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16 mai 2022 1 16 /05 /mai /2022 08:23
Le serment de l'espoir de Parme Ceriset

 

En décembre dernier, j’ai eu la chance de lire le très joli recueil de poésie de Parme dans lequel elle évoque sa maladie, sa lutte, ses espoirs et le souffle retrouvé après une lourde intervention chirurgicale. Ce combat, elle le fait raconter par Rose dans un texte autobiographique très poignant. Rose et ses parents découvrent très tôt dans son enfance qu’elle est atteinte d’une maladie rare qui lui détruit les poumons, les médecins sont formels son espérance de vie est  limitée mais ses parents ne veulent pas baisser les bras, ils entendent se battre encore et encore, dénicher et tester tous les traitements possibles pour la maintenir en vie jusqu’à ce qu’une greffe lui rende le souffle et la vie. Après avoir triomphé du mal, elle souhaite témoigner, raconter son histoire, ses souffrances, sa vie entourée de l’amour de ses proches, de son petit frère adulé, de son ami d’enfance, celui avec lequel elle a construit sa vie et mené son combat. « J’ai grandi avec une maladie pulmonaire grave mais l’espoir m’a toujours accompagnée comme un ami fidèle. Lui et moi avions fait le serment que je réussirais à accéder au bonheur ». 

 

Pour simplifier cet article, j’ai découpé le récit en trois parties : une première très poétique, bucolique, enjouée, en mode majeur, dans laquelle l’auteure décrit son enfance dans la joie de la famille régulièrement ébréchée par ses crises, ses visites à l’hôpital, les divers soins et toutes les contraintes que sa maladie l’oblige à accepter. Elle évoque aussi son adolescence plus sereine au cours de laquelle la maladie se fait moins prégnante et lui laisse beaucoup de temps pour vivre de belles aventures en famille avec son frère et Adrien, l’ami du frère, qui devient progressivement son amoureux, son ange gardien, son tuteur… Mais, à vingt-trois ans, une mauvaise grippe l’éprouve gravement et accélère l’évolution de sa maladie, elle veut encore se battre mais à vingt-cinq ans le médecin est formel : il faut penser à la greffe et, à l’approche de la trentaine, elle est inscrite sur la liste des patients en attente. Vient alors le moment de la greffe : les examens préliminaires, l’attente du greffon, l’intervention, mais surtout la longue, très longue, période de réanimation et de rééducation avec tous les incidents, aléas, arias et problèmes divers qui l’accompagnent. Dans cette partie du récit, Rose prend un ton plus direct, moins poétique, plus technique, plus réaliste, plus pragmatique afin de conter cette étape pleine de doutes et d’espoir, de souffrances et de complicité avec son entourage. Le combat est sans pitié, les rejets et effets secondaires  tapis dans les moindres recoins de son organisme.

 

Un jour, néanmoins, le médecin décide qu'elle doit rentrer à la maison pour parfaire sa rééducation. Commence alors une nouvelle existence avec un  souffle nouveau. Une vie où elle retrouve la poésie mais cette fois une poésie en mode mineur car il faut payer le prix de ce nouveau souffle, de cette vie à l’espérance tellement plus grande. Elle doit  accepter désormais de voir s'éloigner ceux qu’elle aime, alors qu’elle n’y avait jamais songé. Ce sont les grands parents, les oncles et les tantes, des amis qui cèdent leur place à une nouvelle génération, des deuils à faire. Le combat contre la maladie a aussi transformé les protagonistes comme la paix relègue les meilleurs combattants au rang de citoyens lambda et même parfois inutiles (Je me souviens du Capitaine Conan dans le roman de Roger Vercel). C’est peut-être le passage le plus difficile, le plus cruel : la séparation d’avec le mari qui l’a accompagné depuis l’enfance jusque à la résurrection. Il faut un jour aussi qu’elle voie mourir son petit chien adoré, compagnon essentiel des jours sans souffle, acteur fondamental de son long combat.  Ce texte est un témoignage bouleversant sur la résilience face à la maladie, le courage pour affronter le mal et la lourde intervention chirurgicale, la capacité à croire toujours et encore à la vie, mais aussi un témoignage lucide et pragmatique sur le parcours d’un greffé. Parme a exercé la médecine, elle sait de quoi elle parle, c’est un acte de foi dans la vie, un message d’espoir, un véritable don du souffle pour ceux qui subissent une maladie lourde mais aussi une prise de conscience sur le prix à payer pour vivre encore et encore à pleins poumons. J’ai reçu ce texte comme un message d’empathie, j’ai accompagné la patiente tout au long de ses épreuves, espérant et souffrant avec elle, la soutenant comme tous ses proches l’ont épaulée, portée au propre comme au figuré. Il faut bien accepter de payer le prix de la vie mais certaines dépenses sont plus difficiles à accepter que d’autres et je ne suis pas convaincu que Rose n’éprouve pas encore une certaine douleur en pensant à certaines séparations. J’ai relu les quelques lignes que j’avais écrites après ma lecture de son recueil de poésie, je crois que je conserverai ce passage dans son intégralité après la lecture de ce récit autobiographique :

« Parme, elle est eau, elle est ciel, elle est paysage, elle est flore, …, elle est courage, elle est résilience, elle est émotion, elle est sensibilité, elle est sensualité, elle est la vie, elle est l’amour qui la sauvera. Elle snobe la maladie, la combat, l’ignore, la rejette, la repousse loin … « J’ai un compte à régler avec la vie », « J’ai encore foi en la vie, en l’espoir, et en moi » ».


Denis BILLAMBOZ


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Parme Ceriset

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 08:31
Entendez-vous dans les campagnes de Ahmed Tiab

 

L’inspecteur Lofti Benattar de la police marseillaise est détaché en renfort des gendarmes locaux pour élucider la disparition d’un jeune de Verniers-en-Morvan, trou perdu dans le brouillard noyant presque quotidiennement la campagne morvandelle. Lofti est un miraculé, il a survécu, a pu se remettre debout et marcher après une fâcheuse défenestration. Son handicap le fait toujours souffrir mais ne l’empêche pas d’exercer son activité policière et n’a surtout pas altéré son flair. Néanmoins, il a quelques autres problèmes à régler avec sa famille et d’autres encore. Sur place, il rencontre Marie-Aliénor Castel de Fontaube, Ali pour faire plus simple, une jeune journaliste stagiaire qui nourrit des ambitions dans la profession. Elle voudrait prouver à sa famille qu’elle peut faire carrière hors des circuits réservés à l’aristocratie et qu’elle peut réussir sans l’appui de son père.

 

Le corps du jeune disparu est rapidement retrouvé, l’enquête devient alors une enquête pour meurtre confiée à Lofti. Il bénéficie pour conduire ses investigations de l’appui des gendarmes locaux,  notamment des deux adeptes de la musculation, amateurs de belles filles et de belles mécaniques et un brin fachos. Pour corser l’enquête, un centre de déradicalisation installé dans les environs voit ses derniers pensionnaires s’évaporer dans la nature, générant l’inquiétude des autochtones et exacerbant le nationalisme des gendarmes.

