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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 09:51
2401 de Bob Boutique

Pour une fois je vous propose un polar alors que je n’en lis presque plus mais celui-ci, né au pays de la célèbre Chimay bleue, m’a paru assez original et plutôt intéressant.

 

2401

Bob Boutique *

 

J’ai profité d’un voyage en train en Belgique pour lire ce gros roman noir qui raconte une histoire originale, fort complexe, et dont l’intrigue est particulièrement bien construite, surtout la partie belge, par Bobo Boutique, l’auteur. A Chamy, dans le sud de la Belgique, ne pas confondre avec Chimay le village où l’on produit la célèbre bière étiquetée de bleu, un ou plusieurs corbeaux sèment la panique dans la population. D’étranges lettres anonymes parviennent chez certaines personnes qui leur proposent un surprenant marché : le silence sur leurs agissements délictueux en échange de la soumission d’une autre  victime au même mode de chantage. Chaque victime redoutant la divulgation de la vérité se soumet à ce petit jeu.

 

Pendant ce temps, un éminent responsable de la communauté musulmane d’Amsterdam est assassiné lors d’un attentat à la voiture piégée. La police antiterroriste hollandaise, la KMAR, découvre vite que l’auteur de cet attentat viendrait de ce petit village belge de Chamy. Aussi décide-t-elle d’envoyer une de ses inspectrices sur place pour tenter d’en apprendre davantage sur la  population de ce coin de Belgique. La jeune inspectrice comprend vite que des choses étranges se passent dans ce village et, après avoir lié amitié avec une jeune femme perturbée, elle décide de prendre sa place lors d’une réunion occulte à laquelle elle est conviée.

 

Lors de cette réunion, la policière est enlevée et conduite après un long périple à Sion. Son supérieur s’inquiète de sa disparition et lance son équipe à sa recherche avec l’appui de la police belge qui, elle aussi, ne comprend pas le remue-ménage inquiétant qui affecte cette région. Le roman bascule alors dans un autre monde, celui de ceux qu’on présente comme des anormaux, ceux qui sont nés avec des malformations physiques lourdes. Un médecin suisse spécialiste de la tératologie (la science des anomalies de l'organisation anatomique, congénitale et héréditaire, des êtres vivants – selon Wikipédia), avec l’appui d’une secte religieuse qui défend le droit à la vie humaine quelle qu’en soit la forme, étudie ces malformations pour comprendre leur cause. La clinique de ce célèbre médecin semble être le centre névralgique de l’organisation qui manipule la fameuse chaîne constituée par les corbeaux dévoués mais inconscients du rôle qu’ils jouent. Une féroce bataille, pleine de rebondissements, oppose dès lors les polices hollandaises et belges à cette organisation sous le regard intrigué de la police suisse.

 

Voilà un roman noir étonnant, construit sur une intrigue très originale, qui met en scène une organisation particulièrement dangereuse dont les membres ne se connaissent pas et n’ont absolument pas conscience de la portée de leurs actes. Le manipulateur est un génie de l’informatique, il peut anticiper toutes les situations auxquelles il risque d’être confronté. J’ai surtout aimé la partie du roman qui se déroule en Belgique, là où naît l’histoire qui va conduire à l’affrontement définitif. La seconde partie est plus complexe, plus lente, moins rythmée, elle entraîne le lecteur dans un monde beaucoup plus dur à accepter. L’auteur est remarquablement documenté sur le fonctionnement de la police antiterroriste, notamment sur ses activités occultes. Sa connaissance des lieux est elle aussi très intéressante, même si son imagination joue peut-être un rôle important dans la description des sites où il situe l’intrigue.

 

Nul doute que cet ouvrage  enchantera  les amateurs du genre. Personnellement, il m’a appris des choses sur la tératologie et m’a rappelé ce que nous savons tous depuis quelques années, qu’on peut activer des terroristes partout dans le monde sans même sortir de chez soi. Et cela n’est pas rassurant.

Denis BILLAMBOZ

 

* Editions Chloé des Lys

 

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 08:03
Afin que rien ne change de Bruno Cerqueux

« On a eu notre chance, on l’a gâchée », Renaud Cerqueux semble catégorique, l’humanité pouvait créer un monde idyllique, elle n’a rien fait pour éviter de le précipiter vers son déclin et sa fin probable et plus rapide que beaucoup le pensent.

