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23 janvier 2023 1 23 /01 /janvier /2023 10:05
Une colonne pour le paradis de Philippe Fiévet

Philippe Fiévet, pour mettre en scène l’histoire d’Antioche au Ve siècle, rapporte les propos de deux témoins, que tout oppose, à des enquêteurs qui resteront inconnus. Ceux-ci interrogent tout d’abord Alef, un très vieux moine, né muet à Antioche en 410, et ensuite la servante de Rufin un patricien romain ayant fui Rome détruite en 415 par les Goths. Alef raconte la vie de Paphnuce, moine comme lui mais plus âgé, qui quitte son monastère pour s’isoler dans le désert. A cette époque, la chrétienté réduit les derniers foyers de paganisme et de nombreux moines, ermites, anachorètes, stylites et autres reclus choisissent le dénuement, la souffrance, la frugalité dans l’isolement. Ils sont considérés très souvent comme des saints, des intermédiaires entre les croyants et Dieu. Paphnuce est un condensé de tous ces reclus, il quitte son monastère pour vivre dans une profonde citerne avant de se faire enchaîner à un rocher, pour finalement s’installer sur une colonne où il sera tour à tour persécuté et adulé, et même adoré. Il changera de colonne deux fois pour, à chaque fois, monter sur une plus haute, plus près du ciel, plus loin des malheurs et péchés terrestres. Quant à Rufin, patricien romain débauché, il a quitté Rome pour échapper au saccage des hordes d’Alaric ; sa servante raconte la vie de débauche menée à Constantinople qu’il quitte sous la menace avant de se réfugier à Antioche où il rencontre une comédienne qui devient son épouse. Par ailleurs, Alef et la servante évoquent les fastes de l’Orient qui brillent particulièrement à Antioche, ville réputée pour sa joie de vivre et son riche patrimoine, où la foi chrétienne s’exprime souvent à travers une forte spiritualité et des pratiques extrêmes comme celle de Paphnuce. Mais cette belle époque connaît un déclin tragique, notamment à l’occasion d’un tremblement de terre d’une rare violence qui détruit une partie de la ville. Dès lors Alep lui volera la vedette dans cette partie de l’Orient.

 

L’histoire de Paphnuce et de Rufin est celle d’Antioche au Ve siècle avec son versant et religieux et spirituel qui symbolise la christianisation de cette partie des empires et royaumes orientaux et, d’autres part, avec Rufin, le luxe et la luxure des empires décadents, notamment la disparition de l’Empire romain de la partie orientale de la Méditerranée après la prise définitive de Rome par Genséric en 455. C’est aussi une façon de rappeler que l’histoire n’est qu’un éternel recommencement et que la situation, que connait le Moyen-Orient aujourd’hui, n’est pas très éloignée de celle qu’il connaissait au Ve siècle. Cette lecture m’a rappelé le livre de Glen W. Bowersock, « Le trône d'Adoulis » qui, en évoquant les guerres de la mer Rouge à la veille de l'islam, dresse une cartographie politique de cette région juste après la fin du roman de Philippe Fiévet. Le déclin des grands empires constatés par Browersock au VIe siècle était déjà bien visible au Ve et ce roman le montre bien.

 

Antioche a connu l’extrémisme et les violents conflits religieux qui se déchaînent toujours dans cette région de la Méditerranée, la spiritualité y a toujours une place, mais surtout dans le monde musulman. Les Perses ont laissé la place aux Iraniens qui cherchent toujours à imposer leur pouvoir. Le bouillonnement provoqué par la naissance successive des grandes religions monothéistes agite perpétuellement ces lieux. Philippe Fiévet  l’explicite à travers cet ouvrage qui s’inspire des textes anciens et met en scène des personnages historiques même s’il arrange leur biographie à sa façon et leur donne un rôle qu’ils n’ont pas forcément eu. Peu importe, les événements restent fort crédibles, la Méditerranée orientale prenait déjà la configuration géopolitique qui allait favoriser, au VIIe siècle, la foudroyante conquête musulmane.

 

Je pourrais conclure cet article par le clin d’œil à la Reine de Saba dont j’ai déjà usé lors de ma chronique du livre de Bowersock : « Du haut de son paradis, la Reine de Saba, qui visita le Roi Salomon, doit sourire, elle reste très présente dans la légende éthiopienne aussi bien que dans l’histoire perse ou que dans l’épopée biblique. Elle était au confluent de toutes les puissances de la région : chrétiens d’Ethiopie, juifs d’Himyar, Sassanides de Perse et autres tribus encore. Elle doit cependant soupirer, en voyant tous les enfants qu’elle a fait rêver, s’entredéchirer à propos de différences qui n’en sont pas. Et si tous ces peuples en guerre perpétuelle priaient tous la Reine de Saba pour obtenir la paix éternelle ? ».