 

L’enquête se déroule sur fond d’affaire familiale impliquant le père de la victime et son frère, tous deux usufruitiers d’une ferme devant revenir à leurs enfants : la victime, un cousin un peu attardé et une demi-sœur, elle plutôt en avance surtout en ce qui concerne la gaudriole. Ces divers univers se percutent sur ce territoire noyé dans un brouillard permanent : ploucs de paysans crasseux et prompts à la bastonnade, jeunes radicalisés en cours de déradicalisation mais surtout trafiquants de drogues, une bande de fachos, anciens miliciens, aguerris aux combats violents et, pour corser l’ensemble, les inévitables zadistes qui sillonnent la France à la recherche d’un emplacement pour établir un camp de base provisoire et une fonctionnaire un peu portée sur le sexe. Dans ces pays perdus, noyés dans la brume, il faut bien trouver quelques activités réjouissantes pour ne pas sombrer dans l’ennui et la morosité et s’enfermer dans la déprime. Au milieu de ce microcosme en ébullition, Lofti essaie de comprendre, avec l’appui plus ou moins volontaire de la stagiaire de la télévision, comment et pourquoi ces meurtres et ces disparitions ont pu se dérouler dans ce coin de France profonde où ce polar ose s’égarer loin des banlieues en perpétuelle effervescence.

 

Denis BILLAMBOZ


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L'auteur

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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 08:20
Les ailes battantes de Martine Rouhart

J’ai connu Martine Rouhart grâce à l'un de ses recueils de poésie dans lequel elle peint « un monde où seules la musique et la lumière éclaireraient le vol des oiseaux, des oiseaux comme des colombes de la paix, des oiseaux pour égayer un monde qui serait trop calme dans la seule lumière du silence.» Jamais après cette lecture irénique, je n’aurais cru qu’elle avait traversé une bien pénible épreuve, qu’elle avait dû batailler ferme contre un mal implacable. Il a fallu que je lise le récit qu’elle a écrit dès 2009 mais qu’elle vient seulement de publier grâce à l’intervention de Philippe Remy Wilkin, préfacier de cette édition, pour apprendre le long combat qu’elle a su verbaliser pour mieux le vivre et peut-être aussi pour le gagner. Elle a décrit  cette lutte comme elle écrivait ses poèmes, l’a mis en forme dans des textes courts qu’elle a rassemblés pour en faire un récit biographique, peut-être l’évocation de la partie la plus importante de sa vie. Quand elle parle du mal dont elle est affectée, et qu’elle doit combattre, elle a beaucoup de difficulté à le nommer, il faut attendre de nombreuses pages avant de se convaincre qu’elle a bien été atteinte d’un « cancer », ce mal terrible dont on redoute tellement que la médecine l’évoque quand on consulte. Ce cancer qui semble tellement l’inquiéter, elle apprend à l’apprivoiser pour mieux l’accepter et surtout mieux le combattre. « La maladie, il faut bien l’accepter. Mais si je peux y voir certains jours une chance, un moyen de m’enrichir, de me rapprocher des autres, de me dépasser… ».

 

« Des angoisses dans la tête / épaisses comme la nuit, / une sensation de vide qui me tire vers le bas, / la vie qui s’échappe trop vite / tel du sable dans mes doigts ». La poésie est aussi une arme pour dire le mal et ensuite le défier. Martine est une maitresse en la matière. Le combat et surtout Montaigne vers qui elle revient sans cesse lui ont appris la résilience, cette arme qui nous aide à mieux accepter pour mieux nous défendre. Mais le combat, c’est aussi les autres et tout ce qu’ils peuvent apporter, même si in fine on se retrouve seul au moment crucial où la vie peut basculer. Martine le dit clairement : « Je suis convaincue que l’écoute et le partage, la générosité et la gratitude peuvent alléger nos fardeaux. / Il n’empêche, il reste la solitude de l’impartageable ». Avec la musique de Bach, son autre fidèle compagnon de douleur, elle a découvert dans les pensées de Montaigne des raisons de croire en la guérison et d’espérer voir un jour le bout du tunnel même s’il faut régulièrement repasser un angoissant examen et vivre avec une certaine crainte au ventre. Elle croit comme le philosophe l’a écrit que : « Les maux (aussi) ont leur vie et leurs bornes, leurs maladies et leur santé ». Martine nous offre, une fois encore, un texte plein de délicatesse, de courage pour lutter en espérant vaincre un mal qu’on ne nomme encore qu’avec une grande inquiétude dans la voix et une grosse boule dans le ventre. Sa lecture pourrait être un début d’espoir pour ceux qui  hélas ! sont atteints de ce mal implacable qu’il faut, comme Martine, toujours espérer vaincre.

 

Denis BILLAMBOZ


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25 avril 2022 1 25 /04 /avril /2022 08:19
ARDS de Jean-Louis Vanherweghem

 

L’ARDS est l’acronyme anglo-saxon équivalent en français de SRAS qui signifie : syndrome respiratoire aigu sévère. Jean-Louis Vanherweghem, spécialiste en médecine interne et néphrologie, professeur émérite de l’Université libre de Bruxelles, ex-doyen de la Faculté et recteur de l’Université de la capitale belge a écrit ce court récit pour raconter les dix-sept jours passés par Michèle, l’épouse du narrateur, dans les services de soins intensifs de l’Hôpital universitaire de cette même ville. Je ne sais pas si l’auteur et le narrateur sont confondus dans le même personnage, le texte ne permet pas d’en juger. Affectée depuis un certain temps par des douleurs d’origine apparemment liées au nerf sciatique, Michèle souffre terriblement, elle doit prendre régulièrement des médicaments de plus en plus forts : corticoïdes, dérivés de la morphine, etc. Lors d’une dernière crise, son mari, le narrateur, décide d’augmenter encore la dose et d’emmener son épouse dans le sud de la France, à Fontvieille, pour changer d’air, se reposer et se détendre en essayant d’oublier la douleur sous l’effet de l’augmentation des doses médicamenteuses. Mais, une nuit, après une belle soirée passée au restaurant sous un ciel étoilé, Michèle est prise de violentes douleurs à l’abdomen. 

 

De retour en Belgique, un matin son mari ne peut la réveiller, elle est dans le coma. Celui-ci la fait immédiatement  hospitaliser et soigner par les meilleurs praticiens de la ville qui diagnostiquent un choc septique des suites d’une occlusion du colon. Les antidouleurs ont occulté les douleurs abdominales qui auraient dû alerter la patiente et son entourage. Dès lors, la course est engagée entre l’infection qui détruit ses poumons et les soins que lui prodiguent les médecins. Son mari est là tous les jours à son chevet, il dialogue avec les soignants, les guide, les stimule, les écoute et parfois refuse de les entendre. Cette lutte dure dix-sept jours, pendant lesquels patient, soignants, époux se soutiennent, se confrontent, s’affrontent dans un combat mortifère, tout en sachant que le conjoint est, par sa formation et les relations qu’il entretient avec le corps médical, en même temps soignant et conjoint. Ce court récit expose avec précision et empathie les soins que doivent subir les malades atteints du SRAS, soins qui sont les mêmes que ceux reçus par les malades atteints d’une forme grave de la covid 19. Le récit montre également comment la tragédie se noue rapidement autour d’un malade souffrant de cette affection.

