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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 09:34

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Pourquoi ne pas se poser la question et tenter de l'élucider, en se demandant, par la même occasion, si le rire n'est pas davantage conformiste que libérateur ? Kierkegaard reconnaissait que l'ironie était la marque du solitaire : " Quand l'ironie devient collective - écrivait-il - on passe à autre chose, à cette grossièreté de la foule qui sanctionne ce qui la dérange ". On croit souvent que le rire est une expression de l'indignation, qu'il montre du doigt les injustices et les abus, que l'on rit de ce qui est répréhensible, choquant, grotesque, inconvenant. On le sait depuis Bergson : le rire précède de peu l'insensibilité ; il fait donc mauvais ménage avec la colère. On peut raconter des blagues sur le tyran, cela ne l'atteint pas : le plus souvent, dans le même mouvement, le rieur brise le ressort de sa révolte. En définitive, le rire dénonce les ridicules, nullement les fautes.

 


Tourner en ridicule le Christianisme ou l'Islamisme ou un grand de ce monde, est-ce que cela leur donne tort ? Car qui rit de tout, ne s'indigne plus de rien, ou, pire, ne respecte plus rien. Est-ce du ridicule qu'il faut se garder ou de la violence : violence des propos, des attaques verbales, des préjugés, des a priori ? Il n'est pas dit que les esprits y gagnent en liberté. Bien au contraire ! La liberté de la presse ne garantit pas la liberté des esprits. La relaxe obtenue, jadis, par le journal Charlie Hebdo nous rassure sur cette liberté de la presse, mais la question reste posée sur la liberté en tant que telle et sur la capacité du rire à être libérateur. Cette culture de la dérision, que nous entretenons avec une certaine complaisance, nous rend-t-elle plus libres, plus efficaces, plus clairvoyants ? Rire à bon compte, n'est-ce pas réducteur ?  On se cache alors derrière le rire comme derrière un écran. Le rire de dérision offense toujours et ne résout pas.

 

 

Et la caricature, qui est le propre de la dérision, ne s'efforce-t-elle pas de rendre visible, en l'agrandissant, tout mouvement de l'être, réalisant ainsi des déformations et disproportions, art de l'exagération et de l'outrance par excellence ? Nous voyons alors le comique s'opposer à la grâce et à la beauté et s'accommoder à bon compte de la raideur, voire de la laideur. Le rire devient ainsi une brimade sociale. Il est là pour inventer un mode de correction dont on use volontiers à l'égard des petites sociétés qui se forment au sein des grandes. A l'insociabilité supposée des personnages visés s'érige l'insensibilité des censeurs. " Le rire ne peut pas être absolument juste - écrivait Bergson - répétons qu'il ne doit pas non plus être bon. Il a pour fonction d'intimider en humiliant. Il n'y réussirait pas si la nature n'avait laissé à cet effet, dans les meilleurs d'entre les hommes, un petit fonds de méchanceté, ou tout du moins de malice. Peut-être vaudra-t-il mieux que nous n'approfondissions pas trop ce point. Nous n'y trouverions rien de très flatteur pour nous. Nous verrions que le mouvement de détente ou d'expansion n'est qu'un prélude au rire, que le rieur rentre tout de suite en soi, s'affirme plus ou moins orgueilleusement lui-même, et tendrait à considérer le personnage d'autrui comme une marionnette dont il tient les ficelles. Dans cette présomption, nous démêlerions d'ailleurs bien vite un peu d'égoïsme, et, derrière l'égoïsme lui-même, quelque chose de moins spontané et de plus amer, je ne sais quel pessimisme naissant... quelle amertume". En effet, peut-on se permettre de ne pas penser comme tout le monde ?

 

A l'évidence, le sarcasme ne peut rien contre le fanatisme, celui-ci n'étant jamais qu'une arme de dérision... dérisoire. Il est vrai, par ailleurs, que la caricature annihile toute forme de confiance, si bien que, contrairement à ce que nous serions tentés de croire, le scepticisme ne neutralisera jamais aucun fanatisme. Il aurait même tendance à l'exacerber. La seule chose que l'on puisse opposer à l'excès est la modération, au fanatisme .... le discernement, ce qui manque trop souvent, hélas ! à nos élites. 

 

 

Armelle Barguillet Hauteloire

 

 

 

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9 mars 2026 1 09 /03 /mars /2026 09:35

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Après une carrière en droit et en administration, Jean Marcoux, qui vient de prendre un aller simple pour les étoiles, écrivait des nouvelles les jours de pluie et aussi de beau temps. Il parlait avec passion de l’univers et osait parfois abjurer sa foi dans le «law and order» pour  s'aventurer dans la poésie. Auteur de "Les nouveaux Gulliver ".

 

 

 

Après avoir lu cet article clair et précis, vous ne pourrez, au sujet de l'atome et de la mécanique quantique, qu'étonner vos amis ... car vous aurez compris quelques-uns des mystères de l'univers.

 

Toute la matière connue est faite d’atomes : votre table d’ordinateur, la petite fleur que vous y avez mise, votre chat qui vient se frôler sur votre jambe, le soleil dont les rayons entrent par votre fenêtre, les étoiles qui enchantent vos nuits, vous, moi, tout est atome. Mais ce qui est étonnant, c’est que les atomes sont surtout faits de vide. Si, comme le disait récemment un de mes amis physiciens, on se représentait le noyau de l’atome comme la pointe d’une aiguille, la taille de l’atome correspondrait au volume de la pièce dans laquelle vous êtes assis devant votre ordinateur. Donc un noyau de la taille d’une pointe d’aiguille(qui, incidemment, contient 99,98% de la masse de l’atome) perdue dans l’immensité d’une pièce et tout le reste est un vide sillonné par de minuscules électrons (qui ne représentent que 0,02% de la masse de l’atome, aussi bien dire presque rien). Bizarre n’est-ce pas, de penser que nous sommes faits essentiellement de vide ! 

