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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 08:15
La théorie du parapluie de Ralph Vendôme

Né à Beyrouth, résidant à Bruxelles depuis de longues années, Ralph Vendôme m’a fait découvrir avec ce recueil de nouvelles, Le Scalde, un éditeur que je ne connaissais pas encore. Ce premier recueil comporte une quinzaine de nouvelles relativement courtes qui mettent en scène des personnages ayant une expérience déjà conséquente de la vie ou au contraire des jeunes moins expérimentés mais nourris des connaissances plus actuelles. Une façon de faire cohabiter deux générations complémentaires, la première ayant notamment beaucoup de choses à apprendre à la seconde qui, elle, peut aussi apporter certaines connaissances liées aux technologies, mœurs, œuvres artistiques ou culturelles plus actuelles. 

 

L’auteur met en scène ces personnages dans des situations plutôt banales de la vie quotidienne, des scènes paisibles où se cachent cependant des failles, des lacunes, des absences, des frustrations, des rêves irréalisés, des attentes oubliées, des désespoirs acceptés. Des situations où brusquement un grain de sable grippe la machine et, comme un battement d’ailes de papillon déclenchant un ouragan en Mer de Chine, entraînent brutalement les protagonistes dans des chutes irrémédiables. La double culture méditerranéenne et nord-européenne de l’auteur se retrouve dans ses textes où de nombreux personnages viennent d’ailleurs, comme lui, avec leurs cultures et leurs mœurs dont ils nourrissent les histoires qu’il met en scène et en écriture. Une écriture qui ressemble à ses histoires, paisible, calme, tranquille, empathique, mais qui cache souvent des événements d’une cruelle réalité, voire d’une réelle violence.

 

Ce livre est un vrai lien intergénérationnel entre ceux qui jettent un regard en arrière sur la vie qu’ils ont vécue et ceux qui essaient d’imaginer la vie qu’ils vont construire. Ce sont aussi des nouvelles qui soulignent parfois, d’un vif trait de plume, les défauts de notre société comme celui-ci par exemple : « Son grand-père observe la scène avec satisfaction. Son petit-fils est gros, paresseux et poltron. « Mais il aime les filles, c’est déjà ça. »  Voilà qui est souligné en douceur mais  pique en plein de cœur de la cible sans esbroufes inutiles.

 

Denis BILLAMBOZ


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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 08:13
La maison du Belge d'Isabelle Bielecki

Dans ce troisième tome d’une trilogie qui comporte « Les mots de Russie », évoquant les origines russes de son père, et « Les tulipes du Japon », racontant l’époque où elle travaillait dans une société nippone, Isabelle Bielecki raconte la vie d’Elisabeth, une femme qui lui ressemble étrangement, quand elle est tombée amoureuse d’un homme riche exerçant de nombreux mandats dans la sphère économique et financière bruxelloise. Un soir, en revenant chez elle, elle entre dans le logement de sa voisine et amie décédée, prise de nostalgie, elle lui rappelle la vie qu’elle menait quand elle vivait encore et la vie qu’elle mène maintenant qu’elle n’est plus là pour la soutenir et la conseiller.

 

La vie d’Elisabeth est  compliquée, elle a déjà vécu avec deux hommes, elle est mère de famille, elle a la cinquantaine mais elle vit seule, elle n’en peut plus, son corps demande de l’amour et son cœur de l’affection. Elle a besoin d’une présence, il lui faut un homme qui l’aime et la fasse vibrer. Un jour, un bel homme distingué, Ludo, l’accroche, il est riche et puissant, il s’intéresse à elle, Cupidon les réunit, leur histoire commence par de folles étreintes. Désormais la vie d’Elisabeth déborde, elle doit composer avec ses activités professionnelles de plus en plus accaparantes, son irrépressible besoin d’écrire et sa vie amoureuse et mondaine avec Ludo. Elisabeth sort d’un burn out et d’une longue période d’amnésie provoqués par un patron nippon très méprisant. Sa vie professionnelle dans cette société a été compliquée, elle l’a racontée dans l’opus précédent. Dans celui-ci, elle parle peu de son emploi si ce n’est pour dire qu’il devient de plus en plus accaparant et qu’il empiète davantage  sur le temps qu’elle pourrait consacrer à ses écrits ou réserver à son amant. 

 

Sa vie littéraire est la plus importante pour elle, c’est une activité nécessaire à sa reconstruction, un devoir envers son père décédé qui lui avait demandé d’écrire ses mémoires pour défendre sa cause et donner sa version de ce dont on l’accusait, soit les relations qu’il aurait eues pendant la guerre avec les Allemands alors qu’il était encore citoyen russe. Elle n’a pas pu écrire ce texte, elle était trop jeune pour comprendre les motifs qu’on la priait de soutenir. Et, depuis, elle culpabilise. Elle s’est lancée dans l’écriture d’un roman pour  rendre justice à son père et étouffer la culpabilité qui l’étreint de ne pas l'avoir fait plus tôt. Elle écrit aussi de la poésie et du théâtre qu’elle s’efforce de faire jouer sans grand succès.