 

Dans ce texte l’auteur met aussi en évidence un sujet qu’il a déjà exploré dans d’autres ouvrages : la confrontation du point de vue de la personne qui tente d’oublier sa douleur, et de son entourage, avec celui de la médecine qui cherche plutôt à éradiquer les origines du mal pour le vaincre définitivement. Une incompréhension qui risque d’entraver des traitements nécessaires et même indispensables à la guérison, une incompréhension qui démontre la nécessité d’un meilleur dialogue malade/soignant. Ce petit livre documenté et précis peut apporter à chacun un éclairage à méditer au moment où une pandémie sévit violemment sur nos territoires.


Denis BILLAMBOZ

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18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 08:52
Anne Ancelin Schützenberger, psychodrame d'une vie de Colette Glasman

 

Rédigé par l’une de ses élèves, ce texte est une très riche biographie de la grande psychologue qui a introduit en Europe les théories de Jacob Levy Moreno, le créateur du psychodrame comme outil de la psychologie sociale. Une biographie d’autant plus riche qu’Anne Ancelin Schützenberger a vécu jusqu’à presque cent ans et que, jusqu’à sa mort, elle a eu une vie particulièrement riche, laborieuse et mouvementée. Fille d’une riche famille de l’intelligentzia juive russe peu pratiquante, évoluant dans la classe sociale supérieure, elle est baptisée Anna selon les désirs de son père mais sa mère l’appelle toujours Assia. Elle devient Anne quand elle rejoint la France à l’âge de six ans et elle se prénommera Elodie pour échapper aux Allemands et leur résister pendant la guerre. Elle est née Eynoch, du nom de son père, est devenue Schützenberger en épousant un protestant d’origine autrichienne et, lors de sa naturalisation en 1946, elle choisit définitivement de se nommer Ancelin Schützenberger en associant son nom de résistante à celui de son mari qu’elle a conservé malgré leur rapide divorce.

 

Son chemin de rupture commence dès son jeune âge, les Bolchévik ayant provoqué une dégradation notoire de leur condition de vie et de leur statut social et finalement mis en danger leur existence. Sa mère choisit alors de quitter la Russie par des chemins détournés sans son mari mais avec ses deux petites filles, Nina était la cadette d’Assia/Anna. Première rupture avec son pays, son milieu social, sa culture, sa gastronomie et son père qui ne rejoint Paris que plus tard. Rupture à l’école où elle est stigmatisée et persécutée en tant qu’étrangère, rupture avec sa mère avec laquelle elle est toujours en conflit. Mais la rupture devient plus cruelle avec la perte de la petite sœur adorée. Plus tard, la famille échappe de justesse à la rafle des Juifs et prend le nom d’Ancelin. Le père, séparé de la mère, reste à Paris et est déporté, il mourra avant d’arriver à Auschwitz. Nouvelle vague de ruptures quand les Allemands les pourchassent et incendient leur retraite en Lozère. Toute sa vie ne sera que rupture avec ses amis, ses collègues, sa famille, son caractère fort, très fort, souvent trop fort, son intransigeance, sa passion l’emportent souvent sur la raison, l’amour et l’affection.

 

Sa famille ne souhaitant pas qu’elle apprenne la médecine, Anna fait du droit mais doit s’enfuir avec sa mère en Lozère où elle participe activement à la résistance. Après la guerre, elle obtient une licence de psychologie et donne naissance à sa fille Hélène qu’elle emmène avec elle aux Etats-Unis où elle intègre les cours de Jacob Levy Moreno, le fondateur du psychodrame en psychologie. Elle rentre en France où elle s’attache à propager les thèses de Moreno dans les divers emplois qu’elle occupe, dans les congrès auxquels elle participe, dans les groupes qu’elle anime. Elle devient la référence en la matière pour l’ensemble de l’Europe. Elle est partout, se démène avec frénésie, on cherche sa compagnie, son enseignement, son expérience mais elle n’a pas d’emploi fixe.  Elle finit tout de même par terminer sa thèse, ce qui lui permet de postuler à un poste de professeur à la Faculté de Nice qu’elle obtient de justesse. Son intransigeance et son tempérament tempétueux lui valent de nombreuses inimitiés qui s’ajoutent au fait qu’elle ne soit pas française d’origine. Mais sa vie est toujours aussi en dents de scie, elle est de toutes les causes qui concernent son domaine, elle mène de nombreux combats personnels ou collectifs. Elle paie souvent de sa personne et même de son argent, argent qu’elle n’a pas toujours. 

 

Il est vrai qu’elle  n’est pas une bonne gestionnaire, qu’elle n’est pas organisée, qu’elle se consacre essentiellement au développement de la psychologie de groupe, la psychologie sociale et surtout le psychodrame. Elle veut être au sommet, gouverner, décider. Elle ne sait pas bien s’entourer, même si elle a de nombreux amis fidèles et souvent de bon secours. C’est une femme hyper active, de santé fragile, une mère de famille peu attentionnée mais le temps n’a aucune prise sur elle. Quand son corps commence à faiblir, quand sa mobilité se réduit, quand sa vue baisse, elle n’abandonne jamais, elle veut toujours être en action. Jusqu’à sa mort, transportée sur un fauteuil, elle est partante pour assister à une manifestation qu’elle juge importante, Outre-Atlantique ou ailleurs encore. Anne est une boule d’énergie, animée d’une détermination à toute épreuve, d’un caractère bien trempé souvent impulsif et même colérique, d’une volonté d’acier, d’une passion débordante pour son métier et sa spécialité. Mère peu attentive à sa fille elle est une grand-mère affectueuse mais trop exigeante. Nombre  de ses collègues l’admirent et l’adorent mais elle sait aussi se faire de nombreux ennemis qui entraveront certaines de ses entreprises. Anne, malgré une santé souvent défaillante - elle ne se soigne pas ou mal - est une personnalité  en perpétuel mouvement, toujours en avance sur les autres, la véritable fondatrice en Europe du psychodrame en psychologie. Elle fait partie de ceux qui ont contribué à la naissance de la psychologie de groupe comme une science sociale, comme une thérapie, comme une nouvelle matière universitaire. Par ailleurs, elle était une femme libre de ses choix de vie, d’enseignement, d’amitié et d’amour, d’engagement et de spiritualité. Une grande figure du féminisme à travers ses actes, davantage qu’à travers un militantisme tapageur. Avec cet ouvrage, Colette Esmenjaud Glasman dresse une biographie très fine, très complète, très riche de celle qui fut son modèle, son inspiratrice, sa référence. Elle a suivi son enseignement, fait partie de ses proches, et on sent dans cet ouvrage combien elle l’admire, combien elle l’affectionne, même si elle ne cache aucun des défauts de son professeur, de son modèle, de son amie. Cette biographie deviendra certainement un ouvrage de référence dans toutes les universités et partout où l’on enseigne la psychologie.