 

Plus étonnant encore est le fait que les lois physiques habituelles, celles qui ont été énoncées particulièrement par Isaac Newton et qui régissent notre comportement quotidien (comme, par exemple, la loi de la gravitation universelle qui nous garde les pieds collés au sol et permet d'interpréter aussi bien la chute des corps que le mouvement de la Lune autour de la Terre), deviennent négligeables sinon inapplicables dans le monde de l'extrêmement petit. Dans ce monde, ce sont d’autres lois qui prennent le devant de la scène : les lois de ce qu’on appelle la mécanique quantique. Cette mécanique décrit le comportement des atomes et des particules qui les composent.

 

Avec la théorie de la relativité d’Einstein, la mécanique quantique aura été la théorie scientifique la plus révolutionnaire du XXe siècle. Elle nous permet d'accéder au monde de l'extrêmement petit peuplé d'atomes, de photons, de neutrinos, de quarks et autres particules aux noms exotiques. C'est un monde bizarre et déroutant qui semble défier la logique et le bon sens. Pourtant, la théorie quantique a fait ses preuves, puisqu'elle est à l'origine des progrès technologiques fantastiques de notre époque : l'électronique, ses transistors, ses semi-conducteurs, le laser, etc. Jusque vers les années 1920, on croyait bien connaître la nature de la matière et être en mesure de percer graduellement tous les secrets de l’univers. On prenait pour acquis que si l’on connaissait tous les ingrédients d’un problème, on pouvait le résoudre. Le monde était désormais sans mystères et, peu à peu, on arriverait à tout expliquer.

 

Le hasard n’avait aucune place dans cet univers déterministe où la raison régnait en maîtresse. Mais voilà que la mécanique quantique vient jeter une pierre dans cet étang de certitude : au niveau de l'extrêmement petit, le monde n'est plus ordonné, déterministe, comme dans notre quotidien. Il devient incertain et soumis au hasard. Le monde scientifique perd pied. Cette mécanique nous ouvre les yeux sur de bien étranges mystères, particulièrement sur le fait que l’on ne peut plus prédire avec exactitude le comportement des particules mais qu’il faut se contenter de probabilités. Je m’explique : si je m’installe sur le bord du trottoir et que je regarde une automobile passer devant moi, je peux évidemment situer exactement où se trouve cette automobile et, si j’ai en mains un radar, je peux, simultanément, connaître exactement sa vitesse. Eh bien, dans le monde quantique, rien ne va plus : si j’arrive à localiser un électron, je ne suis plus capable d’établir simultanément sa vitesse de déplacement. Inversement, si j’établis cette vitesse, je ne sais plus avec exactitude où se trouve ce cachottier d’électron. Je dois me contenter de le situer approximativement. C’est ce que Heisenberg a appelé «le principe d’incertitude». Un sacrilège qui a ébranlé les fondements de la physique classique où l’on ne jurait que sur l’autel de la certitude.

 

 

Vous n’y comprenez rien à cette mécanique quantique? Eh bien, vous êtes sur la bonne voie : il n’y a rien à comprendre. « Je pense que je peux dire sans grande crainte de me tromper que personne ne comprend la mécanique quantique » - disait le grand physicien Richard Feynman. Mais il y a encore plus étrange dans ce monde de l'extrêmement petit : des particules qui naissent de rien et disparaissent en un éclair, comme le dit Pierre Yves Morvan 

 

«…pendant des temps très courts, le principe de conservation de l’énergie peut être violé. Ce principe dit en effet qu’on a rien pour rien, que tout se paie, ou encore qu’on ne peut avoir à la fois le beurre et l’argent du beurre. C’est déjà ce que disaient à leur manière Empédocle et Lavoisier : «Rien ne se perd, rien ne se crée».

Pourtant, les relations d’Heisenberg permettent que des couples particule/antiparticule apparaissent de rien et existent pendant un certain temps.

C’est dire que des particules naissent d’un coup de baguette quantique et entrent, sans aucune invitation dans le grand bal de l’être.»

 

Par ailleurs, nous sommes incapables de calculer à quel moment un neutron disparaîtra : sa disparition est laissée au pur hasard. Lavoisier se retourne dans sa tombe. Einstein a combattu toute sa vie la physique quantique,vainement. Il n’arrivait pas à admettre que, au niveau de l’infiniment petit, le comportement des particules soit laissé au hasard. D’où, sa célèbre phrase : «Dieu ne joue pas aux dés». Ce à quoi, son adversaire et pourtant ami, Niels Bohr, lui répondait : «Qui êtes-vous, Einstein, pour dire à Dieu ce qu’il doit faire?»

D’autre part, on ne sait plus ce qu’est véritablement la matière. Si, par exemple, on examine la trace qu’un électron laisse sur une plaque métallique, on décèle une particule. Si on lui tourne le dos, il se comporte comme une onde. Certains avancent même une «théorie des cordes» où l’atome ne serait pas un corpuscule mais serait fait de vibrations ??? Qui donc est-il véritablement ? J’aime bien à cet égard rappeler les mots de l’astrophysicien James Dean qui disait que l’univers ressemble parfois plus à une grande pensée qu’à une grande machine.

On peut donc dire que, au niveau de l’extrêmement petit, la réalité nous échappe. Le monde des déterministes, qui s’acheminait vers un monde sans mystère, devient soudain un monde opaque où règnent des fantômes.