 

Mais, c’est Ludo qui occupe la place principale dans ce livre, Ludo qui la sort dans les premières, l’invite au spectacle et au restaurant, l’emmène en vacances, en week-end, en croisière dans des résidences  de luxe. Ludo qui la comble physiquement. Ludo avec qui elle partage de véritables orgies bachiques. Ludo dont elle est le complément parfait. Mais, Ludo qui est aussi un grand manipulateur, lui laissant espérer le mariage sans jamais lui proposer, lui promettant son soutien éditorial sans rien faire dans ce sens, l'assurant d'un prêt dont elle ne verra pas le premier sou, etc.  Ludo qu’elle voudrait quitter mais elle ne le peut pas et il ne le veut pas. Ludo qui vieillit et décline irrésistiblement. 

 

Dans ce texte d’une grande densité, écrit comme dans l’urgence, Isabelle embarque le lecteur dans son histoire d’amour qui remonte à la surface, son enfance malheureuse avec une mère violente et méprisante. D’une écriture fébrile, passionnée, une écriture évoquant le tempérament slave avec tous les excès qu’il peut générer : sentiments débordants, réactions impulsives, passions exubérantes, amours subversifs, cuites phénoménales. Elisabeth est sortie de son angoisse et de son amnésie, mais elle est tombée sous  la coupe de son tempérament et dans les rets de son amant. Son amour peut mourir, sa carrière littéraire décoller, sa vie prendre un autre tour. Elle se raconte à Marina, son amie décédée qui ne peut, hélas, plus entendre ses confidences et lui proférer des conseils pleins de bon sens et surtout lui demander d’écrire, d’écrire encore et encore …


Denis BILLAMBOZ


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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 09:33
Les pas perdus du Paradis de Catherine Deschepper

 

Dans ce texte à la fois drôle, vif, alerte, truculent, émouvant, touchant, Catherine Deschepper évoque des problèmes graves, préoccupants, dramatiques, sans jamais sombrer dans la sinistrose démoralisante, ni l’angoisse d’un futur tragique ou même apocalyptique. La gravité de la situation, qu’elle décrit, ne disparait jamais derrière la drôlerie de la situation, au contraire, la cocasserie de cette aventure la rend encore plus réelle, plus concrète, plus sensible.

 

C’est une histoire de migrants et une belle histoire d’amour impossible entre deux adolescents de seize ans, un Français  et une Erythréenne cherchant un lieu de vie pérenne en Europe pour fuir son pays en guerre. Ils sont jeunes, Cupidon les foudroie de sa première flèche. Dans un contexte qui englobe la problématique des migrants, qui errent à travers l’Europe pour gagner la Grande-Bretagne, l’auteure juge préférable de prêter sa plume à Nathan afin qu'il conte lui-même sa rencontre avec Saïma. Leurs mères se connaissent, la jeune fille  fréquente la même école que lui et ses potes Nico, Ben et Tom. Tous les quatre apprivoisent peu à peu la jeune africaine qui essaie de s’intégrer le mieux possible à ce nouveau milieu. Mais, par un soir de pluie, la jeune fille sonne chez Nathan en pleurs, elle annonce que la police a arrêté sa mère et sa sœur et qu’elle s’est sauvée pour se réfugier dans la seule maison qu’elle connaît, celle de la famille de Nathan. 

 

La mère de Nathan héberge la fille pour la nuit en espérant que celle-ci leur portera conseil. Elle portera surtout conseil à Nathan et Saïma qui échafaudent un plan audacieux consistant à planquer la jeune fille chez la grand-mère de Nathan, en assurant la logistique de l’opération avec l’aide de leurs trois amis. Ils embarquent Mamynou, la grand-mère excentrique qui commence à perdre un peu la boule, dans cette téméraire aventure. Une folle épopée s'amorce. Par chance, la grand-mère et la jeune fille font bon ménage et deviennent très complices, mais les frasques de la grand-mère ne peuvent pas éternellement rester à l’écart des regards. Les trois amis doivent élaborer d’autres plans, faire face à de nombreux aléas imprévus et à la virulence de la police et de l’administration peu enclines à laisser des migrants roder dans le pays.

