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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 09:54
BIENVENUE SUR INTERLIGNE

                             

                                                                                                                                                                                                                            

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RENAISSANCE DE L'HOTEL RITZ

 

ADRIANA de THEODORA DIMOVA

 

L'HIVER DES POETES


 

Bienvenue sur INTERLIGNE, un blog consacré à la littérature et aux voyages et comportant plusieurs rubriques que je vous décline ci-dessous et dont vous pouvez consulter les articles en cliquant sur leurs liens :

 

 


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Demeurant à Trouville depuis une vingtaine d'années, j'aime la croisière maritime, la marche, la nature et encore et toujours écrire. Dans ce blog, je prends plaisir à vous entretenir de mes écrivains préférés, à vous conter mes voyages et à poser les questions qui invitent au dialogue. Car écrire pour soi-même n'a pas de sens. On écrit avant tout pour l'autre. Pour le rencontrer...ou le retrouver.

  

Bonne lecture, chers visiteurs, et n'oubliez pas de me faire part de vos commentaires, ils seront un enrichissement pour moi et une animation pour les lecteurs de passage.

 

Et, afin de faire plus ample connaissance, voici mon portrait brossé par quelques photos:          

 

 

BIENVENUE SUR INTERLIGNE
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Et mon parcours en écriture consigné par quelques livres :

Quelques-uns de mes ouvrages
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Pour vous procurer la plupart de ces livres, cliquer   ICI  ou  LA

 

Toutefois, si vous préférez les images aux mots, vous pouvez vous rendre sur mon blog " LA PLUME ET L'IMAGE " consacré au 7e Art, en cliquant  LA

 


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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 09:51
Renaissance de l'hôtel RITZ


Paradoxe? C'est au moment où la grande hôtellerie parisienne de luxe traverse une crise majeure (entre 10 et 40 % de chute du chiffre d'affaires depuis les attentats islamistes de novembre 2015) que le nouveau Ritz ouvre ses portes. L'établissement de la place Vendôme échappera-t-il au phénomène, amplifié par le désordre social des dernières semaines ? Frank Klein, le président du Ritz, n'est ni sourd ni aveugle mais il en faudrait plus pour entamer son optimisme et sa fierté. Pour l'heure, ce sont les mots que l'on emploie pour parler de son hôtel qui le préoccupent. « Pourquoi « nouveau Ritz »? - s'étonne-t-il. « Les travaux entrepris depuis quatre ans n'ont pas donné naissance à un nouvel établissement dans le sens où il serait différent de ce qu'il a toujours été. Non, le Ritz que vous allez découvrir est éternel et le temps n'a pas de prise sur lui. Nous nous sommes juste donnés les moyens de poursuivre une histoire »…

 

Et quelle saga! Elle commence au début du XXe siècle avec Marcel Proust, dont la silhouette éthérée se glisse dans la nuit et semble avalée par la porte à tambour qu'actionne un valet. L'écrivain fait irruption dans la suite qu'occupe, à l'année, la princesse Hélène Soutzo. Un peu plus tôt, un coup de téléphone donné par Céleste Albaret, l’employée de Proust, avait tiré de son sommeil l'aristocrate roumaine. L'argutie était toujours la même: « Monsieur Proust, qui pense qu'il va mourir cette nuit, voudrait voir au plus vite madame la princesse pour savoir quelle robe elle portait à la réception de madame de…» A l'arrivée de l'écrivain, on étalait la robe qu'il avait tout le loisir d'observer pour en reporter, une fois rentré chez lui, la description dans La Recherche, où figurerait le personnage de mademoiselle de Saint-Loup, inspiré par la princesse Soutzo. L'un des plus grands romanciers français venant voir nuitamment la toilette d'une des femmes les plus élégantes de Paris pour l'immortaliser dans le plus grand roman français de tous les temps… Voilà quels souvenirs extraordinaires cet hôtel nous raconterait si ses murs pouvaient parler. Mais ici, les murs, comme les hommes, se taisent. Muets sur des secrets qu'une légendaire discrétion interdit de révéler. Et pourtant! L'hôtel de la place Vendôme a collectionné les aventures. Monument élevé à l'oisiveté, le Ritz est le linceul sublime dans lequel sont venues se lover les gloires du grand monde, de Coco Chanel, qui en avait fait sa  « maison », à la princesse Diana dont il fut, en quelque sorte, la dernière demeure… Symbole d'un art de vivre à la française où se mêlent dorures, livrées et argenterie, il a irrigué, des décennies durant, les veines universelles de l'élégance. Devenu un nom commun désignant le luxe absolu, ce palace symbolise avant tout l'excellence aux yeux de la planète. C'est la raison pour laquelle la transformation entreprise il y a quatre ans par son propriétaire, Mohamed al-Fayed, était attendue comme celle d'un chef-d'œuvre dont on espère que la patine aura résisté aux coups de pinceaux du restaurateur.

 

De la place Vendôme, on franchit le seuil du Ritz par la mythique porte à tambour refaite à l'identique. Celle qui était jadis actionnée par un membre du personnel en uniforme est désormais automatisée. Les grincheux regretteront l'élan balbutiant du mécanisme d'antan et cette teinte de chêne fatigué, mais la magie opère toujours et l'émotion nous étreint face au spectacle que découvre cette entrée. Devant nous se déploie le lobby en galerie, tel qu'il nous semble avoir existé au premier matin de l'hôtel, en juin 1898. Les fauteuils à la reine, rangés par paires, ont retrouvé leur place et leur éclat, adossés aux lourds rideaux dans un sublime damas de velours bleu nuit. Un somptueux tapis de galerie rehausse avec brio l'assise bleu roi des sièges et réchauffe le sol de marbre blanc.