 

 

 

 

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22 août 2025 5 22 /08 /août /2025 07:18
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé

Dans l’art d’aujourd’hui, une absence ne peut manquer de frapper l’observateur : celle du visage humain. Alors qu’il était depuis le VIe siècle au centre de la tradition artistique européenne, nous l’avons vu disparaître au fur et à mesure que le christianisme, religion de l’incarnation, s’est abimé dans l’oubli. Rares sont les peintres d’aujourd’hui qui entendent consacrer leur attention et leur inspiration au visage humain afin de lui restituer la place, qui est la sienne, de toute éternité. Hölderlin soulignait que « l’homme habite poétiquement cette terre ». En effet, la poésie a vocation à traverser l’art qui n’est autre que la découverte de l’être dans la beauté. Or, nous assistons chaque jour davantage à l’oubli de l’être dans sa prolongation métaphysique, à l’oubli du sens. Il semble que l’art contemporain soit devenu autiste et ne souhaite plus révéler les trésors de la vie intérieure, alors que la descente en soi appelle le besoin de transmettre et de communiquer. Apparu vers 1910, le cubisme disloque et concasse ; de ses débris épars – nous dit René Huygue – « il recompose selon des lois qui ne sont pas celles de la vraisemblance et de la logique, le tableau, objet gratuit et neuf ».  Désormais, l’art remplace la véracité des apparences par des rapports d’harmonie quasi mathématiques. Picasso ne cessera de dénigrer les apparences du monde visible et d’instruire une logique nouvelle, interne et arbitraire, qui débouchera fatalement sur une absurdité visuelle, se plaisant à déstructurer les apparences, à déformer les visages, à plonger l’homme dans les aléas d’une position inférieure. Si bien que, dans la plupart de ces toiles, l’être humain n’est plus celui qui se pense mais celui qui se subit.

 

L’homme du XXIe siècle, désormais enchaîné à la technique et à la matérialité, voit s’effacer progressivement de notre paysage spirituel sa  réalité intérieure. Est-ce l’image de l’homme tragique qui fait peur à nos contemporains et la raison pour laquelle il la supprime de ses représentations ? Ou serait-ce parce que le visage nous rappelle trop que chacun de nous est unique et que toute tentative d’uniformisation relève de l’utopie ?  Oui, celui-ci n’est plus l’objet d’une constante réflexion, d’un questionnement universel et sombre irrémédiablement dans l’anecdotique. L’esprit ressent le malaise de cette navigation désespérée au point que l’existentialiste Jean-Paul Sartre l’a nommée « la nausée », ainsi l’homme s’est-il peu à peu condamné à en explorer la nuit inhumaine, gouffre violent et invivable où des puissances étranges disposent en cachette de nos forces et de nos pensées. Heidegger notait que nous nous sentions flotter dans le vide. Toute réalité solide nous fait défaut sans que nous puissions arrêter cette désagrégation, nous retenir à quoi que ce soit. Mais fi de ces amertumes, il y a encore dans le monde des veilleurs qui entendent rendre à l’homme son visage, sa beauté, son mystère, sa transcendance. Quelques peintres ont relevé le défi et maintenu le dialogue avec le visage qui est bien le reflet de l’âme, le livre ouvert qui mène aux méditations essentielles. Des peintres de l’envergure d’un Michel Ciry ( voir l’article que je lui ai consacré en cliquant  ICI ), ce maître de l’interrogation spirituelle, ou bien François-Xavier de Boissoudy qui a récemment consacré une exposition à la galerie Guillaume à Paris sur le thème de la miséricorde.

 

Véronique Desjonquères s’inscrit dans cette lignée. Elle aussi entend pratiquer un art qui s’associe à une spiritualité incarnée et universelle, dans une quête assumée de la personne humaine. Répondant aux aspirations d’un écrivain comme Jean Clair, elle s’est donné pour tâche de rendre plus évidente la part invisible de l’être, soit « la part de l’ange ». Cette part de l’être surpris dans son intimité, sa détresse, son recueillement, son innocence, sa singularité, ses interrogations. L’artiste peintre, qu’elle est, aime à représenter ses modèles dans leur quotidien, leurs gestes journaliers, leurs regards tournés vers le dedans afin de capter leur propre silence, de rendre aux mains si expressives leur histoire simple, enfin de traverser le temps et l’espace de manière à donner à voir cette éternité en germe en chacun de nous.

 

Ayant passé plusieurs année à Bombay, Véronique ne s’est pas contentée de vivre en vase clos, elle a voué la majorité de ses heures à l’écriture et à la peinture, de manière à entrer en contact avec une population dont la difficile réalité sera pour elle une expérience inouïe et un enrichissement tant sur le plan humain qu’artistique. Elle y a même consacré un livre, dont j’ai parlé sur mon blog (pour consulter l’article, cliquer LA ), sous la forme de dessins et d’interviews, livre-témoignage qui l’a conduite au cœur d’un univers coloré, vibrant, souvent pathétique et toujours digne. Aujourd’hui, elle se trouve – pour les raisons professionnelles de son mari – à Hong-Kong, où elle expose les 27 - 28 et 29 mai certaines de ses œuvres, dont quelques-unes ont été réalisées en Inde. L’ensemble est d’une qualité indiscutable comme vous pouvez en juger en regardant la vidéo et le diaporama qui se trouvent au bas de l’article. La plupart sont des portraits dont les regards, les expressions trahissent tantôt la solitude de la personne âgée, tantôt la fragilité de l’enfance, tantôt le labeur de l’homme, en quelque sorte le visage humain dans la plénitude de sa diversité.