 

Les quatre amis vont déployer des trésors d’imagination et de débrouillardise pour que la jeune Erythréenne puisse rester en France où les tourtereaux pourraient poursuivre leur belle histoire d’amour. Leur imagination, leur intelligence, leur maturité forcent l’admiration des adultes qui finissent par se rallier à leur cause. Une plaisante histoire d’amour, de tolérance et d’amitié, une bonne réflexion sur l’acceptation étrangère et la cohabitation entre les générations, les jeunes pouvant aider les vieux qui les hébergent, les adultes pouvant écouter les jeunes qui, eux aussi, ont quelques idées … Et une histoire drôle et touchante, amusante et émouvante, un récit qui peut faire rire, sourire et mouiller les yeux.

 

Catherine Deschepper est née à Louvain-La-Neuve, l’année où naissait… Louvain-la-Neuve (Belgique). Elle est docteure en langue et littérature médiévales et enseigne la didactique du français aux futurs instituteurs. Elle intervient également en formation continue des enseignants et collabore à des projets de recherche en maîtrise de la langue.

Outre ses publications plus scientifiques, elle est co-auteure d’une collection de manuels destinés à proposer aux enseignants du primaire des activités pour développer les compétences orales des élèves (Ça te parle ? - Éditions Erasme, 2014).

Elle vit à Bruxelles.

 

Denis  BILLAMBOZ

 

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 08:16
Une falaise au bout du monde de Carl Nixon

 

Le 4 avril 1978, John Chamberlain conduit sa famille pour une visite touristique dans la région la plus sauvage de Nouvelle-Zélande, la West Coast de l’île du sud. Il est en retard, la nuit tombe, la pluie aussi, la route est très dangereuse, la voiture dérape sur une large flaque d’eau, dévale le ravin avant de plonger dans les gorges d’une rivière en crue. La famille est portée disparue : John, sa femme Julia, leurs enfants Katherine, Maurice, Tommy et la petite dernière Emma, aucune trace n’est visible depuis la route, personne ne soupçonnera cet accident. Arrivé directement de Londres pour prendre un nouvel emploi à Wellington, personne n’attend John avant plusieurs jours. En novembre 2010, Suzanne, la sœur de Julia, apprend que des ossements appartenant à Maurice ont été retrouvés au pied d’une falaise bordant la Mer de Tasman. Ces reliques montrent qu’il aurait vécu plusieurs années après l’accident.

 

Dans un texte très construit, constitué de scènes comme des pièces de puzzle que le lecteur assemble pour découvrir l’aventure de la famille Chamberlain ou du moins de ce qu’il en reste, Carl Nixon raconte l’histoire des trois plus grands enfants qui ont survécu à l’accident, parallèlement aux démarches entreprises par Suzanne pour savoir ce qui est advenu de la famille de sa sœur. Les trois aînés ont survécu à l’accident, ils ont été recueillis par un homme rustre et brutal, seul habitant d’un minuscule hameau avec une vieille femme tout aussi fruste. Ils vivent dans une autarcie presque parfaite dans laquelle ils veulent inclure les enfants en les faisant travailler durement sans leur laisser la possibilité de chercher une issue à leur situation. Ils n’ont plus que le choix d’accepter leur sort en se fondant définitivement dans la vie de la vallée avec les deux rustres ou tenter une évasion périlleuse aux risques de leur vie.

 

Dans ce roman noir, Carl Nixon évoque une région particulièrement sauvage et bien peu connue de la Nouvelle-Zélande, une région propice à ceux qui voudraient essayer de vivre en totale autarcie et en parfaite harmonie avec la nature comme certains le prône actuellement. Mais, aussi, une région très accueillante pour ceux qui auraient un passé à faire oublier ou des frasques à dissimuler. Les infrastructures y sont sommaires et les habitants plutôt sauvages, seuls des touristes  avides de sensations fortes s’aventurent dans cette région. Suzanne y fera plusieurs expéditions et une enquête sérieuse.

 

Le nœud de ce roman réside dans le dilemme qui s’impose aux enfants : le retour définitif à la nature avec deux êtres frustes mais simples avec leurs vices, leurs secrets et leurs combines ou le retour à la civilisation en affrontant leurs geôliers et l’exubérance naturelle et géographique qui les encercle. In fine, un très bon roman, une belle histoire d’aventure comme personne ne soupçonne qu’il peut encore en exister et un dilemme qui peut faire réfléchir ceux qui rêvent d’un retour définitif et absolu à la nature d’origine. La construction de l’intrigue est particulièrement efficace et agréable, elle permet de faire avancer le récit sans aucune longueur et sans sombrer dans les traditionnelles scènes d’horreur, plus souvent pathétiques et grotesques qu’épouvantables.

