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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 08:37
Bestiolerie potagère de Louis Dubost

En ces jours gris et tristes, je vous propose un bouquet de fraîcheur venu tout droit du jardin Louis Dubost, avec tout le petit peuple qui y vit et qui pourrait nous donner des leçons de vie dont notre société a bien besoin aujourd’hui.

 

 

                                   Bestiolerie potagère

 Louis Dubost (1945 - ….)

 

 

Louis Dubost, comme l’écrit Georges Catahlo, le préfacier, fut (ou est encore) « éditeur à temps plein, poète à temps partiel, professeur à temps professionnel, philosophe à temps perdu, élu local à temps difficile… ». Il évoque dans ce recueil les petits animaux que le jardinier croise dans son potager, que le poète aime à chanter et que le professeur énonce en listes aussi poétiques que scientifiques. Et l’élu, qu’il fut, aime à se réfugier en cette compagnie, ô combien plus pacifique et plus paisible que celle des administrés ! En lisant ces textes courts dédiés au petit peuple du jardin, j’ai pensé à une relecture relativement récente du bestiaire qui valut le Prix Goncourt à Louis Pergaud : « De Goupil à Margot », et je le convoque ici pour ce commentaire car l’auteur, lui-même, invite dans chacun de ses textes courts, ou poèmes en prose, un personnage historique ou actuel chargé de transposer les situations potagères dans la vie des jardiniers et autres humains. Einstein a désigné l’abeille comme vigile de la pérennité de l’humanité,  Hortefeux est invité à s’inspirer de la paisible coccinelle, l’ironie de Voltaire s’accroche au crapaud et ainsi pour chacun de ces chapitres lumineux comme un rayon de soleil printanier sur un potager encore nimbé d’un reliquat de rosée matinale.

 

 

De la belle, de la vraie, littérature distillée avec la patience du bouilleur de cru, extrayant l’essence la plus délicate des fruits qu’il a récoltés avec amour et délicatesse. Mais ces textes ne sont pas seulement épures de littérature, ils ont un sens profond, Louis Dubost, comme Louis Pergaud, charge ces petits êtres d’un message politique, il les invite à dénoncer les errements de notre société et à inciter les hommes à réagir : « La résistance quand est-ce que ça commence ? » Elle commencera quand les citoyens s’inspireront de l’escargot : « L’escargot n’a aucune accointance avec « le sage bourgeois des sentiers » dont s’émerveillait Federico Garcia Lorca. Bien au contraire, il colle entêté au sentier et ne recule jamais : son existence est résistance ». Alors, suivrons-nous le chemin de l’escargot ?

 

 

Je trouve cependant que l’auteur est bien pessimiste quand il dit que  « … jardiner les mots, les ouvrir et les semer en graines, ne suffit pas à fleurir d’un poème les plates-bandes du langage…. ». Un seul de ses textes courts et lumineux suffit à ensoleiller la page d’autant plus que chacun d’eux est illustré d’un dessin de Bernadette Gervais, collaboratrice habituelle de Francesco Pittau, auteur d’une de mes prochaines lectures, acquises à la dernière Foire du Livre de Bruxelles. J’ai hâte de lire « Tête-dure » !

Denis BILLAMBOZ

 

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