 

Des appliques en bronze balisent l’allée qui conduit au salon Marcel Proust. Dominée par le portrait de l'écrivain, copie de l'œuvre de Jacques-Emile Blanche, la pièce ouverte sur le lobby est une grande bibliothèque ornée de boiseries dont les rayons servent de refuge à des dizaines de mètres de reliures. Posés sur un tapis à la manière de la Savonnerie, canapés, fauteuils et consoles en bois doré semblent interroger le passé. On y servira le thé, « à la française », c'est-à-dire sans scones ou autres pâtisseries d'outre-Manche auxquelles le chef pâtissier, François Perret, a substitué des madeleines beaucoup plus proustiennes. S'ensuivent deux grandes serres nouvellement construites, séparées par une cour au milieu de laquelle coule l'eau d'une fontaine. C'est la terrasse Vendôme, point de rencontre du bar du même nom et de L'Espadon, restaurant gastronomique, éclairé d'appliques en cristal de Venise, sur lequel règne le chef Nicolas Sale. Les fauteuils Louis XV, qui entourent chaque table, ont gardé sous l'accoudoir l'ingénieux crochet pour suspendre les sacs à main, une invention de César Ritz.

 

Commence ensuite, dans son prolongement, la galerie qui relie la partie Vendôme de l'hôtel à son côté Cambon, du nom de la rue sur laquelle on éleva un second bâtiment dans les années 1910. La nouvelle version a été pensée dans l'esprit des passages parisiens. Des vitrines enchâssées dans des boiseries montent la garde et cinq boutiques ont été créées, dont un concept store dédié à l'univers du voyage. Jadis assez sombre, elle est désormais éclairée par de grandes portes fenêtres qui s'ouvrent sur le jardin du Ritz, jusqu'ici ignoré. Ce havre de verdure est traversé d'une allée centrale de 26 tilleuls taillés en marquise et plantés dans des caissons en bois identiques à ceux de l'orangerie du château de Versailles. L'effet produit par ce jardin à la française (1 650 mètres carrés), est semblable à un décor de conte de fée dans lequel - et par on ne sait quel mystère, au cœur même d'un des quartiers les plus animés de Paris - on n'entend que le chant des oiseaux. Tout à côté, on retrouve le bar Hemingway. Là encore, rien n'a changé, même si tout a été refait. Le rond de cuir des hauts tabourets semble attendre de prendre la forme de nouveaux fessiers comme autrefois ceux de Scott Fitzgerald ou de Robert Capa.

 

Renaissance de l'hôtel RITZ
Renaissance de l'hôtel RITZ

La visite se poursuit en empruntant l’escalier d'honneur. Une lanterne monumentale en occupe le centre. Il conduit aux chambres dont l’élégance doit beaucoup au foisonnement de tissus empruntés aux plus grands éditeurs comme Pierre Frey ou la maison Veraseta. C'est au premier étage que se trouve, ouverte sur la place Vendôme, la suite Impériale - la plus belle de l'hôtel: 6 mètres de hauteur sous plafond, des bas-reliefs classés monument historique, une débauche d'étoffes fleuries brodées en soie sauvage, un lit monumental coiffé d'un ciel dont un impressionnant balustre clôt l'accès… comme à Versailles dans l'appartement de la reine.

 

Au deuxième étage, les suites s'enchaînent, dont celle baptisée Coco Chanel. Si Mademoiselle vécut plus de trente ans au Ritz, elle changea plusieurs fois de chambre, de sorte qu'on ne sait plus très bien dans laquelle elle demeura le plus longtemps : mobilier épuré des années 50, ton crème et noir, paravent en laque… Partout dans l'hôtel, des objets d'art ont été disséminés au gré des pièces : un baromètre en bois doré, des torchères en bronze, des cache-pots anciens et parfois des pièces de mobilier intéressantes à l'exemple d’un bureau en poirier noirci qui trône dans la suite Vendôme. Si le Ritz a modernisé son équipement en sacrifiant à la mode digitale - on commande sur écran lumières, rideaux, climatisation... -, il a conservé l'usage du boîtier créé par César Ritz, petit objet par lequel, en pressant un gros bouton, on appelle, depuis 1898, femmes de chambre ou valets. Les suites du troisième étage sont décevantes. Aménagées sous les toits, elles sont éclairées par des fenêtres et des œils-de-bœuf placés trop hauts pour qu'on bénéficie d'une vue. Exception faite de la suite Mansart, qui dispose d'une incroyable terrasse découpée dans la toiture et dont on imagine sans mal la vue qu'elle offre…

 

Le Ritz compte désormais 142 chambres dont 71 suites et se termine par le spa au sous-sol, entièrement revisité dans un esprit Chanel. La maison de la rue Cambon assure les soins. L'espace de fitness et la piscine, que fréquentent les abonnés du Ritz Club ont retrouvé une seconde jeunesse avec la réfection des mosaïques du bassin et l'ajout de buses thermo-ludiques. Ce qui en a longtemps fait le bassin le plus recherché de Paris existe toujours et, cerise sur le gâteau, a l’immense privilège de bénéficier de la diffusion de musique classique sous l'eau. Comble du raffinement, n’est-ce pas ?

 

En son temps, César Ritz avait trouvé le ton juste pour séduire une clientèle d'outre-Atlantique grâce au confort et à l'élégance que dispensait ce palace « où se conjuguaient l'hygiène américaine et le style louis XVI », écrivait Ghislain de Diesbach dans son importante biographie de Proust. Le Ritz atteignit vite des sommets d'excellence durant les Années Folles. Imperméable aux horreurs de la planète, le Ritz aborda la Seconde Guerre mondiale avec l'insouciance d'un enfant gâté. Loin des bruits assourdissants des bombes, l'hôtel ne connut que le tintement du cristal de ses coupes de champagne… Aucun danger ne semblait pouvoir affecter le palace comme le racontera plus tard l'archiduc Otto de Habsbourg, présent au Ritz un soir de juin 1940, tandis que Paris était occupé par les Allemands: « Le dîner nous a été servi dans les règles par du personnel en frac, comme si de rien n'était. Le souper était somptueux. » Et, quand l'épouse d'un diplomate américain demanda au directeur: « Comment avez-vous su que les Allemands arrivaient? », celui-ci répondit: « Parce qu'ils ont réservé…»

 