 

Denis BILLAMBOZ


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L'auteur

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22 mars 2021 1 22 /03 /mars /2021 09:28
L'homme qui voulait boire la mer de Pan Bouyoucas

A cinquante-huit ans, Lukas, un Grec exilé à Montréal où il a réussi dans la restauration, est visité dans ses rêves par la jeune fille dont il était amoureux depuis l’école primaire et qu’il a abandonnée sur une plage de Leros, leur île natale, un soir, alors qu’il avait dix-sept ans et elle douze. Il n’a pas eu le courage de résister à la volonté de ses parents souhaitant le voir rompre avec cette fille pas assez bien pour lui. Avant de quitter ce monde, il voudrait lui demander de lui accorder son pardon pour ce lâche abandon, un pardon sans lequel il croit qu’il ne pourrait pas trouver la paix dans l’autre monde.

 

Un soir, après avoir dérogé à son poker rituel, il rentre tard et reste dans sa voiture après l’avoir remisée au garage, prend un somnifère afin d’être certain de dormir pour que la jeune fille Zéphira lui rende visite et qu’il puisse lui implorer son pardon. Mais il a omis de couper le moteur de l'automobile qui dégage des fumées toxiques, ce qui lui fait très vite perdre conscience. Heureusement, la locataire du rez-de-chaussée s'inquiète de ce long séjour au garage, s'y rend et le découvre agonisant. Son intervention permet l’évacuation de Lukas vers un hôpital où les médecins, le supposant perdu, voudraient lui prélever quelques organes encore sains mais son épouse résiste contre vent et marée.

 

Pendant son transfert à l’hôpital et les longues négociations entre les médecins et sa famille, Lukas accomplit un long périple héroïque, digne d’une odyssée mythologique, au sein d’un immense cimetière où il rencontre des gens qu’il a connus, des gens qui l’aiment, d’autres qui lui en veulent un peu, beaucoup, passionnément, lui tendant les pires traquenards auxquels il échappe grâce à l’intervention de Zéphira. Mais, à son grand dam, celle-ci s’esquive avant qu’il ait pu lui quémander son pardon, si bien qu’il reste en équilibre entre le monde des vivants et celui des morts, espérant vivre encore grâce au pardon de la jeune fille. 

 

Ainsi l’auteur propose-t-il au lecteur une aventure onirique et l’invite-t-il à explorer l’espace qui, comme dans la mythologie grecque, existerait entre la vie et la mort. Lukas naviguerait ainsi dans cet entredeux, là où les anciens évoluaient. Ce texte puise son intrigue au cœur des légendes grecques et dans certaines croyances issues d’un syncrétisme entre les religions antiques et les religions monothéistes plus récentes. Comme dans la mythologie, on retrouve les mêmes symboles sexuels, chaque personnage a une aventure, un désir, un écart qu’il lui faudra bien avouer un jour.

« Je n’ai jamais dit qu’on pouvait se servir des rêves pour changer le passé, mon ange. On peut faire de petites visites en rêve à ceux qu’on aime, oui, mais refaire l’histoire ? Personne n’a ce pouvoir… »

 

Dans cette épopée, Pan Bouyoucas évoque non seulement la culpabilité et le culte nécessaire qu’il faut rendre aux aïeux pour accéder au monde des morts et y être accueilli en paix et la recherche de la vérité qu’il faut transmettre à sa descendance, tant il est convaincu que la sérénité éternelle ne sera accessible qu'à ceux qui  l’auront méritée. 

 

« Je me suis lancé dans ce rêve pour redresser le tort que je lui avais fait et dire tout ce que je n’avais pas su lui dire par le passé, afin de m’en libérer et de vivre en paix, avec ma famille, les années qui me restaient… »

 

C’est avec grand plaisir que j’ai acquis ce texte dans une vente de livres d’occasion, ainsi que plusieurs autres  titres, et j’ai toujours été ravi de ces lectures. Je trouve celui-ci un peu rocambolesque mais l’Odyssée, l’Iliade et de nombreuses légendes grecques ne le sont-elles pas aussi ?


Denis BILLAMBOZ


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Pan Bouyoucas

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 10:32
Chambre avec vur sur l'océan de Jasna Samic

Ce livre est le seul de la tétralogie que Jasna Samic a consacré à Sarajevo, sa ville de cœur et d’origine, rédigé en serbo-croate avec une traduction de Gérard Adam en collaboration avec l’auteure et il est désormais, comme les trois autres tomes, disponible en français. Cet opus est divisé en trois parties : la première écrite comme un durant la guerre de Bosnie, la seconde comme un avant et la troisième comme un après. Quand la guerre éclate en Bosnie, Mira, qui est un peu Jasna elle-même, se trouve à Paris où elle séjourne pour les nécessités de son métier de musicienne. Totalement démoralisée par le martyr infligé à Sarajevo, par les souffrances et les privations insupportables endurées par la population, notamment sa famille et ses amis, elle perd progressivement tout espoir en assistant au triste spectacle donné par ses compatriotes en exil à Paris. Ils sont tout autant désorganisés que les factions bosniennes sur le terrain, peut-être plus encore, division irréversible qui conduit à la haine et à la violence, aux règlement de comptes et aux manipulations.

