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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 07:47
Profil de la nuit, un itinéraire en poésie

 

 

Il y a longtemps que je souhaitais réunir l'ensemble de mes poèmes depuis " Terre Promise"  jusqu'au " Coeur Révélé " dans la perspective vers laquelle ils tendent tous, sans que j'en ai été pleinement consciente au moment où je les rédigeais. J'étais alors motivée par une aspiration qui aimantait mon écriture, tout en provoquant, soit une tension, soit un certain abandon, car en poésie les choses sont toujours téléguidées par l'émotion. Le poète ne cherche nullement à expliquer sa démarche, moins encore à la justifier. Il laisse libre cours à son improvisation, à sa sensibilité, à cette ferveur qui l'invite sans cesse à défricher la nuit pour y découvrir des germes de clarté.

Baudelaire disait que " le poète est un enfant qui se souvient". Je serais plutôt tentée de dire qu'il est celui qui n'en finit pas - non de revisiter son enfance - mais de la ré-inventer. Tant il est vrai que la poésie me parait s'associer naturellement aux origines du monde. Avec elle, on revient en permanence aux sources.

 

Profil de la Nuit regroupe dans une édition soignée, sur papier velin, les poèmes de Terre Promise, du Chant de Malabata et de Je t'écris d'Atlantique, auxquels s'ajoutent ceux de Profil de la Nuit  et du Coeur Révélé avec, au final, une méditation sur la poésie et le pourquoi de la chose poétique.

Aujourd'hui, dans le monde déchiré et chaotique qui est le nôtre, le poète, dont la voix semble couverte par les bruits, a plus que jamais son importance. Supplions-le de vivre, réservons à celui qui se tient chancelant dans le temps fragile la place qui lui revient, ne laissons pas en déshérence un monde sensible que néglige volontiers une époque trop exclusivement guidée par l'essor des nouvelles techniques. Le poète parait, ô combien démuni ! face aux audacieuses convictions des hommes de sciences. Son avenir, si nous lui en accordons un, est d'oser assumer consciemment une fonction ontologique d'expérience de la personne et de réflexion sur l'être, afin de brancher nos lendemains sur une ligne à haute tension.

Mais n'attribuons pas à la poésie plus que ce qu'elle peut donner. Contentons-nous de voir dans le poète un témoin de l'attente et de la présence, un nautonier qui n'a pu assurer le passage, parce qu'il reste l'otage de ses illusions, de ses amours, de ses mirages, de ses doutes et du chant funèbre du désespoir. S'il sait dire la "merveille", c'est peut-être son non-dit qui touche l'âme au plus vif, ainsi que le fait un rêve jamais achevé, un désir jamais assouvi. Pareil à Icare, il prend son envol et se brise les ailes. Son seul don suprême, l'intuition créatrice, l'incite tout autant à s'élever vers les hauteurs qu'à s'incliner vers le sol nocturne et à partager, avec le chevalier à la triste figure, les affres et les douleurs de la condition humaine.

 

Extraits :

 

Le sommeil a posé sur moi son aile tiède,
l'oiseau déserté le chemin où j'avance en grelottant de fièvre.
Ce sont partout des cris éperdus de bêtes traquées dans leur nuit.
Rien ne viendra comme je l'appréhendais.
La vie fut si cruelle à apprendre, la réalité si difficile à accepter.
Je désignerai les emblèmes qui morcellent la terre
et m'installerai avec des gestes de jeune reine
dans la lumière de ce lieu élu.
Partout la voix des morts s'entend encore.
C'est un murmure qui monte et s'évapore avec la buée du clair matin.
Il n'y a plus de ligne pour raccorder le temps, épars comme les eaux.
Aucun reflet ne désigne l'ombre qui s'éloigne et se dissipe.
De la nuit à la nuit,
quelle couche étrangement humaine garde la forme imprécise de l'amour ?

( ... )

Ton ombre est restée prisonnière des saules
dans la nuit musicale où les ténèbres parlent à mon oreille.
Le temps a mis en gerbes ses moissons,
disjoint les pierres qui jaunissent au soleil.
Tout avait commencé, ainsi tout va finir,
le vent comme la pluie scelleront en nos mémoires de tragiques espoirs.
Nous saurons un matin nous éveiller ensemble,
sans rien attendre de l'empire des songes,
nous tisserons notre destin
qui nous fera aigle ou colombe.


