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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 07:38
BIENVENUE SUR INTERLIGNE

                             

                                                                                                                                                                                                                            

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FORTUNY, LE MAGICIEN DE VENISE - EXPOSITION AU MUSEE GALLIERA

 

SANS ABUELO PETITE de CECILE GUIVARCH
 


 

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Demeurant à Trouville depuis une vingtaine d'années, j'aime la croisière maritime, la marche, la nature et encore et toujours écrire. Dans ce blog, je prends plaisir à vous entretenir de mes écrivains préférés, à vous conter mes voyages et à poser les questions qui invitent au dialogue. Car écrire pour soi-même n'a pas de sens. On écrit avant tout pour l'autre. Pour le rencontrer...ou le retrouver.

  

Bonne lecture, chers visiteurs, et n'oubliez pas de me faire part de vos commentaires, ils seront un enrichissement pour moi et une animation pour les lecteurs de passage.

 

Et, afin de faire plus ample connaissance, voici mon portrait brossé par quelques photos:          

 

 

BIENVENUE SUR INTERLIGNE
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Quelques-uns de mes ouvrages
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Pour vous procurer la plupart de ces livres, cliquer   ICI  ou  LA

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans ACCUEIL
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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 07:30

fortuny_madrazo_1867.JPG

 

 

Quel était cet homme que l’on nommait le magicien de Venise et dont le nom est lié à la Sérénissime et pour quelles raisons figure-t-il dans quelques-unes des œuvres littéraires les plus marquantes de son temps ? En ce qui concerne Proust, est-ce dans les salons que tout jeune il s’est plu à fréquenter et où il croisait aussi bien des actrices comme  Sarah  Bernhardt que des femmes de l’aristocratie comme la  belle comtesse Greffulhe, qu’admirateur de leur élégance il fit ainsi connaissance de ce nom ? Car dans la Recherche, Fortuny est d’abord un nom, un nom prononcé par Elstir alors que le narrateur lui rend visite dans son atelier en compagnie d’Albertine et de ses amies. Ce sont ces femmes que Mariano Fortuny y Madrazo habillait. En ce début de XXe siècle, la mode se cherchait et hésitait entre des talents aussi divers que ceux de Jeanne Lanvin, de Madeleine Vionnet et de Paul Poiret. A cet égard, Fortuny ne fut jamais à proprement parler un couturier. Il ne présentait pas de collection, ce qu’il cherchait avant tout autre chose était un style idéal et intemporel, une alchimie savante entre matière et forme où se mêlaient l’Antiquité, l’Orient et la Renaissance et dont il travaillait les modèles selon des techniques très précises : celle du plissé, de la richesse des étoffes et de leurs précieuses couleurs. Ecoutons dans la Recherche le nom de Fortuny prononcé pour la première fois :

 

Oh ! je voudrais bien voir les guipures dont vous me parlez, c’est si joli le point de Venise ! s’écriait-elle ; d’ailleurs j’aimerais tant aller à Venise !  – Vous pourrez peut-être bientôt, lui dit Elstir, contempler les étoffes merveilleuses qu’on portait là-bas. On ne les voyait plus que dans les tableaux des peintres vénitiens, ou alors très rarement dans les trésors des églises, parfois même il y en avait une qui passait dans une vente. Mais on dit qu’un artiste de Venise, Fortuny, a retrouvé le secret de leur fabrication et qu’avant quelques années les femmes pourront se promener, et surtout rester chez elles, dans des brocarts aussi magnifiques que ceux que Venise ornait, pour ses patriciennes, avec des dessins d’Orient. »

( A l’ombre des jeunes filles en fleurs )


Mais avant de nous intéresser au Fortuny évoqué dans la Recherche, commençons par faire connaissance de l’homme dans sa vie personnelle qui fut d’une exceptionnelle richesse, celle d’un artiste aux dons multiples, espagnol d’origine. Peintre de chevalet et de fresques monumentales, graveur et sculpteur à ses heures, Fortuny fut également décorateur de théâtre, inventeur de nouveaux procédés d’éclairage, photographe ( plus de 10.000 clichés sont conservés au musée Fortuny de Venise ), collectionneur – il dessinait lui-même son mobilier quand il ne jouait pas à l’antiquaire - et incomparable créateur de tissu. Il ne vint à la couture qu’assez tard et à la manière d’un peintre, en touche à tout de génie et en metteur en scène fastueux et inné de la beauté.

 

L’aventure de la famille commence avec le grand-père catalan devenu peintre officiel, attaché à la municipalité barcelonaise et que ses campagnes sur le territoire colonial espagnol avaient sensibilisé à ces univers d’Outre-mer. Mariano vit le jour à Grenade le 11 mai 1871 et allait baigner, dès son âge le plus tendre, dans un milieu artistique épris d’orientalisme. Sa mère, la belle et autoritaire Cécilia de Madrazo, était l’héritière de la dynastie fondatrice du musée du Prado et son père Mariano Fortuny y Marsal, un sculpteur, peintre et graveur qui mourut à 38 ans de la malaria alors qu’il commençait à se faire un nom. Le jeune Fortuny partagera son enfance entre Rome où son père possédait un atelier et Capricio près de Naples, avant de gagner Paris avec sa mère et sa sœur, de deux ans son aînée, pour rejoindre un oncle maternel, peintre lui aussi, après la disparition de son père. Jusqu’à l’âge de 18 ans, Mariano va donc fréquenter les ateliers parisiens, se familiariser avec les mondanités, passant des salons des belles clientes de son oncle Raimundo de Madrazo y Garreta, portraitiste célèbre, ami de Madeleine Lemaire et époux de Maria Hahn la sœur de Reynaldo, au salon de sa mère dans lequel se pressait la communauté artistique espagnole. Il n’y a donc rien de surprenant que Proust ait entendu parler de Fortuny, ne serait-ce que par Reynaldo, l’ami de cœur, et par Madeleine Lemaire, la femme qui a peint le plus de roses et qui n’est pas tout à fait étrangère au personnage de Madame  Verdurin. Il est d’ailleurs probable, et quasiment certain, que lors de son premier voyage à Venise en avril 1900, l’écrivain fut reçu par Cécilia de Madrazo au Palazzo Martinengo où celle-ci s’était finalement installée avec ses enfants, trouvant que la vie y était moins chère qu’à Paris, d’autant que Reynaldo accompagnait Proust et qu’il était logé chez son beau-frère Raimundo. Cécilia possédait une remarquable collection d’étoffes anciennes dont Henri de Régnier, familier de cette femme cultivée, comme l’étaient également José Maria de Hérédia, Paul Morand et d’Annunzio, en fera une description  précise dans « Altana ou la vie vénitienne » :

 

«  Voici les pesants velours de Venise, de Gênes ou de l’Orient, somptueux et délicats, éclatants ou graves, à amples ramages, à figures ou feuillages, des velours qui ont peut-être vêtu des Doges et des Khalifes. Voici les brocarts aux tons puissants, les soies aux nuances subtiles, voici des ornements d’église et des parures de cour. Voici les charmants taffetas et les luisants satins, semés de fleurettes et de bouquets dont le XVe siècle faisait les robes de ses femmes et les habits de ses hommes. Voici des étoffes de toutes les teintes et de tous les tissus, les uns évoquant la forme des corps qu’elles ont vêtus, les autres en longues pièces et en lés, certaines en lambeaux, en minces fragments. Et tout cela avec des froissements d’ailes invisibles s’entassant, s’amoncelant dans la vaste salle peu à peu assombrie par l’heure, tandis que, penchée sur le profond coffre inépuisable, madame Fortuny semble diriger de son geste magicien l’étonnant concert d’étoffes qui, au fond de ce vieux palais, se joue mystérieusement dans le silence du crépuscule vénitien. »

 

Sans doute ces étoffes ont-elles subjugué Proust s’il a eu l’occasion de les voir, à la façon dont elles devinrent source d’inspiration pour le jeune Fortuny qui vivait dans leur somptueuse intimité. Et comme il était doué pour capter l’essentiel des différentes cultures, il sut habilement les combiner et les transposer, se gardant de les dissoudre en un melting-pot sans caractère, ressuscitant ainsi, comme le fera Marcel en littérature, un passé et une beauté oubliés. Là encore, c’est l’artiste et l’homme cultivé, l’un et l’autre ne faisant qu’un, qui ont su puiser l’inspiration dans les vestiges du temps et réaliser des étoffes en usant de pigments naturels et de méthodes traditionnelles revues et modernisées par des techniques de son invention. Ainsi lui arrivait-il de prendre pour modèle des chapeaux asiatiques, des boucliers sarrasins, des motifs de tapis persans ou arabes, des ciselures d’armes et boucliers ottomans et de les façonner à son idée, les transmuant en lampes, en tissus, en costumes de scène, en décors de théâtre ou d’intérieur. Son talent de peintre ne fut pas étranger à son adresse à créer des effets d’épaisseur et de clair-obscur propres au tissu ouvré. Mariano emploiera la même démarche en ce qui concerne les vêtements, robes souples et floues à taille haute qui se répandirent très vite dans l’Europe entière. Les motifs archaïques, chinois, coptes, nord africain ou même liturgiques, ainsi que l’assimilation du dessin liberty, caractérisent cette période de sa production axée sur la création de modèles du soir ou de cérémonie et de décors de théâtre auquel il vouait une passion.