 

Mira se démène dans la capitale française pour essayer de vivre de sa musique tout en apportant une aide précieuse à ceux restés au pays. Elle se rend rapidement compte que toutes les manifestations, où elle est invitée ou convoquée, ne servent qu’à faire valoir les intérêts de ceux qui les organisent. De même qu’elle constate bien vite que les promesses, qu’on lui fait, ne sont que très rarement honorées. Elle ne supporte plus la condescendance de ceux qui font semblant de compatir au drame bosnien, ne supporte plus de quémander sans cesse, ne supporte plus les profiteurs et manipulateurs qui l’entraînent dans des démarches dont ils sont les seuls à pouvoir espérer tirer un quelconque profit.

 

La passivité de ceux qui devraient être les alliés de son pays la démoralise, le déracinement lui pèse, la santé des siens restés au pays la mine, l’attitude de ses concitoyens la dégoute, elle ne tolère même plus l’aigreur passive de son mari, son couple part à vau l’eau, elle voudrait rentrer au pays où sa tante se meurt, mais c’est impossible. Alors, pour trouver une raison de vivre encore, elle se souvient de la saga familiale, comment ses aïeux ont construit une famille multiethnique, puisant dans des origines diverses et pratiquant, ou ne pratiquant pas, des religions différentes. Elle raconte comment chacun des membres de cette famille a parcouru le chemin, parfois douloureux, parfois plus joyeux qui a conduit le Bosnie au cœur d’un conflit où trop de choses concourraient à construire un immense foyer de haine pour qu’un avenir paisible soit envisageable. 

 

Et, quand les canons se sont tus, elle est rentrée au pays pour retrouver les siens mais tous n’étaient pas là, et ceux qui étaient toujours là n’étaient plus les mêmes, la terreur avait laissé des stigmates trop profonds pour être sans effets, des traumatismes inguérissables, des déchirures encore plus douloureuses que celles qui existaient avant. Les obus tombaient mais les rumeurs, les manipulations, les coups bas causaient encore davantage de dégâts. Les projectiles frappaient aveuglément, les coups bas avec une plus grande précision. La Bosnie était devenue le champ de bataille de nombreux conflits internationaux, la chasse gardée de très nombreuses organisations plus ou moins mafieuses, la plaque tournante de tous les trafics possibles. Trop d’intérêts y sont encore en jeu pour qu’un jour les Bosniens espèrent retrouver la paix sous les frondaisons des forêts et terrasses de ce qui fut leur beau pays. La paix semble pire que la guerre, Mira a perdu espoir, les coups bas ne l’ont pas épargnée, Jasna non plus. Elle n’était pas là quand les Bosniens de tous les camps souffraient et mouraient, certains ne le lui pardonnent pas et d’autres utilisent cet argument pour rejeter ceux qui pourraient jouer un rôle dans le nouveau pays. Aux confins des grands empires d’Orient et d’Occident, la Bosnie serait-elle condamnée à vivre perpétuellement dans la terreur, la haine et la violence ?


Denis BILLAMBOZ


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Chambre avec vur sur l'océan de Jasna Samic
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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 09:25
Autopsie pastorale de Frasse Mikardsson

Dans la petite ville suédoise de Sigtuna, entre Stockholm et Uppsala, une pasteure à la retraite est découverte morte baignant dans une mare de sang. La police, ne constatant aucune blessure apparente sur la dépouille, décide de ne pas ouvrir d’enquête et de transférer celle-ci au service d’anatomopathologie chargé d’élucider les décès inexpliqués par mort non violente. Mais un examen un peu plus poussé laisse entrevoir l’hypothèse d’une mort relevant du domaine de compétence de la médecine légale. Après bien des discussions, le corps est transporté dans ce service où il est autopsié par un jeune assistant français sous la houlette de son mentor, un médecin légiste hongrois particulièrement sourcilleux et pointilleux. Celui-ci demande des analyses complémentaires, jugées inutiles par son disciple, pour détecter l’éventuelle présence d’arsenic et de métaux lourds dans le corps de la victime.

 

L’arsenic et le plomb étant bien présents à forte dose, de nouvelles hypothèses sont donc possibles. Assistés par un praticien spécialiste de la médecine environnementale, par une pomologue, médecin en retraite elle aussi, et par quelques autres spécialistes des sciences environnementales et des métaux lourds, les deux légistes échafaudent des hypothèses toutes plus complexes et aléatoires les unes que les autres. Aucune ne donnent entière satisfaction, toutes contredisent un ou plusieurs détails constatés lors de l’analyse. Le mystère semble s’épaissir au fur et à mesure que l’enquête progresse.