Même si la nationalité suisse de la famille Ritz protège l'hôtel d'une réquisition totale, Hermann Göring s'installe durant l'Occupation dans la suite Impériale tandis que le Tout-Paris de la collaboration fera du palace un îlot de douceur de vivre au milieu de l'enfer. Arletty et Coco Chanel y abritèrent leurs amours interdites avec des officiers allemands. On raconte même que, lors des bombardements, « mademoiselle Chanel descendait à l'abri souterrain du Ritz précédée d'un valet qui portait son masque à gaz sur un coussin de soie ». Mais si l'hôtel déroule un tapis rouge à l'occupant, une part du personnel sauve l'honneur, à l'instar du célèbre barman Frank Meier qui servira de boîte aux lettres dans l'opération Walkyrie. Des Juifs auraient été cachés dans des chambres de bonne et même des placards. Quoi qu'il en soit, au soir de la victoire alliée, le Ritz renouvelle opportunément sa clientèle et le voyage au pays de l'excellence se poursuit. Ernest Hemingway, débarqué avec les libérateurs, devient le pilier d'un bar qui portera un jour son nom et d'un hôtel à qui il enverra cette déclaration d'amour « Quand je rêve de l'au-delà, cela se passe toujours au Ritz de Paris. »

 

La saga des Ritz prend fin en 1979 quand la veuve de Charles Ritz - fils de César - vend l'hôtel à Mohamed al-Fayed. Une page se tourne, mais l'histoire de l'hôtel continue d'être écrite par une clientèle aux exigences parfois extravagantes comme le raconte Manfred Mautsch, chargé depuis trente-cinq ans de l'accueil : « Liz Taylor me fit un jour appeler pour qu'on retire un bureau de la suite qu'elle occupait parce que cela risquait de fatiguer Sugar, son chien, obligé de le contourner. » Et de se souvenir aussi de ce Russe qui commanda 1 000 roses blanches et 1 000 roses rouges pour les offrir à une femme « parce qu'il ignorait des deux couleurs celle qu'elle préférerait ». Autre histoire édifiante, celle de cette Américaine qui, jusqu'en 1983, habitait à l'année au Ritz, d'abord avec sa mère puis seule. Elle occupait trois pièces et descendait chaque soir dîner dans des tenues très habillées qu'elle achetait l'après-midi, sa seule occupation… Pour combattre le désœuvrement qui la minait, elle acquit une boutique de détaxe sur l'avenue voisine des Champs-Elysées et, pour tromper son ennui, s'y improvisait caissière! « Eh bien, voyez-vous, cette clientèle-là n'existe plus » - conclut, nostalgique, Manfred Mautsch…

 

Sources : Philippe Viguié-Desplaces  -  Photos du Figaro

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 10:00
Adriana de Théodora Dimova

Après le bain de fraîcheur offert par Carine-Laure Desguin, je vous replonge un peu trop brutalement peut-être, dans un monde sans espoir, celui dans lequel vivait Adriana, dans la Bulgarie d’avant le communisme, pendant le communisme et après le communisme, un pays qu’il faut absolument fuir, selon elle, car il n’y a rien à en attendre, rien à en espérer.

 

 

                                         Adriana

Théodora Dimova – 1960 - ….)

 

 

Ecrit par une auteure née à Sofia dans les années soixante, cet ouvrage, à ma grande surprise, respire le romantisme qui a inondé la Mitteleuropa au XIXe siècle. Dans ce texte coulant comme un large fleuve paisible, Thédora Dimova déverse un lourd flot de mots organisés en phrases aussi longues, parfois deux ou trois pages, que les affluents de ce fleuve d’encre coulant sur la page en un texte d’un seul tenant ou presque. Ce texte, au romantisme slave exacerbé, raconte dans une grande envolée lyrique la vie d’Adriana, une femme qui a connu la Bulgarie avant le communisme, pendant le communisme, après le communisme, sans jamais trouver une bonne raison d’apprécier la vie dans ce pays maudit.

 

Adriana est une vieille femme de quatre-vingt-treize ans qui raconte son histoire à Ioura, une jeune et jolie fille qu’elle emploie juste pour l’écouter transmettre son histoire. La jeune fille, à son tour, rapporte cette histoire à son cousin protecteur. Le récit oscille sans cesse entre ce qu’Adriana dit à Ioura et ce que Ioura rapporte à son cousin au risque d’égarer le lecteur, mais l’auteure précise régulièrement : « raconte Adriana et rapporte Ioura ».

Donc, un beau soir, Ioura déboule un peu cavalièrement chez son cousin écrivain, un homme plus âgé qu’elle, afin de lui transmettre le récit qu’elle vient de recueillir auprès de la vieille Adriana avant que celle-ci ne décède, ayant été recrutée aux seules fins d'écouter l'historique de son existence agitée et peu glorieuse. La vieille dame se confie à la jeune fille comme pour se soulager d’un poids qui pèse sur sa conscience avant de quitter cette vie dont elle a abondamment profité sans jamais obtenir la satisfaction qu’elle souhaitait.

 

Les premières paroles de la vieille femme surprennent son auditrice, « ce que j’aime par-dessus tout, c’est d’être allongée nue sur la plage en été », Ioura rit mais reste coite et entend la suite du récit avec beaucoup d’émotion. Le rire rapproche les deux femmes. Adriana relate : sa famille riche avant la révolution, sa mère bigote et superstitieuse, son père travailleur acharné mais étouffé par sa femme, la révolution, la pauvreté, la fin du communisme, la fortune retrouvée dans l’injustice, la violence, la corruption … La vieille femme ne trouve aucune raison d’aimer ce pays et conseille aux jeunes de le fuir.

 

Mais ce n’est pas cela que la vieille femme cherche à transmettre, ce qu’elle veut dire c’est sa vie personnelle, le dégoût qu’elle éprouvait pour l’amour car, comme elle était riche et jolie, elle focalisait la concupiscence masculine sur sa personne, la vie de débauche qu’elle a menée pour ne pas s’attacher à un seul homme, la dépression dans laquelle elle a sombré, la déchéance dans laquelle elle s’est vautrée et comment un beau jour tout a basculé quand elle a rencontré l’Homme de sa vie, l’Homme d’un jour, L’Homme à cause de qui tout a basculé.