 

  Pour se procurer l'ouvrage sur Internet, cliquer    ICI

 

 

" Lire la poésie d'Armelle Barguillet Hauteloire, c'est d'abord se surprendre à remuer les lèvres jusqu'à déclamer à haute voix des séquences de mots et de phrases. Impossible de se contenter de susurrer des textes d'une telle richesse de sonorité et d'images. Dans " Le Chant de Malabata", la grâce est au rendez-vous, la langue retrouve l' inspiration musicale du Cantique des Cantiques :

"Ma fiancée, mon amante, / plus douce à mes lèvres que pulpe de mangue, / plus belle à mes yeux que feuille d'acanthe, / à ma langue plus suave que grain de coriandre... "

Au-delà de" la parole incandescente" de cette musique océane, qui fait de chaque stance une aquarelle de la pensée-émotion, l'auteure nous livre sa vérité sur l'état de ce monde :

" Il y avait eu une fête / et les hommes n'avaient laissé / que des débris de regards et de voix... / ... Ne comptez pas sur moi / pour rire de l'infâme drôlerie des chosesavec déploiements de gorge / gloussements et borborygmes. / N'y comptez pas, l'heure est trop grave".

Imprégné d'une profonde spiritualité, le poète a senti et compris là où le philosophe ânonne et le théologien tâtonne :

" Voilà que le fleuve Espérance s'est tari. / Nos âmes sont sèches et l'eau de l'esprit vient à manquer".

Mais Armelle Hauteloire n'est jamais plus émouvante que lorsqu'elle célèbre l'amour :

" Deviner ton pas quand tu viens, / quand tu pars, le supporter qui s'éloigne, / à chaque instant te découvrir, / te rejoindre en chaque pensée, / dans l'aube qui se défroisse, / ô songeuse espérance, / ne point laisser place à l'angoisse."

Comme elle l'écrit elle-même à propos du poète en général, qui ne cherche pas à " décrire le réel, mais à le faire apparaître autrement", ainsi sa parole "creuse et oscille à la lisière mouvante du visible et de l'invisible". Cela s'appelle la grâce poétique.

 

     Jean-Yves BOULIC    ( Ecrivain, journaliste )

 

                                            Ouest- France du lundi 13 mars 2006


" Le démon ( dans le sens socratique du terme ) de l'écriture a tôt saisi Armelle Barguillet Hauteloire. Son premier recueil de poèmes " Terre Promise" date de ses vingt ans. Dans la suite, des spicilèges poétiques remarqués par la critique et couronnés de plusieurs prix : Incandescence, Le Chant de Malabata, Je t'écris d'Atlantique et Cantate pour un monde défunt. Sans compter, aux éditions Clovis des ouvrages pour la jeunesse et un essai sur Proust ( un second Proust et le miroir des eaux - joli titre ! - est annoncé aux éditions de Paris) .

Le présent recueil, sous-titré Un itinéraire en poésie, rassemble les textes les plus significatifs écrits entre 1956 et 2004. Il permet de mesurer l'élévation de la pensée et la profondeur de la quête, quête de soi, de l'autre ( des autres), de Dieu enfin qui lui donne son sens. Tout du long, un souffle, une vibration. Un rythme parfois haletant que permet l'usage du vers libre et qui rappelle parfois le verset claudélien. Une ferveur qui faisait écrire à Jean Guitton : " J'ai cru relire le Cantique des Cantiques que j'ai tant admiré, aimé. Avec des accents neufs, plus intimes encore."

Si la poésie contemporaine hésite entre pédantisme abscons et mièvrerie, si elle est, pour cela même, réduite à la portion congrue dans les catalogues d'éditeurs et boudée par le public, Armelle Barguillet Hauteloire a l'immense mérite de lui redonner une âme. Elle renoue avec la création au sens le plus noble, consciente que l'expérience poétique et l'expérience mystique entretiennent entre elles des liens de parenté. Car, dit-elle, "on crée moins pour faire une oeuvre que pour être dans la Création". Voilà pourquoi Profil de la nuit vaut d'être savouré et médité. "

 

        P.L. MOUDENC

                                     Rivarol du vendredi 28 avril 2006

 

Et plus précisément sur  Le chant de Malabata, épuisé dans les autres collections et repris intégralement dans  Profil de la Nuit :

 