 

Denis BILLAMBOZ


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9 janvier 2023 1 09 /01 /janvier /2023 10:02
Une légère oscillation de Clément Baudoin

 

Thomas Dutertre arrive dans un centre qui ressemble étrangement à un ashram indien ou une lamaserie tibétaine pour suivre avec attention et application  - comme il l’a promis à sa femme - la retraite méditative qui devrait le tirer de la profonde dépression dans laquelle il a sombré après avoir connu de graves ennuis professionnels. Dans ce centre, Arnaud, celui qui fait office de gourou,  et son équipe, organisent des stages de Vipassana, une pratique de méditation tibétaine importée par un Anglais l’ayant récupérée auprès d’un Rempoche quelconque, dans les récits ésotériques tibétains.

 

Thomas entre dans le jeu sans enthousiasme et se rend vite compte que la méthode appliquée n’est qu’un attrape nigaud destiné à tirer le maximum d’argent à des gogos trop crédules et pas assez pauvres pour s’interroger sur le bienfondé de cette retraite. Il découvre vite les divers subterfuges utilisés par le gourou dans un décorum destiné à mettre le patient trop crédule dans les meilleures conditions pour avaler tout ce qu’il leur propose. Il considère cette retraite comme un véritable abus de faiblesse envers des personnes psychologiquement fragiles. Conduisant sa propre réflexion, il mitonne un plan pour s’échapper de ce sinistre lieu niché dans la montagne ardéchoise et ourdit une machinerie diabolique pour régler ses problèmes professionnels sans se préoccuper des conséquences pour sa personne.

 

Thomas Dutertre  exerçait de hautes fonctions à l’Agence régionale de l’ANPE de Toulouse quand un nouveau directeur régional était  arrivé subitement, en même temps que de nouvelles orientations et de nouveaux objectifs. Il fallait réduire de façon drastique le nombre de chômeurs et, pour cela, le nouveau directeur  importait ses propres méthodes de management, les mêmes que celles que tous ceux qui, comme moi, ont travaillé dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix ont subies. Des méthodes fondées sur des chiffres, des pourcentages, des courbes, des moyennes, des écarts types et une méthodologie productiviste n’ayant pas plus d’égards pour les allocataires que pour les salariés de l’Agence. La machine infernale en a fait craquer plus d’un, dont Thomas. Celui-ci décide de se rebeller et de détruire le système qui le met sur la touche.

 

Dans ce roman, qui pourrait presque être un témoignage, Clément Baudouin décrit, avec une grande précision, l’exploitation de la crédulité humaine par les marchands de spiritualité à deux sous et la tout aussi perverse utilisation des employés d’une agence nationale à des fins économiques, mais surtout politiques. L’explication est simple, claire, limpide, on a l’impression que l’auteur a travaillé dans cette agence à cette époque et a fait lui-même cette retraite bidon. J’ajouterai que j’ai noté de nombreux mots rares dans le texte, ceci démontre la belle érudition de son auteur.

 

Denis BILLAMBOZ

 


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2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 09:51
Un pas de deux de Serge Peker

Un médecin, approchant de la retraite, doit subir une petite intervention chirurgicale et se trouve  hospitalisé dans la même chambre qu’un comédien. La veille de l’opération, ne pouvant dormir ni l’un ni l’autre, le comédien interroge le médecin sur sa vie telle qu’il l’a racontée dans le cahier intime qu’il a découvert dans ses effets. S’engage alors un long dialogue qui dure toute la nuit, dialogue qui est presque un monologue, le comédien n’intervant que pour relancer le propos, le réorienter, ou pour formuler une remarque destinée à mettre en évidence la différence entre le pragmatisme de la médecine et la fiction interprétée dans la comédie. Il en résulte une confrontation entre l’art et la science, entre la concrétude de la pratique médicale et la virtualité de la fiction littéraire. Cette confrontation n'est jamais affrontement mais plutôt complémentarité, l’une ne primant jamais sur l’autre mais démontrant plutôt l’autre face de l’autre. Et, parfois même, le virtuel parait plus concret que le réel tel que nous le connaissons.