 

Pour Mariano, Venise avait été un éblouissement. C’est là qu’il se familiarisera avec l’art italien, s’enivrera des tons passés des palais, de l’atmosphère orientale de la cité des eaux, et enfin s’éprendra de l’or fondu de la lumière magnifiée par Carpaccio et Giorgone. Par la suite, il s’offrira les mille mètres carrés du palais Orfei, afin d’y installer ses ateliers et sa résidence personnelle, dont il deviendra le propriétaire en 1905 et qui est de nos jours le musée Fortuny où se tiennent des expositions temporaires et thématiques.

«  Hier soir, écrit un visiteur en 1932, je franchis le seuil du mystérieux palazzo, et je fus envoûté par sa magie ; je passai devant des lampes lumineuses comme des soleils, mais mon corps ne projetait aucune ombre ; le long des murs de pièces immenses, ou à l’intérieur de vitrines aux reflets éblouissants, je vis des tentures multicolores, des brocarts et des damas dont pas un fil n’était tissé. Puis je gagnai une pièce retirée, fermée à double tour, où je pus découvrir le ciel, un vrai ciel dont l’atmosphère tour à tour orageuse et sereine enveloppait un vaste amphithéâtre. »

 

En 1895, une femme est entrée dans la vie de Mariano : Henriette Négrin, ravissant modèle de peintre, douée d’une grande intelligence qui vivra auprès de lui quarante-sept années d’une collaboration tout aussi amoureuse qu’harmonieuse et créative et quinze années d’un veuvage douloureux, isolée dans son immense demeure, après le décès de son mari en mai 1949.

Cette mode à laquelle sa femme va l’inciter à s’intéresser, Mariano en empruntera l’inspiration dans les ouvrages de sa bibliothèque, les précieux coffres de Cécilia et jusque dans les pierres de la cité des eaux, insufflant à ses créations une originalité inégalée, à laquelle sa femme ne sera pas étrangère.

 

«  Pour les robes de Fortuny, nous nous étions enfin décidés pour une bleu et or doublée de rose, qui venait d’être terminée. Et j’avais commandé tout de même les cinq auxquelles elle avait renoncé avec regret, par préférence pour celle-là. Pourtant, à la venue du printemps, deux mois ayant passé depuis ce que m’avait dit sa tante, je me laissai emporter par la colère, un soir. C’était justement celui où Albertine avait revêtu pour la première fois la robe de chambre bleu et or de Fortuny qui, en m’évoquant Venise, me faisait plus sentir encore ce que je sacrifiais pour Albertine, qui ne m’en savait aucun gré. Si je n’avais jamais vu Venise, j’en rêvais sans cesse, depuis ces vacances de Pâques qu’encore enfant j’avais dû y passer, et plus anciennement encore par les gravures de Titien et les photographies de Giotto que Swann m’avait jadis données à Combray. La robe de Fortuny que portait ce soir-là Albertine me semblait comme l’ombre tentatrice de cette invisible Venise. Elle était envahie d’ornementation arabe comme Venise, comme les palais de Venise dissimulés à la façon des sultanes derrière un voile ajouré de pierre, comme les reliures de la Bibliothèque Ambroisienne, comme les colonnes desquelles les oiseaux orientaux qui signifient alternativement la mort et la vie, se répétaient dans le miroitement de l’étoffe, d’un bleu profond qui, au fur et à mesure que mon regard s’y avançait, se changeait en or malléable par ces mêmes transmutations qui, devant la gondole qui s’avance, changent en métal flamboyant l’azur du Grand Canal. Et les manches étaient doublées d’un rose cerise, qui est si particulièrement vénitien qu’on l’appelle rose Tiepolo. »      La prisonnière

 

La magie de la robe Delphos que le couple Madrazo déclinera dans toutes les étoffes et tous les tons, prenant modèle sur la statue de l’Aurige de Delphes, fascinera les artistes, d’autant que Mariano est un homme de théâtre et que Sarah Bernhardt, ainsi qu’Eleonora Duse, maîtresse de Gabriel d’Annunzio qui demeurait avec son amant à la Cassetta Rossa du prince de Hohenhole, face au palais Martinengo, seront des ambassadrices de charme et, qu’à leur suite, il habillera quelques-unes des plus célèbres cocottes de son temps : Cléo de Mérode, Liane de Pougy et Emilienne d’Alençon, des porte-manteaux très valorisants.

 

Le couple concevait à l’intention des femmes, courtisanes ou mondaines, des vêtements extrêmement raffinés qu’elles portaient à même la peau et dont le mérite était d’épouser leurs formes tout en voilant les contours de leur corps et en ondulant au moindre de leur mouvement. Ainsi, rompant avec la rigidité des corsets, donnaient-ils naissance à un style léger, bien que très ouvragé. Et l’inspiration n’était pas seulement grecque avec les céramiques retrouvées à Cnossos et les admirables plissés, dont l’élaboration à la main avait nécessité l’invention d’un appareil et d’un brevet homologué à Paris ; mais byzantine avec les oiseaux symboles de mort et de résurrection, ce qui n’avait pas échappé à Proust ; japonaise parfois avec les moires vert jade ou bronze cuivré et les pochoirs - les kataganis qu’ils furent parmi les premiers à utiliser ; renaissance encore et toujours avec les damas ornés et les amples rinceaux ; enfin, ils empruntèrent à l’Inde les bordures dorées et argentées des saris et à l’Egypte ses décors nilotiques rouge sombre ou bleu dur, sans oublier que les XVIIe et XVIIIe siècles leur léguèrent des décors bucoliques qu’ils purent évoquer sur des fonds damassés ou encore des détails fleuris et perlés qui s’épandaient sur les soies précieuses comme des jardins.

 

«  Mais tout à coup le décor changea ; ce ne fut plus le souvenir d’anciennes impressions, mais d’un ancien désir, tout récemment réveillé encore par la robe bleu et or de Fortuny, qui étendit devant moi un autre printemps plus du tout feuillu mais subitement dépouillé au contraire de ses arbres et de ses fleurs par ce nom que je venais de me dire : Venise ; un printemps décanté, qui est réduit à son essence, et traduit l’allongement, l’échauffement, l’épanouissement graduel de ses jours par la fermentation progressive, non plus d’une terre impure, mais d’une eau vierge et bleue, printanière sans porter de corolles, et qui ne pourrait répondre au mois de mai que par des reflets , travaillée par lui, s’accordant exactement à lui dans la nudité rayonnante et fixe de son sombre saphir. »

 


Lampara_fortuny.JPG

                                        luminaire

 

 

Fortuny, le magicien de Venise - Exposition au musée Galliera

Mariano étudiait tout ce qui concernait l’esthétique et les techniques, non seulement les plissés mais les teintures qu’en peintre il maniait avec virtuosité, dotant chacun de ses modèles d’une personnalité singulière, ce qui plaisait à ses clientes qui étaient assurées de ne pas croiser un modèle identique lors des réceptions. Givenchy, Issey Miyake, Oscar de la Renta, Karl Lagerfeld doivent tous quelque chose à Fortuny dans la façon d’utiliser le dessin comme moyen d’insuffler lumière et volume aux tissus. En 1910, Mariano déposera un nouveau brevet pour son système de teinture et d’impression, prouvant une fois encore qu’il n’était pas seulement un artiste mais un novateur et qu’il révolutionnait l’art de la mode comme Proust l’art littéraire.

 

Par ailleurs, Fortuny ne se contentera pas d’être un nom dans la Recherche, il sera aussi une griffe parce que ses créations allient de façon incomparable la légèreté et une élégance hors du temps. Et c’est bien cette notion de « hors du temps » qui retient la curiosité et l’attention de Marcel Proust. Ne préférait-il pas lui-même aux heures successives de l’horloge les repères subtils de la mémoire, les lois invisibles qui procurent aux êtres et aux choses comme un semblant d’éternité. Le souvenir qui revient, lié à la sensation que l’on éprouve, était évidemment au cœur de son œuvre, aussi n’est-il pas anodin que nous retrouvions en bonne place dans celle-ci les robes et les tissus d’un créateur qui entendait parer les femmes de façon à les rendre intemporelles. Comment Fortuny va-t-il y parvenir ? En touchant à des époques aussi éloignées que celles de la Grèce antique et de la Renaissance italienne comme Proust aux heures  précieuses de son enfance.