" Ce poème d'une soixantaine de pages, apprécié en 1986 par Pierre Seghers et Jean Guitton, couronné par l'Académie française, a été revu par son auteur. Poésie sans doute mûrie d'expériences - chaque jour Armelle peut écrire face à la mer, la mer inépuisable, passion de son mari breton - lissée, gommée d'échos culturels ou rhétoriques trop voyants. Et si l'on glisse encore sur certains, notre bonheur à lire, à chanter à mi-voix cet Oratorio est déjà là. Quel chant d'amour intense ! Et qui, sinon la Femme, pouvait s'écrier, Vénus cosmique et intime : " Ainsi serai-je sur ta couche, / comme une amphore sur les sables, / inépuisable de promesses. " Si Claudel avait connu Armelle, eût-il donc affirmé : " la femme est la promesse qui ne peut être tenue " ?
Et puisque l'oeil écoute, le texte prend alors toute sa respiration, sobre, suggestif, puissant, déployant son énergie spirituelle pour nous enlever, nous élever, nous ravir. On pense au Poème de l'été de Claudel, cette féminine Cantate à trois voix, plusieurs fois mise en scène en plein air, dans un cadre arboré, c'est-à-dire en situation.
Mais ici le conditionnel n'est pas de mise. Le chant de Malabata est une oeuvre de foi intense. On devine un long travail intérieur, comme d'un bâtisseur de temple. Face à l'auteur, le critique restera toujours profane. En effet, Malabata chante ( son ) épouse, (sa ) soeur. On ne saurait confondre cette "Tant aimée" avec la femme-enfant d'une Invitation au voyage. Une voix aux vibrations mystiques court sans interruption tout au long de ce Chant. Les consonances orientales du nom ( Malabata ) rappellent, avec d'autres occurences, le pathétique Sakountala que Camille Claudel puisa en 1888 d'une légende indienne. Mais :

 

" La voix de ma soeur monte profonde, suave, charnelle.
  Voix si longtemps attendue,douce comme une promesse,
  La folie me saisit et je pleure à l'appel simple de son coeur. "

 

Car le tragique multiplie ses variations : l'amer exil, la solitude... fer de lance sur ma chair, la rupture criée, l'attente d'une muse qui conduise et fleurisse le pas. On y rencontre la fiancée biblique du Cantique :

 

" Ma fiancée, mon amante,
  plus douce à mes lèvres que pulpe de mangue,
  plus belle à mes yeux que feuille d'acanthe,
  à ma langue plus suave que grain de coriandre ... "

 

Des images de sacre, de fête nuptiale, avec chants d'épithalame : " En toi est mon jardin, / en toi est mon enfance ". Puis Malabata se lamente : homme mutilé, il a rendu au Seigneur une épouse " dont la chair comblait sa chair très à vif ". Que reste-t-il au héros, sinon de s'accomplir en " mystiques fusions " ? On croit entendre la Muse qui est la Grâce. L'être féminin supplié n'est-il pas à la fois la Muse, la Grâce, la Sagesse, l'Epouse, la Soeur... l'âme même, cette anima incarnée dans la parabole claudélienne ? Au début était l'angoisse. Vinrent les épreuves, l'amour, la mort. Et voici, après le consentement à l'esprit-amour, où je ne sais quelle Grâce, l'apaisement suprême, dans une sorte d'euphorie finale : " La poésie est devenue ma terre promise. / Mon chant a sur mes lèvres un goût de miel. "
Les connotations le montrent à l'évidence. Armelle fait revivre la fiancée du Cantique des Cantiques. Claudel eût-il aimé cet accomplissement trop parfait, d'ailleurs trop chargé de possessifs ? La pratique poétique peut-elle servir de religion ? Délivrance aux âmes captives ! Oui, mais l'écriture y suffit-elle ? La terre promise, par définition, n'est-elle pas toujours à l'horizon, plus sur le seuil que sur les lèvres ? N'est-ce pas cette incessante épreuve que nous dicte la Fiancée initiatrice quand elle murmure le terrible envoi : " Fuis, mon bien-aimé, fuis " ?
Armelle n'ignore pas cette échelle de Jacob . Déjà, elle a franchi bien des écueils. Suivons-la et nous habiterons ensemble quelque chose - espaces, éléments, êtres... - de cosmique. Ici, nul placage des "Vents " ou des " Amers " d'un Saint-John-Perse. On perçoit le vécu d'une tonalité claudélienne, cette tension et extension de l'être - dans tous les sens du terme. La structure même, d'ailleurs, n'est pas sans rappeler la grande tragédie grecque, dans ses alternances : récitant, choeur, monologue des personnages, stances... Mais ce grec est baptisé. D'emblée le choeur introduit à la dimension primordiale ou biblique :

 

" L'homme leva son visage,
  vit le soleil à son zénith
  et cet éclat le blessa cruellement aux yeux."

