelle et Gaspard baptisent leur petite dernière à Paris. La fête est magnifique, mais les parents d’Annabelle souhaitent rejoindre la maison familiale de Lyons-la-Forêt le soir même. Annabelle décide de les accompagner avec ses deux fillettes dans sa propre voiture, son mari les rejoindra après être passé à son bureau pour régler quelques affaires urgentes. Annabelle doit s’arrêter en cours de route pour donner un biberon à son bébé qui pleure très fort. Elle s’arrête devant un café de campagne, s’installe pour faire boire l’enfant, passe aux toilettes pour se laver les mains, et, là, elle est violemment agressée par deux inconnus qui l’emmènent dans le coffre de leur voiture. Personne n’a rien vu, rien entendu… Dans la maison familiale, les proches s’inquiètent de plus en plus, au café la patronne s’étonne de l’absence de la mère, la police est appelée à la rescousse, l’enquête commence mais les indices sont maigres.

A l’autre bout de la France, une voiture s’aventure dans une forêt perdue, à l’écart de toute habitation. Deux hommes en sortent pour exécuter leur contrat, exterminer une jeune femme qu’ils abandonnent sous des branchages. Le lendemain un vieil homme vivant en ermite dans une bergerie désaffectée découvre cette jeune femme et l’emmène dans son logis où il tente de la soigner avec ses remèdes naturels et quelques comprimés que le médecin lui a prescrits et qu’il n’a jamais consommés. L’attente commence, la femme est dans un coma profond, il la veille et la soigne avec patience. Quant à la police, elle piétine. La famille voudrait l’aider petit à petit en recensant de maigres indices, des signaux faibles, gendarmes et famille envisagent une hypothèse plausible. Pendant ce temps, la jeune femme a repris de la vitalité mais elle a totalement perdu le souvenir de ce qui s’est passé avant qu’elle se retrouve dans cette forêt perdue avec un vieillard qui croit encore que la guerre n’est pas terminée. Sophie Renouard noue une intrique bien ficelée qui s’appuie sur les sentiments les plus veules et les plus pervers de la nature humaine : jalousie, envie, mais aussi sur des troubles mentaux comme la schizophrénie. 

Pour l’auteure, ce texte est également l’occasion de mettre en évidence ce qui oppose deux mondes aux antipodes l’un de l’autre : le milieu de la grande bourgeoisie parisienne et le monde de la forêt primaire éloigné de la civilisation ; la vie dans le luxe et la douceur et la vie de l’ermite qui se contente du minimum vital. Le lecteur décidera  laquelle de ces deux vies répond le mieux à ses propres envies et aspirations. Une intrigue haletante, pleine de suspense, une histoire remplie de tendresse et d’amour mais aussi de haine, de perversion et de violence. Un vrai roman noir … très noir !


Denis BILLAMBOZ


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Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

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   Goethe

 

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