 

«  Ces parures de l’artiste vénitien sont les parures de ce temps que l’on perd et retrouve à l’intérieur du récit dont ils ont l’épaisseur apparente et la légèreté irréelle » - écrit Gérard Macé dans son ouvrage «  Le manteau de Fortuny ». Or, n’est-ce pas en évitant toute notation d’âge, à commencer par celui du narrateur de la Recherche et toute chronologie précise, que Marcel Proust fait entrer dans son roman la matière même du temps ? Et dans ce temps perdu et retrouvé, Fortuny ne revêt nullement le costume et l’apparence d’un personnage. C’est, comme je le soulignais, un nom ou mieux une griffe, une référence, quelque chose de presque indescriptible, nuancé de couleur, diapré, jaspé, bigarré, moucheté qui passe et ressemble aux reflets lunaires qui s’attardent sur les eaux de la lagune. Ce sont davantage les vêtements qui jouent un rôle déterminant, en découpant les silhouettes entre les pages et en faisant de la prose de l’écrivain l’écrin des parures, le miroir des apparences idéalisées par le magicien de Venise.

 

« Est-ce leur caractère historique, est-ce plutôt le fait que chacune est unique qui lui donne un caractère si particulier que la pose de la femme qui les porte en vous attendant, en causant avec vous, prend une importance exceptionnelle, comme si ce costume avait été le fruit d’une longue délibération et comme si cette conversation se détachait de la vie courante comme une scène de roman ? Dans ceux de Balzac on voit des héroïnes revêtir à dessein telle ou telle toilette, le jour où elles doivent recevoir tel visiteur. Les toilettes d’aujourd’hui n’ont pas tant de caractère, exception faite pour les robes de Fortuny. Aucun vague ne peut subsister dans la description du romancier, puisque cette robe existe réellement, que les moindres dessins en sont aussi naturellement fixés que ceux d’une œuvre d’art. Avant de revêtir celle-ci ou celle-là, la femme a eu à faire un choix entre deux robes non pas à peu près pareilles, mais profondément individuelles chacune, et qu’on pourrait nommer. »

La Prisonnière

 

Il y a donc chez Proust et Fortuny une parenté secrète, des lieux de rencontre évidents dans leur façon de concevoir l’art et, principalement, dès qu’il s’agit du temps que l’on peut à volonté coudre ou découdre, remonter, emprisonner, transcender. D’autre part, les toilettes sont semblables aux mots : elles ont une signification, un sens, on les revêt selon son humeur, l’usage que l’on veut en faire, la situation où l’on se trouve, la séduction que l’on entend exercer. Comme les mots, elles savent métamorphoser et, en ce domaine, Fortuny est insurpassable, simplement parce qu’il prête à ses créations une grâce unique et que les tissus à eux seuls sont en mesure de solliciter l’imaginaire à l’égal de la prose de Marcel. Il n’est donc pas surprenant qu’on le voie apparaître non seulement dans la Recherche mais dans « Altana ou la vie vénitienne » de Henri de Régnier, « Les extravagants «  de Paul Morand et chez Gabriele d’Annunzio qui partage avec Proust l’art de l’avoir évoqué dans ses oeuvres avec le plus de grâce et de poésie.

 

Curieusement, les toilettes que portait madame de Guermantes, celles qui répondaient le mieux à une intention déterminée de sa part étaient les robes de Fortuny, taillées dans des velours, des brocarts, des soies, des moires, des damas qui ont contribué à faire de Fortuny le couturier de la mémoire. Avec ses tissus et ses modèles qui semblaient sortir des fresques vénitiennes, Mariano était follement romanesque et appartenait au monde de l’art bien davantage encore qu’à celui de la couture. Parce que se synthétisaient à travers la robe, qui en était l’incarnation, les éléments fondateurs de l’écriture, tels que les envisageait Proust. La beauté de la femme, la beauté du vêtement sont par essence des objets littéraires qui requièrent de l’écrivain un travail proche du tissage. Et parce qu’elle est avant tout un style et quel style, la robe évoque l’écriture : style vestimentaire et style littéraire semblent soudain les deux manifestations d’une même entité :


«  Et, changeant à chaque instant de comparaison, selon que je me représentais mieux, et plus matériellement, la besogne à laquelle je me livrerais, je pensais que sur ma grande table de bois blanc, regardé par Françoise, (…) je travaillerais auprès d’elle, et presque comme elle (…) ; car, en épinglant ainsi un feuillet supplémentaire, je bâtirai mon livre, je n’ose pas dire ambitieusement comme une cathédrale, mais tout simplement comme une robe. » 

Le temps retrouvé                        

 

L’élégance d’Odette, d’Oriane de Guermantes, d’Albertine offre aux lecteurs une image vivante de ces artistes qui appartiennent d’une façon ou d’une autre à l’univers romanesque. Ainsi les robes de Fortuny, qui semblent en quête d’une renaissance – puisqu’inspirées du passé comme l’œuvre proustienne – ou mieux d’un temps retrouvé, sont-elles en parfaite osmose avec l’esprit littéraire de l’époque.

 

«  Pour les toilettes, ce qui lui plaisait surtout en ce moment, c’était tout ce que faisait Fortuny. Ces robes de Fortuny, dont j’avais vu l’une sur Mme de Guermantes, c’était celle dont Elstir, quand il nous parlait de vêtements magnifiques des contemporaines de Carpaccio et de Titien, nous avait annoncé la prochaine apparition, renaissant de leurs cendres, somptueuses, car tout doit revenir, comme il est écrit aux voûtes de Saint-Marc et comme le proclament, buvant aux urnes de marbre et de jaspe des chapiteaux byzantins, les oiseaux qui signifient à la fois la mort et la résurrection. Dès que les femmes avaient commencé à en porter, Albertine s’était rappelé les promesses d’Elstir, elle en avait désiré, et nous devions aller en choisir une. Or ces robes, si elles n’étaient pas de ces véritables anciennes dans lesquelles les femmes aujourd’hui ont un peu trop l’air costumées et qu’il est plus joli de garder comme une pièce de collection (j’en cherchais d’ailleurs aussi de telles pour Albertine), n’avaient pas non plus la froideur du pastiche du faux ancien. Elles étaient plutôt à la façon des décors de Sert, de Bakst et de Benoist, qui en ce moment évoquaient dans les ballets russes les époques d’art les plus aimées à l’aide d’œuvres d’art imprégnées de leur esprit et pourtant originales, faisaient apparaître comme un décor, avec une plus grande force d’évocation même qu’un décor, puisque le décor restait à imaginer, la Venise tout encombrée d’Orient où elles auraient été portées, dont elles étaient mieux qu’une relique dans la châsse de Saint-Marc, évocatrices du soleil et des turbans environnants,la couleur fragmentée, mystérieuse et complémentaire. Tout avait péri de ce temps, mais tout renaissait, évoqué pour les relier entre elles par la splendeur du paysage et le grouillement de la vie, par le surgissement parcellaire et survivant des étoffes des dogaresses. »

La Prisonnière

 

C’est très précisément sous ce titre de la Prisonnière que le narrateur se plaît à nous décrire Albertine en dogaresse recluse : qu’elle soit belle, immobile et parée derrière son moucharabieh, il ne la conçoit pas autrement. De même qu’il met les lecteurs que nous sommes en présence de deux esclaves : lui-même esclave de son jeu et Albertine esclave du joueur, comme le sont la conteuse et son seigneur dans les mille et une nuits, victimes l’un et l’autre de leur sortilège réciproque. Par ailleurs, à l’inverse de la plupart des histoires amoureuses, c’est vêtue et non dévêtue qu’il souhaite contempler la femme aimée. Albertine se pliera à ses exigences, en apparence du moins, car ce sera dans cette robe bleue et or, sa préférée, qu’elle s’enfuira un soir et deviendra une part de la Venise fantasmée de Marcel. Puis, jetant par-dessus le déshabillé bleu et or un manteau de Fortuny sur ses épaules, la prisonnière deviendra la fugitive :

 