 

Ces visages d’une belle intensité baignent tous dans des tons harmonieux qui exaltent ou apaisent ou mieux transcendent ce que la vie a blessé, mortifié, parfois abaissé. Van Gogh disait que la couleur « c’est l’enthousiasme de la vie ». Véronique Desjonquères adhère à cet enthousiasme, d’autant plus et mieux qu’il signifie  "Dieu dans sa vie". Et la foi, dans sa grandeur et souvent sa misère, n’est-elle pas dans la sienne, dans la nôtre ? C’est pourquoi ces toiles magnifiques et d’une mélancolie enjouée et confiante parlent-elles à nos coeurs et prolongent-elles nos interrogations et nos espérances.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 


Pour consulter la liste des articles de la rubrique CULTURE, cliquer  ICI

 

Pour lire mon article sur "L'univers floral de Véronique Desjonquères", cliquer   LA

Sur celui consacré  à "Une jeune peintre nous raconte Hong Kong"  cliquer   LA

Enfin sur "Desjonquères et Boissoudy ou l'humain réhabilité", cliquer   ICI

 

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Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
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25 juillet 2025 5 25 /07 /juillet /2025 07:57
OCEAN' SONGS d'OLIVIER DE KERSAUSON

"Je suis issu d'une génération qui a rêvé de grands espaces" - souligne dans "Ocean's songs" Olivier de Kersauson  qui se dévoile davantage dans ce livre que dans les précédents, car "prendre la mer, c'est tout sauf une fuite, c'est au contraire une discipline et une contrainte" - pousuit-il et il nous livre comment et pourquoi cette discipline est la seule qui l'ait tentée "tant il lui est apparu indécent de ne pas aller partout dans le monde voir de ses yeux l'extraordinaire tentation" de se frotter aux couleurs de l'absolu. Il a connu toutes les mers et les océans, a vécu pauvrement, chichement mais quelle vie ! Ce monde émouvant et brutal lui a toujours plu.

 

Mais la navigation n'est pas simple et Kersauson a traversé des moments  difficiles car le passage du Horn et beaucoup d'autres ne sont pas aisés, sont même épouvantables. Il lui est arrivé de passer 11 jours dans l'entresol de l'enfer. L'archipel des délices reste pour lui la Polynésie car son métier  lui a permis de naviguer  sur toutes les mers du globe et ces tours du monde se présentent selon lui comme le cours le plus magistral de géographie. Partir d'un point et y revenir nous assure que notre existence a été sensée, parfaite et achevée, et il précise qu'il n'est jamais fatigué de la solitude. Il lui est redevable car c'est elle qui a conduit sa vie. "Je peux rester ainsi une demi-journée à la lisière de mes reves et de mes souffrances". "La miséricorde" - ajoute-t-il - "est un engrais dont je fais grand usage". Et il est certain que ce livre ajoute à son oeuvre une magie émouvante.

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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5 mai 2025 1 05 /05 /mai /2025 08:04
M'entends-tu, Géronimo ? récit d'Edmée de Xhavée

Le dernier ouvrage d'Edmée de Xhavée, comme les précédents, se lit avec plaisir car elle nous raconte avec beaucoup d'humour son séjour de plusieurs années en Amérique du Nord, nous décrivant avec faconde ce pays ou bien des aventures prennent naissance. Edmée a travaillé aux Etats-Unis, durant ce long séjour, dans les finances après être passée par l'enseignement et l'imprimerie. Ainsi, une vie bien remplie, qui a connu des aventures inattendues, a pris naissance grâce à des rencontres diverses et nous ouvre un véritable panorama comme le ferait une musique d'opéra.

 

L'auteure nous décrit l'Amérique et les surprenants spectacles  auxquels elle a assisté avec la population dont celle des Indiens "ces hommes qui aimaient leur mère la terre." Son récit nous promène dans des décors et saveurs envoûtantes et, durant ce très long séjour, Edmée se félicite d'avoir approché  des Indiens dans leur réalité, "précieuse expérience" - souligne-t-elle, "me libérant de deux images aussi fausses l'une que l'autre : le noble sauvage écolo exemplaire et le débris humain alcoolique". Elle précise avec conviction et finesse que "les souvenirs ne doivent pas peser mais nous propulser. Compléter de mille couleurs cette personne en devenir que nous sommes en permanence". De ce séjour, Edmée de Xhavée a su tirer les images, les souvenirs, les sons, les parfums, "entre autre lors de la saison des odeurs où les feuilles qui expirent et tombent au sol libèrent leur haleine un peu acide."

 

Et puis, il y a les rencontres, souvent drôles, inattendues, des hippies de jadis qui savent rénover des maisons victoriennes, reprendre un contact sensible avec le passé, même si celui de l'Amérique n'est pas aussi âgé que celui de l'Europe. Si bien que visiter les Etats-Unis avec elle est un sacré voyage où les saisons nous accompagnent dans leur vérité ou l'une d'elle, soit l'automne, se déploie sur un air symphonique. Oui, ce séjour américain m'a beaucoup plu, il est haut en couleurs, en rencontres, en descriptions, si bien que l'on a le sentiment de parcourir des paysages ou des lieux de vie extraordinaires et de connaitre des personnes qui devaient déjà séjourner dans notre imaginaire. C'est cela, Edmée nous offre un séjour qu'elle a le don de personnaliser à notre intention, de nous rendre proches des Indiens dans leur réalité et de nous décrire des lieux où "le soleil reste au sol plus tard que partout ailleurs et que les hauts buildings l'empêchent de caresser les profondeurs des rues depuis longtemps déjà."

 

Armelle Barguillet Hauteloire

 

 

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22 avril 2025 2 22 /04 /avril /2025 08:22
Jeanne Lanvin de Jérôme Picon

Jeanne Lanvin naît dans un milieu pauvre, si bien que son école sera sa maison paternelle et que ses parents ne lui demanderont rien d’autre que de participer aux tâches ordinaires. A l’âge de 13 ans, ils l’envoient néanmoins travailler comme apprentie chez madame Bonnie qui possède un atelier de couture assez modeste, mais introduit Jeanne dans le monde de l’élégance et de la frivolité. Ses premières expériences vont la conduire, au bout de 5 années, à s’établir à son compte, d'abord pour se consacrer à une carrière dans les chapeaux, puis elle ajoutera la haute couture et, plus tard, les parfums.

