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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 10:16
BIENVENUE SUR INTERLIGNE

                             

                                                                                                                                                                                                                            

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A LA RECHERCHE DE ROBERT PROUST de DIANE DE MARGERIE

 

COMMENT APPRENDRE A S'AIMER de MOTOYA YUKIKO

 

JE SUIS FOU DE TOI - LE GRAND AMOUR DE PAUL VALERY DE DOMINIQUE BONA



 

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Demeurant à Trouville depuis une vingtaine d'années, j'aime la croisière maritime, la marche, la nature et encore et toujours écrire. Dans ce blog, je prends plaisir à vous entretenir de mes écrivains préférés, à vous conter mes voyages et à poser les questions qui invitent au dialogue. Car écrire pour soi-même n'a pas de sens. On écrit avant tout pour l'autre. Pour le rencontrer...ou le retrouver.

  

Bonne lecture, chers visiteurs, et n'oubliez pas de me faire part de vos commentaires, ils seront un enrichissement pour moi et une animation pour les lecteurs de passage.

 

Et, afin de faire plus ample connaissance, voici mon portrait brossé par quelques photos:          

 

 

BIENVENUE SUR INTERLIGNE
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Et mon parcours en écriture consigné par quelques livres :

Quelques-uns de mes ouvrages
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Quelques-uns de mes ouvrages
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Quelques-uns de mes ouvrages
Quelques-uns de mes ouvrages
Quelques-uns de mes ouvrages
Quelques-uns de mes ouvrages

Quelques-uns de mes ouvrages

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Toutefois, si vous préférez les images aux mots, vous pouvez vous rendre sur mon blog " LA PLUME ET L'IMAGE " consacré au 7e Art, en cliquant  LA

 


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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 10:13
A la recherche de Robert Proust de Diane de Margerie

Diane de Margerie vient de publier un ouvrage dont le titre m’a tout de suite interpellée : « A la recherche de Robert Proust ». Qui était Robert Proust, cet homme totalement évincé de « La Recherche », l’œuvre de son frère aîné Marcel Proust, où apparaissent cependant la mère, le père, la grand-mère, la tante et quelques autres personnages qui ont occupé sa vie. Mais son frère, de deux ans son cadet, semble avoir été gommé volontairement de cette longue et pénétrante histoire. Diane de Margerie, qui s’est posée elle aussi la question, nous apporte certains éclairages au sujet de cette difficile parenté entre deux frères qui ont laissé l’un et l’autre des oeuvres importantes, le premier en littérature, le second en médecine. Car Robert, comme son père Adrien, fut un médecin-chirurgien de renom, un homme dont le destin s’est déroulé de façon naturelle, déterminée et irrévocable, contrairement à Marcel dont l’accouchement de son œuvre fut long, compliqué et tortueux.

 

Il apparaît que les deux enfants d’Adrien et de Jeanne Proust avaient bien peu de choses en commun, sinon une remarquable intelligence et une parfaite éducation. S’entendaient-ils ? Pas vraiment, bien que la mère veillât à maintenir un climat d’affection familiale. Cela, pour la simple raison, que Marcel a difficilement vécue l’arrivée de ce petit frère qui, subitement, occupait les lieux et lui prenait un peu de l’amour maternel. Oui, Marcel, enfant sensible et tyrannique, a souffert de ne pas être le seul objet de la tendresse familiale et a su, par la suite, tirer parti de son asthme et se présenter en tant que narrateur dans « La Recherche » comme un enfant unique. Peut-être l’existence de Robert sera-t-elle à l’origine de « cet univers asexué mais dévorant auquel il se sacrifiera comme sur un autel : celui de l’écriture. » En quelque sorte : « oublier les sentiments ambigus suscités par la naissance d’un autre qu’il faudra plus tard annuler par l’écriture salvatrice » - nous explique Diane de Marjorie. « C’était ou l’autre, ou l’œuvre » - ajoute-t-elle.

 

Diane de Marjorie suppose que Robert de Saint-Loup, si présent dans le roman de Marcel, est une sorte de frère de substitution auquel – explique-t-elle – « Marcel le narrateur peut songer à loisir à travers le silence observé sur le frère réel. » Le parallèle ne me semble pas vraiment convaincant, sinon que le personnage du livre mourra héroïquement durant la guerre de 14/18 à la tête de sa division, de même que Robert Proust s’y illustrera avec courage et dévouement dans son rôle de médecin militaire auprès des innombrables blessés. « Voilà qui est frappant chez les frères Proust dont l’un s’adonne à l’analyse de la dégradation (en amitié, en amour, dans la sexualité) à travers le scalpel de l’écriture ; et l’autre, tout au contraire, choisit la guérison du mal à travers le bistouri. » - insiste Diane de Margerie.

 

Marcel Proust reconnaissait : « Je suis jaloux à chaque  minute à propos de rien. » Et ses jalousies se focaliseront évidemment sur la mère. Lorsqu’il peint dans « La Recherche » les frères Guermantes, Basin l’aîné et Charlus le cadet, il ne peut s’empêcher d’y inclure la sévérité psychologique de leur père, établissant un lien avec la sévérité d’Adrien Proust, et ne manque pas de souligner qu’ils sont aux antipodes l’un de l’autre comme lui-même l’était avec Robert. Ainsi, à travers les personnages de son roman, Marcel exprime-t-il la complexité de la relation fraternelle. Et est-ce parce qu’il pense avoir une analyse plus fine de la maladie, se considérant lui-même comme un malade, qu’il accuse la plupart des médecins d’être bornés à bien des égards parce qu’ils ne bénéficient pas de la relation essentielle et étroite avec la … douleur ? L'asthme, dont il souffrait, et sa connaissance du milieu médical lui ont permis de dépeindre la lente déchéance de Charlus et la mort de la grand-mère de façon clinique en un temps où les médecins jouissaient d’une incroyable influence morale et sociale. Si bien que Serge Béhar, médecin et auteur, écrira que « La Recherche » a été rédigée par un médecin avant la lettre. Souvenons-nous que Marcel Proust, comme Freud, et bien que les deux hommes ne se soient ni connus, ni concertés, ont découvert le rôle éminent de l’inconscient, ce dont les praticiens d’alors se souciaient comme d’une guigne. Et principalement de son rôle dans les maladies  psychosomatiques.