«  Je lui demandais si elle voulait venir à Versailles. Elle avait cela de charmant qu’elle était toujours prête à tout, peut-être par cette habitude qu’elle avait autrefois de vivre la moitié du temps chez les autres, et comme elle s’était décidée à venir avec nous à Paris, en deux minutes. Elle me dit : je peux venir comme cela si nous ne descendons pas de voiture. Elle hésita une seconde entre deux manteaux de Fortuny pour cacher sa robe de chambre – comme elle eut fait entre deux amis différents à emmener -, en prit un bleu sombre, admirable, piqua une épingle dans un chapeau. En une minute elle fut prête, avant que j’eusse pris mon paletot, et nous allâmes à Versailles. Cette rapidité même, cette docilité absolue me laissèrent plus rassuré, comme si en effet j’eusse eu, sans avoir aucun motif précis d’inquiétude, besoin de l’être. Tout de même, je n’ai rien à craindre, elle fait ce que je lui demande, malgré le bruit de la fenêtre de l’autre nuit. Dès que j’ai parlé de sortir, elle a jeté ce manteau bleu sur son peignoir et elle est venue, ce n’est pas ce que ferait une révoltée, une personne qui ne serait plus bien avec moi – me disais-je tandis que nous allions à Versailles. »

 

 

 

 

Fortuny, le magicien de Venise - Exposition au musée Galliera
Fortuny, le magicien de Venise - Exposition au musée Galliera

Semblable à « Peau d’âne », Albertine s’est évadée, revêtue de ce manteau, qui, dès lors, ne cessera plus de hanter la mémoire du narrateur et, ainsi que la sainte Ursule de Carpaccio dans les plombs de son vitrail, elle sera enchâssée dans le souvenir comme une Venise intérieure. Car c’est à Venise que le narrateur apprend la mort d’Albertine, c’est à Venise qu’il se perd pour mieux la retrouver, c’est à Venise qu’il découvre le secret de l’inspiration qui faisait de ce manteau  un attribut de la mémoire, une plongée dans la recherche d’un temps à jamais disparu.

 

«  Sur le dos d’un des compagnons de la Calza, reconnaissable aux broderies d’or et de perles qui inscrivent sur leur manche ou leur collet l’emblème de la joyeuse confrérie à laquelle ils étaient affiliés, je venais de reconnaître le manteau qu’Albertine avait pris pour venir avec moi en voiture découverte à Versailles, le soir où j’étais loin de me douter qu’une quinzaine d’heures me séparaient à peine du moment où elle partirait de chez moi. Toujours prête à tout, quand je lui avais demandé de partir, ce triste jour qu’elle devait appeler dans sa dernière lettre «  deux fois crépusculaire puisque la nuit tombait et que nous allions nous quitter, elle avait jeté sur ses épaules un manteau de Fortuny qu’elle avait emporté avec elle le lendemain et que je n’avais jamais revu depuis dans mes souvenirs. Or c’était dans ce tableau de Carpaccio que le fils génial de Venise l’avait pris, c’est des épaules de ce compagnon de Calza qu’il l’avait détaché pour le jeter sur celles de tant de Parisiennes, qui certes ignoraient, comme je l’avais fait jusqu’ici, que le modèle en existait dans un groupe de seigneurs, au premier plan du Patriarche di Grado, dans une salle de l’Académia de Venise. J’avais tout reconnu, et, le manteau oublié m’ayant rendu pour le regarder les yeux et le cœur de celui qui allait ce soir-là partir à Versailles avec Albertine, je fus envahi pendant quelques instants par un sentiment trouble et bientôt dissipé de désir et de mélancolie. »

La Fugitive

 

Le manteau de Fortuny est en quelque sorte le fantôme d’Albertine, son vêtement couleur de temps comme l’était la robe de la fille du roi dans le conte de Perrault, se dérobant à l’amour incestueux de son père, mais là où le conte connaît une fin heureuse, l’Albertine de la Recherche aura une fin tragique juste avant la danse macabre qui clôture le Temps Retrouvé. Gérard Macé souligne à ce sujet que la porte basse de l’expérience correspond à la porte haute de l’imagination «  celle qui permet de remonter le cours de la Vivonne jusqu’à la source du plaisir et l’entrée des Enfers ; qui met une autre campagne à la place de Combray, d’autres chambres et d’autres lilas ; et qui de paraphrases en divagations, d’imitations en commentaires se mêlent d’écrire à leur tour, en faisant passer le manteau de la mémoire à travers le chas d’une aiguille. »

 

Bien entendu Fortuny ne se contentera pas de s’apparenter à des personnages fictifs, bien que ce soit gratifiant, mais alimentera, à de multiples occasions, les gazettes de la Sérénissime par la diversité de ses dons, tant il savait transformer l’ordinaire en extraordinaire ; oui, ce Fortuny qui, se refusant à être circonscrit dans les seules pages de quelques-uns des chefs-d’œuvre de son temps, participera à la vie culturelle de la cité des Doges et arpentera de sa haute et élégante silhouette les calli de Venise, vêtu de burnous, coiffé d’un turban comme certains personnages de Carpaccio et, parfois, allant jusqu’à s’abriter sous une tente arabe qu’il faisait dresser au milieu de son salon. De même que s’il hante la prose de ses contemporains, c’est grâce à la perfection de son art qui, faisant fi du temps ou des lieux, lui permettait de se retrouver en un seul : le sien.

 

A l’époque de Fortuny, soit à la fin du XIXe et au tout début du XXe siècle, Venise était le lieu cosmopolite où il était bien vu de se retrouver. On y croisait Henri de Régnier, d’Annunzio et son égérie d’alors Eleonora Duse, Maurice Barrès, Zola, après Chateaubriand, Byron, Shelley, Musset, George Sand, Dickens, Wagner qui y mourut et tant d’autres. « La mort à Venise » de Thomas Mann est sans doute le roman qui communique au plus haut point le sentiment de la lente désagrégation de la ville. Au début du XXe siècle, Venise se portait mal. La quête funèbre de Gustav von Aschenback irrésistiblement attiré par un éphèbe qui sera pour lui l’ange de la mort dans une cité en proie au choléra, illustre un des aspects de Venise que certains écrivains choisiront de dépeindre. Mais pour Fortuny, qui contribuait à son prestige retrouvé grâce au sien, exhumant son fabuleux passé avec génie et oblitérant les traces de l’usure en les polissant avec faste, elle restait la patrie de Marco Polo et des galères commerçantes qui l’ouvrirent sur le monde. Fortuny, comme Proust, considérait qu’il faut concéder aux choses une double résurrection : celle du souvenir et celle de l’art et, qu’en conséquence, il était dans l’ordre des choses de leur consacrer sa vie. Et, en effet, ses créations multiples auxquelles il oeuvra quarante sept années durant avec Henriette, étaient imprégnées de la mémoire immémoriale de la Sérénissime. Celle-ci ne surgissait-elle pas dans les plis moelleux d’un velours, les couleurs limpides et précieuses d’une Delphos, en un style qui fut tout ensemble – comme celui de Proust – voluptueux, délicat, solennel et intime ? L’œuvre du magicien de Venise a survécu, car l’éphémère survit toujours dans la mémoire et hors du temps. Ainsi rêvons-nous encore à ses robes qui hantent la prose proustienne comme les somptueux miroitements des palais gothiques dans les eaux souveraines des canaux et qui, en s’opposant au temps qui passe, sont à jamais pour nous l’assurance du temps retrouvé.

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

 

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Fortuny, le magicien de Venise - Exposition au musée Galliera
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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 11:54
Sans Abuelo Petite de Cécile Guivarch
 

« Cécile Guivarch,…, sonde encore une fois la mémoire familiale. Entre les questions sur sa langue, ses langues, elle évoque un secret de famille… » Dans un court recueil de poésie constitué d’une partie en vers, en général sur la page de gauche, et d’une partie en prose, en regard sur la page de droite, elle évoque l’histoire de sa famille, l’histoire tue à jamais, l’histoire qui lui colle aux doigts depuis l’âge de neuf ans, l’histoire qu’elle réussit enfin à mettre en poésie. « J’écris ce début depuis mes neuf ans mais il me glissait des doigts. Le voilà qui me revient aujourd’hui. J’ai toujours neuf ans. Ma Maman a un peu vieilli. Mers enfants ne me croient pas mais j’ai neuf ans. »

 

En vers, elle raconte le grand-père, celui qu’elle n’a pas connu, celui qui a fui vers une île pour participer à une autre révolution après l’échec de sa guerre en Espagne.

 

« La rivière a emporté les lettres

Elles ont nagé en suivant ton bateau.