Denis BILLAMBOZ


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Anne Ancelin Schützenberger

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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 08:29
La chambre du premier de Monique Bernier

Sylvie s’est mariée jeune, très jeune même, avec Jean qui l’a emmenée en Australie qu’elle quitte, au début de cette histoire,  pour rejoindre sa Belgique natale. Elle ne supporte plus la vie que son mari lui inflige, elle a économisé sou par sou pour payer ce long voyage et ses enfants sont désormais assez grands pour comprendre son désarroi et vivre sans elle. Elle rentre au pays où personne ne l’attend, elle découvre que sa grand-mère adorée vient de décéder. Elle se réfugie auprès de son frère avec lequel elle a rompu depuis son départ. Elle n’a plus aucune relation avec sa mère avec laquelle elle ne s’est jamais entendue et elle a l’impression de n’avoir jamais eu de père. Elle découvre petit à petit que la vie qu’elle a menée avec sa grand-mère ne correspondait peut-être pas à la réalité familiale, que sa mère n’était peut-être pour rien dans la mort de son père, qu’elle a sans doute été manipulée pour qu’elle prenne sa mère, soutenue par son frère, pour un bourreau. L’ouverture du testament de la grand-mère pose de nouvelles questions. Sylvie se lance alors dans une véritable quête en interrogeant ceux qui l’ont côtoyée quand elle vivait avec elle ou après son départ, lors du long silence familial infligé par son mari. Sylvie découvre ainsi que la famille qu’elle a connue n’est peut-être pas vraiment celle dont elle se souvient, de nombreuses pièces viennent s’ajouter au puzzle familial conservé dans sa mémoire. Elle peut, après avoir fait le tri, recoller les pièces de ce puzzle  complexe et entrevoir enfin une vie exempte de secrets, de non-dits et vérités déformées. 

 

 

Ce texte est une véritable enquête familiale conduite avec beaucoup d’adresse et de finesse par Monique Bernier qui semble connaître les arcanes des familles décomposées, recomposées pour terminer par être complètement éclatées. C’est aussi, d’une certaine façon, un réquisitoire contre la manie, voire le vice, que certains prennent à manipuler la vérité pour éviter des scandales ou des situations gênantes, au risque de créer des cataclysmes familiaux beaucoup plus violents lorsque les générations suivantes sont mises devant les faits accomplis par leurs aïeux. C’est aussi un bel exemple de famille à l’arbre généalogique falsifié pour faire passer des unions peu glorieuses, des fautes inacceptables à l’époque et des naissances pour le moins inattendues et pas franchement désirées. Ceux qui, aujourd’hui, s’acharnent à révolutionner les structures et les valeurs familiales devraient impérativement lire ce livre pour bien comprendre où leurs manipulations, pas toujours très réfléchies, risquent de les conduire.


Denis BILLAMBOZ


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L'auteure

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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 08:23
Manies ennemies de Pauline Liétar

 

Lucie, brillante chercheuse, ayant perdu une bonne partie des crédits alloués à ses travaux sur la maladie de la pierre,  profite d’une mutation de son mari au Pays Basque pour cesser son emploi et devenir mère au foyer en élevant ses deux enfants. Mais Lucie est atteinte de troubles obsessionnels du comportement, son cerveau hyper actif est perturbé pas son nouvel emploi du temps qui la sollicite insuffisamment, alors elle fantasme en construisant des histoires abracadabrantès. Elle a perdu sa mère alors qu’elle n’avait que dix-huit ans et elle est persuadée qu’elle est indirectement responsable de cette disparition brutale. Depuis ses TOCS ont pris une nouvelle acuité, elle doit  vérifier tout ce qu’elle fait, craignant qu’un oubli génère une nouvelle catastrophe. Ainsi, redoute-t-elle de n’avoir pas serré son frein à main, de ne pas avoir fermé la porte correctement, de n’avoir pas éteint la plaque de cuisson, parfois d’avoir renversé le cycliste ou le piéton qu’elle vient de croiser, ainsi  fait-elle demi- tour pour constater qu’il est toujours bien sur la route. Et, une fois, elle ne revoit pas dans son rétroviseur le jeune garçon qui marchait sur le bord de la route quand elle est passée à sa hauteur. Elle essaie de se persuader que ce n’est qu’un trouble de son cerveau en ébullition mais un appel lancé sur la Toile signale la disparition d’un gamin qui pourrait être celui-ci. Alors, elle panique, se convainc qu’elle l’a poussé dans le ravin, essaie de se raisonner, participe aux recherches, fouine partout pour tenter de trouver des indices propres à l’innocenter, mais rien n’y fait, ses troubles ne font qu’empirer. Elle doit  avoir recours aux médicaments qu’elle  dissimule dans son placard secret.

 

Ses recherches prennent alors l’allure d’une véritable enquête qu’elle conduit avec l’aide des nouveaux outils de gestion de l’information qu’elle utilise avec une grande agilité. Au cours de ses recherches, elle découvre des indices qui lui évoquent le décès de sa mère et la rapproche de plus en plus de sa quête d’information sur la disparition du jeune garçon qu’elle pense avoir poussé dans le fossé. En trouvant ce qui relierait cette disparition à ce décès, elle espère prouver son innocence dans ces deux événements dramatiques et, ainsi, échapper à son addiction médicamenteuse. Voilà un sujet original où celle, qui pense être la coupable, mène l’enquête elle-même, enquête qui, de ce fait, échappe aux  codes habituels du polar. Un texte rythmé, alerte, qui entraîne le lecteur page après page sans lui laisser le temps d’envisager, ne serait-ce que brièvement, la conclusion de cette quête inédite. Un livre qui se lit d’une traite, vous aspirant vers son dénouement. Une illustration des perturbations que subissent ceux qui sont atteints de troubles obsessionnels du comportement et de la dépendance qui les asservit quotidiennement à la médication.


Denis BILLAMBOZ


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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 07:01
Liste des articles "Les coups de coeur de Denis "

 

Voici la nouvelle rubrique que nous propose notre ami de longue date : Denis BILLAMBOZ. Grand lecteur devant l'éternel, Denis nous a déjà offert pendant deux années un tour du monde littéraire de grande qualité, nous menant à travers les livres choisis dans un formidable voyage au royaume des mots. Aujourd'hui, il va nous livrer ses coups de coeur, ses moments d'enthousiasme, les romans qui ont marqué tout particulièrement sa mémoire. Il a voulu ouvrir cette rubrique sur mon dernier né "Le jardin d'incertitude" auquel il a trouvé des qualité, ce qui m'honore. D'autres coups de coeur suivront chaque lundi, Denis aimant d'un vrai amour les écrivains et les poètes. Alors accompagnons-le dans cette équipée qui ouvre ce matin sa première page.