 

Aussi peut-on se demander ce que Marcel pensait des carrières de son père  et de son frère trop privées l’une et l’autre d’une quête de l’invisible ? Marcel refusera d’être soigné par Robert et ne souhaitera à ses côtés, lors de ses tous derniers moments, que d’une seule présence, celle de Céleste Albaret, son employée de maison, qui était devenue « la vestale de l’œuvre, la Voix du téléphone, le trait d’union avec les éditeurs ». Allait-il survivre à sa Recherche ? Se survivre ? – questionne l’essayiste. Ne s’est-il pas laissé mourir en même temps que son œuvre s’achevait et ne s’est-il pas toujours refusé, et cela jusqu’à son extrême fin, à s’abandonner aux soins et conseils du monde médical ? Parce qu’il pensait en connaître plus qu’eux sur le parcours inéluctable et psychique de la maladie. Par la suite, Robert, qui lui survivra un peu plus d’une dizaine d’années, lui rendra un hommage vibrant dans la revue NRF (1923), où il salue la douceur et la bonté de Marcel, sans cesser de se consacrer à l’édition des manuscrits laissés en attente et au contrôle scrupuleux de leur publication chez Gallimard.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Marcel et Robert enfants, puis adultes avec leur mère
Marcel et Robert enfants, puis adultes avec leur mère

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 09:14
Comment apprendre à s'aimer de Motoya Yukiko

Dans ce charmant roman, l’auteur livre une véritable leçon de vie en commun à travers les relations qu’une brave femme, un peu enquiquineuse toutefois, elle en convient elle-même, entretient avec sa famille et ses amis. Un texte plein de fraîcheur et de délicatesse.

 

 

Comment apprendre à s’aimer

Motoya Yukiko (1979 - ….)

 

 

Motoya Yukiko a fondé une troupe de théâtre pour laquelle elle écrit et met en scène des textes et son roman est fortement marqué par cette formation dans le monde du spectacle. L’intrigue est  construite comme un opéra en plusieurs actes évoquant des temps différents dans l’histoire de l’héroïne, même si le nombre d’actes est un peu trop élevé pour un opéra. Des temps qui évoquent les âges de Linde, la femme autour de laquelle l’intrigue se déroule, l’adolescence, les fiançailles, l’effritement du couple, la rencontre avec celui qui pourrait remplacer le mari, le retour à la petite enfance pour comprendre la complexité du personnage, le début de la vieillesse, l’achèvement d’un parcours, le résultat d’une vie quelque peu ratée.

 

Chacune de ces époques est illustrée, comme au théâtre ou à l’opéra, par une scène, une partie de bowling, un repas (trois fois), un caprice à la maternelle et une embrouille avec un livreur. Ce roman pourrait être adapté au théâtre d’autant plus que l’auteur décrit les différentes scènes avec une grande minutie, soignant les moindres détails du décor et disséquant les plus petits travers comportementaux des différents acteurs du roman.

 

A travers cette histoire, Motoya Yukiko cherche à nous montrer que nos difficultés relationnelles proviennent le plus souvent de petits agacements, de vétilles, montées en épingle et qu’il ne suffirait que d’un brin de tolérance et de compréhension pour que tout se passe mieux entre les époux et les amis. Linde s’est séparée de son mari, elle subit ses amis plus qu’elle ne les apprécie, elle se chicane régulièrement avec les livreurs et les commerçants, c’est une brave femme mais aussi une enquiquineuse qui gagnerait à améliorer son comportement, elle le sait et s’énerve de ne pas le faire.

« A une époque, elle était convaincue qu’un jour forcément elle rencontrerait une vraie amitié, mais voilà bien longtemps qu’elle avait abandonné cette idée. Elle ne connaîtrait jamais ce genre d’amitié fascinante. Ces pitoyables êtres devant elles pensaient certainement la même chose qu’elle ». Une petite leçon de vie en commun qui dit qu’il faut savoir tolérer certains travers pour parvenir à vivre en bonne harmonie.

Ce charmant roman, plein de délicatesse nippone, appartient à la littérature japonaise actuelle, plus orientée vers l’Occident que vers les traditions ancestrales. Pour preuve je préciserai que plusieurs personnages portent un prénom occidental, ainsi : Joe, Katarina, Tyler, Sue et que celui de l’héroïne Linde est tiré du titre d’une sonate de Schubert.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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L'auteur

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 09:28
Je suis fou de toi - Le grand amour de Paul Valéry de Dominique Bona
Le 11, rue de l'Assomption et le château de Beduer
Le 11, rue de l'Assomption et le château de Beduer

Le 11, rue de l'Assomption et le château de Beduer

 

Ce livre en étonnera plus d’un parmi les admirateurs de Paul Valéry car l’ouvrage de la biographe/académicienne Dominique Bona sous le titre « Je suis fou de toi – Le grand amour de Paul Valéry » est l’histoire romanesque et douloureuse de l’amour impossible qui lia durant  5 ans  le philosophe/poète et une jeune femme de 32 ans sa cadette qu’il rencontra dans un salon et pour laquelle il éprouvera une passion dévorante et ravageuse, un amour fou dont il mourra, oui, vous avez bien lu…un amour brûlant qui consumera et son esprit et son corps. On sort de cette lecture avec des sentiments partagés : d’une part, on se désole qu’un si grand esprit se soit laissé embarquer dans une aventure avec une femme manipulatrice et aventurière et, d’autre part,  on se console en se disant qu’elle lui a inspiré des vers magnifiques et qu’elle a su ranimer la flamme de la poésie qui l’avait un peu quitté. Ainsi, cette femme, qui n’est guère sympathique,  aura-t-elle desservi l’homme mais servi l’art, alors ?

 

Quand Paul Valéry tombe sous son charme, il a déjà 67 ans et occupe dans la République des lettres une place enviable : académicien, professeur au collège de France, probable prix Nobel, écrivain lu et admiré par ses pairs comme le philosophe de la raison, homme éclairé s’il en est, il jouit de tous les prestiges. Aussi imagine-t-on mal ce bel esprit sombrant dans les eaux agitées d’une passion aveugle, alors qu’il est un homme vieillissant, un père de famille irréprochable et un travailleur acharné que l’on sollicite de toutes parts pour des conférences, des préfaces, des articles, des conseils. Un homme qui est une référence intellectuelle et morale. Et chose d’autant plus étonnante qu’à l’âge des premiers emballements amoureux, il s’était juré, après avoir été follement épris d’une femme plus âgée et mère de famille, Madame de Rovira, qu’on ne l’y prendrait plus et qu’il ne perdrait jamais plus la tête pour quelque enchanteresse que ce soit, qu’il s’en tiendrait dorénavant au rationnel et aux seuls pouvoirs de l’intelligence.