Tu as fui sans vraiment fuir. »

 

En prose, elle évoque le pays où elle vit, le pays dont sa mère a difficilement apprivoisé la langue, où sa grand-mère n’a jamais oublié le grand-père exilé. « Mon grand-père n’est pas mon grand-père. Le vrai je ne le connais pas. N’est jamais revenu. Ne reviendra jamais. Enfermé sur une île

 

Elle raconte le pays où elle vit, le pays qu’elle a quitté, où elle semble retourner pour les vacances, le mélange des langues : « Mes cousins parlent galicien. Je leur réponds en français. En espagnol. Une barrière de langue. Nous ne vivons pas sur la même bande de terre. Mais nous sommes de la même lignée » ; sa double culture, ses racines mélangées et pas forcément bien connues, son appartenance à plusieurs nations et peut-être à aucune, seulement à une famille à géométrie variable. « L’espagnol est langue de mes ancêtres, celle qui nourrit mon sang. Pourtant j’y suis étrangère. »

 

C’est une belle histoire personnelle mise en mots avec beaucoup de finesse et de talent, seul l’essentiel est dit et ce texte court peut inspirer une longue réflexion sur la famille, la nation, l’exil, l’intégration, la multiculture, ….,  « La frontière est une ligne invisible. D’un côté la France de l’autre l’Espagne. Et ce n’est plus la même langue. »

 

C’est aussi, en filigrane, l’évocation de la guerre d’Espagne et de ses conséquences ravageuses, désastreuses pour de nombreuses familles :

« Même les oiseaux se taisaient.

Les uns, les bouches pleines de terre,

disparaissaient dans de grandes fosses.

Les autres ne pouvaient pas rester. »

 

Et surtout un très beau texte, très bien construit, qui dégage beaucoup d’émotion sous la plume de cette femme qui aura toujours neuf ans, l’âge auquel elle a appris que son grand-père chéri n’était pas le grand-père que sa grand-mère avait toujours aimé. « J’ai neuf ans je me demande comment on peut vivre avec une branche en moins dans son arbre. »

 

Denis BILLAMBOZ

 

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 08:18
Jules de Didier van Cauwelaert

Zibal est un scientifique méconnu. Ses inventions auraient pu lui rapporter une fortune mais il ne sait pas se vendre et n’est pas doué pour le bonheur aussi, malgré ses diplômes et ses innombrables brevets, se retrouve-t-il à 42 ans vendeur de macarons à l'aéroport d’Orly. Un jour, devant son stand, apparaît Alice, une jeune et belle aveugle qui s'apprête, avec son labrador Jules, à prendre l'avion pour Nice où elle doit subir une opération pour recouvrer la vue. L'intervention est un succès, sauf pour Jules qui est affecté aussitôt auprès d’un autre aveugle, acrimonieux et brutal. Si bien que Jules va fuguer, retrouver Zibal, qui lui avait permis de ne pas voyager dans la soute à bagage lors du voyage d’Alice, ce qui va déclencher, en moins de vingt-quatre heures, un véritable tsunami pour le pauvre Zibal. En effet, à cause de Jules, Zibal va perdre son emploi, son logement et mettre en péril son avenir. Devenus compagnons de misère, tous deux  n'auront plus qu’une  obsession : retrouver Alice.

 

L’auteur aime les chiens, beaucoup même, au point que ce personnage de Jules nous tient en haleine tout au long du récit, en structure la composition et fournit la trame de cette histoire contée à deux voix : celles d’Alice et de Zibal impliqués l’un et l’autre dans cette course où l’amour et la tendresse sont l’élixir de leurs vies bancales. On lit ce court roman en deux soirs, tant ce duo, guidé de main de maître par un labrador surdoué, est sympathique et touchant et vous met du baume au cœur : décidément, grâce aux animaux, ce monde serait-il moins méchant qu’il n’y parait ? La fin est certes un peu décevante, on a l’impression que l’auteur ne sait pas conclure, qu’il cède à la facilité, mais les deux tiers de ce roman sont un vrai plaisir de lecture que pimente une bonne dose d’humour. Vous garderez, à n’en pas douter, un excellent souvenir de ce chien qui re-tricote les vies avec ce qu’il faut de flair et de malignité pour conduire les aveugles, que nous sommes, là où nous devons aller, soit là où l’avenir s’éclaire enfin. La morale est la suivante : faisons confiance à notre animal de compagnie, il connait mieux que nous les sentes qu’il faut emprunter pour que notre avenir reprenne de la couleur et de l’intérêt et que nous sortions enfin de la misère où notre société, sans discernement et sans flair, nous condamne trop souvent à souffrir. Les amis des animaux ne peuvent que se réjouir d’un ouvrage qui offre une telle tribune à l’un de leurs compagnons préférés.

 

Comme j’aime les animaux, ce livre m’a réjouie. Une amie me l’a offert pour mon anniversaire et je dois reconnaître, qu'en le choisissant, elle n’a pas manqué de perspicacité. J’en ai goûté les deux tiers avec gourmandise et satisfaction, deux tiers qui me laissent en mémoire le souvenir d’un moment plaisant, d’un partage sympathique avec deux héros un peu déglingués et un chien, infiniment astucieux, qui les promène avec une paisible autorité sur le chemin de la sagesse et du succès.

 

Et puis, le roman a un autre atout auquel je suis sensible : l’histoire se déroule pour une large part à Trouville. Pensez donc, on déambule dans les rues, on dort à l’hôtel Flaubert, on baguenaude sur la plage, on y goûte les lumières si fastueuses le soir et si douces le jour, on sent le parfum de la mer, on surprend la mélodie de ses vagues, on se laisse envoûter par le cri rauque des mouettes et des goélands ; oui, on cède à cette atmosphère unique qui vous tient au cœur et ne vous lâche plus. Lisez plutôt :

« Trouville est complètement raccord. Les gens, l’ambiance, les perspectives, la lumière … Tout est conforme aux images que m’avaient suggérées les sons, l’iode, le grain des façades, le sable sous mes pieds, l’odeur de forêt descendant la colline sous la caresse du soleil ou les aiguilles fraîches du crachin … Tout est joli, joyeux, léger malgré la densité de la foule estivale. Et cette beauté me déchire. Ce mélange d’intimité villageoise et d’espace infini quand la mer se retire, cette rumeur qui s’éloigne à mesure qu’on s’enfonce dans la vase découverte, ce silence troué de mouettes et d’aboiements qui ne sont pas ceux de mon chien. Ces vacances qui ne seront plus les nôtres ».

Comment une trouvillaise peut-elle résister à cette description des lieux où elle demeure et à l’intelligence de Jules, peut-être l’un des chiens qu’elle a surpris en train de galoper au bord des vagues lors de ses longues balades sur la plage à marée basse ?

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Jules de Didier van Cauwelaert
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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 07:52
Déséquilibres ordinaires de Françoise Steurs

C’est avec beaucoup de sensibilité et de fraîcheur dans son écriture que Françoise Steurs nous conte les démêlés d'un médecin du SAMU social avec Max sans-tête. Françoise travaille avec des jeunes pas tout à fait comme les autres, des jeunes qui voient le monde différemment et l’appréhendent autrement. C'est le cas de Max qui échappe à toutes les contingences sociales, vit dans le plus grand désordre, mange n’importe quoi, se néglige. Il ne pense qu’à faire des photos des gens de son quartier qu’il capture régulièrement à heure fixe dans un vieil appareil bricolé. « Max n’a que ça en tête : capter la vie qui passe autour de lui. Reproduire ces scènes de la vie quotidienne. A l’infini. En extraire des instants dans l’obscurité de la chambre noire ».

 

Un voisin porte plainte, Max va trop loin, il n’a aucun sens de l’hygiène. C'est alors qu'un médecin du SAMU social passe le voir et découvre des piles de photos, toujours les mêmes, floues mais prodigieusement expressives. Elles sont différentes des clichés habituels, expriment une autre vision du monde. Le Doc est subjugué par cette perception des personnages qui traduit une grande sensibilité en même temps qu’une expression artistique pointue. « Cet homme n’est pas juste bon à être enfermé dans une maison de soins. Il est capable de marquer la différence entre le jour et la nuit, il cuisine tous les jours et n’est pas agressif ». Le médecin décide de le suivre et le convainc d’exposer ses œuvres, ainsi débute une épopée épique qui conduira le Doc à se remettre en question et à se demander lequel des deux est du bon côté de ce qu’on définit  habituellement comme la norme.