 

 

Le jardin d'incertitude de Armelle Barguillet Hauteloire

Léo Ferré, le poète vagabond  

Irène,Nestor et la vérité de Catherine Ysmal

Le sang et la mer de Gary Victor

Cortés et son double de Christian Duverger

Seuls le ciel et la terre de Brian Leung

Les couleurs de l'hirondelle de Marius Daniel Popescu

Mourir est un art comme tout le reste de Oriane Jeancourt Galignani

A l'exemple de mon père de Uwe Timm

L'accordeur de silences de Mia Couto

Le renard était déjà le chasseur de Herta Müller

La compagnie des Tripolitaines de Kamal Ben Hameda

Adieu ma mère, adieu mon coeur de Jules Roy

Hammerstein ou l'intransigeance de Hans Magnus Enzensberger

Dans la grande nuit des temps de Antonio Munoz Molina

Les immortelles de Makenzy Orcel

Les feux de Shohei Ooka

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de Thomas Vinau

Muette de Eric Pessan

Le son de ma voix de Ron Butlin

Ici ou nulle part de Rocio Duran Barba

Rue des voleurs de Mathias Enard

Volt de Alan Heatcock

"Du domaine des murmures" de Carole Martinez

un domaine au Cap-Vert de Henrique Teixiera de Sousa 

"S'inventer un autre jour" de Anne Bert

Retour à Salem d'Hélène Grimaud

Folie de Ivan Vladislavic

Un bon musulman de Tahmima Anam

L'hom Wazo de Dora Wadrawane

Christie Malry règle ses comptes de Brian Stanley Johnson

Souvenirs d'un enfant des rues de Mansour El Souwaim

Kyôto de Yasunari Kawabata

Le grand absent de Laurent Graff

La petite de Michèle Halberstadt

La carte du monde invisible de Tash Aw

Le général Della Rovere de Indro Montanelli

Monsieur le commandant de Romain Slocombe

Le colonel et l'appât 455 de Fariba Hachtroudi

Les mouettes de Sandor Marai

La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier

L'amant imaginaire de Taos Amrouche

Poèmes du Temps de Isidore Hiro

La belle amour humaine de Lyonel Trouillot

Le triomphe de la mort de Patrick Weiller

Les fées penchées de Véronique Janzyk

Deux nouvelles de Alberto Barrera Tyszka

Un garçon singulier de Philippe Grimbert

Mon doux amour de Raoul Mille

Comme un karatéka belge qui fait du cinéma de J.C. Lalumière

Faillir être flingué de Céline Minard

Ana Marija ne m'aimait pas de Lijljana Durovic

La preuve par le miel de Salwa Al Neimi

Un ciel rouge, le matin de Paul Lynch

Le maître bonsaï de Antoine Buéno

Coeurs multicolores de Eduard von Keyserling

Mademoiselle de la Ferté de Pierre Benoît

Tirza de Ali Abassi

"ICI" de Christine Van Acker

Les hommes forts de Georges Magnane

La mauvaise pente de Chris Womersley

Le vicomte pourfendu de Italo Calvino

Le verrou de Laetitia Kermel

Un privé à bas bilan d'Eric DEJAEGER

Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre

De Goupil à Margot de Louis Pergaud

Fixer le ciel au mur de Tieri Briet

Les aphorismes selon André STAS

La cloche de détresse de Sylvia Plath

L'automne des incompris de Hugo Ehrhard

 

L'audience de Oriane Joncourt Galignani

Matin perdu de Vergilio Ferreira

Willenbrock de Christoph Hein

"14" de JEAN ECHENOZ

Pereira prétend de Antonio Tabucchi

Première neige sur le Mont Fugi de Yasunari Kawabata

J'ai eu des nuits ridicules d'Anna ROZEN

Cannibales de Mahi Binebine

Les trois lumières de Claire Keegan

L'ironie du sort de Didier da Sylva

Des mille et une façons de quitter la Moldavie de Vladimir Lortchenkov

Un petit nuage de James Joyce

Le trône d'Adoulis de Glen W. Bowersock

L'echappée de Valentine Gobi

Le cuisinier de Talleyrand de J.Christophe Duchon-Duris

Nue de Jean-Philippe Toussaint

Tristano meurt d'Antonio Tabucchi

La claire fontaine de David Bosc

Un certain sourire de Françoise Sagan

Le dynamiteur de Robert Louis Stevenson

Tu seras un raté, mon fils de Frédéric Ferney

Le démon avance toujours en ligne droite d'Eric Pessan

De l'influence du lancer de minibars sur l'engagement humanitaire de Marc Salbert

Création d'Antonia Susan Byatt

Histoire de la Grande Maison de Charif Majdalani

Une seconde vie de Dermot Bolger

Moi et toi de Nicolo Ammaniti

Du côté de Canaan de Sebastian Barry

Marthe et Mathilde de Pascale Hugues

La mer, le matin de Margaret Mazzantini

Leon et Louise d'Alex Capus

La folie que c'est d'écrire d'Alexandra Bitouzet

Annabel de Kathleen Winter

La soudure d'Alain Guyard

L'important, c'est la sauce de Michel Thauvoye

Au nom de Sa Majesté de Laurent Graff

Autrefois le rivage de Paul Yoon

Parabole du failli de Lyonel Trouillot

Le génocide arménien de Michel Marian

Huit quartiers de roture de Henri Calet

La fraternité des atomes de Gauthier Hiernaux

Ma mémoire assassine de Kim Young-ha

Des jours en trop de Hassan Daoud

Elek Bacsik, un homme dans la nuit de Balval Ekel

Une pièce montée de Blandine Le Callet

22h22 de Denis Daniels

Prisonniers du ciel de James Lee Burke

Deux d'un coup de Liviu Rebreanu

L'accordéon de la mer et autres formes de Kim Myong-in

Les affligés de Chris Womersley

Mijn vater is groot de Dominique Watrin

Figurante de Dominique Pascaud

Petits plats de résistance de Pascale Pujol

Kokoro de Delphine Roux

L'envie de Iouri Olécha

Le Livre du thé de Kakuzo Okakura

La porte rouge de Valentine Goby

Histoire de Milad de Rafik Schami

A l'enseigne des coeur épris de Jean-François Pigeat

Le p'tit cheval de retour de Michel Audiard

Sous un ciel qui s'écaille de Goran Petrovic

Ce qui reste de Rachid O.