 

Dans ce récit, Théodora Dimova construit un personnage mythologique digne des grandes légendes  romantiques qui sont nées au cœur de l’Europe danubienne et qui ont inondée la littérature de la Mitteleuropa. Elle situe cette épopée dans les temps modernes, dans l’histoire contemporaine de la Bulgarie, une histoire qui la révolte et l’indigne. « Nulle part ailleurs il ne s’est produit cette chose abjecte qui s’est passée en Bulgarie, les faits dépassent l’imagination de tout Bulgare, il est même terrifiant de parler de ces choses-là, il est même terrifiant de se les représenter, le communisme était un sort meilleur pour la Bulgarie que la démocratie, la démocratie a été jetée en Bulgarie comme une victime expiatoire et elle a été immédiatement dévorée à belles dents, déchiquetée, mise à mort ». Adriana ne croit pas plus en son pays qu’en l’humanité. « Ioura, lorsque que je serai morte, il faudra que tu quittes ce territoire que certains, opiniâtrement et mus surtout par la nostalgie, continuent d’appeler Bulgarie. Tu n’as rien à faire à l’intérieur des frontières de ce territoire ». Et, quant à la richesse, « Mais la fortune que je te lègue ne te rendra pas heureuse…, ce n’est qu’un confort ou un inconfort qui ne rend jamais heureux… »

 

Adriana n’éprouve que répulsion pour les hommes obsédés par la richesse, plus attachés à l’avoir qu'à l’être : « L’homme aspire toujours à entendre la voix divine, Ioura, toujours même lorsqu’il ne s’en rend pas compte. La part la plus intime de son moi aspire uniquement à entendre la voix divine Ioura, ne l’oublie pas ». « Les relations n’ont pas lieu d’homme à homme, mais entre les hommes et Dieu. »

Et même si Adriana pense  que « Les mots humains sont extrêmement inadaptés à la plupart des choses », nous avons très bien compris qu’à travers cette légende mythologique, Théodora Dimova nous confie que les hommes, quel que soit le système, sont trop pervertis, trop obsédés par l’avoir et le pouvoir pour se soucier de l’être. Ioura veut que son cousin écrive cette épopée des temps modernes pour témoigner, et peut-être avertir, prévenir, inciter les hommes à mener une autre existence.

Denis  BILLAMBOZ

 

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Adriana de Théodora Dimova
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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 09:48
L'hiver des poètes

Comment l'ont-ils chanté l'hiver et sa blancheur silencieuse, ses ramures défeuillées et sa bise maligne qui siffle dans les branches, nos chers poètes ? La blancheur cristalline, le givre qui immobilise les paysages, l'oiseau en peine de nourriture, ont-ils inspiré leurs plumes vagabondes ? Oui, je m'en suis assurée et voici quelques-unes de ces mélodies douces qui disent la plaine blanche, immobile et sans voix et requièrent si bien la leur...

 


NUIT DE NEIGE


La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.


Guy de MAUPASSANT

 


Ah! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
A la douleur que j'ai, que j'ai !

Tous les étangs gisent gelés.
Mon âme est noire : Où vis-je ? Où vais-je ?
Tous ses espoirs gisent gelés :
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses.
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du génévrier.


 Emile NELLIGAN
 


LA MORT DES OISEAUX
 

Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois
A la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois.
Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,
Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver !
Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
Dans le gazon d'avril où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?

 

François COPPEE

 


LES NEIGES d'ANTAN
 

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ni Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Écho parlant quand bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine
Mais où sont les neiges d'antan?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Abelard à Saint-Denis?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la reine
Qui commanda que Buridan
Fut jeté en un sac en Seine?
Mais où sont les neiges d'antan?

La reine Blanche comme lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietris, Alis,
Haremburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen;
Où sont-ils, où, Vierge souveraine?
Mais où sont les neiges d'antan?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Qu'à ce refrain ne vous remaine:
Mais où sont les neiges d'antan?

 

François VILLON

 

 

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 09:23
Michel Deon ou l'invitation au voyage

En 15 jours, trois artistes de la même génération nous ont quittés, le musicien et chef d'orchestre Georges Prêtre, l'écrivain et académicien Michel Déon et la comédienne Michèle Morgan. Le plus âgé des trois était Michel Déon qui s'est éclipsé à 97 ans après une vie qui fut toute entière empreinte d'élégance et de ferveur. Il nous laisse heureusement une oeuvre où ce sont exprimés le portraitiste éloquent et le paysagiste précis et qu'il faut s'empresser de relire ou de découvrir tant elle est "un miroir du bonheur et un objet magique", affirmait son ami André Fraigneau.

 

Michel Déon s'est plu à courtiser la beauté et à nomadiser, de préférence à travers l'Europe, parce qu'il y avait des repères culturels : en Grèce et ce seront "Les rendez-vous de Patmos", en Irlande où il habita et où il est mort et ce seront "Les poneys sauvages" réécrit 50 ans plus tard et "Un taxi mauve", mais également en Suisse, en Italie, au Portugal sans oublier les Etats-Unis et le Canada. Il avait écrit : " Je crois m'être beaucoup promené en flâneur sur cette terre et dans les livres d'écrivains que j'aimais." En effet, Michel Déon n'envisageait pas le voyage en touriste mais bien en promeneur. Il le voyait semblable aux pérégrinations d'un Ulysse, voire d'un Flaubert en Egypte ou d'un Chateaubriand en Grèce. Selon lui, l'aventure se vivait comme une suite de hasards qui font se croiser et se recouper les chemins. Quand il se fixa en Irlande, la question lui fut posée : pourquoi l'Irlande ? "Je n'en sais rien au juste" - avouait-il.  "Il faut bien vivre quelque part. Au fond, il s'agissait peut-être d'une envie, mûrie depuis longtemps, un obscur besoin de pluie, de vent, de prairies vertes, l'attrait que peuvent exercer une terre mouillées, de vastes paysages, la présence de l'Océan et le bruit sourd et continu de la houle se brisant sur les falaises de Moher. L'Europe s'achève ici, plus loin c'est l'aventure". 