 

Ainsi, le médecin raconte sa vie, sa famille, son enfance, sa scolarité, le dispensaire, son cabinet, sa patientèle, ses engagements, la souffrance, la mort, tout ce qui constitue la vie d’un médecin mais aussi les cas particuliers qu’il a connus, les êtres qui l’ont étonné, agacé, sidéré, dérangé. C’est une page d’histoire qui se découvre à travers la vie de cet homme : les intrigues dans le milieu hospitalier, la recherche d’un emploi avec le recours au piston, l’engagement politique au moment des fameux « Evénements de mai 1968 », le déferlement des plus démunis qui sont les plus fragiles et les plus mal soignés, les mieux nantis, la folie urbanistique, le mépris de la planète, la malnutrition, tous ces problèmes bousculent d’une façon ou d’une autre la vie du médecin dans sa pratique, ses engagements et même son intimité familiale.

 

Serge Peker, étant lui-même médecin, connait parfaitement le sujet et il est particulièrement crédible quand il dénonce la destruction de la médecine publique, la déficience de la prise en charge des plus démunis, la désertification médicale. A travers ce texte, c’est la nostalgie de la médecine de ville ou de campagne, telle que nous l’avons connue, qu’il exprime en filigrane à son récit. Il souligne une forme de déshumanisation de la médecine actuelle plus soucieuse de statistiques, de courbes, de moyennes que de rapports humains avec les patients les plus en souffrance. Il évoque aussi la rentabilisation des établissements hospitaliers qui ne peuvent plus remplir leurs diverses missions professionnelles, enfin le manque de personnel et de moyens nécessaires. Le fondateur serment d’Hippocrate semble de plus en plus submergé par la déferlante des lois et règlements dont nos institutions ne sont pas avares. Comment ne pas relier ce texte, même si ce n’est qu’une fiction romancée, à l’actualité médicale dont les médias relaient chaque jour et depuis plusieurs mois l’acuité de la situation.

 

Denis BILLAMBOZ

 


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26 décembre 2022 1 26 /12 /décembre /2022 09:12
Nous étions le sel de la mer de Roxanne Bouchard

A Montréal, Catherine déprime, elle a perdu son père et sa mère adoptive, si bien que son médecin lui conseille de prendre l’air, de partir en voyage, de voir du monde, de changer de vie. Elle décide alors de partir en Gaspésie où quelqu’un l’attend, à Caplan, dans la Baie des Chaleurs, d’après les termes d’une lettre qu’elle a reçue. Elle pense y rencontrer sa mère biologique qu’elle n’a jamais vue et découvrir qui est son vrai père qu’elle ne connait pas. Mais l’aventure tourne vite au drame. Quand elle arrive dans le petit port, on découvre le corps de sa mère enroulé dans des filets de pêche au milieu de la baie, elle est morte avant qu’elle puisse la connaître.

 

Lorsque l’enquêteur Moralès débarque dans ce port pour y prendre ses nouvelles fonctions, sa supérieure le charge immédiatement de l’enquête sur la mort de Marie Garant, la mère de Catherine. Il se heurte alors au mutisme des pêcheurs et autres habitants qui entendent bien garder pour eux l’histoire qui a conduit Marie à abandonner sa fille, à naviguer seule au grand large et à séduire de nombreux hommes du village. Néanmoins, l’enquêteur s'aperçoit vite que beaucoup de femmes ne l’aimaient pas et, parallèlement, Catherine apprend que nombre  d’hommes l’ont trop aimée sans qu’elle les aime pour autant. Elle a eu beaucoup d’amants mais peu de vrais amours, son histoire semble avoir été trop lourde pour qu’elle s’attache à un seul d’entre eux.

 

A leur tour, les femmes n’apprécient pas Catherine qui leur rappelle sa mère, mais les hommes lui font quelques confidences en souvenir des bons moments qu’ils ont passés avec elle. Quant aux gens du coin, ils baladent Moralès qui s’égare dans ses conjectures et noient Catherine dans leurs souvenirs épars, les laissant tous les deux dans l’expectative et l’incompréhension. Manifestement personne ne veut ouvrir la boîte à secret qui semble inquiétante à consulter. 

 

Je me suis laissé emporter par cette histoire gaspésienne tant Roxanne Bouchard fait preuve d’un réel talent de conteuse pour faire revivre cette petite communauté perdue au bout du monde, ce port où les coutumes et les usages anciens sont encore en vigueur, où il n’y a pas plus d’avenir que de poisson dans la baie. Roxanne a choisi de conserver la langue la plus proche possible du parler québécois en y ajoutant même de savoureux dialogues remplis d’expressions vernaculaires usitées par les pêcheurs de la Baie. Cette forme d’écriture donne une vraie vie à l’histoire, on y respire au rythme des marins, on y picole au bar avec les habituels poivrots, on y embrouille les touristes, la police et les étrangers dans le souci de rester entre soi pour le pire et le meilleur. Et dans ce texte, c’est surtout le pire qui attend les protagonistes si on déterre les cadavres et si on démasque les coupables.