 

 

Afin que rien ne change

Bruno Cerqueux

 

 

Dès les deux ou trois premières pages de ce livre, j’ai immédiatement pensé au Baron Empain enlevé en 1978 par des malfrats qui espéraient récupérer une énorme rançon, mais à cette époque Renaud Cerqueux n’était peut-être même pas né. Et pourtant son héros subit le même sort que le célèbre baron belge, propriétaire comme lui d’une immense fortune, enlevé et détenu dans des conditions très pénibles. Mais contrairement au baron, celui qui le séquestre ne cherche nullement à l’échanger contre une rançon, il semble avoir des motifs beaucoup plus politiques, moraux et peut-être même revanchards.

 

Emmanuel Wynne, le héros de cette triste aventure, est condamné à empiler à longueur de journée des sucres pour faire des tours, des tours qui seront vendues selon le principe qui est utilisé pour vendre les produits parfaitement inutiles qui vident le portefeuille de très nombreux consommateurs sur l’ensemble de la planète.  « Nos tours ne servent à rien et ne sont pas données, mais grâce à une campagne marketing savamment orchestrée, adossée à des recherches en neurosciences et à l’analyse de big data, ainsi qu’à la participation grassement rétribuée de quelques célébrités, nous avons réussi à générer une demande, voire un véritable engouement pour nos produits que la clientèle s’arrache ».

 

Renaud Cerqueux, prolongeant dans ce roman les nouvelles qu’il a publiées début 2016 dans son recueil « Un peu plus bas vers la terre », ne tente pas de raconter l’histoire arrivée à un individu malchanceux mais cherche à démontrer comment le système économique et financier actuel contribue à n’enrichir qu’une très faible partie de la population au détriment de l’autre, au risque même de provoquer un cataclysme définitif plus rapidement que les scientifiques le prévoient. Il explique comment quelques profiteurs dénués de tout scrupule s’enrichissent toujours davantage, quels que soient les régimes politiques qui gouvernent le monde. « Ils ne se salissent jamais les mains. Ils délèguent la violence. Après des années d’hystérie, même le FMI a reconnu que le ruissellement vers le bas des capitaux était un mythe de l’économie néolibérale, que les riches ne font pas le bonheur de tous ».

 

« Afin que rien ne change » n’est pas un livre pour attirer l’attention des citoyens, les inviter à agir vite, très vite ; non, il semble que son auteur pense qu’il est déjà trop tard, que les dés sont jetés et que les petits-enfants des papas de sa génération subiront les affres des modifications climatiques générés par les abus des générations précédentes sous la houlette des grandes fortunes qui gouvernent la planète. « On a eu notre chance, on l’a gâchée. On a tout foutu en l’air. Après des millions d’années d’évolution, on lutte toujours pour notre survie, comme des bêtes sauvages ». L’espoir semble bien mince de voir reculer l’échéance fatale.


Denis BILLAMBOZ

 

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Afin que rien ne change de Bruno Cerqueux
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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 09:03
Vie et mort de Katie Olson de James Garner

Aujourd’hui, on parle beaucoup d’attouchements, de violences faites aux femmes et autres sévices encore : psychologiques, moraux, … mais cette détestable attitude date de la nuit des temps. James Garner dans ce très court roman pousse à l’extrême les malheurs que Katie Olson dût subir. Atroce !

 

 

Vie et mort de Katie Olson

James Garner (1962 - ….)

 

 

« Je suis une femme. Ni belle ni laide. J’ai trente ans, quarante ans, cinquante ans. Je ne me lave jamais. Je vis dans la crasse. Depuis que j’ai quatorze ans, je brûle, le feu me ronge de l’intérieur. Alors ce feu, je le prends et je m’en sers pour nettoyer le monde ». Cette citation suffirait presque à résumer ce court récit, tout aussi violent que concis et même peut-être encore plus déstabilisant. Une vraie gifle !

 

James Garner est issu de la contre-culture américaine, sa plume, particulièrement acérée, critique violemment la société américaine. Dans ce très court récit, il raconte en quelques mots, quelques formules, quelques phrases courtes, dépouillées mais particulièrement incisives, la vie de Katie, une fille que la malchance a fait naître au mauvais endroit et au mauvais moment. Violée régulièrement par son père sous le regard indifférent de sa mère, elle finit par se débarrasser de son bourreau sans que la police ne la soupçonne. Mais la chance l’abandonne et la police la rattrape quand elle l’accuse d’avoir allumé un incendie meurtrier. Le feu est l’arme qu’elle utilise pour se venger de tous ceux qui l’ont fait souffrir ou qui n’ont pas suspendu le geste de ceux qui l’ont torturée, notamment cet abominable père.