 

En février 1896, elle épouse Emile di Pietro, né à Saint-Pétersbourg et âgé de 24 ans, qui lui donnera son seul enfant, une fille qu’elle nommera Marguerite et qui occupera une place exceptionnelle d’amour dans son  existence. Quant à l’alliance maritale, elle sera vite détruite. Ainsi, Jeanne est-elle désormais la mère d’une fille ravissante et une créatrice d’une incontestable envergure. Son travail de créativité est intérieur et impénétrable pour ses proches. Jeanne participera beaucoup aux changements et constantes évolutions de la mode, ce sera le cas entre les deux guerres lorsque les ourlets remontent et que les tailles se resserrent.

 

En 1917, sa fille envisage de se marier avec un ami, étudiant en médecine,  du nom de René Jacquemaire, petit-fils de Clémenceau, alors qu’il vient de recevoir la Croix de guerre pour son travail comme infirmier militaire. Le jeune couple s’installera boulevard Lannes et Marguerite va ouvrir un salon  où elle se consacrera à la musique, étant elle-même une excellente pianiste qui fera l’admiration de musiciens tel que Poulenc. Mais le couple ne dure pas et la jeune femme divorcera en 1921 tant l’époque de leur enfance partagée a plombé leur union. Pour eux la perspective de la vie s’ouvre vers l’arrière. Nourrie par le passé, leur union n’a pas su s’adapter au présent. Mais la beauté de Marguerite ne la laisse pas seule longtemps, elle plaît, elle séduit, et le comte Jean de Polignac sera l’auteur de sa rupture avec son passé et l’incitera même à abandonner son prénom de Marguerite pour celui de Marie-Blanche, ainsi le comte invente-t-il sa femme ... Quant à Jeanne Lanvin, elle participe à toutes les manifestations internationales importantes pour l’industrie et le commerce de l’élégance, dont celle de San Francisco en 1915 et celle franco-belge de Bruxelles en 1922. Entre 1918 et 1939, 16.000 modèles sont présentés et répartis en collections annuelles en août et février. Le chiffre défie toute comparaison et, désormais à son zénith, la maison Lanvin emploie plus de mille ouvrières dans vingt-cinq ateliers et comprend de nombreuses succursales dont celles de Deauville, Biarritz et Cannes.

 

Aimant le théâtre, Jeanne Lanvin réalisera de nombreux costumes, casques et coiffures pour les pièces que composent ou interprètent ses auteurs et acteurs préférés. En 39/45, la maison Lanvin traversera la tourmente sans trop de dommages. Le style Lanvin a assuré une permanence à cette maison tenue par une femme expérimentée et inspirée. En 1946, Jeanne, usée, est en fin de vie et meurt le 6 juillet. Sa fille envisage, non sans panache, de reprendre elle-même la direction mais s’éteint à son tour le 14 février 1958. Veuve de son époux Jean de Polignac depuis octobre 1943, elle s’est mise en veilleuse et mène une existence discrète et mélancolique. «  De cette histoire – souligne Jérôme Picon – une mère exigeante, une fille trop aimée, une griffe splendide, la plus secrète est celle qui a engendré et créé les deux autres. »

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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24 février 2025 1 24 /02 /février /2025 09:21
Ma vie sans gravité de Thomas Pesquet

Comment devient-on le plus jeune Français à partir vers la Station spatiale ? Comment passer de sa Normandie natale aux pas de tir de Baïkonour et de Cap Canaveral ? Pour la première fois, Thomas Pesquet se raconte sans détour, dans un récit très personnel aussi drôle que surprenant. Il nous entraîne des coulisses de l’école des astronautes jusqu’au frisson du décollage, partage le quotidien de ses 396 jours à bord de l’ISS et l’émerveillement de découvrir, flottant dans le vide intersidéral, notre planète si fragile.

Jeune, Thomas Pesquet fait de brillantes études et la connaissance d’Anne qui deviendra sa compagne et, après math sup, prépare l'agronomie. Thomas Pesquet choisit, dès la seconde année, le spatial et prend plaisir aux aventures en sac à dos. Il est vite affecté aux avant-projets et prépare la mission d’une sonde spatiale, ce qui l’oblige à envisager, dans les grandes lignes, les paramètres en fonction des objectifs de la mission.

 

Il choisit bientôt pour formation celle de pilote de ligne et se met en couple avec Anne avec laquelle il comprend très vite qu’il partage les convictions essentielles. L’ESA, l’agence spatiale européenne, recrute alors de futurs astronautes, Thomas s’inscrit, et l’ESA retient sa candidature pour ce marathon de l’espace qui commence, d’ores et déjà, pour ce jeune homme de 30 ans.

 

Il est sélectionné avec 5 autres personnes et les préparations vont débuter pour un départ dans l’espace fixé à 2013. Dès 2009, il se remet aux études et à des stages successifs pour devenir homme de l’espace et s’installe à Cologne avec sa femme qui se voit obligée de faire de constants allers et retours vers la France afin de conserver son activité professionnelle. Mais personne ne grimpe dans un Soyouz, vaisseau spatial soviétique, sans parler couramment le russe. Et c’est ce que auquel Pesquet, candidat astronaute, doit se consacrer désormais.

 

Il ne lui faut pas moins de 7 années à consacrer à l’espace, accepter les expériences physiques et morales  les plus redoutables, attendre 2017 et se séparer de sa femme durant des mois pour prendre le Soyouz qui le transportera à  28000 kms/heure jusqu’à la station internationale russe. Le trajet durera 54 heures afin d’effectuer les 200 kms qui séparent la station de notre planète. Dans cet espace, il a l’impression de nager à cause de l’apesanteur ou, plus précisément, de flotter. Désormais, le Soyouz est arrimé sur le dessous de la station et assurera, dans quelques mois, le retour à la terre. Pesquet consacrera beaucoup de temps à prendre d’innombrables photos et s'acquittera des expériences prévues à l’intérieure de la station, mais également dans l’espace.