 

Ce livre est avant tout un polar, il faut chercher un coupable et le mettre sous les verrous, mais c’est également, selon moi, une page d’histoire de la Gaspésie et un tableau émouvant de cette communauté qui disparait peu à peu dans cette baie abandonnée des pouvoirs publics et des poissons chassés par la pollution. J’y ai retrouvé l’atmosphère et l’émotion que j’avais ressenties dans un film, « La grande séduction », où une communauté gaspésienne, tout aussi perdue, s’employait avec toute sorte de subterfuges à convaincre un médecin d’accepter de s’installer au village pour éviter sa disparition. Que c’est bon de lire cette langue fleurie et goûteuse quand on est gavé de jargons divers, de franglais ou de globish par les médias modernes et la mauvaise littérature.

 

Denis BILLAMBOZ

 


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12 décembre 2022 1 12 /12 /décembre /2022 09:35
Jürgen Löwenstein - Destin d'un enfant juif de Berlin de Samuel Herzfeld

En 2007, Samuel Herzfeld, alors adolescent, est conduit par ses parents en Israël ; il y rencontre Jürgen Löwenstein avec son numéro de déporté à Auschwitz tatoué sur le bras, mais ce n’est qu’en 2013 que Jürgen peut évoquer avec lui son enfance et son adolescence de jeune juif dans l’Allemagne nazie. Jusqu’à cette date, il s’était, comme de nombreux survivants de la Shoah, enfermé dans un profond mutisme, convaincu de n’être pas plus compris que cru et cette tranche de vie était tellement douloureuse à revivre en la racontant … Et pourtant, il fallait que les générations suivantes sachent, comprennent ce qui était advenu, même si personne ne pouvait réellement ressentir la violence et l’horreur de ce qu’avaient dû subir les Juifs à cette époque.

 

Jûrgen appartenait à une famille de Juifs allemands de la société moyenne, peu religieuse, qui ne voulait surtout pas être assimilée aux Juifs de l’Est, à leur sens rustre et inculte. Jamais cette société juive n’aurait pensé que le pouvoir nazi les assimilerait à ces pauvres gueux. Et pourtant, les brimades, les répressions, les exactions, les violences se sont abattues avec de plus en plus de violence sur leur population jusqu’à ce que la « solution finale » soit mise en application.

 

Jürgen a très vite été intéressé par le sionisme et il a pu, après plusieurs refus, intégrer un camp de préparation à l’exil en Israël. Il est ainsi passé d’un camp à l’autre, pour, à chaque fois, au gré des décisions législatives nazies, se retrouver dans un camp à la discipline plus sévère et aux tâches plus harassantes. Il finit par aboutir dans un camp de travail forcé d’où il sera extrait pour être interné à Auschwitz où son passé de travailleur de force lui a permis d’être muté dans le camp des détenus et éviter ainsi d’être immédiatement gazé. Commence alors le long calvaire que d’autres auteurs comme Primo Levi, Imre Kertész ont décrit depuis longtemps. Le parcours de Jürgen comprend toutes les atrocités subies par ces détenus, y compris la marche de mort, mais aussi une bonne part de chance qu’il revendique aisément. Il fait partie du très faible nombre de ceux qui sont revenus, ceux qui sont sortis de l’enfer, ceux qui se sont retrouvés seuls dans une société qu’ils ne connaissaient pas et qui ne les reconnaissait plus.

 

Le retour à la vie normale ne fut pas très aisé, le passage en Israël auquel il tenait tant et depuis si longtemps, était très difficile mais l’indépendance lui permit d’obtenir un droit d’accueil dans ce nouveau pays où il ne fut pas reçu à bras ouverts. Il était certes juif mais aussi allemand et certains Juifs ne pouvaient pas l’accepter. Malgré tout, grâce à ses connaissances des camps de travail, il put participer à la construction d’un kibboutz près de la frontière jordanienne où il résida jusqu’à sa mort en 2018. 

 

Il lui fallut très longtemps avant d’évoquer son histoire et celle des siens disparus dans les camps de la mort, plus longtemps encore avant de fouler à nouveau le sol d’Allemagne et de Pologne et de visiter le camp d’Auschwitz qu’il redécouvrît davantage comme un lieu de tourisme que comme le camp de l’horreur où il avait vécu. Ce livre, c’est ainsi l’histoire d’un jeune Juif allemand ordinaire pris dans les engrenages de la folie nazie qui fait partie du très faible nombre de ceux qui ont survécu à la solution finale. Ils étaient si nombreux au départ comme nous l’a rappelé Jean Ferrat …

"Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants."