Pauvre Katie, elle sera la victime de tous : de sa famille, de la société, de la justice, de la police. Elle était pauvre sans défense, elle n’avait que le feu pour se défendre et même son arme s’est retournée contre elle et elle a fini derrière les barreaux d'une prison.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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Monologue tiré de l'ouvrage et interprété par la compagnie  " Les animaux du zoo".

Monologue tiré de l'ouvrage et interprété par la compagnie " Les animaux du zoo".

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 08:40
La fille de Souslov de Habib Abdulrab Sarori

Quoi de plus clair qu’un roman, une belle histoire d’amour pour expliquer le drame du Yémen, mieux comprendre pourquoi certains sont prêts à mourir violemment pour tuer un maximum de civils qui ne comprennent rien à leur motivation ?

 

 

La fille de Souslov

Habib Abdulrab Sarori (1956 - ….)

 

 

Traduit en 2017, ce roman a été écrit en 2014 juste au moment où a commencé la guerre de Saada, une confrontation entre des rebelles zaïdistes et le gouvernement yéménite. Les insurgés, les Houthistes, se plaignent d’avoir été marginalisés par le gouvernement tant sur le plan politique, qu’économique et religieux. Ce conflit n’est pas éteint, le Nord et le Sud du pays se déchirent toujours aussi violemment, aussi ce roman permet-il de mieux comprendre son origine et ses divers développements.

 

Avant de poursuivre, en 1970, ses études à Paris où il pense assister à la fin du capitalisme, Amran, le héros et certainement un peu l’auteur de ce roman, a participé aux émeutes marxistes qui ont agité le Yémen après l’indépendance du pays en 1967. Sarori raconte, à travers les aventures amoureuses d’Amran, les différents épisodes de l’histoire qui ont affecté le Yémen depuis son indépendance. Quand il était môme, Amran rencontrait, dans une boutique d’Aden, une jeune et superbe jeune fille, ils ne se parlaient jamais mais elle le regardait avec une intensité magnétique. Cette beauté était la fille du responsable de l’idéologie du parti, celui que tous appelaient Souslov, car il avait suivi à Moscou l’enseignement du célèbre théoricien marxiste. Ainsi sa fille était devenue la Fille de Souslov.

 

A Paris, Amran fait la connaissance de sa future épouse Najat, dont il est follement  amoureux, jusqu’à ce qu’elle soit foudroyée lors des attentats du métro Saint Michel commandités par des mouvements islamistes extrémistes. Amran est revenu régulièrement au Yémen et lors de l’un de ces voyages, après le décès de son épouse, il rencontre chez sa sœur, à Sanaa, une femme au regard magnétique qu’il pense reconnaître. Celle-ci se dévoile pour qu’il l’identifie avec certitude. C’est bien elle, la  fille de Souslov, elle a changé de nom et surtout de conviction, elle est devenue l’un des cadres importants et virulents du pouvoir religieux. La différence de leurs convictions, lui toujours un peu socialiste et surtout grand défenseur de la laïcité, elle franchement religieuse et sans aucun scrupule pour faire triompher sa cause, ne les empêche de renouer leur amour en lui donnant une vraie consistance sexuelle ; elle devient sa maîtresse et il la partage avec un vieil imam fort influent dans les mouvements islamiques.

 

Ce couple magnifique mais fort improbable symbolise le Yémen coupé en deux : le Nord religieux et traditionaliste et le Sud moderne, ouvert sur le monde et plutôt marxiste. Une belle allégorie que Sarori développe pour expliquer ce qui sépare ces deux régions qui ne se rencontreront jamais, qui n’ont pas plus d’avenir que ces amoureux que tout éloigne, sauf l’amour. Abyssale, comme Amran appelle son amante, explique sans état d’âme et avec conviction : « Nous sommes dans une guerre éternelle contre les impies. C’est une guerre, et non un caprice, mon chéri. Ils nous tuent comme ils peuvent et nous les tuons comme nous pouvons. » Tout espoir est définitivement perdu au grand dam de l’auteur qui croyait tellement à la révolution, au modernisme, à la liberté, à l’égalité, à la laïcité… Les potentats s’opposent, se détruisent, se vengent, se prennent tour à tour le pouvoir et écrasent à tour de rôle leurs malheureux sujets. « Le seul perdant serait le petit oiseau, le rêve de révolution yéménite, envolé trop tôt ».
 