 

Bien qu’il ait  aimé à plusieurs reprises, entre autre la poétesse Catherine Pozzi, qui fut pour lui une partenaire intellectuelle de premier plan, mais une femme irascible et terriblement jalouse, il avait toujours conservé les distances nécessaires pour ne pas perturber son havre d’équilibre et de paix, sa famille « une serre de travail aussi favorable que possible » - disait-il, sur laquelle veillait son épouse Jeannie Gobillard, nièce de  Berthe Morisot et cousine germaine de Julie Manet/Rouart, excellente pianiste, qui lui assurait un foyer calme mais néanmoins joyeux autour de leurs trois enfants, équilibre qui lui était nécessaire et qu’il préservera malgré les tentations les plus érotiques. C’est cependant une certaine Jeanne Loviton qui fera sauter ce barrage affectif et démontrera que, hélas !, l’intelligence la plus rationnelle, les aspirations les plus sages, les sentiments les plus tendres peuvent céder lorsque la passion submerge les digues, rompt les amarres. Jeanne entre dans l’existence de Valéry en février 1938. Mais qui est cette jeune femme qui va lui inspirer un tel amour ? Une personne brillante sans nul doute, divorcée, libre, fière, mondaine, qui conduit sa vie avec brio, suscitant au passage bien des passions. Est-elle belle ? Pas vraiment : des yeux à fleur de tête, un long nez, des jambes lourdes mais de l’éclat, de l’entregent, des cheveux drus, un beau sourire, de l’élégance – elle s’habille chez les plus grands couturiers  - et une assurance rarement prise à défaut. Bien que née dans un milieu modeste, de père inconnu, elle a été adoptée à l’âge de dix ans par le mari de sa mère, une petite théâtreuse, qui lui donnera son nom, l’encouragera à faire de bonnes études et lui offrira un métier, des rentes et une belle maison, de même que les conditions nécessaires, après une enfance difficile, pour assumer sa vie avec panache. Et du panache, elle en a !

 

Mariée pendant 9 ans à un écrivain déjà traduit en quinze langues, Pierre Frondaie, auteur de « L’homme à l’hispano », « L’eau du Nil », « Deux fois vingt ans », la jeune avocate découvre en lui un noceur professionnel qui fréquente assidûment le milieu du théâtre, est acteur à ses heures et présente une personnalité à l’opposé de Paul Valéry – que Jeanne ne connait pas encore – épris de poésie pure, volontiers rêveur et mélancolique. Pierre Frondaie a, quant à lui, la séduction chatoyante et se plaît à vivre dans un luxe tapageur. Certes son allure, sa bonne santé, sa virilité en ont fait un auteur en vue, d’autant qu’il n’est pas dépourvu de talent, mais un époux difficile à garder que la jeune femme, exaspérée par ses infidélités, quittera afin de retrouver sa précieuse liberté et son autonomie, d’autant que ce mari volage a l’outrecuidance d’être ombrageux. Toutefois, gagnée par son influence, Jeanne écrira trois romans sous le pseudonyme de Jean Voilier «  Beauté raison majeure », «  Solange de bonne foi » et «  Jours de lumière » édités chez Emile Paul. « Jours de lumière », qu’elle rédige alors qu’elle commence à fréquenter Valéry, sera retenu pour le prix Fémina, grâce à l’influence de ce dernier,  mais sans succès, si bien que, déçue, Jeanne renoncera définitivement à l’écriture pour se consacrer exclusivement à sa tâche d’éditrice aux éditions Domat-Montchrestien, auprès de son père adoptif.

 

Ainsi est-elle libre lorsqu’elle le destin la met en présence du philosophe/poète et qu’elle le reçoit dans son ravissant hôtel particulier du 11, rue de l’Assomption. Celle qu’il appellera « Lust » soit désir en allemand, est devenue l’idéal, son idéal, sa déesse qu’il n’hésitera pas à comparer à Héra, l’épouse de Zeus, ce qui flatte évidemment son narcissisme. Désormais le besoin qu’il a de la retrouver ne lui laisse plus de répit. Il a soif d’elle, faim d’elle, il est possédé, en état de vénération pour cette femme à l’intelligence pratique, dont la voix est agréable, qui s’assume seule, ne lui fait jamais de scène car elle-même est très occupée, et prend la vie avec optimisme et volupté.

 

Le dimanche devient le jour de « Jeanne ». Un rituel vite établi. Auprès de sa déesse, l’écrivain renoue avec sa vraie nature, légère, aérienne, se laissant aller à une fantaisie  qu’il bride si souvent face aux responsabilités d’un homme de lettres consacré. Jeanne achète alors le château de Béduer où elle recevra le Tout Paris, car cette mondaine aime à être entourée, adulée et a le goût du faste. Valéry ira la rejoindre à deux reprises mais souffre en silence de la savoir trop sollicitée. Entre leurs rencontres, il lui écrit d’innombrables lettres ( il y en eut plus de mille ) et pas moins de 150 poèmes où les vers irradiés de ferveur font l’éloge de l’incomparable, de l’inspirante, en un chant d’amour total :

 

Puisse ton cœur, ce soir, silencieuse absente,

Te souffler de ces mots dont je t’ai dit plus d’un,

De ces mots dits si près qu’ils prenaient ton parfum

A même ta chair tiède et sur moi trop puissante.

 

En 1939, il lui avoue, célébrant leur communion de corps et d’âme :

 

L’heure de Toi, l’heure de Nous

Ah !... Te le dire à tes genoux,

Puis sur ta bouche tendre fondre

Prendre, joindre, geindre et frémir

Et te sentir toute répondre

Jusqu’au même point de gémir…

Quoi de plus fort, quoi de plus doux

L’heure de Toi, l’heure de Nous ?