 

Rappelons-nous aussi qu'il fût l'un de ces jeunes hussards qui entendait refaire le monde et réinventer la littérature. Leurs noms : Blondin, Laurent, Nimier et Déon. A eux quatre, ils ont usé de la plus grande liberté en lui ajoutant...la grâce. J'ai eu cette chance de rencontrer Michel Déon sous la Coupole, où il siégeait, en décembre 1987. A l'énoncé de mon prix de poésie, qui me valait d'être là, il m'avait dit : "vous avez fait le bon choix". En effet, Michel Déon aimait la poésie et son oeuvre en est l'écho constant. En amoureux des mots, et parce qu'il entendait respirer à une certaine altitude, il n'a eu d'autre urgence que de faire preuve d'une constante exigence, remettant cent fois sur le métier son ouvrage, sans cesse le polissant et le repolissant, au point de réécrire un livre cinquante ans après sa première publication, sans oublier de parer l'ensemble d'une secrète mélancolie et d'une discrète ironie. Si bien que sa rêverie fut féconde : "Je ne suis pas un désespéré" - avouait-il "mais je suis un chimérique plein de sérénité".

 

Il est vrai aussi qu'il mît toujours entre lui et le réel une certaine distance et qu'il a coloré son romanesque d'un zeste de nostalgie. L'âge venant, il avait pris du recul et s'était volontiers consacré à dépeindre les crépuscules, les choses qui nous quittent, les lueurs vespérales. J'ai beaucoup aimé "La montée du soir" et "Les gens de la nuit", sans oublier "Les trompeuses espérances", où Michel Déon évoque non seulement le vieillissement des êtres mais la décadence irrémédiable d'une civilisation : la nôtre. Cela sans alourdir ses propos d'une quelconque rancoeur. Son humour le sauvait de la désillusion, si tant est qu'il en eût, et sa générosité naturelle le portait volontiers à écouter les autres, surtout les jeunes. Mais il n'avait rien d'un universitaire arrogant toujours bien disposé à jouer les censeurs. Déon était naturellement bienveillant, considérant que la vie l'avait été avec lui.

 

Oui,  il faut relire cet auteur qui aimait les grands espaces et la liberté de ton et de pensée, cet homme attentif et délicat qui a constamment trempé sa plume dans une encre indélébile. " J'ai eu la vie que je voulais, j'ai écrit les livres que je pouvais écrire, et le destin a été plutôt généreux avec moi, c'est déjà beaucoup, et j'ai reçu de la littérature plus que je ne lui ai donné." Ce mélancolique savait se méfier tout autant d'un scepticisme douteux que d'un brumeux désenchantement.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Michel Deon ou l'invitation au voyage
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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 09:13
Les enfants du grand jardin de Carine-Laure Desguin

Je voudrais commencer cette nouvelle année avec ce texte très poétique, plein de fraîcheur enfantine afin d'oublier, l’espace de cette lecture, la noirceur de l’époque que nous vivons. Merci Carine-Laure pour cette parenthèse de lumière, de joie et d’insouciance.

 

 

                          Les enfants du Grand jardin

                             Carine-Laure Desguin (1963 - ….)

 

 

« D’accord on serait des … », tous les parents de plusieurs enfants ont entendu leurs charmants bambins formuler une hypothèse commençant par cette formule qui laisse une porte largement ouverte à leur imagination débordante. Si vous avez oublié votre imagination enfantine vous risquez de vous perdre dans les méandres de la magie de Carine-Laure car, elle aussi, elle a dû, en flânant dans un parc quelconque entendre des petites filles se lancer dans un grand délire que les adultes ne peuvent pas comprendre. Elle a confié au petit Vérone le soin de raconter l’histoire inventée dans le Grand Jardin, par deux fillettes, Nicole et Marianne, pour vivre le jeu qu’elles ont créé dans un monde qu’elles seules peuvent comprendre. Peut-être que Carine-Laure a aussi lu le fameux livre de Salman Rushdie, « Les enfants de minuit » et qu’elle a voulu à son tour essayer de percer le mystère de l'enchantement que les enfants sont capables de susciter pour échapper à la vie si mal construite des adultes.

 

Dans le parc du "Grand Jardin", Marianne et Nicole « grandes comme deux guirlandes du troisième jour ressuscité, cousues ensemble », imaginent un monde de guirlandes d’enfants, « les têtes à trous », qu’elles nomment par des noms de villes, de pays, certainement des noms qu’elles ont puisés dans la bouche des adultes. « On asperge aux Amériques, on rêve en Europe, on picore au milieu de l’Afrique. Pour l’Asie et l’Océanie, ça dépend des jours. Et puis, je ne comprends pas tout moi-même, alors… » Elles ont voulu les faire vivre à leur façon comme les parents semblent les faire vivre à la leur. C’est comme cela que j’ai lu ce livre car Carine-Laure s’est laissée emporter dans le monde imaginaire, magique, fantasmagorique concocté par ces deux gamines sans se soucier de ce qu’en tireront les pauvres lecteurs égarés dans ses lignes.  Et de toute façon, une fois édité, le livre appartient au lecteur qui en fait la lecture qu’il comprend ou ressent. Cette lecture m’a enchanté, elle m’a ramené dans un temps très lointain où je n’étais pas plus haut que ces deux fillettes, dans un temps où la réalité n’était que celle que nous voulions concevoir puisque celle des adultes nous échappait totalement et nous semblait bien difficile à appréhender.