 

L'aveugle, ni Oedipe, ni Icare, a compris la loi vitale : " l'essentiel est invisible pour les yeux ". C'est pourquoi il passe de midi - zénith - à minuit, en s'agenouillant sur le sol. C'est pourquoi on entend le chant exploser : " Eclatez frontières, / élargis-toi, terre, / arrondis tes flancs comme une mère puissante ... ". Très vite, le lecteur est entraîné dans la ronde des étoiles et au sein des eaux. Dans ces eaux primordiales où tiennent notre genèse et notre renouveau. L'espace se transforme alors en une énergitique.
Ces chants, éclaboussés parfois de termes exotiques, parfois précieux, font toutefois échapper à la rhétorique des versets, aux grandes houles systématiques. Du cosmique et de l'intimisme à la fois. Les images, les éléments, les mots lourds et charnels sont aussi portés par les creux, les attentes... et soulevés. Par là peut infuser l'Esprit. Par là je puis me laisser atteindre.
Poétesse inspirée et croyante, Armelle a pressenti pour nous l'accession à l'ultime langage. Ce chant, humblement, n'est qu'un seuil. Incessamment, au coeur, se tisse une question, l'essentielle interrogation de notre commune destinée : " vers quelle théophanie ? " 
Ceux qui, nombreux, recherchent la vraie vie, loin des médias, des surfaces - panem et circenses ! - vous remercient Armelle. Nous vous reli ( e ) rons au quotidien, si nous voulons scander le chant de l'angélus - quand il a résisté aux pétitions citoyennes et vertes de l'anti-bruit. Car votre Oratorio reste avec nous - il se fait tard - moins pour garder mémoire que pour vivre en mémoire.

 

Michel BRETHENOUX  ( Agrégé de lettres, professeur, membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen, membre de la société Paul Claudel ) )

 

 

" Je dirai l'écho proprement musical qu'a laissé en moi la lecture de ces grands versets où me semble se déployer la genèse de l'homme tout autant que celle du poème. Je vois en MALABATA l'incarnation du Poète au sens grec, celui qui re-crée le monde en le célébrant ".


                                                    Pierre SEGHERS

" J'ai cru relire le Cantique des Cantiques que j'ai tant admiré, aimé. Avec des accents neufs, plus intimes encore " 

                                                   
                                                     Jean GUITTON


" L'auteur n'hésite pas à créer et animer un mythe, comme le fit autrefois Patrice de la Tour du Pin, pour mettre en scène une ascension spirituelle. Elle réussit à gagner ce difficile pari en évitant les écueils de l'emphase et de la sentimentalité. Armelle Hauteloire utilise une langue très musicale d'inspiration classique, sur un ton lyrique et chaleureux". 


                                                     Georges SEDIR

" L'auteur perpétue un lyrisme, un souffle, une anima qui tendent assurément à se perdre dans notre temps d'hyper-intellectualité. Mais j'ajouterai ceci : la qualité pour moi de ce texte n'est pas seulement dans son déroulement harmonieux, mais dans cette sorte de paradoxe que l'élévation de la pensée et du sentiment se garde de déboucher sur un langage trop philosophique et s'accompagne au contraire d'une expression limpide, simple, transparente. Le poète réussit l'équilibre entre la pulsion et l'ordre, la passion et la raison, l'écologie du coeur et l'économie du langage". 


                                                     Guy CHAMBELLAND

 

"Voici construit comme un office religieux avec Prologue, Graduel, Antienne, Stances, Final, le livre sacramentel de l'amour humain, transcendé, magnifié par le chant lyrique du don mutuel, prolongé bien au-delà du temps où il s'accomplit. Car il ne s'agit pas ici d'un recueil présentant des poèmes réunis pour constituer un ensemble, mais d'un ouvrage bâti dans sa totalité sur une ligne de pensée bien établie, sur des données terrestres et métaphysiques qui en constituent, de la première à la dernière page, la trame, l'armature, l'ossature... Ouvrant la porte à une vision plus vaste de l'amour, qui englobe à la fois le vouloir humain et le dessein divin, en une fresque lyrique où " les mots de la tribu " ont pris cette fois encore, leur sens le plus pur et le plus exaltant. "

 

                                                    Jehan DESPERT  ( Les nouvelles de Versailles )