  
Lui, qui s’était éloigné de la poésie revient à elle, inspiré par cette muse. Ce seront deux créations ambitieuses, tirées l’une de la mythologie, l’autre de la légende : un Narcisse, puis un Faust ! Et secrètement pour eux seuls les 150 poèmes qui seront vendus avec les 1000 lettres par Jeanne le 2 octobre 1982 à Monte-Carlo et dont le montant s’élèvera à un million et demi de francs, soit l’équivalent de 400.000 euros d’aujourd’hui, somptueux cadeau posthume, publiés de nos jours par les éditions de Fallois sous le titre « Corona & Coronilla. Poèmes à Jean Voilier ». Car Jeanne ne s’embarrasse pas de sentiment et de scrupule. Cette guerrière ambitieuse mène son existence au pas de charge, dans le luxe et les vanités du monde. Ses amants seront nombreux qu’elle ménage avec habileté et diplomatie, afin qu’aucun d’eux ne sache qu’il n’est pas le seul. Elle éprouvera aussi un amour saphique pour Yvonne Dornès qui sera, tout au long de sa vie, l’amie parfaite et dévouée, Jeanne n’envisageant pas de vivre sans adulation, considérant que l’on se doit d'être à ses genoux comme l’ont été Valéry et son père adoptif Ferdinand Loviton. Giraudoux le sera lui aussi, Malaparte brièvement.

 

La guerre sépare Valéry et sa muse, puis la maladie. Chacun d’eux s’éloignant de Paris durant l’occupation, Valéry à Dinard puis au Mesnil dans la maison de Julie Manet et Jeanne dans son château de Béduer où elle poursuit sa vie brillante comme si de rien n’était. Valérie souffre mille douleurs et jalousies. Il ne sort plus guère, se languit d’elle : «  Tu es sourde à présent et insaisissable ». Le temps passe sans les rapprocher comme le philosophe/poète le souhaiterait. C’est alors que Jeanne lui apprend qu’elle va bientôt épouser l’éditeur Robert Denoël. Coup de grâce. Nous sommes en 1945, Valéry lui écrit encore : « Ma bien-aimée/ Ta bouche tendre/ Fit un poison/ De tout mon sang. »  Il mourra le 20 juillet de la même année…d’amour, dans les bras de sa fidèle épouse Jeannie, après avoir écrit ces derniers mots :

Je connais mon cœur aussi. Il triomphe. Plus fort que tout, que l’esprit, que l’organisme. Voilà le fait. Le plus obscur des faits. Plus fort que le vouloir vivre et le pouvoir comprendre est donc ce sacré C… »

 

Sur ordre du Général de Gaulle, il recevra de grandioses funérailles nationales dans le Paris livré à l’épuration que Valéry déplorait en homme pacifique, soucieux d’unité. Jeanne fera envoyer une magnifique gerbe de glaïeuls de chez Lachaume et poursuivra une existence encombrée d’ombres. Alors que Valéry sera glorifié, admiré presque comme un saint laïque. Cela l’aurait amusé, lui qui notait pour Jeanne quelques mois avant de s’éteindre : «  Tu sais bien que rien au monde, rien de ce qu’il peut donner ne pesait à mes yeux ce que ta ferveur et ta tendresse m’étaient. Hélas ! »

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

Dominique Bona – Je suis fou de toi – Editions Grasset

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 09:29
Le carnaval de Venise

 

 

Chaque année, le carnaval de Venise, comme celui de Nice ou de Rio, voit se réunir un public et des participants nombreux dans des cadres exceptionnels et le passé renouer avec le présent pour réactualiser des traditions anciennes qui mêlent les danses, les costumes et le goût de la fête. Mais  posons-nous d'abord la question : d'où vient l'appellation ... carnaval ? Les linguistes avancent deux hypothèses. Le mot pourrait venir du latin  carnem levare, priver de viande, de chair, ce qui annonçait le carême - ou, au contraire, de carne vale, la chair prévaut, ce qui dans les deux cas concerne le même objet, dans le premier, la chair ou viande que l'on mange, dans le second la chair que l'on convoite. Le carnaval est, on le sait, une transgression des interdits, une exaltation momentanée de ce qui, d'ordinaire, est défendu. A Venise, dès la Renaissance, cette transgression atteindra des sommets et, malgré les interdits, sera encouragée régulièrement par le gouvernement et l'Eglise, peut-être comme soupape, si bien qu'il se maintiendra contre vents et marées tout au long des siècles de la République, dans un tourbillon de licence et de plaisir.


Point de masques lors des premières fêtes. L'usage semble s'être répandu après la conquête du Levant. Une loi de 1268 autorise le port du masque, non seulement pendant le Carnaval, mais pour une période de 6 mois. Les Vénitiens prirent alors l'habitude de sortir masqués, richement vêtus, les femmes arborant leurs bijoux, ce qui fut interdit par la suite hors du Carnaval qui débutait certaines années dès le 26 décembre sur la place Saint-Marc. Bientôt les artisans spécialisés dans la fabrication des masques eurent leur statut propre, leur corporation différenciée de celle des peintres. De nombreuses boutiques s'ouvrirent dans la ville permettant à chacun de s'approvisionner en masques et en déguisements. Parmi ceux-ci, il y avait la bauta ou masque noble qui était une sorte de capuchon de soie noir formant mantille sur les épaules et par-dessus lequel les gentilshommes portaient le tricorne. Le port de la bauta se complétait par celui de la larva ou volto, simple masque blanc qui donnait une allure quelque peu fantomatique à qui le posait sur son visage. Les nobles dames, quant à elles, cachaient leurs traits sous la moretta, masque ovale en velours noir.

 

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Mais chacun, les patriciens comme les gens du peuple, pouvait adopter l'un des nombreux travestissements en vogue : turc fumant la pipe, médecin de la peste, avocat allemand, espagnol, juif, homme sauvage, diable, maure, bossu, sans oublier les personnages familiers de la Commedia dell'Arte: Arlequin, Pulcinella, Pantalon, Brighella, Colombine. La liste des déguisements serait interminable. Pendant cette période particulière, qui permettait tous les écarts, les milliers de courtisanes de Venise faisaient des affaires en or. D'autre part, le travestissement favorisait la prostitution masculine, la promiscuité et les débordements. Des espions, à la solde du Conseil des Dix, masqués évidemment, traquaient à l'occasion la débauche des uns et des autres, enfin je parle de ceux qui avaient une position en vue, et que l'on pouvait ainsi dénoncer et déboulonner aisément. Des lois furent promulguées, interdisant aux hommes de se costumer en femmes pour pénétrer dans les couvents et à quiconque d'entrer masqué dans une église ou le parloir d'un monastère. En temps de peste, le masque était prohibé mais, une fois l'épidémie terminée, la folie reprenait de plus belle. Elle allait durer jusqu'à la chute de la République, le gouvernement autrichien n'autorisant plus le masque que dans le cadre de soirées privées. De plus, les Vénitiens, fidèles à leur grandeur passée, répugnèrent à faire la fête sous le regard de l'occupant.