 

En se glissant dans la peau du petit Vérone qui nous conte les histoires des deux fillettes, Carine-Laure a retrouvé sa fraîcheur enfantine, elle a redécouvert un langage, même si ce dernier est plus élaboré que celui dont elle usait alors lorsqu’elle n’était qu’une fillette candide. Un langage truffé de mots inventés, déformés, d’expressions très imagées mais aussi un langage rempli de jeux de mots, de calembours, d’aphorismes, de jeux d’assonance, de termes détournés de leur sens initial, des mots venus, eux, de son présent et non pas de son enfance. Un vrai bonheur de lecture pour ceux et celles qui aiment jouer avec les mots, leur faire dire ce qu’ils n’ont pas prévu de dire, leur narrer une autre histoire. « Moi, Vérone, le p’tit gars qui vous raconte du fantastique dans cette histoire, je suis haut de forme de pot de ne rien sans voiler, de tout vous tanguer. » Vérone raconte ce qu’il peut avec les mots que Carine-Laure lui prête. « Alors nous, on absorbe ces vérités-là. On ne sait que celles-là, ce sont celles qui coulent toutes humides de rires et de larmes de la bouche des deux fées. » Il ne sait peut-être pas, le petit Vérone, que son texte est formidablement poétique et qu’il est beau. « C’est du beau derrière les yeux, du baume sur le cœur, du rêve jamais entamé avant cette glorieuse journée de rois couronnés. »

 

Et dans le Grand Jardin, « Avec une voix isocèle de clairière cristalline et équilatérale de victoire. Nicole et Marianne chantent en gesticulant de leurs doigts de fée et secouent la démesure… » pour que le monde des enfants vivent toujours et qu’un jour, peut-être, il remplace le triste monde des adultes.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 09:06
Les patineurs de Pieter Brueghel

Les patineurs de Pieter Brueghel

                
Nous avons la chance d'habiter une région tempérée qui voit se succéder les saisons et varier les paysages. Il semble que ce qui était normal, habituel autrefois, le soit moins aujourd'hui, comme si le froid, la neige, le verglas n'étaient pas les conditions météorologiques habituelles en période hivernale. Alors oublions un peu les regrettables cafouillages et les désagréments qui surviennent fréquemment en ces mois de froidure et disons-nous que l'hiver est beau. Bien sûr il fait froid, bien sûr les routes sont parfois difficiles et dangereuses, bien sûr nous avons le bout du nez rouge, mais diantre ! que la neige est belle quand elle est là, que le froid est tonique et que les ciels semblent avoir été taillés dans le cristal !



Blanche la nature en hiver ? Oui ! Mais aussi verte, brune ou rousse, selon le lieu, la nature du sol, la végétation. Saison du froid, du givre et de la neige, l'hiver est aussi celle des fêtes. Elles sont nombreuses à parsemer le calendrier : Noël, la fête de l'enfance par excellence, celle de la naissance et de la re-naissance symbolisée par un Dieu qui s'incarne pour épouser notre condition, le Nouvel an qui marque le passage d'une année à une autre avec son cortège de voeux, l'Epiphanie et sa galette des rois, la Chandeleur et ses crêpes, Mardi-Gras et sa bonne table avant Carême, le Carnaval avec ses chars et ses masques et la Saint-Valentin avec ses billets doux. Autant de fêtes dont les racines remontent aussi loin que la mémoire des hommes et autant d'occasions de se réjouir ensemble.



Certes la nature paraît ensommeillée et comme immobile dans son corset de givre. Mais nenni, il n'en est rien ! Car, à l'abri des regards indiscrets, fleurs et plantes préparent patiemment le printemps et le spectacle de la nature ne fait relâche ... qu'en apparence. Regardez bien ! Ici une rose jette son ultime éclat ; là, un iris semble défier les frimas et bientôt les perce-neige, les crocus, le jasmin d'hiver feront leur apparition. Dans les arbres défeuillés, le gui vit toujours. Cette plante née des fientes des oiseaux est un des miracles de l'hiver, une trace de vie dans un univers glacé. Et si les fruits frais sont trop chers, profitons des fruits secs. Riches en protéines et en substances grasses, ils sont énergétiques et allient saveur et qualités nutritives. Quant aux légumes, ils ne manquent pas et sont peu coûteux. Ré-apprenons à cuisiner les lentilles, les choux, les endives, les poireaux, la pomme de terre, sans oublier le navet dont on disait jadis qu'il était l'allié idéal pour soigner les maladies de poitrine.



Quant à la galette des rois que l'on déguste volontiers les dimanches de janvier avec famille et amis, voici une recette simple qui vous prendra peu de temps à réaliser :

 

300g de farine - 150 g de sucre - 150 g d'amandes en poudre - 200 g de beurre - 4 oeufs

Mélanger la poudre d'amande et la farine. Ajouter le sucre, une pincée de sel, le beurre ramolli, les oeufs et un peu d'eau, puis travailler la pâte du bout des doigts. Avec un rouleau former la galette et y introduire la fève. Dorer au jaune d'oeuf le dessus de la galette et enfourner à four chaud pour environ 30 minutes.

 

 

L'hiver est une si belle saison qu'elle n'a cessé d'inspirer les artistes : les musiciens - pensons à Vivaldi et ses quatre saisons, Ravel et son Noël des jouets, Schubert et son Voyage d'hiver ; ainsi que les peintres depuis Brueghel l'ancien en passant par Arcimboldo, les impressionniste qui se sont plus à fixer sur leurs toiles les paysages enneigés, le norvégien Edvard Munch et les Japonais dont le thème des saisons se retrouve à la fois dans les peintures, les paravents, les portes coulissantes, les éventails. Les poètes ne l'ont pas dédaigné non plus, que ce soit Charles d'Orléans et son Rondeau de l'hiver, Théophile Gautier et son Bonhomme de neige, Pierre Emmanuel et son Adoration des bergers, Francis Jammes et son âne était petit, Jean Richepin et son Noël misérable, Guillaume Apollinaire et son Mardi-Gras ; enfin les écrivains ne l'ont pas mis sous le boisseau, depuis L'hiver chez les Scythes de Virgile jusqu'à Séraphîta de Balzac, Le voyage égoïste de Colette, Le petit jour de Marie Noël, La dinde de Noël de Moravia ou Un balcon en forêt de Julien Gracq.