Fuir de Jean-Philippe Toussaint

Le bunker de Balval Ekel

Dictionnaire de trois fois rien de Marc-Emile Thinez

Ozu de Marce Pautrel

Kinderzimmer de Valentine Goby

Vie des hauts plateaux de Philippe Annocque

Confidences et solitudes de plus en plus courtes de Thierry Radière

L'équation du nénuphar de Pascale Petit

La mort et la belle vie de Richard Hugo

L'enfant de la haute mer de Jules Supervielle

L'or de Blaise Cendrars

 

Tant et tant de chevaux de Luiz Ruffato

Le dieu du tourment de Hugo Ehrhard

Un peu plus bas vers la terre de Renaud Cerqueux

Après l'orage de Selva Almada

Le bunker - premier témoignage - de Thierry Radière

Nosaka aime les chats de Akiyuki Nosaka

Mon amour pour la vie en moi de Gérard Sendrey

La pluie ébahie de Mia Couto

Animots de Jean Jacques Marimbert

Le Bateau-usine de Kobayashi  Takiji

Fausse route de Pierre Mérindol

Il est minuit Monsieur K de Patrice Franceschi

Les effrois de la glace et des ténèbres de Christoph Ransmayr

La dénonciation de Bandi

Toujours plus à l'Est de Benjamin Pelletier

Toutes les choses de notre vie de Hwang Sok-Yong

L'amour en super 8 de Chefdeville

Le bouffon de la montagne de Christophe Bigot

Bestiolerie potagère de Louis Bubost

Jardin de printemps de Shibasaki Tomoka

Les lièvres de jade d'Eric Allard et Denys-Louis Colaux

Allons z'enfants d'Yves Gibeau

Sympa de Alain Schifres

La concessions française de Xiao Bai

Call-Boy de Ira Ishida

Le vampire de Clichy de Véronique Janzyk

Tête dure de Francesco Pittau

Bleu de travail de Thomas Vinau

Les enfants du grand jardin de Carine-Laure Desguin

Adriana de Théodora Dimova

Copies de Thierry Radière

Un ours qui danse de Vincent Jolit

Métamorphose d'un crabe de Sylvie Dazy

La semaine des martyrs de Gilles Sebhan

Comment apprendre à s'aimer de Motoya Yukiko

Bonneville de Laurent Saulnier

Le jardin Arc-en-Ciel de Ito Ogawa

Les nuits de Williamsburg de Frédéric Chouraki

Le voyage d'Octavio de Miguel Bonnefoy

Le petit oeuvre poétique de Claude Louis-Combet

Pas Liev de Philippe Annocque

 

 

Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas de Imre Kertész

La lanterne de l'aubépine de Seamus Heaney

Soudain j'ai entendu la voix de l'eau de Hiromi Kawakami

L'argent de Charles Péguy

Narayama de Schichiro Fukazawa

La mer noire de Kéthévace Davrichewy

La petite gamberge de Robert Giraud

Ma vie palpitante de KIM Ae-ran

Fable d'amour d'Antonio Moresco

Les pauvres parents de Ludmila Oulitskaïa

Un serpent à Alemdag de Sait Faik Abasiyanik

A un moment donné de Thierry Radière

La vie et l'oeuvre du compositeur Foltyn de Karel Capek

Le pont sans retour de Vincent-Paul Brochard

Izo de Pascal de Duve

Contes espagnols de Lorenzo Cecchi

Ma voisine a hurlé toute la nuit de Anne-Michèle Hamesse

Bingo (Père & fils) de Jean-François Pigeat

Relations secrètes de LI Jingze

Amour, gloire et dentiers de Marc Salbert

Sous le ciel de l'Altaï de LI Juan

Comment ma femme s'est mariée de PARK Hyun-Wook

Un livre de raison de Joan Didion

Les mensonges de la mer de Kaho Nashiki

Visions de Kerouac d'Yves Budin

La femme qui court de Jennifer Johnston

Tout un été sans facebook de Romain Puértolas

Déséquilibres ordinaires de Françoise Steurs

Sans Abuelo Petite de Cécile Guivarch

La fille de Souslov de Habib Abdulrab Sarori

Vie et mort de Katie Olson de James Garner

Afin que rien ne change de Bruno Cerqueux

2401 de Bob Boutique

Le dimanche des mères de Graham Swift

Les liens du sang de Errol Henrot

Sous une pluie d'épines de Vu Tran

Mariage contre nature de Yukiko Motoya

Les vagues de Virginia Woolf

Oursins et moineaux de Sjon

La vie du bon côté de Keisuke Hada

Mémoires d'une fleur de Jacques Pimpaneau

Les petites épiceries de mon enfance de Lee Mekyeoung

 

 

Au nom du pire de Pierre Charras

Le chat qui venait du ciel de Takashi Hiraide

Mes chats écrivent des haïkus de Minami Shinbô

Crépuscule du tourment de Leonora Miano

Le vin des rues de Robert Giraud

Kvar Io de Sabine Huynh

Les anges ne reviendront plus de Firouz Nadji-Ghazvini

Le naufragé de Zocalo de Fabrizio Méjia-Madrid

Plaisirs d'été d'Herman Bang

La méthode Sisik de Laurent Graff

Les aventures des quatre derviches de Mir Amman

Ma très chère grande soeur de Gong Ji-Young

Armaguédon Strip de Frédérick Houdaer

Blues Social Club de Lorenzo Cecchi

Le rêve de Dieu de Krsté Tchatchanski

Lumière dans les ténèbres de Philippe Remy-Wilkin

L'autre côté de la mer d'Arnold Couchard

Elise et Lise de Philippe Annocque

Au nord de Mogador de William Cliff

Siddhartha de Hermann Hesse

Désordres amoureux de Ama Ata Aidoo

La péninsule aux 24 saisons de Mayumi Inaba

Un début loin de la vie d'André Blanchard

Tout dort paisiblement sauf l'amour de Claude Pujade-Renaud

Courtisane de Muneera Swar

Berlin secret de Franz Hessel

Généalogie du mal de Yu-Jeong Jeong

Noir sur blanc de Jun'ichirô Tanizaki

Tombe, tombe au fond de l'eau de Mia Couto

La toile du paradis de Maha Harada

By the rivers of Babylon de Kei Miller

Idaho d'Emily Ruskovich

La vie brève de Jan Palach d'Anthony Sitruk

La fille de mon meilleur ami d'Yves Ravey

Nouvelles septentrionales de Thierry Radière

Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin

Jours de dèche de Didier Delome

La passion selon Saint-Mars de Gérard Adam

Un paradis de Sheng Keyi

Récit d'un naufragé de Gabriel Garcia Marquez

Le voisin de la cité Villène d'Elodie Wilbaux

Un été immobile de Claude Donnay

La disparition de Josef Mengele d'Olivier Guez

Johnny Guitar de Roy Chanslor

La couleur de l'aube de Yanick Lahens

Les dupes de Jean Dutourd

Il est grand temps de rallumer les étoiles de Reinhardt Wagner

Yves Saint Laurent, le soleil et les ombres de Bertrand Meyer-Stabley et Lynda Maache