 

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Quand Venise fut rattachée au royaume d'Italie, le Carnaval resta lettre morte. La cité des doges n'était plus alors qu'une ville provinciale, meurtrie dans son orgueil. Hormis quelques soirée mémorables organisées dans des palais par des personnalités comme le comte Volpi ou Charles de Beistegui, Venise s'était endormie comme le ferait une femme derrière son moucharabieh. Il fallut attendre les années 1970 pour que le Carnaval, à l'instar du phénix, renaisse de ses cendres et, ce, sous l'impulsion de commerçants vénitiens et d'étudiants qui souhaitaient rendre un peu de féerie à leur cité.  Les tout premiers Carnavals tinrent davantage du happening  que de la fête longuement préparée et c'est peut-être cette improvisation et cette spontanéité qui eurent raison des réticences et en firent un succès. Maquillages et costumes firent leur ré-apparition, de même que les masques. Des soirées eurent lieu dans des appartements, des restaurants, dans les rues et le Carnaval de Venise put bientôt rivaliser avec celui de Rio. L'impact commercial et promotionnel d'une telle manifestation n'échappa à personne et nombreux furent ceux qui désirèrent s'investir davantage dans une manifestation devenue officielle, sans comparaison avec les premières flambées improvisées instituant bals, feux d'artifice et événements spectaculaires. D'autant que ces fêtes avaient le mérite de rendre vie à la cité au moment où l'humidité et le froid  n'incitent guère les touristes à venir y séjourner. Si bien que ce Carnaval est redevenu, depuis une vingtaine d'années, une véritable institution que de nombreux amateurs ne voudraient manquer pour rien au monde. Les Vénitiens s'investirent les premiers  dans cette résurrection qui procure à leur ville une manne inespérée. Spectacles et animations fleurissent un peu partout et une foule cosmopolite, qui joue le jeu avec enthousiasme, se donne rendez-vous sous le signe d'un travestissement éphémère qui la rend soudain tout autre. En une quinzaine d'années, le masque a rejoint la gondole parmi les objets qui symbolisent le mieux Venise. Vous en verrez exposés dans  les vitrines de la cité lacustre à quelque époque que vous vous y rendrez. Des artisans de talent confectionnent de très beaux modèles, soit inspirés de la tradition, soit de leur imagination. Et quelle cité autre que Venise pouvait mieux servir d'écrin à un cérémonial païen où chacun semble devenir le fantôme de lui-même ?

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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Venise et les îles de la lagune

 

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Marcel Proust à Venise

 

La République de Venise pourrait-elle encore servir d'exemple ?

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 09:51
La semaine des martyrs de Gilles Sebhan

Gilles Sebhan essaie de comprendre la révolution égyptienne en portant un autre regard que celui  jeté par les journalistes du monde entier qui ont couvert cet événement. Il regarde cette vague populaire en ébullition par la base, les émotions, la colère, les frustrations d’un peuple conditionné par des bonnes paroles religieuses dispensées en abondance pour le seul intérêt de ceux qui les profèrent.

 

 

La semaine des martyrs

    Gilles Sebhan (1967 - ….)

 

 

Je ne sais pas si Gilles Sebhan était sur la place Tahrir au Caire, le 28 janvier 2011, quand la police a tiré sur la foule faisant des centaines de victimes, mais on sait que le narrateur, à qui il a prêté sa plume pour rédiger ce roman, y était bien. On peut aussi  être convaincu que l’auteur connait cette ville où il est allé certainement plusieurs fois et qu’il a utilisé ses propres expériences pour mettre en scène ce narrateur venu en ville pour visiter un ami et découvrir avec lui des quartiers méconnus de cette mégapole tentaculaire, arrivant à point nommé pour être plongé dans la révolution égyptienne.

 

Le narrateur (Gilles ?) débarque au Caire pour rencontrer son ami photographe, Denis, sous la conduite d’un chauffeur de taxi, Mohamed, beau comme un éphèbe dont il tombe amoureux. Une idylle nait entre le chauffeur de taxi et le visiteur, une idylle qui sombrera quand les émeutes prendront une tournure plus violente et que la police recevra l’ordre de tirer sur la foule, faisant un véritable carnage. Mohamed n’est pas venu au rendez-vous, il n’a pas vu, comme Gilles ( ?), un beau jeune homme s’effondrer sur un pont foudroyé par la mitraille. Les deux amis repoussent leur projet, le narrateur rentre en France où quelques mois plus tard, il reçoit un appel de Denis lui proposant de revenir au Caire pour réaliser un ouvrage sur les martyrs de la révolution.

 

Espérant secrètement retrouver son amant chauffeur de taxi, il accepte la proposition : Denis fera les photos des martyrs, lui écrira les témoignages recueillis auprès des familles. Cette fois, c’est Mahmoud, l’ami de Denis, qui les guide à la recherche des familles des victimes qu’ils rencontrent dans des quartiers populaires de la ville qu’ils ne connaissaient pas encore. Ils rencontrent des familles dévastées, des familles honorées d’avoir été choisies par Dieu pour bénéficier de l’auréole du martyr et de la rente versée par le gouvernement ; des familles qui inventent peut-être leur martyr, des familles qui rentabilisent au maximum la médiatisation de leur malheur. Toute une population qui laisse les deux amis et leur guide un peu interloqués. L’ami français pense avoir compris l’honneur fait par Dieu aux familles des victimes. « Enfin je le comprenais à la très particulière façon dont ceux qui l’avaient connu en parlaient. Il avait été touché par le doigt de Dieu, pour eux, cela semblait d’une telle évidence. » Et, au bout de la quête des familles endeuillées, il finit par douter du véritable sens du mot martyr attribué à ses jeunes assassinés. «  Ces martyrs un peu accidentels, puisque la plupart n’avaient pas milité, seraient peut-être aussi des martyrs pour rien." »

 