Et si peu au retour !

 

Denis BILLAMBOZ


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14 novembre 2022 1 14 /11 /novembre /2022 09:44
Tout est sous contrôle de Françoise Pirart

Ce recueil se compose de plusieurs nouvelles, surtout par la taille et les thèmes qu’elles abordent, moins par le fond, sorte de fil rouge  qui semble relier ces textes de façon à ce que le lecteur puisse en tirer une morale, des impressions sur la vie écoulée et peut-être aussi des conclusions utiles à l’approche de la fin de la vie. Des liens intertextuels relient des textes à d’autres, des mots, des expressions, des lieux, des personnages, des événements apparaissent dans certains d’entre eux, comme pour leur conférer une certaine unité et conclure le recueil dans un exercice littéraire que les adeptes de l’Oulipo n’auraient sans doute pas renié.

 

Françoise Pirart n’a pas atteint l’âge auquel il devenu nécessaire de rédiger un testament, fût-il littéraire. Cependant son recueil est empreint d’une certaine nostalgie et d’enseignements qu’elle a tirés du temps écoulé, d’un certain désabusement devant les événements qu’elle a vécus, subis pour certains d’entre eux. Cet ouvrage est une sorte de panorama de ce que fut la vie à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, la période où, comme moi, même si elle est beaucoup plus jeune, elle a traversée et déjà accomplie. Une forme de satire de la société bienpensante et peu généreuse de l’époque, ce monde du m’as-tu vu, des petits bourgeois prétentieux, des frimeurs.

 

Le recueil comporte surtout des nouvelles courtes, quelques pages, pas davantage, néanmoins quelques-unes sont plus conséquentes que les autres et surtout plus originales : un ancien président de la République devenu très vieux regarde le monde depuis sa maison de retraite de luxe, il se souvient de ses concurrents, de ses prédécesseurs, de ceux qui l’ont entouré et surtout de ce qu’il a fait, de ce qu’il n’a pas fait, des promesses proférées et non tenues. Il évoque aussi le pouvoir qu’il faut bien assumer et surtout conserver… Une maison hantée, qui rend malheureux ceux qui ont voulu y habiter, apporte un petit côté fantastique, ainsi que les déboires d’un couple homosexuel confronté aux mêmes problèmes que les hétérosexuels.

 

Et avec tout cela, le temps qui coule inexorablement, la fin qui approche et à laquelle il faut commencer à penser. Le temps qui emporte les amours de jeunesse, les espoirs, les projets, les ambitions, les amitiés. C’est un regard lucide, clairvoyant, mais aussi ironique, sardonique, teinté d’un humour parfois un peu noir que Françoise Pirart jette dans le rétroviseur de sa vie. Le monde tel qu’il a été avec ses joies mais surtout ses déceptions et ses fausses promesses. Un monde de patrons qui oublient leur épouse et leur famille, de vieux qui se dessèchent dans des EHPAD, d’éditeurs qui refusent des manuscrits sans les lire, des voitures folles qui se percutent, des amours incompris, impossibles, étouffés, usés de politiciens incompétents. Mais comme l’a dit un président : « Tout est sous contrôle ! ». Un tout livré dans une écriture fine et policée qui laisse glisser en douceur aussi bien l’ironie que le sarcasme, l’amertume que la dérision.

 

Denis BILLAMBOZ


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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 09:21
Le cinéma de Saül Birnbaum de Henri Roanne-Rosenblatt

Les Edifions M.E.O. rééditent ce livre paru en 2012, à l’occasion de la sortie du film « Le Chemin du bonheur » qui s'en est inspiré. Ce chemin, c’est la vie de Saül Brinbaum depuis que sa mère l’a envoyé, en 1939, à Bruxelles dans un Kinderstransport organisé par la Croix rouge pour échapper à la vindicte nazie qui déferlait alors sur l’Autriche après son annexion au Deutsch Reich par l’Anschluss. Né à Braunau-sur-Inn, comme Hitler, à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche, Saül fréquente l’école locale en compagnie de Hilde la nièce d’Hitler. Malgré la douleur de la séparation et le risque de ne jamais revoir son fils, sa mère ne peut pas assurer seule sa sécurité après la séparation d’avec son mari. Saül arrive en Belgique où une famille l’accueille comme son propre enfant mais, dès que les lois antijuives prennent effet, elle doit le confier à une mercière avec qui il va partager sa vie jusqu’à la mort de cette dernière. Il rencontre alors la femme d’un journaliste qui l’initie au cinéma et à la sexualité. Sa tante, réfugiée au Canada, lui propose de la rejoindre. Il y restera quelques courtes années avant de gagner New-York où il réussit dans le commerce de Delicatessen et assouvit sa passion pour le cinéma. Un jour il offre une caméra à son neveu John qui filme des scènes de famille. Il lui propose alors de mettre en images une nouvelle qu’un célèbre auteur a laissée en gage au magasin pour payer ses repas. Après moult tribulations et la construction de plans de financement tous plus scabreux les uns que les autres, Saül finit par convaincre une vedette de l’écran, un réalisateur et son neveu de tourner le film. Grâce à un concours de circonstances particulièrement heureux, le film est primé à Cannes et connait un succès mondial jusqu’en Autriche où Saül revient pour régler ses comptes.