" Il y a dans cette sorte de saga de l'âme quelque chose du souffle qui anime le Lamartine de " La chute d'un ange " mais aussi de la méditation du Vigny de " La maison du berger ", le tout baignant dans un lyrisme proche de St John Perse. Parfois, l'auteur a des accents de ferveur dignes du " Cantique des Cantiques " et il faut la louer à une époque où l'érotisme le plus vulgaire envahit tout, d'avoir su évoquer la rencontre de Malabata et de la Femme avec une admirable pudeur. C'est elle qui donne la vision d'un amour nouveau, en invitant l'homme et la femme à dépasser ensemble " leurs visions éphémères ". Et cela donne naissance à cette magnifique recréation de la salutation angélique que je tiens pour ma part pour un des points culminants du livre. Oui, ce poème révèle une grande élévation de pensée, une spiritualité profondément inspirée, servies par une sensibilité qui se traduit, à la fois, par la musique des vers et par le foisonnement des images, nouvelles et belles. "

 

                                                    Raoul BECOUSSE ( poète, écrivain et critique )



"Nous sommes très loin ici d'un divertissement léger ou précieux. LE CHANT DEMALABATA est parole inspirée, haute incandescence, rumeur de ciel entrouvert (... ) Par quelle intuition profonde, éblouissante, Armelle Hauteloire a-t-elle pu exhumer ce chant d'amour somptueux qui ressemble à une épopée de l'âme humaine ? La grâce est au rendez-vous de sa poésie. Sa langue rejoint celle du Cantique des Cantiques et du Château de l'âme de Thérèse d'Avila. Lisez ce grand texte à haute voix. Tendez l'oreille. Sa musique vient de très loin." 

 

                                    Jean-Yves BOULIC  ( journaliste à Ouest-France et écrivain )

 

"En main vos ouvrages. Restez personnelle si cela fait partie de votre inspiration. Surtout si cela doit donner d'aussi beaux fruits que LE CHANT DE MALABATA et CANTATE POUR UN MONDE DEFUNT. Ils sont parfaitement contenus par la mesure et l'élévation du ton, avec ces accents contemplatifs, ce mouvement inflexible - qui empruntent par moment à l'épique - les purifient du rauque accent personnel. Au demeurant, la poésie peut être élégiaque ou rester au bord de l'élégie, avec plus ou moins de saisons et d'oiseaux migrateurs. C'est un genre à part entière de grande mémoire. Nos joies et nos peines méritent d'être exhaussées. Par le rythme réglé sur le sentiment qui nous apprend à être triste. L'esprit dominant toujours comme un bon navire sur la vague. Par l'espérance aussi qui nous prépare à être des enfants de la Promesse. La poésie peut être prise de nostalgie pour reconstituer le mythe primitif, en deçà de la diaspora des formes culturelles. Affaire d'équilibre. Les dangers (dont vous êtes heureusement indemne)  : sans doute la confusion, la capture". 


                                                        Francis JACQUES

                                    (Professeur émérite à la Sorbonne - Philosophe )
 

" La nuit, les peurs enfantines, le vent, l'éclair, le foyer clos, la luxuriance des sèves, les parfums entêtants inspirent Armelle Hauteloire. Elle est le poète des sensations, des mouvements, des chuchotements à  " quelque oreille si réellement cosmique et attentive". De Terre Promise ( 1959 ) à Incandescence ( 1983 ) et Le Chant de Malabata ( 1986 ) un sens éveillé de l'accueil des choses dans un lyrisme envoûtant".  

 
                                                        Robert SABATIER

                              (  Histoire de la Poésie française - XXe siècle - Tome III )

  

Ce poème a fait l'objet d'une lecture sur Radio-Courtoisie dans l'émission de Pascal Payen-Appenzeller et d'un spectacle au château du Barry de Louveciennes en 1986

Poème cité dans l'oeuvre du philosophe Francis Jacques " L'arbre du texte " ( Vrin 2007 )

 

Profil de la Nuit - Collection L'Etoile du Berger - Ed. Atelier Fol'Fer - Novembre 2005 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans ARTICLES ME CONCERNANT
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commentaires

Isabelle 09/04/2017 11:06

J'ai passé la nuit avec vous! J'ai terminé ce beau et profond livre offert par vous.
Moi qui n'aime en poésie que les alexandrins et qui en suis restée à Baudelaire et Verlaine, je dois vous dire que j'ai été captivée par tant de profondeur, d'imagination, et de beauté.
Ecrire ainsi est vraiment votre don particulier car cette poésie si intelligente ne ressemble à aucune autre.
Ecrivez-vous sous inspiration seulement, comme je le crois?
Bref Bravo !

Isabelle Prêtre-Krug - philosophe

Edmée De Xhavée 22/06/2016 13:34

Alors... longue vie et surtout beau départ et soyeux itinéraire à ce nouvel ouvrage de retours en arrière...

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