 

Dans ce roman, j’ai eu l’impression que l’auteur ne cherchait pas essentiellement à trouver une solution particulièrement astucieuse à son intrigue, j’ai  eu davantage le sentiment qu’il tentait d'expliquer comment la victime était décédée en construisant une enquête menée par deux légistes férues de chimie et plus particulièrement de la chimie de l’arsenic et des métaux lourds. La partie de l’enquête consacrée à l’action de ces éléments est très détaillée, elle s’appuie sur des analyses et des connaissances extrêmement pointues. Les légistes, et ceux qui les assistent, s’affrontent sur la base d’arguments faisant appel à des notions chimiques très élaborées.

 

D'autant que l'ouvrage  ne concerne pas seulement la chimie et les méfaits de l’arsenic et des métaux lourds dans l’environnement en Suède, il dresse un portrait de la société suédoise en mettant en évidence ce qui peut éventuellement contraster avec celle de la France : une plus grande ouverture aux étrangers dans l’accès aux responsabilités, une plus grande place réservée aux femmes dans la hiérarchie administrative, y compris la police, des différences notoires dans l’organisation des divers services concernés par cette enquête. Il dépeint aussi les Suédois par opposition aux Français en illustrant les différences à travers cette citation : « … si on voulait conserver son emploi dans un pays où l’évitement du conflit était poussé jusqu’à l’absurde et où la moindre remarque était prise comme une attaque personnelle insupportable ». Les Suédois ont un tempérament bien trempé, ils sont respectueux des lois et règlements mais se révèlent susceptibles et délicats dans leurs rapports sociaux. Peut-être les Français sont-ils moins respectueux des contraintes administratives et de leurs prochains? Au final, un roman plus social et scientifique que policier, une intrigue plus touffue que logique, l’enquête ne progressant pas en éliminant les hypothèses les unes après les autres mais  en les additionnant, et un auteur qui connait bien la Suède et la France, la Suède pour en être un ressortissant, la France pour y vivre. Le meilleur compromis pour sous-entendre certaines comparaisons entre les deux pays.

 

Denis BILLAMBOZ


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22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 07:54
La boussole des rêves de Jean-Jacques Marimbert

 

La première chose que j’ai vue en prenant ce recueil, après la qualité de l’édition, c’est la sérénité qui se dégage aussi bien des personnages des douze dessins, en noir et blanc, à la mine de plomb, qui l’illustrent que celle qui se dégage des textes. Sérénité, quiétude, irénisme, paix, calme et beauté sont les premiers mots qui viennent à l’esprit après la lecture de quelques textes seulement et la contemplation des dessins. Ce sont des reproductions, de la main de l’auteur, qui représentent des statues célèbres figurant dans des grands musées. L’auteur écrit dans une note que les dessins « se réfèrent à des œuvres « d’un musée imaginaire », et tiennent lieu de rosace de la Boussole des rêves… ». 

 

Chaque texte est composé de quatre à une dizaine de quatrains en vers libres, et souvent de sonnets irréguliers (libres de toute rime). Dans ces vers, j’ai trouvé que le mot avait plus d’importance que la phrase, comme si l’auteur avait voulu associer des mots-images pour représenter un paysage, une scène … pour en dire la beauté, l’intensité, l’émotion dégagées… pour impressionner le lecteur, marquer ses sens.

 

                « Croyance en la beauté. J’ai cru. Seule elle peut,

                Je l’ai cru, tatoué sur ma langue, sur mes yeux,

                La beauté, vaincre la tempête, crachats du ciel,

                Nuées d’oiseaux noirs. La beauté, où, des mots, 

                …. »

 

J’ai eu le sentiments que l’auteur voulait confier à ses mots la charge d’émotion, les impressions, les sensations qu’il voulait faire ressentir à ses lecteurs, tout ce qu’il avait lui-même éprouvé dans les mêmes circonstances. Ces mots disent, suggèrent, évoquent…

 

                « Lit défait, draps humides, la nuit, et le froid

 

 

 

Ses mots voyagent sur les ailes du vent, dans l’espace, dans l’ailleurs, au-dessus des mers, par-dessus les sables, sur les monts et les vallées. Ils parcourent les légendes, les contes et les fables, les mythologies à la recherche des vérités originelles, des forces de la nature et des faiblesses des hommes…

 

                « … aussi violent

                Que doux, ravivant ce que j’espérais oublier à jamais,

                Ou mots surgis d’une ombre inexistante, origine de la

                Métaphysique, qui sait. Sommeil envolé et des images

                Brisées des plis d’un drapé médiéval enserrant la nuit. »

 

Des mots qui disent la vie, la mort, la nature comme on ne la voit plus, des émotions qui explosent, des sentiments et des sensations qui se déversent en flots versifiés, le flamboiement du soleil et des couleurs et la nuit sombre.