 

Un très bon texte sur la différence, en l’occurrence sur ceux qu’on prend pour des attardés mentaux, des dérangés du ciboulot, des gens un peu fous qui, souvent, possèdent une acuité artistique et une créativité  affutées. Max n’a pas une logique cartésienne mais son intuition est peut-être bien supérieure à l’intelligence de nombre d’entre nous. Les conseils qu’il donne au Doc pour choisir une bonne photo pourraient servir aux lecteurs à la recherche d’un bon livre dans une bibliothèque ou une librairie. L’intuition est peut-être la meilleure conseillère quand elle s’appuie sur une perception fine et sensuelle. « Il faut pouvoir piocher, se laisser surprendre au détour d’une image. Etre happé. Ne s’intéresser qu’à une seule. Et tant pis pour les autres. C’est comme à la brocante. Tu te balades sans idée précise dans la tête. Quand, soudain, un objet attire ton regard. Tu t’arrêtes. Tu regardes encore. Tu t’approches de la chose. Tu la touches. De tes yeux, avec tes mains. Tu t’imagines quelque part… » Ce n’est que ça l’émotion artistique.

 

Il faut le croire car « Le fou dit toujours la vérité », Françoise Steurs l’a bien compris, elle est aux premières loges pour s’en convaincre.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 06:39
Bruges ou la remontée du temps

Bruges a cela de merveilleux : le visiteur qui la découvre entre de plein pied dans le Moyen-Age tant la ville a su se protéger des méfaits de la modernité et conserver son authenticité et son charme envoûtant au bord de ses canaux, à l’endroit même où les Vikings avaient débarqué et s’étaient livrés au pillage. A l’époque, soit au 9e siècle, un bras de mer, le Zwin, avançait loin à l’intérieur des terres, endroit que les Vikings baptisèrent Bryghia, ce qui signifie « débarcadère » dans leur langue. Mais en 843, le traité de Verdun mentionne le partage du royaume de Charlemagne entre ses petits-enfants et Charles le Chauve hérite des Flandres, le plat pays qui venait de souffrir des invasions normandes. Aussi va-t-il s’empresser de construire ici une citadelle afin de protéger la côte flamande d’une nouvelle invasion. Bruges va naître de ce projet et se transformer au fil des ans en une cité prospère, une plaque tournante ouverte sur le commerce avec l’Europe. Son apogée, elle la connaîtra au XVe siècle, époque qui a laissé une empreinte indélébile due à la richesse du commerce et du tissage et a conduit la ville à devenir progressivement un centre mondial de la finance, un Francfort du Moyen-Age, cité où les artistes affluent et créent une école artistique incomparable, celle des primitifs flamands qui va irradier autant sur le sud que le nord de l’Europe, attirés qu’ils sont par le nombre des riches mécènes.

L'art religieux à Bruges et les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille Marie de Bourgogne dans l'église Notre-Dame.
L'art religieux à Bruges et les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille Marie de Bourgogne dans l'église Notre-Dame.
L'art religieux à Bruges et les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille Marie de Bourgogne dans l'église Notre-Dame.
L'art religieux à Bruges et les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille Marie de Bourgogne dans l'église Notre-Dame.
L'art religieux à Bruges et les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille Marie de Bourgogne dans l'église Notre-Dame.
L'art religieux à Bruges et les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille Marie de Bourgogne dans l'église Notre-Dame.
L'art religieux à Bruges et les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille Marie de Bourgogne dans l'église Notre-Dame.
L'art religieux à Bruges et les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille Marie de Bourgogne dans l'église Notre-Dame.

L'art religieux à Bruges et les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille Marie de Bourgogne dans l'église Notre-Dame.

Mais un progressif ensablement éloigne la ville de son port et les marchands étrangers vont peu à peu quitter Bruges pour Anvers et contribuer à son déclin, si bien que, pendant quatre siècles, Bruges ne connaîtra pas de changements notables, figée dans sa grandeur d’antan et échappant par miracle à la révolution industrielle qui défigura tant de cités. Ainsi conserve-t-elle sa physionomie : celle d’une ville flamande assoupie comme la belle au bois dormant dans sa jeunesse éternelle. Ici l’atmosphère de jadis est si palpable que, dès le 19e siècle, Bruges se transforme en un centre touristique où, peu à peu, de nombreux anglais s’installent, séduits par la beauté des lieux et leur pouvoir  d’achat décuplé, si bien que la colonie britannique compte très vite plusieurs milliers de personnes qui vont permettre à la ville de sortir de sa léthargie, notamment dans le domaine culturel. Par chance également, l’intelligence d’un officier allemand amoureux des lieux, Immo Hopman, va durant la guerre de 39/45 la préserver des bombardements programmés et éviter de justesse que ne soit réduite en cendres cette perle architecturale.

 

Dès lors, chaque année, 3 à 4 millions de visiteurs viennent admirer ce magnifique musée à ciel ouvert, flâner dans les rues où s’alignent les maisons de la renaissance flamande et celles purement moyenâgeuses que les luxueuses boutiques d’aujourd’hui sont parvenues à ne pas défigurer. La place du Beffroi est le centre incontournable autour duquel s’enroulent les rues étroites et les charmantes petites places où se sont installées les terrasses des restaurants. La splendeur des demeures rappellent qu’au XVe siècle vivaient ici les ducs de Bourgogne dans un luxe sans égal. C’est la raison pour laquelle bon nombre de peintres du nord des Alpes furent attirés par cette Bruges artistique où l’art  se vivait au quotidien.

Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.
Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.

Photos Yves Barguillet. Quelques vues de la ville et du lac d'Amour prises des canaux.

Ainsi la Venise du nord est-elle devenue le centre de la plus ancienne école de peinture du pays, celle des primitifs flamands dont Jan van Eyck, Hans Memling et Rogier van der Weyden sont les plus prestigieux représentants. Passer 2 jours à Bruges ne laisse pas un instant de répit tant il y a à voir et à admirer. La promenade sur les canaux bien sûr et le spectacle qu'elle offre jusqu'au lac d'Amour et cette remontée du temps, ce retour vers le passé qui s'effectue ainsi de la façon la plus séduisante, comme si l'on entrait dans un autre monde fossilisé dans sa splendeur. Et puis les églises, celle du Saint-Sang et sa crypte romane aux voûtes basses qui reconduit dans l'intimité du coeur ; la magnifique église Notre-Dame qui recèle l'une des plus belle oeuvre d'art de Bruges, la Vierge à l'Enfant de Michel-Ange et les tombeaux d'apparat de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, et de sa fille Marie morte très jeune des suites d'une chute de cheval, l'un de style gothique, l'autre de style renaissance ; la cathédrale Saint-Sauveur avec ses trois nefs et ses cinq chapelles rayonnantes qui racontent l'histoire fascinante de cet édifice sacral et où l'on découvre, au-dessus du jubé, l'imposant "Dieu le Père" du sculpteur Arthus Quellin (1682). Enfin l'on s'attarde volontiers dans le délicieux et reposant jardin du béguinage, béguinage qui fut fondé en l'an 1245 par Marguerite de Constantinople, lieu où des soeurs conventuelles vivaient en communauté, tandis que les béguines vivaient seules et gagnaient leur vie en lavant le linge de l'hôpital Saint Jean  tout proche ou la laine dans l'eau des canaux. Il est, par ailleurs, impératif d'entrer à l'hôpital Saint-Jean pour contempler l'admirable triptyque de Hans Memling représentant le mariage mystique de sainte Catherine qui, à lui seul, mérite que l'on se rende à Bruges.  Ce peintre témoigne de la culture courtoise de son temps dans un univers pictural qui respire la piété, la béatitude et la grâce. Rêveur et poète proche de Fra Angelico, il sut imprimer à ses toiles sa tendresse et sa foi. Sa châsse de sainte Ursule, considérée à juste titre parmi les sept merveilles de l'art de la peinture, se trouve là également, ainsi que d'autres oeuvres tout aussi admirables qui offrent un  panorama de l'excellence de son art du dessin et de la couleur.

La Vierge et l'Enfant de Michel-Ange, le Triptyque de Hans Memling et autres oeuvres de l'hôpital Saint Jean.
La Vierge et l'Enfant de Michel-Ange, le Triptyque de Hans Memling et autres oeuvres de l'hôpital Saint Jean.
La Vierge et l'Enfant de Michel-Ange, le Triptyque de Hans Memling et autres oeuvres de l'hôpital Saint Jean.
La Vierge et l'Enfant de Michel-Ange, le Triptyque de Hans Memling et autres oeuvres de l'hôpital Saint Jean.
La Vierge et l'Enfant de Michel-Ange, le Triptyque de Hans Memling et autres oeuvres de l'hôpital Saint Jean.
La Vierge et l'Enfant de Michel-Ange, le Triptyque de Hans Memling et autres oeuvres de l'hôpital Saint Jean.
La Vierge et l'Enfant de Michel-Ange, le Triptyque de Hans Memling et autres oeuvres de l'hôpital Saint Jean.
La Vierge et l'Enfant de Michel-Ange, le Triptyque de Hans Memling et autres oeuvres de l'hôpital Saint Jean.
La Vierge et l'Enfant de Michel-Ange, le Triptyque de Hans Memling et autres oeuvres de l'hôpital Saint Jean.
La Vierge et l'Enfant de Michel-Ange, le Triptyque de Hans Memling et autres oeuvres de l'hôpital Saint Jean.