Dans ce roman, un tant soit peu iconoclaste, Gilles Sebhan sort des sentiers battus par ceux qui ont voulu témoigner à chaud sur cet épisode sanglant de la révolution égyptienne. Il porte un regard différent, le regard d’un homme attiré par la beauté des jeunes autochtones, le regard d’un amoureux plongé dans une émeute à laquelle il ne comprend rien. « A vrai dire, je n’y comprenais pas grand-chose, même les slogans des calicots, je ne pouvais les déchiffrer. Pourtant les rapports entre individus, me semble-t-il,  ne m’échappaient pas. » Il voit cette révolution comme une manifestation romantique d’un peuple qui ne peut plus supporter son dictateur et qui le crie dans les rues. Il n’a pas compris les enjeux politiques, religieux et sociaux qui guident les belligérants. Il comprendra mieux quand une journaliste française leur expliquera les tenants et les aboutissants de cette révolution, il sera alors profondément écœuré, déçu qu’on ait tué sa révolte romantique et ses martyrs d’un autre temps. « Parfois les révélations qu’elle pouvait nous faire me révoltaient. Sous ses mots s’effondraient mon idée romantique de la révolution. Et nos martyrs devenaient un peu sans cause. »

 

Un autre regard sur cette révolution, un regard qui nous incite à considérer la difficulté des rapports entre les hommes empêtrés dans des questions de richesse et de pauvreté, de pouvoir, de corruption, de religion … évoquées souvent avec le seul but de nourrir les intérêts de ceux qui les soulèvent.  « Où est-elle cette révolution. Les morts je les vois bien. Mais les changements se font attendre. » Mais aussi, en creux, un plaidoyer pour une société où l’amour serait le guide suprême.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 09:40
Photos Yves Barguillet

Photos Yves Barguillet

 

Situé sur une colline qui domine le golfe de Tunis, Carthage a joué un rôle de premier plan dans l’antiquité et en conserve des vestiges qui n’ont cessé de nourrir l’imaginaire universel. Ne s’agit-il pas de l’un des centres les plus brillants de la civilisation africo-romaine ?

 

Carthage, au temps de la grandeur romaine, fut l’une des cinq capitales de l’Empire avec Rome, Constantinople, Antioche et Alexandrie.  Elle fut fondée par une princesse phénicienne, sœur de Pygmalion, du nom d’Elisa-Didon qui, pour échapper à la tyrannie de son frère, s’était enfuie à la tête d’une petite flotte et, après deux années d’errance, s’était installée sur la lagune de terre qui bordait le lac de Tunis, alors navigable. La légende veut qu’en ce lieu elle fonda la ville, mais, contrainte d’épouser un prince autochtone afin de gagner la bienveillance des habitants et établir l’alliance entre l’envahisseur et l’indigène, elle prétexta qu’il lui fallait d’abord rompre les liens d’un précédent hymen, fit élever un bûcher et s’y précipita, s’immolant plutôt que de lier son sort à un homme qui ne partageait pas ses croyances. Ainsi allait s’élever au fil des siècles une ville-Etat qui, à l’exemple de Didon, ne manquerait ni de panache, ni de fierté, ni de grandeur.

 

Carthage ferait trembler et pâlir d’envie les pays qui bordent la Méditerranée ; elle exercerait son pouvoir jusque sur l’Espagne, la Sardaigne, la Sicile, l’Italie, la Grèce, succomberait et renaîtrait cent fois sous les Phéniciens, les Romains, les Vandales, les Byzantins, les Arabo-musulmans, les Croisés, les Espagnols, les Turcs, les Français ; vieille d’un passé de trois mille ans et riche d’une épopée prestigieuse dont le crépuscule ne parvient pas à dissiper les dernières lueurs, elle reste presque, à l’égale de Rome, une ville éternelle.

 

A la Carthage punique d’Hannon, qui avait été reine des mers, avait succédé celle d’Hannibal, maîtresse du monde, puis celle d’Auguste, capitale de l’Africa pro-consulaire, enfin, après la Carthage de saint Augustin qui avait promu la cité de Dieu, elle était devenue vandale pendant un siècle, byzantine avec Bélisaire, avait été conquise par les Arabes qui lui préférèrent Tunis.

 

Pour le visiteur qui s’attarde sur les lieux de la Carthage ancienne, il est émouvant d’essayer de les imaginer dans leurs différentes configurations, dont le temps les a passagèrement revêtues. Le sol est encore marqué de ces strates qui relatent l’histoire des hommes, leurs combats, leurs victoires, leurs défaites, leurs audaces, leurs croyances, leurs errements. Ainsi la colline de Byrsa, mot phénicien qui signifie « lieu fortifié », était-elle couronnée à l’époque punique par les temples du dieu Echmoun, à l’époque romaine par un monument dédié à la triade Jupiter-Junon-Minerve, au temps d’Auguste par une mosaïque figurant des monstres sans tête ou sans membre, qui intriguait à ce point les badauds qu’ils se pressaient autour d’elle et que saint Augustin, saisi lui-même d’étonnement, en parle dans ses écrits. Ainsi se succédèrent les sanctuaires, tantôt religieux, tantôt païens, comme si le monde ne cessait d’osciller entre ces deux pôles, de s’user entre l'espérance et le désespoir, la foi et le doute, la grandeur et la misère, le durable et l’éphémère. Oui, les hommes ont écrit ici une page mémorable qui leur ressemble, pleine d’effusion et d’indifférence, de douleur et de volupté, d’agitation et d’apaisement.

 

Le port fut longtemps dominé par deux colonnes ioniques qui donnaient à la circonférence constituée par le bassin principal l’aspect d’un portique et voyait accoster les navires marchands, tandis que se croisaient dans les avenues bordées de villas, de temples et de palais, une population cosmopolite. Depuis l’esplanade, on discerne toujours au loin une chaîne de reliefs qui barre l’horizon au sud-est. C’est sur l’un de ces versants que la ville avait été édifiée à l’origine. L’agglomération s’étendit ensuite  jusqu’aux rives de la Béhéra, lac salé qui baigne la presqu’île de Carthage. Au-delà, une zone de jardins et de verdure et, sur la bande de terre lagunaire qui sépare le lac de la mer, le port de la Goulette. Après la chute de Carthage, ce site avait toujours conservé une importance stratégique. En 1535, il avait été annexé par Charles-Quint qui y avait établi de puissantes fortifications et en avait fait sa base maritime pour dominer l'ensemble de la Méditerranée.