 


Le nez rouge, la face blême,
Sur un pupitre de glaçons,
L'hiver exécute son thème
Dans le quatuor des saisons.

Il chante d'une voix peu sûre
Des airs vieillots et chevrotants ;
Son pied glacé bat la mesure
Et la semelle en même temps ;

Et comme Haendel, dont la perruque
Perdait sa farine en tremblant,
Il fait envoler de sa nuque
La neige qui la poudre à blanc.

                                                       Théophile Gautier

 


Si les températures de l'hiver restreignent certains de nos loisirs pratiqués en extérieur, elles favorisent ceux qui sont liés à la neige et à la glace : le patinage et le ski. Les sports d'hiver ont connu un extraordinaire engouement depuis l'après-guerre et ont constamment su se renouveler avec l'apparition de nouvelles techniques et de nouvelles disciplines. Aucun sport d'été n'en égale la saine et parfaite volupté. C'est la mort de la neurasthénie, la ruine des médecins, le krach des drogues. Un week-end à la montagne suffit à booster votre énergie pour le restant de l'hiver.

 

 

Quant aux mots de l'hiver, ils émaillent nos proverbes et nos dictons. Lorsque l'année commence, regardons bien le ciel. Cela nous permettra de savoir ce que seront les conditions météorologiques de l'année à venir. C'est du moins ce que prédit le dicton : Les douze premiers jours de janvier indiquent le temps qu'il fera les douze mois de l'année. Et ce que confirme cet autre : Les jours entre Noël et les Rois indiquent le temps des douze mois.

 


En janvier, un temps doux n'est apprécié que des citadins. A la campagne, cela n'augure rien de bon. Un mois de janvier sans gelée, n'amène guère une bonne année. Ou : Il vaut mieux voir un voleur dans son grenier qu'un laboureur en chemise en janvier. Le jour de la Saint Vincent ( 22 janvier ) est un jour important en zone rurale : c'est la fête des vignerons. Il semblerait que ce jour-là, l'hiver hésite : soit il s'achève, soit il redouble. A la Saint Vincent, l'hiver monte ou descend. Ou : A la Saint Vincent, tout dégèle ou tout fend.


Alors ...  JOYEUX HIVER !

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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                                        Neige - Claude MONET  ( 1879 )

 

 

 

Route enneigée à Trouville de Monet

Route enneigée à Trouville de Monet

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 08:38
Bleu de travail de Thomas Vinau

Exercice de style

 

Un petit recueil de textes courts, souvent très courts dans lesquels Thomas Vinau, véritable alchimiste du vocabulaire, redonne ses lettres de noblesse à l’écriture redevenant sous sa plume un art à part entière.

 

 

Bleu de travail

   Thomas Vinau (1978 - ….)

 

 

« Chronique des manches retroussées du ciel et des matins qui passent. Textes de rien, de faim et de soif. Il y a chaque jour des gris à habiter et des couleurs à faire pousser. Il faut chaque jour plonger ses mains dans le cambouis… » « Le jour met son bleu de travail. Je mets le mien aussi. » Et pourtant, après avoir lu les quelques quatre-vingt textes constituant ce recueil, j’ai l’impression qu’il y a mal donne, que l’auteur cherche à égarer le lecteur, je ne l’imagine absolument pas en bleu de chauffe, je le vois plutôt déguisé en alchimiste, se démenant comme un diable derrière sa paillasse, précipitant des mots dans des éprouvettes et des cornues pour en tirer l’essence, le nectar, qu’il distillera ensuite.

 

Avec le produit de sa distillation solidifié en mots comme des briques de texte, Vinau  constitue des morceaux de phrases ou des phrases ultra courtes qu’il assemble pour rédiger des textes courts, souvent très courts, mais très forts, des textes pour dire le nécessaire, l’essentiel, juste ce qu’il faut pour faire vivre les petites choses invisibles mais nécessaire à notre vie, les choses qui paraissent inconséquentes, anodines, vénielles mais qui, finalement, donnent un sens à notre vie. On dirait que Vinau a lu les maîtres japonais, il écrit un peu comme eux : il pose précieusement ses mots/briques par petits groupes en vérifiant très attentivement leur assemblage et leur sonorité avant de les placer entre les deux points qui délimitent la phrase et de les relier à une autre phase pour produire un texte  soupesé, ciselé, clair, sonnant bien.

 

Avec Vinau, l’écriture redevient un art, il écrit tout d’abord pour proposer de beaux textes, des textes travaillés comme des sanguines, des fusains, des esquisses, des épures, des œuvres dépouillées mais expressives,…,  des textes sonnant  comme un fragment de musique, un « Stück Musik » de Schubert par exemple ou une petite pièce de Satie. Au-delà de la forme, ceux-ci ont une signification, ils évoquent le monde froid, austère, sans richesses ni fioritures, le monde des êtres faibles, des petites choses, des pauvres gens, le monde de ceux qui semblent ne pas compter et qui pourtant donnent beaucoup de sens à notre vie. Des textes à lire comme on mange une friandise, sans se poser de questions, juste en dégustant. « Les arbres se gonflent et se dégonflent. Ils expriment le vide froid. Les branches sont des bronches. Poitrine de lumière. Et le ciel qui ronfle. Et nos peines soufflées. Là. »

 

Denis BILLAMBOZ

 

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Bleu de travail de Thomas Vinau
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 09:00
2017 - Voeux pour qu'elle soit meilleure que la précédente

Une année commence comme une page qui s'ouvre, un roman qui s'amorce, une histoire qui se poursuit et qu'il faudra sans cesse inventer, écrire et réécrire, nourrir de ce qui l'a précédée, poursuivre et parachever. Qu'en ferons-nous, qu'en feront les hommes et les femmes politiques qui l'inspirent, la réalisent, la déterminent, la dictent, la dirigent dans ses courbes, détours et méandres et la bâtiront selon leurs directives et leurs improvisations. Auront-ils la sagesse et le discernement de la rendre meilleure que la précédente, celle qui s'achève dans l'insatisfaction de la plupart des Nations et le sang de milliers de victimes ? 