 

Bientôt on lui confie une EVA afin de moderniser l’installation électrique de la station. «  Franchement je suis en train de vivre un grand moment de pression. » - note-t-il. Le 27 février 2017, Thomas Pesquet fêtera ses 39 ans dans l’espace avec ses collaborateurs grâce à un repas  qui lui a été envoyé depuis la Russie. Le Back Home approche. Il s’agit de passer d’une orbite circulaire à une orbite elliptique qui, par sa courbe, va les conduire naturellement à descendre vers la terre. Les astronautes sont attendus par une équipe de médecins qui les conduira à l’hôpital pour toutes les vérifications qu’exigent leurs corps car il faut se réhabituer à la pesanteur.

 

En 2021, Thomas Pesquet repartira dans l’espace depuis le cap Canaveral aux Etats-Unis ou 13000 personnes travaillent et ou Pesquet sera le responsable et directeur de ce séjour d’avril à novembre 2021. Beau parcours pour ce jeune homme spationaute qui ne cesse de nous éblouir par sa compétence et son extraordinaire capacité à tout affronter avec calme et lucidité. Nous l’avons suivi dans cet espace grandiose qu’il raconte avec une gaieté rayonnante et un moral d’acier. Il nous décrit un univers rigoureux et exigeant avec une précision et une connaissance qui nous proposent un large espace de réflexion et de méditation. Merci infiniment Thomas Pesquet.

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

 

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27 janvier 2025 1 27 /01 /janvier /2025 09:55
L'opportunité de vivre - Ultimes études d'André Comte- Sponville

S’adresser au public sans pour autant faire de son récit un hymne à la joie, de quelque nature qu’il soit, est le souci du philosophe André Comte- Sponville, qui s’empresse de souligner qu’il est d’autant plus satisfait de sa propre existence qu’il a renoncé, depuis son adolescence, au bonheur et à la félicité. Selon lui, c’est en faisant en sorte d’espérer un peu moins que l’on peut connaitre une certaine forme de satisfaction et de sérénité. « Ma mère a passé sa vie à espérer et elle en est  morte. » - avoue-t-il. Pour lui, la sagesse est de ne pas miser sur l’espérance qu’il considère comme l’une des causes principales des suicides et de se contenter d’aimer et d’agir qui sont indiscutablement la meilleure manière d’être heureux, alors que l’espérance risque trop souvent de nous réduire à l’impuissance.

 

Méditer, marcher, travailler, être vivant lui suffisent largement parce que le travail, l’art, l’écriture sont l’expression même  de la vie. Comme Diderot, il considère que la philosophie est à son service et a le pouvoir de lutter contre l’obscurantisme et le fanatisme. Selon son approche, une vraie tristesse vaut mieux qu’une fausse joie. Néanmoins, il ne manque pas de souligner que ce n’est pas le bien-être intellectuel ou moral qui est son but ultime mais que la philosophie  doit s’attacher à nous faire accepter notre condition mortelle, penser notre vie et vivre notre pensée. " Il y aura toujours, c’est vrai, un décalage entre le vécu et la pensée, mais il s’agit de penser au plus près son expérience de la vie."

 

« Selon  moi, mieux vaut une vraie tristesse qu’une fausse joie » - dit-il. Le philosophe n’a-t-il pas le devoir de rendre populaire la philosophie contre ce qui nous menace, le fanatisme et l’obscurantisme. Et pour cela, il doit se faire comprendre. Pour moi, philosopher, c’est penser sa vie et vivre sa pensée. Nous sommes nés pour agir. Ce sont les actions et les relations qui comptent  - assure-t-il, car la vie n’a jamais tort, alors que nos espoirs sont trop souvent illusoires et mensongers.

 

 

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16 décembre 2024 1 16 /12 /décembre /2024 09:06
MA LETTRE AU PERE NOEL 2024

Cher Père Noël,

 

Il m’arrive de me demander quelle est ton humeur à la veille des fêtes tant il est vrai que ton image de grand-père bienveillant et dévoué, au cœur d’or et au caractère immuablement optimiste, est si peu en adéquation avec le monde d’aujourd’hui. Toi et le petit Prince (dont Saint Exupéry nous a conté la vie ), qui vivez non loin l’un de l’autre sur des  planètes à taille humaine, vous devez être épouvantés à la vue d’un ciel de plus en plus pollué et, à chaque instant, dérangés par les ondes multiples qui vous parviennent de la terre et des satellites qui encombrent l’empyrée au point que celui-ci sera bientôt aussi embouteillé que les artères de nos mégapoles. Sans oublier les ondes en provenance des innombrables portables, iPads et appareils numériques divers qui font vibrer vos oreilles et réduisent à une peau de chagrin le précieux silence du firmament.

 

 

 

Oui, de quel œil regardes-tu, cher Père Noël, un monde qui ne croit ni à Dieu, ni à diable, a relégué dans les oubliettes les poètes et les illusionnistes et accorde plus d’attention aux économistes et financiers du Cac 40 qu’aux conteurs et aux magiciens ? J’imagine que ton humeur n’est pas toujours au beau fixe et qu’il t’arrive plus d’un jour ou d’une nuit d’avoir envie de prendre ta retraite et de jeter ta lourde hotte aux orties. Te reposer enfin, ce serait sans doute le seul cadeau de Noël en mesure de te combler. Mais vois-tu, sur notre planète terre, très bruyante et très agitée, il n’y a pas de Père Noël pour réaliser ce souhait légitime, il n’y a que des désenchantés, des abîmés, des désillusionnés, des amers qui rêvent de migrer vers d’autres lieux, vers Mars peut-être, ou vers des astéroïdes qu’ils s’empresseraient d’ailleurs de rendre invivables et bruyants en un tour de pelle. Il est vrai aussi que nous ne savons pas être tranquilles, cohérents, raisonnables, unis, accordés, confiants, sages, mesurés et prudents. Il nous faut toujours un ennemi à pourfendre, un combat à engager, une guerre à conduire, une idéologie à promulguer et bien peu d’idéal à servir. Nos jardins sont certes emplis de fleurs mais nos cœurs chargés d’épines. L’homme a trop de faiblesse et d’ambition pour user du temps avec clairvoyance et discernement. Voilà  son malheur.