 

Ce roman décrit alternativement deux temps de l’histoire de Saül, son enfance et son adolescence, sa passion pour le cinéma et sa carrière de producteur éphémère à New-York. C’est l’histoire d’un petit juif d’Europe centrale arrivé, comme de nombreux autres dont des acteurs, des réalisateurs, des producteurs, des auteurs, des musiciens et divers artistes et intellectuels encore, par des chemins détournés sur les côtes américaines où ils ont souvent réussi une belle carrière. Ils possédaient un savoir-faire, une culture, une instruction, qui leur a permis de s’intégrer, souvent brillamment, dans une nouvelle société. Ce livre est donc l’histoire d’un petit juif qui réussit dans son métier et dans la production d’un film, soit l’histoire d’un peuple en mouvement pour échapper à son massacre, une page, peut-être la plus cruelle de l’histoire de la planète, l’histoire de certains qui ont réchappé au génocide. Mais c’est aussi une vaste fresque en l’honneur du cinéma américain de l’après-guerre, l’histoire de son épopée, de son financement plus ou moins occulte, plus ou moins frauduleux, les pressions idéologiques, politiques, médiatiques, démagogiques, publicitaires qu’il subira. C’est également  la magie que cet art a déversé sur le monde quand nous étions plus jeunes, beaucoup plus jeunes… Dès les premières pages de ce livre, j’ai pensé au film d’Axel Corti  « Welcome in Vienna ». Si vous le lisez, vous admettrez que je ne m’étais pas tellement égaré. Et, pour mieux m’imprégner de cette intrigue, j’irai voir « Le Chemin du bonheur » dès qu’il sera projeté dans ma ville.


Denis BILLAMBOZ



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31 octobre 2022 1 31 /10 /octobre /2022 09:26
Un héritage d'amour de Myette Ronday

Agnès, la fille que Mathilde a conçue avec Leni, un soldat allemand dont elle est tombée amoureuse en 1942, inventorie, en 1996, la maison laissée par sa mère après son décès alors que des promeneurs découvrent, dans l’estive, dont elle a hérité dans les Pyrénées, les restes d’un cadavre. La découverte des ossements et leur identification bousculent les plans ourdis par les quelques personnes concernées par cette affaire. Dans la maison de sa mère, Agnès recherche ses origines et son enfance à travers les cartes postales que son père lui a adressées et que sa mère ne lui a jamais remises, les lettres que sa mère a écrites à son père sans jamais les lui envoyer, et, enfin, dans les confidences d’un homme encore très jeune à l’époque, un témoignage sur la vie que le jeune couple a menée à l’estive.

 

Le père de Mathilde, chef dans la Résistance, avait conduit le jeune couple dans une cabane très sommaire sur son estive, le temps que la jeune femme assure sa grossesse. La guerre finie, le couple, avec son bébé, a rejoint la vallée où le papa allemand a été traité comme un prisonnier de guerre mais dans les meilleures conditions, à proximité de sa femme et de son enfant. Bientôt, Leni doit rentrer dans sa maison en forêt Noire pour redresser l’entreprise familiale en déroute. Il propose alors à Mathilde de le rejoindre mais elle refuse, elle a placé sa fille dans des internats pour qu’elle soit à l’abri des quolibets et maltraitances de la part des enfants du village. La relation entre la mère et la fille n’en n'est nullement renforcée, d’autant plus que la mère n’évoque jamais les origines de la jeune fille, allant même jusqu’à lui donner un père qu’elle épouse pour sauver la face. En grandissant Heide, désormais Agnès, se pose des questions et commence à comprendre certaines choses qui l’incitent à chercher ses véritables origines. 