Deuil pour deuils de Christophe Stolowicki

Célébration du chat d'Anne Davis

Les radis bleus de Pierre Autin-Grenier

Roman d'un saltimbanque de Jacques Pimpaneau

Peine Perdue de Kent

Le camp de l'humiliation de Kim Yu-kyeong

Zam de Zam Martino Ebale

Le neuvième orgasme est toujours le meilleur d'Anne-Michèle Hamesse

Apre coeur de Jenny Zhang

Le modèle oublié de Pierre Perrin

Lalala est là de Julie Bonnie

L'Ukraine, une histoire entre deux destins de Pierre Lorrain

Beau comme une éclipse de Françoise Pirart

L'embâcle de Sylvie Dazy

A la cime des montagnes de Chi Zijian

L'ordre des choses de Jean-François Pigeat

Tempête rouge de Tsering Dondrup

Un amour de psy d'Anne Duvivier

My heart belongs to Oscar de Romain Villet

Albert Giacometti, ascèse et passion de Anca Visdei

Lily sans logis de Frédérique-Sophie Braize

Tignasse étoile d'Evelyne Wilwerth

Deux personnes seules au monde de Kim Young-ha

Des écrivains imaginés de Cécile Villaumé

Mon hôte s'appelait Mal Waldron de Carino Bucciarelli

Saison frivole pour un tueur de Stephan Ghreener

Tous pour elle de Laurent Malot

Les bedaines de coton de Cyril Maguy

Le coeur en lesse d'Aurélien Dony

Les dames de l'Elysée de Bertrand  Meyer-Stabley et Lynda Maache

Les contrées des femmes errantes de Jasna Samic

Les étrangers de Didier Delome

Maiba de Russel Soaba

L'avenue, la kasbah de Daniel Soil

Arbres de Ji Dahai

Dans l'oeil du démon de Jun'ichirô Tanizaki

 

 

La vie des abeilles de Maurice Maeterlinck

La vie des termites de Maurice Maeterlinck

La vie des fourmis de Maurice Maeterlinck

Courrier prioritaire d'Anita Vaillancourt

Les fables de Jean de la Fontaine illustrées d'estampes japonaises (Picquier)

Ces trous dans mon coeur d'Isabelle Fable

Lettres à un jeune homme de Max Jacob

Etranger dans mon pays de Xu Zhiyuan

Le renaissance de la liberté de Paul Valéry

Petites chroniques des printemps et automnes de Li Jingze

Un sandwich à Ginza de Yokô Hiramatsu

Vague inquiétude d'Alexandre Bergamini

Panne de secteur de Philippe B. Grimbert

L'esprit européen en exil de Stefan Zweig

L'ombre d'une vie de Jirô Asada

Loin des querelles du monde d'Anna Rozen

Notre lâcheté d'Alain Berthier

Protection rapprochée de Lorenzo Cecchi

Neige et corbeaux de Chi Zijian

La défense et illustration de la langue française de Joachim du Bellay

Les beaux jours d'Annie Preaux

On ne coupe pas les ailes aux anges de Claude Donnay

Baie Saint Paul de Jean-Manuel Saëz

L'histoire de Chicago May de Nuala O'Faolain

Le choix de Mia de Jean-Pierre Balfroid

La lune éclaboussée - Meurtres à Maubeuge de Carine-Laure Desguin

Le tambour des larmes de Beyrouk

En avant la chronique de Philippe Chauché

Pourquoi ont-ils tué Jaurès de Stéphane Bret

Les hibiscus sont toujours en fleurs de Monique Bernier

La lumière de l'archange de Gérard Adam

L'Ecclésiaste

La république du bonheur de Ito Ogawa

Debussy pour toujours de Zoran Belacevic

Le ciel sous nos pas de Leïla Balsaïn

La position du schuss de Loris Bardi

Monsieur Minus de Laurent Graff

Mon grand-frère de Thierry Radière

A propos de Pre de Daniel Charneux

Joailliers de légende de Bertrand Meyer-Stabley et Laurence Catinot-Crost

Les chats ne rient pas de Kosuke Mukai

Les secrets de la forge d'Isabelle Artiges

Duncan et la petite tour Eiffel de Jérôme Attal

Pas faite pour de Véronique Adam

La sainte entreprise de Pascale Cornuel

Une histoire belge de Robert Massart

Le cabinet Lambda de Paul Lambda

Les effacés d'Anne Staquet

Entre la source et l'estuaire de Grégoire Domenach

La boussole des rêves de Jean-Jacques Marimbert

C'était le jour des morts de Natalia Sylvester

Autopsie pastorale de Frasse Mikardsson

Chambre avec vue sur l'océan de Jasna Samic

L'homme qui voulait boire la mer de Pan Bouyoucas

Les pas perdus du Paradis de Catherine Deschepper

La maison du Belge d'Isabelle Bielecki

La théorie du parapluie de Ralph Vendôme

Pourquoi je t'aime de Francis Huster

La malédiction des mots d'Evelyne Guzy

El Curandero de Paul Vanderstappen

Le silence des bois de Maureen Martineau

Donne-moi des fils où je meurs de Maud-Jan Ailleret

Nous et les oiseaux de Carino Bucciarelli

Mon coeur restera de glace d'Eric Cherrière

Dylanographie de Nicolas Levecchi

On efface  pas les souvenirs de Sophie Renouard

L'hexagone considéré comme un exotisme de Francis Navarre

Suiza deBénédicte Belpois

Voyage avec un âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson

Diagnostic à haut risque de Patrick Guillain

Les 9 vies d'Ezio de Jean-Marie Darmian

Mes trente glorieuses d'Anne Gallois

Au revoir Lisa de Françoise Houdart

Et si Notre-Dame la nuit ... de Catherine Bessonart

Les couleurs de la peur d'Isabelle Fable

La femme de l'autre rive de Roger Faindt

Les étés de Jeanne de Nicole Marlière

Bruges-la-morte de Georges Rodenbach

Les demeurées de Jeanne Benameur

La petite vendeuse loin de la plage de Nadine Thirault

L'arche de mésalliance de Marin de Viry

Antonietta de Gérard Haddad

Le ventre des hommes de Samira El Ayachi

Pierre Hubermont, écrivain prolétarien de Charneux, Duray et Fourmanoit

Les orages possibles de Claude Raucy

Un après-midi dans le désert de Mustapha Tlili

L'été de la petite de Jo Hubert

L'heure des olives de Claude Donnay

Manies ennemies de Pauline Liétar

La chambre du premier de Monique Bernier

Anne Ancelin Schützenberger - Psychodrame d'une vie de Colette Glasman

ARDS de Jean-Louis Vanherweghem

Les ailes battantes de Martine Rouhart

Entendez-vous dans les campagnes de Ahmed Tiab

Le serment de l'espoir de Parme Ceriset


 

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28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 08:50
L'heure des olives de Claude Donnay

 

Nathan simule un burn out pour quitter son job et retrouver sa liberté car sa femme est en train de le quitter et qu'il se sent un peu coupable. Il ne veut plus de cette vie avec une belle famille qui ne connait pour seule préoccupation que le pouvoir et l’argent, une sœur qu’il ne voit presque plus et un job qui ne le passionne nullement. Il rêve d’une vie simple et authentique, il ne veut plus des faux semblants et des artifices. Sa sœur réussit à l’emmener à la campagne pour un week-end de détente où il rencontre Alex, une femme plus âgée que lui qui l’attire franchement, elle l’entraîne en balades dans la campagne où ils finissent par se séduire mutuellement. 