 

 

Et toi, cher Père Noël, comment conçois-tu l’avenir, ton avenir dans un monde qui se refuse à sauver ses espérances et ses traditions ? As-tu formé un successeur, as-tu encore des projets ? Serais-tu  lassé, désabusé au point de nous abandonner à notre triste sort ? Bien que je le redoute,  je n’ose l’envisager. Quoiqu’il en soit, ne pars pas sans retour, accorde-nous un sursis, prends en compte  ce qui en chaque adulte subsiste de son enfance et, en chaque enfant, cette part d’innocence  encore tendre et immaculée. Rappelle-nous que l’enfance sera toujours un univers  à réinventer et  à ré-enchanter, le seul qui mérite une saine colère. La tienne. Puis, fais pleuvoir sur la France, qui ne le mérite guère, une pluie d’étoiles pour éclairer nos cœurs.

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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Et pour prendre connaissance de mes autres lettres au Père Noël, cliquer sur leurs titres :
 

Lettre au Père Noël 2016

Lettre au Père Noël 2013

Lettre au Père Noël 2012

 

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2 décembre 2024 1 02 /12 /décembre /2024 10:17

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OCEAN'S SONGS de OLIVIER DE KERSAUSON

 

 

BELLÊME, MON COMBRAY de CELINE POSSON-GIROUARD
 

 

M'ENTENDS-TU GERONIMO - RECIT D'EDMEE DE XHAVEE

 

JEANNE LANVIN de JERÔME PICON

 

MA VIE SANS GRAVITE de THOMAS PESQUET

 

L'OPPORTUNITE DE VIVRE - ULTIMES ETUDES d'ANDRE COMTE-SPONVILLE

 

MA LETTTRE AU PERE NOEL

 

Michel Ciry (peintre et écrivain) ou la reconquête spirituelle

 

Souvenir de Tivoli

 

BERNARD MOITESSIER OU LA LONGUE ROUTE

 

IL ETAIT UNE FOIS L'ATOME

 

LA CRETE ENTRE REALITE ET LEGENDE

 

LES QUATRE SAISONS - FABLE

 

GABRIELE CHANEL OU L'INDEMODABLE ELEGANCE

 

MA DERNIERE LETTRE AU PERE NOEL

 

LES LUEURS PREMONITOIRES DE L'ENFANCE

 

DOUZE MYTHES QUI ONF FONDE L'EUROPE de MICHEL BLAIN

 

SAINT-MAUR, PEINTRE NOMADE

 

BIBLIOPHILIE OU LA PASSION DES LIVRES

 

LES ETATS GENERAUX DE NOS AMIS LES ANIMAUX - FABLE

 

GEORGES BRAQUE, PEINTRE DE LA LIBERTE

 

ELOGE DES PETITES CHOSES

 

VERITAS TANTAM - LA VERITE A UNE TELLE PUISSANCE QU'ELLE NE PEUT ÊTRE ANEANTIE d'OLIVIER de KERSAUSON

 

NICOLAS DE STAEL, LUMIERE DU NORD, LUMIERE DU SUD

 

ENTRETIEN AVEC VERONIQUE DESJONQUERES, ARTISTE PEINTRE

 

VERONIQUE DESJONQUERES OU LE VISAGE RETROUVE

 

L'UNIVERS FLORAL DE VERONIQUE DESJONQUERES

 

DESJONQUERES ET BOISSOUDY OU L'HUMAIN REHABILITE
 


VERONIQUE DESJONQUERES NOUS RACONTE HONG-KONG

 

BEAUTIFUL, BECAUSE OF YOUR HEART de VERONIQUE DESJONQUERES

 

LE VENT, NON DANS LES VOILES MAIS SUR LES TOILES

 

ENTRETIEN A BÂTONS ROMPUS AVEC LA PIANISTE ET COMPOSITRICE JULIA RIABOVA

 

SURCOUF, LE TIGRE DES MERS de DOMINIQUE LE BRUN

 

REVER, OSER, SE DEPASSER de JUSTINE HUTTEAU

 

LE GOÛT DE LIRE

 

JACQUES-EMILE BLANCHE, PEINTRE ET CRITIQUE D'ART

 

LUC FERRY EN QUÊTE D'UN NOUVEL HUMANISME

 

MA LETTTRE AU PERE NOËL - 2021 -

 

POMPEI OU L'APOCALYPSE SELON PLINE LE JEUNE

 

LA RIVIERE DES FILLES ET DES MERES d'EDMEE DE XHAVEE

 

HAÏTI, UN DESTIN SINGULIER

 

MA LETTRE AU PERE NOËL (2020)

 

LA LEGENDE DU ROI ARTHUR ET LA FORÊT DE BROCELIANDE

 

MON GRAND-PERE CHARLES CAILLE OU L'ART DES JARDINS

 

LA GUERRE DE VENDEE


POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE - LA VIE TUMULTUEUSE D'ANNA GOULD ET BONI DE CASTELLANE de LAURE HILLERIN


LA COMTESSE GREFFULHE de LAURE HILLERIN

 

UN AUTOMNE SUR LA COLLINE


UN PRINTEMPS SUR LA COLLINE

 

ELOGE DU SOUVENIR

 

CHERS DISPARUS

 

LUMIERE D'AUTOMNE

 

TOFFEE SUIVI DE LA PREFERIDA de EDMEE DE XHAVEE

 

LA PETITE DANSEUSE DE QUATORZE ANS de CAMILLE LAURENS

 

HUMEUR DE JUIN

 

PÂQUES AU SON DES CLOCHES DE NOTRE-DAME - QUAND RE-SONNERONT-ELLES ?