 

Cette histoire pourrait faire partie de la constellation des dégâts collatéraux qui ont détruit de très nombreuses familles et communautés pendant et après la dernière guerre. Myette raconte les malheurs de Mathilde et la quête d’Agnès avec beaucoup de sensibilité et d’émotion, de douceur et de tendresse, malgré les arias qui encombrent le chemin de cette famille cherchant un avenir possible, un amour familial et même une relation sentimentale en ce qui concerne Mathilde. L’écriture poétique de Myette apporte encore plus de douceur et de tendresse dans le monde de violence où évolue cette famille détruite, cet amour éventé, cet avenir en pointillé…

 

Myette connait aussi très bien la nature où elle situe et décrit ses personnages. La flore, notamment les plantes sauvages, est son royaume, elle les connaît toutes comme aucun paysan ne les connait, elle sait les nommer, désigner leur propriétés, ainsi elle a su mettre de l’amour et de la tendresse dans les prés de l’estive et de la vallée. Nous avons, aujourd’hui, tellement besoin de tendresse et d’amour qu’il faudrait que Myette nous enseigne la poésie et la botanique pour calmer les ardeurs des va-t’en guerre qui peuplent la planète en l’enflammant.

 

Un petit post scriptum pour dire que j’ai apprécié son art de l’utilisation des mots que certains croient désuets et qui sont pourtant tellement savoureux et si expressifs.

 

Editions Complicités

 

Denis  BILLAMBOZ


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24 octobre 2022 1 24 /10 /octobre /2022 07:34
Protocole Magog de Marbot, Trauman et Lavault

 

Alors qu’il allait donner sa première communication à l’occasion d’une conférence sur le cryptage informatique au Palais des congrès de Nice, Abel est abattu par un individu très discret qui s’évapore dans la nature. Abel,  associé avec Alain, un ancien trader reconverti dans la vente de logiciels de trading aux banques, est un petit génie de l’informatique. Ensemble, ils ont fondé une start-up développant des logiciels innovants dans ce domaine très pointu du cryptage homomorphique. Un logiciel que seul Abel développe en secret et qui est très convoité par les mafias des pays de l’Est.

 

L’enquête est confiée à la commandante Sanda mais elle est vite dessaisie car Alain est lui aussi assassiné à Paris et dans les deux enquêtes apparait le nom d’un oligarque kazakh dont les activités ne semblent pas claires, notamment pour les dirigeants d’une des plus grandes banques qu’il a escroquée d’une somme très coquette. Et, comme sa petite amie du moment a été méchamment torturée avant d’être assassinée, l’affaire prend une dimension nationale d’autant plus que l’oligarque en question bénéficie de l’appui de l’Etat et des services de renseignements qui le soutiennent dans ses ambitions politiques pour contrarier l’emprise russe au Kazakhstan.

 

La Commandante Sanda ne lâche pas l’affaire et mène parallèlement sa petite enquête avec l’appui d’un de ses ex-petits amis malgré les injonctions de sa hiérarchie et des divers services impliqués dans cette ténébreuse affaire qui mobilise plusieurs services de l’Etat, une grande banque, des puissances françaises et étrangères et, bien sûr, un mafieux riche et ambitieux. Les comptes se règlent violemment, on torture sans vergogne, mais aussi à coups de cyber-attaques qui déstabilisent tout un pays.

 

Les trois auteurs ont réuni leurs compétences et leurs connaissances du monde de la grande finance, de la cybernétique appliquée à la gestion occulte des mouvements de capitaux et de la géopolitique souterraine, celle qu’on n’évoque jamais dans les médias, pour écrire ce roman dystopique qui pourrait facilement devenir une réalité concrète. Il suffit, pour s’en convaincre, d’essayer de comprendre comment un conflit comme celui qui ravage actuellement l’Ukraine, tout en menaçant le monde entier, a pu naître et s’amplifier. Les meilleures analyses proposées par les inénarrables experts des télévisions du câble, et même les autres, ne nous convaincront pas qu’il n’y a pas d’autres intérêts en jeux pour provoquer un tel déferlement de violence. Alors, lisons le livre de ces trois auteurs et nous pourrons mieux comprendre comment d’autres intérêts peuvent entrer dans le jeu géopolitique qui a dégénéré en un conflit impliquant plus ou moins les grandes puissances. Ce livre montre bien aussi que la machine à tout faire que nous avons inventée pour gagner toujours plus en faisant toujours de moins en moins d’efforts pour mériter le confort dont nous bénéficions, peut se retourner contre nous, s’emballer et tout détruire dans sa folle épopée même si elle n’est que virtuelle. Le virtuel est peut-être plus dangereux que le réel, il est moins contrôlable, moins prévisible …