 

Il a menti à Alex, Alexandra lui a menti elle aussi, ils ont inventé des personnages compatibles pour vivre une aventure en cachette, loin de leur monde réciproque. Mais leur histoire bascule quand Nathan, voulant en savoir plus sur sa belle, découvre qu’elle est avec sa collègue une égérie du monde parisien de l’édition, qu’elles font et défont les carrières littéraires des plus grands auteurs. Alors, pour l’épater et redorer son image personnelle, il lui dit qu’il écrit et le prouve en lui adressant, sous son nom, le manuscrit que son père a rédigé. Hélas pour lui, ce texte est très bon, il est promis à une belle carrière éditoriale. Nathan bascule alors dans une double vie, dans un imbroglio insoluble dont il ne pourra sortir qu’à l’aide d’une écrivaine qui le confie à son père.

 

Ce texte d’une très grande richesse comporte plusieurs entrées, c’est tout d’abord une réflexion sur le mensonge, le mensonge provoqué par les vices de notre société où il faut souvent mentir pour ne pas perdre la face et tout ce qui s’en suit. Nicole trompe Nathan qui le quitte, Alex ment à Nathan sur sa double vie, mais c’est surtout Nathan qui ment à tout le monde (employeur, épouse, famille) en laissant croire qu’il souffre d’un « burn out » et aussi à son père à qui il a volé son manuscrit pour le faire éditer sous un pseudo personnel. Donnay semble se demander comment est-il possible de vivre dans notre monde en disant toujours la vérité ? Est-elle seulement bonne à être dévoilée ? C’est aussi un livre militant où, à travers le récit escroqué au père qu’il plonge en abyme dans l’histoire de Nathan - ou peut-être est-ce l’histoire de Nathan qui tombe en abyme dans le récit paternel,  l'auteur défend farouchement la cause de ceux qui aident les migrants à trouver une meilleure vie dans un univers où ils sont contraints de se réfugier sans y être acceptés.

 

On peut y voir aussi une belle image de la femme moderne, libre, indépendante, chargée de hautes responsabilités : Nicole est une executive woman, Pénélope et Jasmine règnent sur le monde littéraire germanopratin, Pénélope et Nicole ont des amants de passage, Ludmilla et Ingrid sont des artistes reconnues. Toutes sont des femmes séduisantes et entreprenantes qui n’hésitent pas à séduire quand elles en ont envie, ce sont elles qui décident.  Ce livre est aussi un « témoignage » sur l’écriture et le cahoteux parcours que doivent emprunter ceux qui veulent recevoir la reconnaissance de l’édition qui n’est hélas, pour bon nombre, qu’une illusion éphémère. Mais, à mon avis, ce roman est avant tout un grand texte sur l’amour, pas toujours possible, mais l’amour sous toutes ses formes : Nicole et Nathan aurait pu construire un bon couple mais la barre parentale était trop haute, Pénélope a aimé John, Ludmilla aime Ingrid, Côme tombe amoureux d’une migrante, et l’amour n’est pas que sexuel, il existe aussi entre le père et le fils, le frère et la sœur, et il peut se muer en amitié comme celle de Nathan et d'Anton. Cet ouvrage est avant tout un grand roman d’amour impossible, une histoire d’amour comme il n’en existe que dans les grandes œuvres littéraires qui surpassent le temps.


Denis BILLAMBOZ


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21 mars 2022 1 21 /03 /mars /2022 09:55
Le complexe du gastéropode de Catherine Deschepper

 

Un aristocrate terrien s’ennuyant dans sa campagne wallonne décide, sous l’impulsion de son épouse désireuse de jouer les égéries littéraires, de créer une résidence d’écrivains dans son château.  Quatre auteurs « en devenir » sont sélectionnés pour résider un mois dans la propriété en y écrivant leur deuxième livre, celui qui compte réellement, celui qui assure le succès et la réputation. Le meilleur des textes sera édité. Sont donc réunis dans le château Emile qui n’est là que pour profiter d’un logement le temps d’en trouver un autre après avoir été chassé du sien, Jean Paul qui n’est là que par la force de la conviction de sa nouvelle compagne Nadine qui jouit déjà d’une réputation suffisante pour entraîner avec elle une bande de fans surexcités, et Nicolas celui qui se sent le plus à même de remporter le trophée. « Ils étaient quatre auteurs présents dans un même endroit, pendant un mois, pour obtenir une promesse d’édition, le livre second, celui qui compte, celui qui ferait décoller sa carrière. Il faudrait donc que Nicolas élimine un à un tous ses concurrents. » Nicolas est décidé, il éliminera ses adversaires en écrivant son forfait : « Ce n’était pas bien compliqué à imaginer un huis clos dans un château, un trophée à l’arrivée, une concurrence à éliminer.»

 

Dans un texte un peu surréaliste mais surtout burlesque, nourri de néologismes destinés à actualiser le langage, à le mettre en phase avec la langue parler actuelle, Catherine raconte les tribulations rocambolesques de ces quatre auteurs, tous un peu déjantés, qui subissent les événements avant même de commencer leur copie. Avec ce texte elle entend  montrer ce qu’est la littérature belge aujourd’hui, ce qui la motive : le besoin d’écrire, l’argent, la gloire, la reconnaissance, le besoin de paraître, l’art pour l’art. Un exposé brossant un tableau comme un condensé de la littérature belge contemporaine. C’est aussi une métaphore de tous les problèmes rencontrés par les auteurs contemporains : la difficulté de se faire éditer, le tropisme parisien, le manque de notoriété, la faiblesse de la médiatisation, le manque de reconnaissance, l’insuffisance des structures et des relais de promotion, tout ce qui prive les auteurs belges de rayonner sur l’ensemble de la francophonie. Les fans de Nadine ne sont que des énergumènes aculturés. « Elle mesurait aussi que son enfermement avait renforcé chez ses lecteurs cet effet d’empathie voyeuriste et de curiosité malsaine qu’on observait chez les amateurs de télé-réalité. » La littérature n’échappe pas aux travers humains, au contraire, elle pourrait peut-être les aviver.

 

L’échec du plan de Nicolas, les déconvenues essuyées par les autres, l’extravagance et l’inconsistance de ces pseudos auteurs provoquent une véritable débandade qui atteint son paroxysme au moment de la conférence de presse décisive pour l’attribution du prix. La soirée se termine en une lamentable déconfiture qui laisse présager des lendemains bien difficiles pour les lettres belges. La maîtresse des lieux comprend vite l’étendue du désastre, « Elle ressentit un dégoût proche de la nausée et le besoin urgent de lire des livres sans rien connaitre de ceux qui les écrivent, les produisent, les commentent, les promeuvent ». Comme disait un auteur de ma connaissance : « le texte, que le texte »,  je le crois de plus en plus.
 

Denis BILLAMBOZ


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  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
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TEXTE LIBRE

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Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

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Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

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