Des mots qui voyagent et qui chantent…

 

                « Sindibad de Bassorah, Cristoforo de Gênes,

                Marco Polo, serviteur de l’empereur mongol,

En paix à San Lorenzo, James Cook, Captain, 

Mort à Hawaï, La Pérouse né au Gô, disparu

A Vanikoro, … 

 

Une exploration de l’espace entre les mots et les images et de leur fusion possible. Une vision du monde loin de nos préoccupations sanitaires quotidiennes, une vison de l’espace et de la vie au-delà des limites que nous nous sommes fixées.


Denis BILLAMBOZ


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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 10:16
Entre la source et l'estuaire de Grégoire Domenach

 

Ce roman est l’histoire d’une rencontre improbable entre un jeune garçon qui accompagne son père lors du convoyage d’un remorqueur sur les canaux entre un port hollandais, Leeuwarden, et Saint-Jean-de-Losne en Bourgogne, où celui-ci espère le revendre avec une bonne plus-value, et un vieux pêcheur amoché. Lors d’une escale sur le Doubs, entre Besançon et Montbéliard, le jeune homme descendu à terre pour acheter quelques provisions, rencontre un individu estropié, couvert de cicatrices et de stigmates d’épreuves douloureuses. Intrigué par ce personnage, il questionne les commerçants et les clients rencontrés mais personne ne veut évoquer ce personnage et les événements qui l’ont rendu dans un tel état de délabrement physique. Mais, en revenant vers leur bateau, il le rencontre à nouveau et cette fois le jeune homme lui propose une partie de pêche au cours de laquelle celui-ci  lui racontera son histoire.

 

Cette histoire est celle d’un amour passionnel, dévastateur, qui s’éteindra comme dans un drame du plus pur romantisme, une tragédie déchirante. Lazare, surnom donné à cet individu par les habitants du village, fait un jour la connaissance d’un couple d’étrangers, lui riche Allemand, elle Russe d’origine kazakh, récents acquéreurs d’une somptueuse villa dans le voisinage. Une grande amitié se noue entre eux, le mari beaucoup plus âgé que son épouse proposant même à Lazare de satisfaire sa femme qu’il ne peut plus honorer après une intervention chirurgicale. Fou amoureux de la belle, Lazare franchit le pas et succombe à sa passion pour la séduisante jeune femme, un amour fou éclate. L’aventure tourne au drame quand la belle tombe enceinte des élans de Lazare, le mari acceptant des étreintes sexuelles sous son contrôle mais refusant une relation amoureuse. Il décide de partir très loin avec son épouse mais les événements se précipitent, les intérêts et les sentiments concordant mal. Et quand la belle est retrouvée noyée, les passions se déchaînent, tout semble accuser le pauvre Lazare, beaucoup l’accablent, certains le soutiennent néanmoins. L’affaire ira devant les juges sans pour autant calmer la fureur populaire qui veut imposer son propre jugement et même sa sentence.

 

Avec cette histoire l’auteur évoque le rôle de l’argent dans les relations sociales, l’hypocrisie des foules, la vindicte populaire qui se déchaîne quand son intérêt est bafoué, la justice qui n’est jamais réellement rendue même quand un jugement est prononcé. Mais, ce qui semble le plus important pour l’auteur, c’est la passion, l’amour charnel qui devrait unir les êtres sans que s’en mêlent  ceux qui ne sont pas directement concernés.  La jalousie semble, in fine, être le moteur de toutes les haines et rancœurs qui habitent et défigurent cette relation.

 

Cette  histoire d‘amour impossible rappelle de nombreuses tragédies littéraires, elle n’a rien à envier à la plupart d’entre elles. Grégoire Domenach maîtrise parfaitement son sujet. Il sait décrire la passion  comme il sait vanter les charmes de ce pays  qui est le mien et désormais un peu le sien. Je l’ai senti vibrer quand il évoque la  belle vallée où me conduisent souvent mes pas sur le chemin halage qui longe le Doubs ou son canal latéral. Merci Grégoire d’avoir mené ma lecture dans cette vallée  qui m’est si chère !
 

Denis BILLAMBOZ


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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 09:59
Les effacés d'Anne Staquet

Quand, en avril dernier, Anne Staquet, professeur de philosophie à l’Université de Mons, entend l’appel aux bénévoles des autorités belges pour renforcer les effectifs des institutions chargés d’accueillir les personnes âgées ou en perte d’autonomie pour diverses raisons, débordés et décimés par la pandémie, elle n’hésite pas longtemps et  s’inscrit sur les listes. Elle pense qu’il est de son devoir de secourir les plus faibles, de participer activement au mouvement de solidarité et au combat contre le fléau. Elle concède toutefois qu’elle trouve dans cette action héroïque une belle opportunité pour mettre un terme au confinement qui commence sérieusement à l’étouffer.