Denis BILLAMBOZ

 

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Habib Abdulrab Sarori

Habib Abdulrab Sarori

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 11:54
Sans Abuelo Petite de Cécile Guivarch
 

« Cécile Guivarch,…, sonde encore une fois la mémoire familiale. Entre les questions sur sa langue, ses langues, elle évoque un secret de famille… » Dans un court recueil de poésie constitué d’une partie en vers, en général sur la page de gauche, et d’une partie en prose, en regard sur la page de droite, elle évoque l’histoire de sa famille, l’histoire tue à jamais, l’histoire qui lui colle aux doigts depuis l’âge de neuf ans, l’histoire qu’elle réussit enfin à mettre en poésie. « J’écris ce début depuis mes neuf ans mais il me glissait des doigts. Le voilà qui me revient aujourd’hui. J’ai toujours neuf ans. Ma Maman a un peu vieilli. Mers enfants ne me croient pas mais j’ai neuf ans. »

 

En vers, elle raconte le grand-père, celui qu’elle n’a pas connu, celui qui a fui vers une île pour participer à une autre révolution après l’échec de sa guerre en Espagne.

 

« La rivière a emporté les lettres

Elles ont nagé en suivant ton bateau.

Tu as fui sans vraiment fuir. »

 

En prose, elle évoque le pays où elle vit, le pays dont sa mère a difficilement apprivoisé la langue, où sa grand-mère n’a jamais oublié le grand-père exilé. « Mon grand-père n’est pas mon grand-père. Le vrai je ne le connais pas. N’est jamais revenu. Ne reviendra jamais. Enfermé sur une île

 

Elle raconte le pays où elle vit, le pays qu’elle a quitté, où elle semble retourner pour les vacances, le mélange des langues : « Mes cousins parlent galicien. Je leur réponds en français. En espagnol. Une barrière de langue. Nous ne vivons pas sur la même bande de terre. Mais nous sommes de la même lignée » ; sa double culture, ses racines mélangées et pas forcément bien connues, son appartenance à plusieurs nations et peut-être à aucune, seulement à une famille à géométrie variable. « L’espagnol est langue de mes ancêtres, celle qui nourrit mon sang. Pourtant j’y suis étrangère. »

 

C’est une belle histoire personnelle mise en mots avec beaucoup de finesse et de talent, seul l’essentiel est dit et ce texte court peut inspirer une longue réflexion sur la famille, la nation, l’exil, l’intégration, la multiculture, ….,  « La frontière est une ligne invisible. D’un côté la France de l’autre l’Espagne. Et ce n’est plus la même langue. »

 

C’est aussi, en filigrane, l’évocation de la guerre d’Espagne et de ses conséquences ravageuses, désastreuses pour de nombreuses familles :

« Même les oiseaux se taisaient.

Les uns, les bouches pleines de terre,

disparaissaient dans de grandes fosses.

Les autres ne pouvaient pas rester. »

 

Et surtout un très beau texte, très bien construit, qui dégage beaucoup d’émotion sous la plume de cette femme qui aura toujours neuf ans, l’âge auquel elle a appris que son grand-père chéri n’était pas le grand-père que sa grand-mère avait toujours aimé. « J’ai neuf ans je me demande comment on peut vivre avec une branche en moins dans son arbre. »

 

Denis BILLAMBOZ

 

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Sans Abuelo Petite de Cécile Guivarch
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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 07:52
Déséquilibres ordinaires de Françoise Steurs

C’est avec beaucoup de sensibilité et de fraîcheur dans son écriture que Françoise Steurs nous conte les démêlés d'un médecin du SAMU social avec Max sans-tête. Françoise travaille avec des jeunes pas tout à fait comme les autres, des jeunes qui voient le monde différemment et l’appréhendent autrement. C'est le cas de Max qui échappe à toutes les contingences sociales, vit dans le plus grand désordre, mange n’importe quoi, se néglige. Il ne pense qu’à faire des photos des gens de son quartier qu’il capture régulièrement à heure fixe dans un vieil appareil bricolé. « Max n’a que ça en tête : capter la vie qui passe autour de lui. Reproduire ces scènes de la vie quotidienne. A l’infini. En extraire des instants dans l’obscurité de la chambre noire ».