 

hannibal.jpg     Hannibal

 

C'est également à Carthage en 203 qu'avaient été livrées aux fauves Perpétue et sa servante Félicité. On suppose que leurs corps furent inhumés dans la basilica majorum dont, hélas !, il ne reste que des vestiges épars. Au temps d'Hamilcar, père d'Hannibal, le lieu se nommait Mégara et était bâti à l'emplacement des citernes romaines alimentées par l'aqueduc qu'avait fait construire l'empereur Hadrien. Dans ce voisinage se trouvait la sépulture d'un autre martyr saint Cyprien, sur laquelle avait été élevée une imposante basilique à sept nefs, qui se terminait par une abside encadrée de deux sacristies. Parmi les bouquets de cyprès, il faut se représenter les monuments d'alors : les églises abondamment décorées, les cathédrales imposantes dont les voûtes reposaient sur des colonnes en marbre, les palais aux salles circulaires ouvrant sur des patios, les chapelles tréflées, les atriums en hémicycle entourés de portiques, les stèles votives, les nécropoles, les fontaines peuplées de statues, les thermes aux gigantesques chapiteaux corinthiens, enfin les citernes aux bas-reliefs frappés de têtes d'empereurs et de déesses.

 

Aujourd'hui, il ne reste que des ruines magnifiques qui se détachent sur le bleu du ciel, symphonie qui mêle la lumière, la mer, les reliefs que l'on devine dans la brume et la minéralité du passé sculptée par le vent et la pluie. Il y a là une ordonnance magistrale comme si le passé s'était juste  assoupi, tout prêt à renaître comme une fabuleuse légende inoubliée.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Carthage, ville éternelle
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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 09:29
Métamorphose d'un crabe de Sylvie Dazy

Ce livre est en totale phase avec l’actualité qui met souvent en cause les prisons, véritables usines à terroristes. Sylvie Dazy formule un avis sur cette question en regardant les choses de l’intérieur d’une grande prison. Un véritable choc !

 

 

  Métamorphose d’un crabe

Sylvie Dazy

 

 

Ni roman, ni témoignage, ce texte est l’histoire d’un gars qui incarne la vie d’un crabe, d’un maton, d’un gardien de prison, perdant progressivement la petite vie confortable de fonctionnaire qu’il s’est construite à l’ombre des murs de la Santé et l’idéal ethnographique qu’il pensait pouvoir concrétiser au contact des détenus.

 

Christo, né à Bapaume, à l’ombre du Centre de Détention, titulaire d’une « inutile licence d’anglais », décide de passer le concours de l’administration pénitentiaire car elle semble bien nourrir son homme et que les gardiens de prison de la ville paraissent plutôt heureux quand ils boivent un coup dans les bistrots du centre-ville. Admis au concours, il est affecté à la Santé où il trouve de nombreux « pays » qui l’adoptent vite mais il a du mal à se fondre dans la masse, il est plus intellectuel que les autres, il cherche à comprendre les détenus et leur milieu, il se voudrait l’ethnologue de la Centrale. Aussi, les autres s’éloignent-ils progressivement. Son supérieur lui propose alors de passer le concours de brigadier, qu’il réussit, et devient, en un temps record, un gradé respecté des gardiens comme des détenus.

 

Absorbé par le prestige dont il est investi à l’ombre des murs de la Santé, il délaisse son épouse, qui l’abandonne, le mettant en difficulté vis-à-vis de ses collègues et surtout des détenus pour qui la perte de la femme est une tare, car en milieu carcéral, « …la femme qui part ne prête pas à rire. C’est l’angoisse de tous les prisonniers : un autre homme est entré dans l’arène, profite de votre faiblesse, et puis plus de linge propre, de visites, de mandats. » Christo se replie de plus en plus sur lui-même avec son indic comme meilleur ami. Et en prison, « Les alliances ici obéissent à des règles simples : du plus fort au plus fort. »

 

Sylvie Dazy a travaillé elle aussi à la Santé comme éducatrice chargée de la réinsertion des prisonniers, elle connait bien l’étendue de la tâche et tous les pièges qu’elle comporte. Elle cherche à décrire, à travers la destinée de ce crabe, la micro société qui se crée à l’ombre des murs des prisons, notamment de celle de la Santé. A contre-courant des nombreux auteurs, qui dénoncent les difficiles conditions de détention, elle évoque la situation intenable du personnel qui travaille au sein de la prison, la ligne ténue qui sépare le détenu du gardien, la violence qui affecte aussi bien l’un que l’autre, les pressions, le chantage subis des deux côtés des barreaux, l’enfermement qui,  parfois, afflige davantage le crabe que le prisonniers. « Toute une grammaire des corps s’apprend à la va-vite, des postures sans dérogation possible font de nous, plus que l’uniforme ou le droguet, un surveillant ou un détenu. »

 

Outre les détenus et leurs gardiens, il y a beaucoup de monde en prison, beaucoup de gens et de choses circulent.  « On vit mal en prison, il y a trop de gens en prison, trop de gens non recensés. Tout le monde s’en fout. On vaque. » Et tout le monde est à la merci d’un dérapage. Ainsi, l’auteure dénonce-t-elle tous les dysfonctionnements du monde carcéral qui transforment des jeunes gens déterminés et idéalistes en maris taciturnes et indifférents... ça sonne tellement juste qu’on a l’impression que l’auteure aurait elle-même partagé un bout d’intimité avec l’un de ces jeunes gens victime de la métamorphose carcérale.

« La taule, c’est la mort des sens. »

 

 

Denis BILLAMBOZ

 

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 09:53
Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

Sombre année 2014 pour la randonneur et écrivain Sylvain Tesson qui perd sa mère en mai et tombe d'un mur à Chamonix en août, chute de huit mètres qui lui brise les côtes, les vertèbres et le crâne et dont il sort quelques mois plus tard avec une paralysie faciale, la colonne cloutée de vis et des douleurs intenses dans le dos. Les médecins lui recommandent de se "rééduquer". Pour le marcheur inlassable, qui a parcouru une partie de la planète, cela signifie ni plus, ni moins : ficher le camp et reprendre la route ou plutôt les chemins noirs dans une campagne de silence, de sorbiers et de chouettes effraies. Lui qui connaît Samarkand, les forêts de Sibérie, l'Himalaya, les steppes russes et a pu mesurer l'immensité du monde, ce voyage de rééducation physique et morale se fera en France pour la simple raison que sur son lit de douleur, il s'était promis : "Si je m'en sors, je traverse la France à pied par les routes buissonnières, les chemins cachés, bordés de haies" - là où il existe encore une France secrète, ombreuse et protégée du vacarme des grandes agglomérations. 