 

Quelques jours plus tard, elle est appelée dans une institution privée accueillant des personnes âgées. Elle est à la fois heureuse de pouvoir se rendre utile, d’échapper à son enferment à domicile mais, néanmoins, inquiète, car elle redoute la maladie, ayant  subi une intervention chirurgicale dans un passé récent. La peur, elle la découvre partout, les héroïnes et les héros qu’on applaudit au balcon tous le soir, ont eux aussi peur pour eux-mêmes, leur famille, leur entourage, leurs patients. La peur est un moteur puissant qui incite à la réaction pour maitriser les causes génératrices qui la provoque. Mais la peur est aussi une arme très puissante dans les mains des dirigeants qui peuvent la distiller pour justifier les politiques et les actes qu’ils entreprennent et qui n’ont pas toujours pour seul but de juguler la pandémie.

 

An contact des pensionnaires, Anne apprend peu à peu à surmonter ses angoisses ? Ces personnes ont souvent d’autres problèmes qui les préoccupent davantage qu’une épidémie dont elles ignorent tout. Ainsi, elle arrive à prendre un peu de recul et, après réflexion, à comprendre que cette épidémie ne concerne qu’une très faible partie de la population quand on la considère à travers des données relatives. Elle découvre d’autres réalités notamment le toucher, peu habituel dans le monde intellectuel, qui lui préfère la parole, le discours, le dialogue. Si bien que le contact des corps suscite en elle des sensations nouvelles qu’elle doit apprivoiser, de même qu’elle s'émeut de la décrépitude de la plupart des pensionnaires  sous les assauts de la maladie ou plus simplement de l’isolement et de la peur.

 

Son séjour dans cet établissement la sensibilise à une nouvelle donnée qu’elle n’imaginait pas jusque là : la descente au plus bas de la pyramide hiérarchique, là où sont les débutants, ceux qui n’ont aucune connaissance, pas plus pratique que théorique, ceux qui doivent tout apprendre. Pour elle, qui se situait proche de la pointe de la pyramide, celle de Maslow, voilà une belle leçon d’humilité. Elle doit tout apprendre, accepter de se tromper, de mal faire, recevoir les leçons des simples aides-soignantes. Et, pourtant, elle finit par comprendre qu’elle reçoit beaucoup au contact des pensionnaires et de ses collègues de circonstance. Simple bénévole, novice dans son emploi, elle découvre qu’il existe une autre façon d’obtenir une certaine reconnaissance, de réussir sa vie, de valoriser son existence, de jouer un rôle dans la société. L’argent n’est pas le nerf de tous les combats, il est parfois possible de triompher en n’étant qu’un modeste bénévole.

 

De ce séjour, elle tire bien des enseignements qu’elle confronte à ses connaissances universitaires, soit les théories philosophiques et sociologiques qu’elle avait acquises sur le socle des enseignements des grands maîtres en la matière. La connaissance pratique, les acquis d’expérience, l’écoute des autres, surtout ceux qui souffrent, peuvent enrichir et élargir tous ces savoirs, ouvrir de nouveaux horizons, faire comprendre qu’il  existe diverses façons d’aborder les problèmes, que les solutions ne sont pas exclusivement dans les livres. Cette crise ne changera peut-être pas  les lois naturelles qui régissent le fonctionnement de l’humanité depuis qu’elle est apparue sur terre, mais elle aura à coup sûr un impact social évident, les barrières sociales imposées évolueront, peut-être, vers une forme  moins rigide dans les comportements sociaux.

 

Enfin, l'auteure a compris l’importance du vécu, le rôle de la pratique, les limites du savoir, l’importance des valeurs humaines dans le travail et la vie sociale. A l’avenir, elle saura relativiser l’importance des qualités intellectuelles en comprenant que la perception sensorielle, l’adresse physique, l’intelligence pratique jouent aussi un grand rôle dans le fonctionnement de la société, quelle qu’elle soit. Tout ce qu’elle a expérimenté au long de ce parcours bénévole percute ce que nos dirigeants voudraient nous inculquer et  ce que les médias n’arrivent pas à expliquer, empêtrés dans leurs querelles audiovisuelles pour triompher dans le combat de l’audimat. Je partage totalement avec elle cette réflexion : « il convient de repenser tant l’éducation que la pertinence du modèle démocratique tel que nous le connaissons à l’époque des médias de masse ».


Denis BILLAMBOZ


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