 

Oui, auront-ils la circonspection et le courage de penser davantage au bien-être de leurs populations qu'à leur propre carrière et à leur réélection ? Entendront-ils les sanglots des humbles et des dépourvus, le bon sens du petit peuple de besogneux plus proche qu'eux des réalités quotidiennes ? Oeuvreront-ils à rendre l'existence meilleure à la plupart, plutôt que de favoriser le confort de quelques-uns ? Se dévoueront-ils davantage pour les autres que pour eux-mêmes ? L'avenir nous le dira mais leur bonne volonté est requise si nous aspirons à rendre cette planète respirable pour tous. Rappelons-nous les mots de G.K. Chesterton : " Le monde est divisé entre les conservateurs et les progressistes. L'affaire des progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L'affaire des conservateurs est d'éviter que les erreurs ne soient corrigées." Propos dur mais tellement vrai ...

 

L'année 2016 a vu trop de souffrances et d'injustices pour que l'on ne se fixe pas pour objectif d'éviter que celle qui commence aujourd'hui lui ressemble. N'est-ce pas aussi à chacun de nous d'habiter la réalité de façon plus résolue et de privilégier la beauté afin de promouvoir des réalisations dignes d'elle. N'est-ce pas à nos jeunes d'enlever leurs écouteurs de façon à percevoir les murmures du monde. A nous tous d'exiger des réalisations et des projets de qualité qui enrichiront nos enfants et de refuser ceux qui les abêtissent et les infantilisent. A nous enfin de faire en sorte que l'excellence redevienne "tendance". Alors nous pourrons espérer que le monde change enfin !

 

Armelle Barguillet

 

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2017 - Voeux pour qu'elle soit meilleure que la précédente
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 09:40
La galette des rois - son histoire

Il n'est pas de tradition plus en vogue en France que celle de la galette des Rois et le petit objet noyé dans la pâte, la fève, son inséparable compagne. On tire désormais les rois pendant quinze jours, parfois davantage, avec les raffinements régionaux conformes à notre gastronomie qui n'est pas la même du nord au sud. Dans le Nord, au XVe siècle, on préparait un dessert à base de pâte sablée et de crème d'amandes, pâtisserie qui, au fil du temps, devint une pâte levée à la levure de bière. Dans le Sud, en revanche, on préparait "le gâteau des Rois", une brioche aux fruits confits en forme de couronne, parfumée à la fleur d'oranger. Aujourd'hui, un peu partout dans notre pays, on se régale de galettes en pâte feuilletée accompagnées de confiture, frangipane ou compote de pommes, dont le but, en dehors de satisfaire nos papilles, est d'obtenir la fameuse fève, objet à l'histoire originale s'il en est.

 

Celle-ci, je parle de la fève, existe depuis la nuit des temps. Grosse graine comestible, elle fut souvent identifiée à l'embryon humain comme symbole de vie et de fécondité. Attestée au Pérou sept mille ans avant notre ère, elle fut bien connue des Egyptiens et des Grecs qui l'offraient lors des mariages. Pour les Romains, elle servait, aux calendes de janvier, à élire un roi lors des saturnales, cette fête d'inversion qui avait pour mission de déjouer les jours néfastes de Saturne. La fève du gâteau était alors utilisée comme bulletin de vote pour élire le prince de ces réjouissances du désordre. Durant une journée, celui-ci pouvait exaucer tous ses désirs avant de retourner à son existence habituelle.

 

Ces festivités persistèrent chez nous au Moyen-Age, sous la forme de la fête des Fous, jusqu'au jour où l'église la fit coïncider avec "L'épiphanie", au mois de janvier, associant la fève à l'enfant Jésus, annonciateur d'une "nouvelle vie" pour les hommes. Plus tard, la galette et sa fève symbolisèrent l'offrande des Rois mages qui, douze jours après la Nativité, vinrent déposer leurs présents d'or, d'encens et de myrrhe au pied du Nouveau Né, d'où le mot épiphanie dont la racine grecque epiphanës signifie "illustre" ou "éclatant". De nos jours, ces offrandes sont symbolisées par la galette qui remplace ainsi la myrrhe, l'or et l'encens.

 

Les premières fèves en ivoire, en os, en argent ou en porcelaine apparaissent au XIXe siècle, au grand regret de certains défenseurs de la tradition ou de la dentition..., Guy de Maupassant ayant manqué de se casser une dent sur un bébé jouflu en porcelaine. Chaque pâtissier entend bien avoir sa propre fève, ce qui donne lieu à une production annuelle de milliers de modèles. L'objet a d'ailleurs son musée à Blain, en Loire-Atlantique. Avec ses quelques 20 000 fèves, cette institution associative d'arts et de traditions populaires, fondée en 1975 par Jean Doucet, est la référence pour les collectionneurs, les "fabophiles", dont la plupart sont des femmes. Ils s'y retrouvent chaque année, en mars, lors de la Bourse aux fèves où les négociations peuvent atteindre plusieurs milliers d'euros.

 

Les Allemands, férus de bibelots, seront les premiers producteurs de fève, bientôt suivis par les fabricants limousins Ranque-Ducongé, Laplagne et Limoges Castel. De 1920 aux années 1970, quelques 500 modèles accompagnent la galette, soit à peine 10 nouveautés par an. Aux côtés des croix d'honneur, coqs gaulois ou cochons coiffés d'un casque allemand, paradent le pingouin Alfred, compagnon de Zig et Puce, et les clowns, tandis que les "cassez-moi", sorte de petits étuis, attendent qu'on les ouvre pour lire leur poème secret.

 

Longtemps limitée à un petit nombre de modèles classiques, la fève tient aujourd'hui une extravagante chronique de notre époque, suivant avec plus ou moins de goût l'actualité. De la Coupe du monde de football au dernier dessin animé, aucun événement ne lui échappe et il y a gros à parier que les fèves du mois de janvier 2017 s'inspireront des moments les plus festifs de l'année écoulée.

 

Source : Valérie Collet

 

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