La Vierge et l'Enfant de Michel-Ange, le Triptyque de Hans Memling et autres oeuvres de l'hôpital Saint Jean.

Le musée Groeninge réserve également quelques merveilles dont "La vierge au chanoine Van der Paele" de Jan van Eyck au réalisme inégalé, pièce maîtresse du musée, mais également un très beau portrait de Philippe le Bon par Van der Weyden  et des toiles de Petrus Christus, de Pieter Pourbus et de Gérard David dont le tableau cruel du "Jugement de Cambyse". Inutile de souligner que ces deux journées mettent à mal pieds et chaussures mais qu'importe ! une part de moules/ frites et une excellente bière vous requinquent et on oublie vite la fatigue tant le regard est constamment sollicité par la beauté des lieux et par la richesse des oeuvres que cette ville, creuset de la culture et de l'intelligence, nous a léguée. Le soir est sans doute le moment le plus romantique, lorsque revenant à notre hôtel nous retraversons la ville illuminée au son des carillons dans la douceur de cette fin septembre et que le temps apparaît suspendu sur une possible éternité.
 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Musée Groeninge : Portrait de Philippe le Bon et oeuvres de Jan van Eyck et de Gérard David : " Le jugement de Cambyse".
Musée Groeninge : Portrait de Philippe le Bon et oeuvres de Jan van Eyck et de Gérard David : " Le jugement de Cambyse".
Musée Groeninge : Portrait de Philippe le Bon et oeuvres de Jan van Eyck et de Gérard David : " Le jugement de Cambyse".
Musée Groeninge : Portrait de Philippe le Bon et oeuvres de Jan van Eyck et de Gérard David : " Le jugement de Cambyse".
Musée Groeninge : Portrait de Philippe le Bon et oeuvres de Jan van Eyck et de Gérard David : " Le jugement de Cambyse".

Musée Groeninge : Portrait de Philippe le Bon et oeuvres de Jan van Eyck et de Gérard David : " Le jugement de Cambyse".

La ville le soir.
La ville le soir.
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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 08:35
Tout un été sans facebook de Romain Puértolas

Agatha Crispies – pas comme la célèbre romancière anglaise, non, comme les céréales servies au petit déjeuner – s’est tellement emmêlée les crayons dans l’affaire des stylos bleus à New-York New-York qu’elle est mutée,  après un tour de passe/ passe administratif, à New-York Colorado. Le pire trou des Etats-Unis, un bled où il ne se passe jamais rien, où les citoyens occupent leur temps à tourner autour des innombrables ronds-points destinés à égarer les étrangers. Elle est « affectée à un commissariat dans lequel on s’ennuie tellement que les effectifs lisent, jouent aux fléchettes, au sudoku ou encore tricotent ». Elle veut quitter ce trou le plus vite possible pour retrouver son poste avec, éventuellement, une promotion dans la mégapole de la côte est. Il lui faudrait une belle grosse affaire qu’elle résoudrait brillamment pour reconquérir la confiance de sa hiérarchie.

 

Comme il ne se passe jamais rien  sur son territoire, elle empiète sur celui de son voisin, elle le persuade que le crime, qu’il vient de  découvrir, appartient à sa juridiction pour pouvoir mener elle-même l’enquête. Le shérif cède et Agatha se saisit de l’affaire qui prend vite une certaine ampleur avec deux autres meurtres, de quoi constituer une belle énigme à résoudre et conquérir une promotion pour un tellement désiré retour au bercail. Agatha se plonge alors dans une enquête rocambolesque dans laquelle l’auteur parodie les poncifs rencontrés habituellement dans les films et surtout dans les séries policières américaines dont il dénonce les incohérences, les invraisemblances et la sous-culture, en mettant dans la bouche de la policière des citations et les noms des plus grands auteurs classiques qu’elle est évidemment la seule à connaître.

 

Dans ce polar loufoque, déjanté, amoral, Romain Puértolas dresse un tableau désopilant mais tout de même un peu désolant de l’Amérique profonde, l’Amérique des ploucs dont Jean Yanne a narré la fantasia dans un célèbre film. Il pointe du doigt la malbouffe généralisée – Agatha, grosse et grasse, se gave toute la journée de « donuts » au chocolat - le racisme endémique affectant encore cette partie de la population - Agatha est, avec son chef, la seule noire du coin - l’absence totale d’humanité, tous les moyens sont bons pour atteindre son objectif et Agatha n’est pas très encombrée par sa bonne conscience. L’auteur préfère en rire mais j’ai eu franchement le sentiment qu’il n’appréciait guère cette Amérique acculturée, asservie par la déesse consommation.

Il reste le polar qui fera, sur le bord de la piscine, une belle lecture d’été en dégustant des … « donuts » … au chocolat.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 06:24
Le bal du comte d'Orgel de Raymond Radiguet
Le bal du comte d'Orgel de Raymond Radiguet

Incroyable maturité de la part de ce jeune écrivain qui, à peine âgé de 20 ans, écrit un roman en prenant pour sujet les sentiments les plus intimes d’une femme d’une trentaine d’années, nommée Mahaut d'Orgel, qui s’éprend d’un ami de son époux François de Séryeuse et dont l’auteur nous détaille les moindres émotions et passe au scalpel l’évolution du mécanisme psychologique qui la conduira à renoncer à cet amour par devoir. Par moments, on se croirait dans « La princesse de Clèves » de Mme de Lafayette ou dans « Le lys dans la vallée » de Balzac, revisités en ce début du XXe siècle par Raymond Radiguet qui mourra d’une typhoïde foudroyante en 1923 avant même l’édition de son ouvrage. C’est Grasset qui s’en chargera, après que le texte ait été relu et corrigé par Cocteau et Kessel. Oui, incroyable maturité de la part de l’auteur et incroyable roman que celui-ci à une époque où la fête était à l’honneur après la saignée de la guerre de 14 /18, ce qui pouvait laisser penser qu’un jeune homme de 19 ans devait avoir en tête bien d’autre sujet que celui-ci. Oui, nous assistons là au combat que se livrent un jeune homme et une femme mariée et plus âgée pour ne pas céder à la tentation et subir les tourments de l’amour sans faillir, puisque celle-ci est mariée au comte d’Orgel et entend honorer l’engagement qui la lie à lui. C’est par conséquent l’histoire d’un amour chaste, non dépourvu d’une tonalité moralisatrice, que choisit de rédiger ce tout jeune écrivain. Que s’est-il passé pour que Radiguet aborde un thème si peu en accord avec son époque, celle des Années Folles, et si peu dans le courant de son inspiration précédente « Le diable au corps » ?

 

Nous sommes là en présence d’un drame intérieur où rien ne se passe, si ce n’est l’analyse au microscope des diverses phases d’un sentiment dont on comprend bien qu’il est de part et d’autre sacrifié d’avance. Alors, comment se fait-il que l’on accroche à ce récit dépourvu de suspense où le devoir ne s’impose que par le souci constant des deux personnages à maintenir leur réputation dans un milieu mondain où les bons usages sont ceux imposés par le qu’en dira-t-on ? Oui, de quel philtre use l’auteur pour nous maintenir en lecture sur un sujet aussi mineur que la personne de cette madame d’Orgel, dont l’attachement éprouvé pour son mari tient davantage à la fortune de celui-ci et à la vie facile qu’il lui offre, et à celle de ce François de Séryeuse qui, s’il passe beaucoup de temps auprès de cette femme, le doit aux relations bienveillantes qu’il entretient avec le comte d’Orgel dont l’essentiel de la vie se consume  en mondanités de tous ordres. Le romanesque de l’histoire se concentre essentiellement sur l’étude fine et approfondie de la psychologie des personnages décrits d’une plume froide et rigoureuse, sans aucune sympathie particulière, avec une hauteur toute impartiale. D’où cette intelligence de style, cette implacable description à ce qui se passe en eux, à ce qui s’élabore dans leurs têtes, à ce qui les incite à espérer ou à désespérer, à leurs motivations et à leurs doutes jusqu’à cette confession que Mahaut d’Orgel fait à Madame de Séryeuse afin de condamner François à renoncer définitivement à elle. C’est le rêve du jeune homme qu’elle brise dans le seul objectif de maintenir sa place dans cette société de la noblesse et de la haute bourgeoisie d’entre les deux guerres.