 

Un voisin porte plainte, Max va trop loin, il n’a aucun sens de l’hygiène. C'est alors qu'un médecin du SAMU social passe le voir et découvre des piles de photos, toujours les mêmes, floues mais prodigieusement expressives. Elles sont différentes des clichés habituels, expriment une autre vision du monde. Le Doc est subjugué par cette perception des personnages qui traduit une grande sensibilité en même temps qu’une expression artistique pointue. « Cet homme n’est pas juste bon à être enfermé dans une maison de soins. Il est capable de marquer la différence entre le jour et la nuit, il cuisine tous les jours et n’est pas agressif ». Le médecin décide de le suivre et le convainc d’exposer ses œuvres, ainsi débute une épopée épique qui conduira le Doc à se remettre en question et à se demander lequel des deux est du bon côté de ce qu’on définit  habituellement comme la norme.

 

Un très bon texte sur la différence, en l’occurrence sur ceux qu’on prend pour des attardés mentaux, des dérangés du ciboulot, des gens un peu fous qui, souvent, possèdent une acuité artistique et une créativité  affutées. Max n’a pas une logique cartésienne mais son intuition est peut-être bien supérieure à l’intelligence de nombre d’entre nous. Les conseils qu’il donne au Doc pour choisir une bonne photo pourraient servir aux lecteurs à la recherche d’un bon livre dans une bibliothèque ou une librairie. L’intuition est peut-être la meilleure conseillère quand elle s’appuie sur une perception fine et sensuelle. « Il faut pouvoir piocher, se laisser surprendre au détour d’une image. Etre happé. Ne s’intéresser qu’à une seule. Et tant pis pour les autres. C’est comme à la brocante. Tu te balades sans idée précise dans la tête. Quand, soudain, un objet attire ton regard. Tu t’arrêtes. Tu regardes encore. Tu t’approches de la chose. Tu la touches. De tes yeux, avec tes mains. Tu t’imagines quelque part… » Ce n’est que ça l’émotion artistique.

 

Il faut le croire car « Le fou dit toujours la vérité », Françoise Steurs l’a bien compris, elle est aux premières loges pour s’en convaincre.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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Déséquilibres ordinaires de Françoise Steurs
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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 08:35
Tout un été sans facebook de Romain Puértolas

Agatha Crispies – pas comme la célèbre romancière anglaise, non, comme les céréales servies au petit déjeuner – s’est tellement emmêlée les crayons dans l’affaire des stylos bleus à New-York New-York qu’elle est mutée,  après un tour de passe/ passe administratif, à New-York Colorado. Le pire trou des Etats-Unis, un bled où il ne se passe jamais rien, où les citoyens occupent leur temps à tourner autour des innombrables ronds-points destinés à égarer les étrangers. Elle est « affectée à un commissariat dans lequel on s’ennuie tellement que les effectifs lisent, jouent aux fléchettes, au sudoku ou encore tricotent ». Elle veut quitter ce trou le plus vite possible pour retrouver son poste avec, éventuellement, une promotion dans la mégapole de la côte est. Il lui faudrait une belle grosse affaire qu’elle résoudrait brillamment pour reconquérir la confiance de sa hiérarchie.

 

Comme il ne se passe jamais rien  sur son territoire, elle empiète sur celui de son voisin, elle le persuade que le crime, qu’il vient de  découvrir, appartient à sa juridiction pour pouvoir mener elle-même l’enquête. Le shérif cède et Agatha se saisit de l’affaire qui prend vite une certaine ampleur avec deux autres meurtres, de quoi constituer une belle énigme à résoudre et conquérir une promotion pour un tellement désiré retour au bercail. Agatha se plonge alors dans une enquête rocambolesque dans laquelle l’auteur parodie les poncifs rencontrés habituellement dans les films et surtout dans les séries policières américaines dont il dénonce les incohérences, les invraisemblances et la sous-culture, en mettant dans la bouche de la policière des citations et les noms des plus grands auteurs classiques qu’elle est évidemment la seule à connaître.