 

Denis BILLAMBOZ

 


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17 octobre 2022 1 17 /10 /octobre /2022 08:54
Kill Jekyll de Corinne Vitali

Quand j’ai découvert cet ouvrage, je me suis souvenu d’un recueil de textes courts que Corinne avait publié chez Louise Bottu Editions en 2016, il me semble. Ces textes évoquaient sa relation avec son père, la vie qu’il avait pu avoir entre les soixante-dix-huit ans qu’il avait au moment où elle écrivait et les trente-neuf ans qu’elle avait à ce même moment. Dans ce nouveau recueil, elle propose sept textes, davantage des récits que des nouvelles, des tranches de vie, évoquant des couples plutôt improbables, du moins pas très ordinaires, le plus souvent dans des situations particulières comme on peut le constater ci-dessous à travers mes brefs résumés.

Le récit de la relation entre Antoine, jeune handicapé en fauteuil roulant qui rêve de visiter Naples où Maradona est l’idole de toute la ville, et de Claude, son ami, qui, lui, a visité Naples seul, incapable d’assumer le handicap de son ami. Antoine n’a pas pu résister à cette trahison…

L’histoire d’une traductrice qui accompagne un expert chez les agriculteurs pour les inciter à des pratiques culturelles plus écologiques. Ils couchent au gré de leur périple dans la campagne, parfois dans le même lit, mais l’expert ne veut absolument pas d’une relation sexuelle avec elle malgré tous les efforts et les artifices qu’elle déploie.

Le récit des aventures d’un homme qui aime Amy à la folie mais qui ne peut pas s’empêcher d’aller voir comment est l’herbe ailleurs, plus verte peut-être, plus excitante, plus savoureuse, plus ... plus, il ne sait pas trop car ses aventures restent éphémères.

L’histoire, un peu fantastique, d’un gars qui rêve d'être le fils de Clint Eastwood si celui-ci n’avait pas obligé sa femme à avorter. Une histoire compliquée d’un gars qui s’incarne dans la peau d’un homme qui n’est jamais né.

Le récit de la déprime de Louise, elle ne croit plus en l’avenir et pas plus en sa vie actuelle. Elle ne veut plus de relations sexuelles, elle repousse  son conjoint qui la trompe sans vergogne avec des jeunes filles dont certaines sont encore en fleur. Il trouve dans ces nouvelles aventures des sensations qui le conduisent à une véritable obsession pour le sexe.

Un bouseux, persuadé qu’il ne trouvera jamais une femme à qui il pourrait plaire et qu’il restera donc célibataire, se laisse aller au fond de sa campagne perdue. Et, pourtant il rencontre Sylvia dont il tombe amoureux. Ils s’aiment en s’engueulant régulièrement. Elle ne veut pas d’enfant, il ne le supporte pas, craque, au moment où l’orage se déchaîne détruisant tout, au moment où  un étranger, qui semble connaître Sylvia, arrive à la maison.

Deux veufs meublent ensemble leur temps car ils ont perdu  leurs compagnes dans des circonstances très différentes. Et, pourtant Robert ne supporte pas Joe qui a été malhonnête avec son épouse. Cette histoire fort romanesque le conduit à préférer la compagnie de Mitchum, son chien, à celle de son détestable ami, mais aussi à Cecilia une jeune fille à qui il voudrait apprendre à conduire…

Corinne écrit des récits contemporains dans une écriture élaborée, très riche, souvent recherchée et d’une entrême précision. Il est donc  difficile de résumer ces sept textes dans lesquels elle évoque les failles et les ruptures qui rendent  improbables les amours pérennes. Elle sonde ses personnages jusqu’au plus profond de leur cœur et de leur âme, mais elle évoque surtout la part charnelle, animale, reptilienne qui entrave souvent les relations amoureuses. Je n’ai donc pu qu’esquisser les textes de Corinne dans lesquels, je n’ai pas vu, comme je l’ai déjà écrit, des nouvelles mais plutôt une première démarche vers la création romanesque. A la lecture de ces récits,  j’ai eu l’impression qu’elle cherchait son chemin vers l’écriture d’un roman profond,  contemporain, un texte sur l’impossibilité de vivre un amour éternel. Corinne Vitali aime l’Ecosse dont plusieurs de ses personnages sont issus et le cinéma, Clint Eastwood, Robert Mitchum qui prête son nom à un chien. Ses évocations de la lande écossaise et des films joués par ses  acteurs de prédilection donnent un caractère encore plus visuel à ses textes.


Denis BILLAMBOZ


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