 

LA CATHEDRALE DANS L'IMAGINAIRE DES HOMMES

 

PHILIPPE VASSEUR OU LE PEINTRE FACE A SA PROPRE ENIGME

 

GEORGES BERNANOS, INCROYABLE VISIONNAIRE DE NOTRE TEMPS

 

LES CHATS DE HASARD d'ANNY DUPEREY

 

LA FIN DE L'HOMME ROUGE de SVETLANA  ALEXIEVITCH

 

L'AME DESARMEE de ALLAN BLOOM

 

MA LETTRE AU PERE NOEL 2018

 

LA GUERRE N'A PAS UN VISAGE DE FEMME de SVETLANA ALEXIEVITCH

 

LE RETOUR AUX SOURCES OU L'ART DE S'EMERVEILLER

 

UN ETE AVEC HOMERE de SYLVAIN TESSON
 


SILENCIEUX TUMULTES de EDMEE DE XHAVEE

 

L'AUBERGE DE LA MERE TOUTAIN, LE BARBIZON NORMAND

 

TROUVILLE ET LES PEINTRES

 

MARCEL PROUST, RUSKIN ET LA CATHEDRALE d'AMIENS de JEROME BASTIANELLI

 

LES LUMIERES DE SAINT AUGUSTIN d'ISABELLE PRETRE

 

RETOUR A LA PLAGE

 

DICTIONNAIRE AMOUREUX de SAINT-PETERSBOURG de VLADIMIR FEDOROVSKI

 

JOYEUSES PAQUES

 

VERMEER OU L'ENIGME INTERIEURE

 

SUR LES CHEMINS NOIRS de SYLVAIN TESSON

 

LE MYSTERE DE LA JOCONDE EN PARTIE DEVOILE

 

MA  LETTRE AU PERE NOEL 2016

 

JOURNAL D'UNE VERVIETOISE DES BOULEVARDS d'EDMEE DE XHAVEE

 

LA GALERIE DES CARROSSES DE VERSAILLES

 

ONZE LECONS DE PHILOSOPHIE POUR REUSSIR SA VIE d'ISABELLE PRETRE
 


BERTHE MORISOT, LA FEMME EN NOIR de DOMINIQUE BONA

 

EUGENE BOUDIN, LE MAGICIEN DE LA LUMIERE

 

CLAUDE MONET EN NORMANDIE

 

CETTE NUIT LA MER EST NOIRE de FLORENCE ARTHAUD

 

BARONNE BLIXEN de DOMINIQUE DE SAINT PERN

 

LES PAQUES DE MON ENFANCE AU RONDONNEAU

 

L'OISEAU DANS LA LITTERATURE

 

L'OISEAU DANS LE FOLKLORE FRANCAIS

 

QUI ETAIT LA DUCHESSE DE MORNY ?

 

L'HIVER DES POETES

 

LA GALETTE DES ROIS - SON HISTOIRE

 

NOS TABLES GOURMANDES - HISTOIRE  DE NOS REVEILLONS

 

NOEL, L'HISTORIQUE D'UNE TRADITION

 

TANZANIE/KENYA, PAYS MASSAI

 

LA MODE RETROUVEE - LES TOILETTES DE LA COMTESSE GREFFULHE

 

MADAME VIGEE-LEBRUN 

 

CHARLES MOZIN, LE PEINTRE DE TROUVILLE

 

L'ETE INDIEN

 

JARDINS DE PAPIER de EVELYNE BLOCH-DANO

 

LA VOLUPTE DES NEIGES de VLADIMIR FEDOROVSKI

 

AU FIL DES JOURS ET DE LA PLUME

 

L'AIR DU TEMPS OU LA RONDE DES PARFUMS

 

CATHEDRALE DE STRASBOURG - LE MILLENAIRE

 

LES DERNIERS MONDAINS de CAMILLE PASCAL

 

NOS GRANDS-MERES

 

ELOGE DE L'HIVER

 

Au bonheur des lettres de Shaun Usher

 

La Comtesse Greffulhe de Laure Hillerin

 

L'animal est une personne de Franz-Olivier Giesbert

 

La Callas, légendaire et tragique

 

DEAUVILLE : l'hippodrome de la Touques

 

DEAUVILLE, à l'heure du Polo

 

DEAUVILLE, cité de la voile et du cheval

 

La duchesse de Berry, une redoutable amazone 

 

La Normandie à l'heure du souvenir

  

Le pays d'où l'on vient

 

La dame à l'hermine de Léonard de Vinci

 

Jeanne Toussaint, l'impératrice de la joaillerie française
 


  Eloge du printemps       

 

Ma lettre au Père Noël ( 2013 )

 

Une fin d'automne

 

Stanley Rose ou l'empire du réel

 

Félix Vallotton, l'incompris

 

Retour au coeur de la matière

 

L'Atlantide et le mythe atlante 

 

Eugène Boudin et les plages normandes

 

John Ruskin ou le culte de la beauté

 

VOIX

 

Eloge de la France       

 

Ma lettre au Père NOEL       

 

William Turner ou l'éclat insolite de la lumière

 

Frédérick Chopin, une vie vécue comme un impromptu

 

La cité du bonheur  

 

Lettre au petit Prince

  

La princesse retrouvée de Léonard de Vinci  

 

Mstislav Rostropovitch

 

Visages de mer *
    


Mozart à l'heure du requiem  
   

             
Sacha Guitry, l'indémodable     

 

La Russie, de la Volga à la Neva    

 

La Crète minoenne ou l'histoire revisitée par la légende

     

 Le carnaval de Venise

       

 

atome 1218207555 arthur 18404970 turner-peinture-2-499x374 1224252585 pee342 1261859806 la meditation du philosophe rembrandt wince

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Présentation

  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
  • Contact

TEXTE LIBRE

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Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pours recevoir.
   Goethe

 

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