 

Dans ce polar loufoque, déjanté, amoral, Romain Puértolas dresse un tableau désopilant mais tout de même un peu désolant de l’Amérique profonde, l’Amérique des ploucs dont Jean Yanne a narré la fantasia dans un célèbre film. Il pointe du doigt la malbouffe généralisée – Agatha, grosse et grasse, se gave toute la journée de « donuts » au chocolat - le racisme endémique affectant encore cette partie de la population - Agatha est, avec son chef, la seule noire du coin - l’absence totale d’humanité, tous les moyens sont bons pour atteindre son objectif et Agatha n’est pas très encombrée par sa bonne conscience. L’auteur préfère en rire mais j’ai eu franchement le sentiment qu’il n’appréciait guère cette Amérique acculturée, asservie par la déesse consommation.

Il reste le polar qui fera, sur le bord de la piscine, une belle lecture d’été en dégustant des … « donuts » … au chocolat.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 08:42
La femme qui court de Jennifer Johnston

Une fois de plus, la littérature irlandaise m’a enchanté. Cette fois, c’est Jennifer Johnston qui m’a régalé avec ce texte qui sent l’Irlande à plein nez : histoire, culture, romantisme, qualité littéraire, art du récit, finesse des sentiments, etc… encore une lecture enivrante comme j’en ai trouvée beaucoup sur cette île.

 

 

La femme qui court

Jennifer Johnston (1930 - ….)

 

 

Et de nouveau un roman qui  encourage mon inclination déjà bien marquée pour la littérature irlandaise. J’ai été, en effet, enchanté par la lecture de cet ouvrage, non pour l’histoire qu’il raconte, même si elle est particulièrement dramatique, mais surtout pour la façon dont l’auteure décrit cette histoire et pour ses qualités littéraires. Elle vit son texte, respire les sentiments des personnages qu’elle met en scène et transporte le lecteur au plus profond de l’Irlande, de son histoire, de sa culture, de ses coutumes et des conflits qui l’ont régulièrement secouée.
 

Laura a hérité d’une entreprise de sa mère qui l’a elle-même héritée de sa propre mère, une transmission filiale qu’elle ne pourra pas assurer car elle n’a pas d’enfant. Au moment où elle enterre son père, elle semble bien fragile, son mari qu’elle a épousé parce qu’il pouvait assurer la gestion de l’entreprise, veille sur elle. Même s’il s’absente régulièrement pour des motifs peu crédibles. Pour vaincre son ennui et éteindre une douleur qui semble l’affecter depuis son adolescence, Laura décide de déblayer un coin de végétation envahissante qui a recouvert une gloriette qui semble avoir marqué sa jeunesse. Au cours de ces travaux épuisants, elle reçoit le renfort d’un voisin banni par sa famille lors du décès de son père parce qu’il a jeté sa soutane aux orties. Les deux écorchés de la vie traversent tous deux un deuil sans vraiment regretter leur père respectif. De vieux comptes semblent ne jamais avoir été soldés.
 

Sur fond d’histoire de l’Irlande, de haine entre protestants et catholiques – Laura a été persécutée par ses camarades de classe catholiques parce qu’elle est protestante – d’incestes familiaux récurrents qu’il faut absolument taire pour ne pas être banni et pour ne pas jeter l’opprobre sur la famille, Jennifer Johnston écrit un roman très habile, enchanteur malgré la douleur qu’il dégage. Elle construit son histoire principalement sous la forme de dialogues qui mêlent le présent, que vit son héroïne, avec des scènes de son passé qui apportent progressivement des éléments permettant de mieux comprendre la fragilité qui l’affecte encore au moment du décès de son père. L’auteure passe du « je » au « elle » sans que cela nuise à la lecture, comme si elle ne voulait pas s’enfermer trop profondément dans la douleur de l’héroïne et maintenait une certaine distance afin que le lecteur ressente mieux les sentiments qui se dégagent de cette tragédie familiale. Ainsi assistons-nous à la rencontre de deux êtres trop ou mal aimés qui voudraient faire le ménage dans leur passé de façon à envisager un avenir plus serein. Un véritable bijou qui enchantera les amis des beaux textes.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 07:36
Visions de Kerouac d'Yves Budin

Une véritable bonne surprise, un document essentiel pour moi qui n’ai découvert Kerouac que quand sa gloire était passé et alors  qu’il vivait une déchéance bien cruelle. Yves Budin fait revivre la légende du grand maître de la Beat Generation à travers ses textes et ses dessins dans un livre cahier qui deviendra vite collector.

 

 

 

Visions de Kerouac

     Yves Budin (1974 - ….)