 

 

Le dernier chapitre est la préparation d’un bal qui va mettre à nu les sentiments de chacun et où les diverses variations émotionnelles ou calculées semblent désuètes, voire ridicules, tandis que les menées dictées par l’intérêt le plus mercantile révèlent d’autant plus et mieux leur inaptitude à épouser les aspirations du cœur. C’est là aussi que l’on découvre l’importance des non-dits, la force de communication du silence, si présent dans l’ouvrage – les détours multiples, les hésitations qui suspendent une réponse - ces instants où l’on passe à côté de l’autre, tout en se méconnaissant davantage soi-même. Raymond Radiguet se livre à cette savante valse-hésitation des cœurs avec un brio incontestable comme s’il scrutait, fouillait au plus vif des replis intimes, des longues et lentes palpitations secrètes. L’aisance stupéfiante d’un surdoué.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Portrait de Radiguet par Modigliani

Portrait de Radiguet par Modigliani

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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 08:42
La femme qui court de Jennifer Johnston

Une fois de plus, la littérature irlandaise m’a enchanté. Cette fois, c’est Jennifer Johnston qui m’a régalé avec ce texte qui sent l’Irlande à plein nez : histoire, culture, romantisme, qualité littéraire, art du récit, finesse des sentiments, etc… encore une lecture enivrante comme j’en ai trouvée beaucoup sur cette île.

 

 

La femme qui court

Jennifer Johnston (1930 - ….)

 

 

Et de nouveau un roman qui  encourage mon inclination déjà bien marquée pour la littérature irlandaise. J’ai été, en effet, enchanté par la lecture de cet ouvrage, non pour l’histoire qu’il raconte, même si elle est particulièrement dramatique, mais surtout pour la façon dont l’auteure décrit cette histoire et pour ses qualités littéraires. Elle vit son texte, respire les sentiments des personnages qu’elle met en scène et transporte le lecteur au plus profond de l’Irlande, de son histoire, de sa culture, de ses coutumes et des conflits qui l’ont régulièrement secouée.
 

Laura a hérité d’une entreprise de sa mère qui l’a elle-même héritée de sa propre mère, une transmission filiale qu’elle ne pourra pas assurer car elle n’a pas d’enfant. Au moment où elle enterre son père, elle semble bien fragile, son mari qu’elle a épousé parce qu’il pouvait assurer la gestion de l’entreprise, veille sur elle. Même s’il s’absente régulièrement pour des motifs peu crédibles. Pour vaincre son ennui et éteindre une douleur qui semble l’affecter depuis son adolescence, Laura décide de déblayer un coin de végétation envahissante qui a recouvert une gloriette qui semble avoir marqué sa jeunesse. Au cours de ces travaux épuisants, elle reçoit le renfort d’un voisin banni par sa famille lors du décès de son père parce qu’il a jeté sa soutane aux orties. Les deux écorchés de la vie traversent tous deux un deuil sans vraiment regretter leur père respectif. De vieux comptes semblent ne jamais avoir été soldés.
 

Sur fond d’histoire de l’Irlande, de haine entre protestants et catholiques – Laura a été persécutée par ses camarades de classe catholiques parce qu’elle est protestante – d’incestes familiaux récurrents qu’il faut absolument taire pour ne pas être banni et pour ne pas jeter l’opprobre sur la famille, Jennifer Johnston écrit un roman très habile, enchanteur malgré la douleur qu’il dégage. Elle construit son histoire principalement sous la forme de dialogues qui mêlent le présent, que vit son héroïne, avec des scènes de son passé qui apportent progressivement des éléments permettant de mieux comprendre la fragilité qui l’affecte encore au moment du décès de son père. L’auteure passe du « je » au « elle » sans que cela nuise à la lecture, comme si elle ne voulait pas s’enfermer trop profondément dans la douleur de l’héroïne et maintenait une certaine distance afin que le lecteur ressente mieux les sentiments qui se dégagent de cette tragédie familiale. Ainsi assistons-nous à la rencontre de deux êtres trop ou mal aimés qui voudraient faire le ménage dans leur passé de façon à envisager un avenir plus serein. Un véritable bijou qui enchantera les amis des beaux textes.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 07:44

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Il est à craindre aujourd'hui que le développement du numérique fasse perdre à l’art épistolaire l’importance qu’il avait jusqu'alors et qu'un pan de notre mémoire familiale et collective se voit réduit à quelques cartes postales rédigées à la hâte dans le même style télégraphique que les sms, aussi l'initiative de Shaun Usher de rassembler en une anthologie drôle, tragique ou incisive 125 lettres où se reflètent les joies, les drames et le quotidien d'inconnus comme des grands noms de ce monde, est à saluer avec enthousiasme. En effet, que serait la littérature sans les lettres de Madame de Sévigné, de George Sand, de Flaubert, de Proust ; n'est-ce pas un pan entier de notre histoire qui aurait disparu, sans compter les lettres retrouvées de nos poilus qui ont été le témoignage le plus authentique de la guerre de 14, nous donnant à toucher du doigt et du cœur ce que furent ces années d’héroïsme dans les tranchées ?

 

 

L’idée de Shaun Usher mérite sans nul doute attention et  intérêt, tant ce beau libre est une mine de découvertes surprenantes, sorte de livre-musée de la correspondance, illustrant son charme à l’ancienne au moment même où l’art épistolaire s’évanouit sous nos yeux. Oui, celui-ci est bien un art à part entière qui reflète la vie, la nôtre et celle des autres, au jour le jour, selon l’émotion du moment, l’amour, l’attente, les larmes, les ruptures, les retrouvailles. Tout nous est conté des choses sensibles, c’est-à-dire de ces faits quotidiens et intimes qui nous concernent. Au-travers des lettres choisies avec éclectisme, nous découvrons des documents concernant aussi bien Andy Warhol que les Rolling Stones, la reine Elisabeth II donnant une recette de cuisine à Eisenhower, mais oui ! celle des drop scones ; la réplique d’un esclave noir affranchi à son maître ; la lettre de Virginia Woolf, peu avant son suicide, faisant ses adieux à son époux ; un soldat de la guerre de Sécession – peut-être la lettre la plus émouvante – s’excusant auprès de sa femme et de ses fils de devoir mourir au combat ; une lettre de motivation inattendue de la part de Léonard de Vinci ; des conseils de Clémentine Churchill à son illustre époux ; une missive datant de 1666 écrite durant l’incendie de Londres par le maître de Poste James Hicks ; enfin un courrier du scientifique Francis Crick à son fils pour lui annoncer la découverte de l’ADN. Et, chose passionnante pour une graphologue, la plupart d’entre elles sont manuscrites, proposant à notre lecture non seulement un texte, mais les composantes du caractère du rédacteur en herbe ou en maturité ( n'y a-t-il pas un courrier de Fidel Castro, alors âgé de 14 ans, au président Franklin D. Roosevelt ! ), sa façon de se positionner sur le parchemin comme il le fait dans la société. Tracé épais qui dit l’attachement au monde dans ce qu’il a de plus concret ; tracé peu encré, aérien, qui suppose l’abstraction, l’importance de la fonction pensée.

 

 

Oui, ce recueil est un hommage au graphisme dans son élégance, sa spontanéité, ses élans, ses pudeurs, ses retenues, ses politesses ; également l’assurance d’émotions en direct depuis une tablette d’argile datant du XIVe siècle avant Jésus Christ jusqu’à aujourd’hui, suite de lignes tracées sur la pierre, le parchemin ou le simple papier, façon la plus probante de traverser le temps et d’être en prise avec les morts et les vivants de cette vieille histoire humaine qui est la nôtre.

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Il est à craindre aujourd'hui que le développement du numérique fasse perdre à l’art épistolaire l’importance qu’il avait jusque alors et que tout un pan de notre mémoire familiale et collective se voit réduit à quelques cartes postales rédigées à la hâte dans un style aussi télégraphique que les sms, aussi l'initiative de Shaun Usher de rassembler en une anthologie drôle, tragique ou incisive 125 lettres où se reflètent les joies, les drames et le quotidien de l'inconnu comme des grands noms de ce monde, est à saluer avec enthousiasme. En effet, que serait la littérature sans les lettres de Madame de Sévigné, de George Sand, de Flaubert, de Proust ; n'est-ce pas un pan entier de notre histoire qui aurait disparu, sans compter les lettres retrouvées de nos poilus qui ont été le témoignage le plus authentique de la guerre de 14, nous donnant à toucher du doigt et du cœur ce que furent ces années d’héroïsme dans les tranchées ?
Au bonheur des lettres de Shaun Usher
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