 

 

 

« Tandis que les vagues incessantes de misérables créatures immigrants galériens du Sud et de l’Est de l’Europe affluent se brisent et clapotent goémons pathétiques aux portes de l’île… », non, il ne s’agit nullement des rivages de Lampedusa mais d’une histoire beaucoup plus ancienne. Car depuis la nuit des temps, des peuples  ont souvent dû quitter leur terre pour chercher refuge ailleurs et ainsi, vers 1900, les Canadiens français ont fait route vers le sud pour s’établir en Nouvelle-Angleterre,  sur l’île « … des larmes dans l’antichambre du Rêve à Ellis Island. »


 

Ce flot de travailleurs plus ou moins clandestins, « main d’œuvre bon marché Ce sont les Canayens Les Canadiens français péjorativement surnommés « Canucks » Nègres blancs, Français imbéciles ». Parmi eux, marchent les Kerouack qui déposent leurs valises à Lowell Massachussetts, première capitale industrielle du Nouveau Monde, où naissent une fille et deux garçons dont, en 1922, Jean-Louis Kirouac, dit Ti-Jean qui deviendra l’idole d’une génération sous le nom de Jack Kerouac.


 

Quand j’ai vu, sur un étal de la Foire du Livre de Bruxelles, dans les trésors des Carnets du Dessert de lune, cet ouvrage intitulé « Visions de Kerouac », qui semble rendre hommage à cette icône de notre jeunesse, je n’ai même pas ouvert le livre, je l’ai acheté immédiatement à l’auteur qui justement était là. Kerouac est né vingt-cinq ans avant moi. Lorsque je l’ai découvert, il avait déjà vécu mille galères, bu des gallons d’alcools divers et variés, et même parfois avariés, testé toutes les drogues connues à son époque et écrit des livres qui allaient contribuer sérieusement à la naissance de sa légende. Il m’a fallu encore presque deux décennies pour que je parte « Sur la Route » de ces textes et, depuis, ce long flot tumultueux et verbeux rugit encore dans mes oreilles. Je me souviens quand il écrit du fond d’un bouge mexicain: « Souffle ! Souffle ! » pour encourager un trompettiste qui joue un solo. Kerouac c’est aussi la musique, le jazz surtout !


 

Tenir le livre de Budin en mains est déjà un premier bonheur, livre de grand format, un peu comme un cahier, sur la couverture duquel l’illustration - un dessin en noir et rouge avec un peu de blanc et de bleu - symbolise déjà l’œuvre du maître tout en annonçant ce que le lecteur trouvera en tournant les pages : Kerouac martyrisant le clavier de sa petite machine à écrire d’où sourd un rouleau de papier comme celui sur lequel fut écrit « Sur la Route ».  Yves Budin, à la fois biographe, poète et illustrateur, propose un condensé de ce que fut la vie de Kerouac : son enfance, son éducation, les rencontres décisives, la Beat Generation, ses femmes (mère, sœur, épouses, maitresses, amantes et sa fille enfin reconnue), ses galères, le chemin de la gloire, le succès mal digéré, la déchéance, la fin abominable, tout ce qui, au fil des ans, des éditions, des rééditions, des chroniques, des biographies a fini par constituer la légende du poète maudit. La vie de Kerouac, c’est un peu une odyssée, une chanson de gestes des temps modernes. Et Butin a su écrire, mettre en vers et en dessins, cette fabuleuse épopée, cette résistible ascension, ce document fondateur de la philosophie, de la mentalité, des mœurs, de la littérature, de la musique, de toute une génération.


 

Budin écrit comme Kerouac a rédigé « Sur la Route », sans ponctuation aucune, mais pas en un seul bloc comme le fit le poète, dans un texte oscillant entre prose et poésie qui se glisse entre les dessins en noir et blanc, parfois soulignés de rouge et occupent une large place dans cet ouvrage que je qualifierais de livre illustré, presque une bande dessinée, mais surtout une véritable bible à l’usage de ceux qui ne connaissent pas encore Kerouac et le formidable mouvement qu’il a déclenché avec ses amis Cassidy, Ginsberg et Burroughs principalement. Budin a eu aussi le trait de génie de ne pas se préoccuper outre mesure de la syntaxe, afin de laisser la place aux fulgurances qui rappellent celles des auteurs de la Beat Generation. Ce livre, je le garderai précieusement, près de mes mains, pour pouvoir le saisir vite dès que l’envie deviendra urgence.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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Jack Kerouac
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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 07:56
Les mensonges de la mer de Kaho Nashiki

Un vrai bijou comme Piciquer en déniche souvent en Extrême-Orient. Une plongée au cœur d’une petite île du sud du Japon où ne résident que quelques pêcheurs qui se souviennent vaguement du riche passé spirituel de leur île. Un roman qui dépasse la fiction en frôlant la philosophie.

 

 

Les mensonges de la mer

   Kaho Nashiki (1959 - ….)

 

 

Cela se passe avant la guerre, Akino est encore étudiant en géographie humaine, science qui, au Japon, semble déborder sur bien d’autres disciplines : l’anthropologie, l’ethnologie, l’éthologie, l’écologie, l’histoire, …, quand il décide de passer ses vacances sur la petite île d’Osojima au sud de Kyushu, la plus méridionale des quatre grandes îles qui constituent l’archipel nippon. Grâce à un couple de vieux pêcheurs qui l’héberge, il prend contact avec les îliens qui l’accompagneront lors de la visite des lieux qu’il souhaite mieux connaître afin de terminer une étude commencée par son ancien maître et jamais achevée.

 

Ainsi part-il avec un jeune autochtone sur les sentiers de l’île où,  selon les documents remis par un ancien marin retraité dans ses montagnes, il retrouve les vestiges de nombreux temples et lieux de culte édifiés par une secte bannie plusieurs siècles auparavant. Ces lieux de culte ont été ruinés à l’époque du Shugendo, la séparation du shintoïsme et du bouddhisme quand, en 1872, le pouvoir Meiji a rompu avec les religions étrangères en débarrassant le shintoïsme des influences extérieures de façon à ce que le socle religieux du pouvoir soit purement nippon.

 

Akino et son guide parcourent  les sentiers désertés  où ils ne rencontrent guère que des chèvres et des saros, découvrant de nombreux indices concordant avec les bribes de légendes qu’ils ont recueillies, ce qui va leur permettre peu à peu de reconstituer l’histoire de la présence sur cette île d’une civilisation spirituelle vivant dans une stricte ascèse. En essayant de comprendre ces légendes et leur matérialisation au cœur du paysage, ils en décèlent les vestiges, de même que le sens des coutumes et traditions locales, toute une parcelle de l’histoire du Japon un peu oubliée sur cette île isolée des voies de communication. Quand ils parviennent au bout de leur périple autour d’Osojima, ils rencontrent à nouveau le vieux marin et son secrétaire et saisissent les raisons qui les ont incités à se poser certaines questions et à mettre leurs découvertes en rapport avec la spiritualité ancestrale encore très prégnante chez les plus anciens occupants du lieu. Si bien que ce livre me semble être plus qu’un roman, il déborde sur l’histoire, la philosophie, la spiritualité, l’écologie, tout ce qui relie l’homme à son milieu et donne un sens à sa vie. Longtemps après, quand la guerre aura semé le deuil, qu’un pont aura été érigé entre la petite île et Kyushu permettant aux touristes de visiter cet endroit enchanteur, l’étudiant en géographie, qui n’a jamais terminé l’étude ébauchée par son maître, reviendra sur l’île où il constatera bien des changements qui le troubleront, le désespéreront même. C’est alors qu’il saisira la cause de tout cela, dénichera le maillon manquant pour parvenir à conclure son étude, en quelque sort s'appropriera la clé qu’il avait longuement cherchée et qui, maintenant, était là bien présente dans son esprit.

 

Ce texte est sans nul doute délicat, plein de douceur et de spiritualité, on croit même y ressentir le souffle spirituel de l’ascèse du Shugendo. Une réflexion qui pose de nombreuses questions : quelle importance faut-il accorder au passé ? Le passé est-il nécessaire à la construction de l’avenir ? L’homme a-t-il besoin de connaître ses racines pour vivre pleinement sa vie ? La liste n’est pas close, l’auteur la laisse ouverte en abandonnant le lecteur au bout du chemin avec tout ce qu’il a pu récolter au long de cette lecture. Le vieux géographe, lui, a fini par comprendre le message des mirages,  les mensonges de la mer, en méditant cette maxime sibylline « La forme est vide. La vacuité est forme ». Chaque lecteur cherchera sa voie à travers ces quelques mots… Bon voyage à tous !
 

Denis BILLAMBOZ

 

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