 

Son départ se fera au col de Tende vers le Mercantour, puis il traversera le Verdon, le Comtat-Venaissin, l'Aubrac, le Cantal, le Limousin, la Creuse, l'Indre, la Champagne mancelle, la Mayenne pour gagner le Cotentin et achever son périple dans les genêts et les cardères du cap de la Hague dans "une aube fouettée de mouettes". Voici donc un voyage, né d'une chute, qui a permis à Sylvain Tesson de solder ses comptes et d'oublier ses infortunes. Une France traversée pour y trouver remède et oubli et dont le circuit lui réapprend à goûter les odeurs, les aubes, le ruissellement des bois, les hautes prairies et lui enseigne qu'un jardin est en mesure de fonder un système de pensée et qu'un insecte est une clef digne de la plus noble joaillerie pour ouvrir les mystères du vivant.

 

Durant ce parcours, il dormira souvent au pied d'un arbre, dans une combe moussue à la belle étoile ou dans un petit hôtel de village peuplé de vendangeurs. "Ainsi d'une connaissance parcellaire accède-t-on à l'universel" - souligne l'écrivain-randonneur. "Je sommais les chemins noirs de me distiller encore un peu de leur ambroisie". Grâce à eux, le marcheur retrouve non seulement le souffle mais l'inspiration, "la substance des choses, la musique du silence, l'odeur du tanin, le charme de la vie rurale, la musique des objets, la promesse des soirées piquées de lampions". "Ce dont j'étais le témoin" - écrit-il - "dans l'odeur doucereuse des filets aurifères, c'était la cousinage entre les princes de la vie et les paysans de la terre, cette fraternité d'enluminure pas encore fracturée par la lutte sociale. Un rêve romantique en somme".

 

Sylvain Tesson n'a pas prié Dieu de l'aider - il est agnostique - mais il l'a demandé aux sentes qui se perdent afin de nous permettre de nous retrouver : "Il était difficile de faire de soi-même un monastère mais une fois soulevée la trappe de la crypte intérieure, le séjour était fort vivable." Il y a, certes, des milliers de manières de fuir le monde : "Port-Royal était la façon la plus noble ; le monastère cistercien, la plus aisée ; le cabinet d'étude, la plus modeste ; l'atelier d'artiste, la plus civilisée ; le refuge de montagne, la plus hédoniste ; la grotte d'ermite, la plus doloriste ; la bergerie dans les alpages, la plus romantique ; la cabane dans les bois, la plus juvénile ; le fortin colonial, la plus classe".

 

Selon l'écrivain, toute longue marche a ses airs de salut. On se met en route, on avance en cherchant des perspectives dans les ronces ou, mieux encore...en soi. "On trouve un abri pour la nuit, on se rembourse en rêves des tristesses du jour". On élit domicile dans la forêt, on s'endort bercé par les chevêches ou le bruissement des feuillées," on repart le matin électrisé par la folie des hautes herbes, on croise des chevaux. On rencontre des paysans muets"

 

Avec ce livre, Sylvain Tesson, marcheur philosophe, nous donne la meilleure médecine pour nombre de nos maux et nous met en garde contre le danger le plus inquiétant qui soit : la modernisation effrénée qui met en péril nos paysages et nos âmes.  
 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 09:16
Un ours qui danse de Vincent Jolit

J’ai aimé ce roman, même si je suis entré dedans plutôt timidement, j’ai aimé la passion que l’auteur insuffle à ses héros, l’empathie qu’il partage avec le lecteur, le message d’espoir inoxydable qu’il comporte.

 

 

                              Un ours qui danse

Vincent Jolit (1978 - ….)

 

 

Un roman, trois histoires, trois destinées, trois ruptures, trois vies que l’auteur raconte en parallèle, chapitre après chapitre, trois récits qui n’ont rien en commun si ce n’est la danse. Fiodor, enfant de la balle, est né au cirque Ciniselli de Saint-Pétersbourg à l’aube du XXe siècle, d’un père bourru dresseur de chevaux qui compte bien voir son fils lui succéder un jour. Malheureusement, le gamin ne pense qu’à la danse qu’il a découverte à travers le pathétique spectacle offert par un montreur d’ours et son plantigrade pataud. Il y a également Franz, jeune bavarois, fils d’une richissime famille d’industriels ayant soutenu le régime nazi pour préserver son immense fortune et qui cherche à fuir ce monde nauséeux et enfin Françoise, la boiteuse, rapatriée d’Algérie à Toulon avec sa famille, au début des années soixante, veuve depuis peu d’un mari falot et peu aimant.

Trois personnages qui ne se sont jamais rencontrés, qui sont nés à des époques différentes dans des pays différents et qui ont un rapport très personnel à la danse. Fiodor a découvert la passion, Franz veut fuir une famille qui lui fait honte et Françoise cherche à oublier son handicap. Et pourtant ces trois personnages ont un problème en commun, ils doivent vivre une rupture : Fiodor doit rompre avec le cirque et un avenir assuré pour suivre sa passion, Franz ne veut pas faire partie d’une famille marquée par la honte et l’infamie et Françoise doit changer de vie si elle veut s’assumer malgré sa claudication.

Dans un texte dense, d’une grande empathie, l’auteur emmène le lecteur dans l’introspection de la vie de ces trois individus. Il nous plonge au plus profond de leur cœur, de leur âme, de leurs sentiments, de leurs dégoûts, de leurs faiblesses, de leurs forces. Il connait très bien le monde de la danse, suffisamment pour en faire le moteur de ce qui peut être la renaissance de ces trois êtres en souffrance. Fiodor pourrait exploser dans son art,  « Pour lui la danse c’est la vie… Sur scène, lors des répétitions, il retrouve le plaisir, la spontanéité, l’ivresse, une nébuleuse de sensations derrière lesquelles il court depuis sa danse de l’ours. » Franz pourrait oublier le poids que sa famille a placé sur ses épaules.  « Il voudrait danser pour se comprendre, danser pour parler de soi et dire des choses sur soi. Des choses qu’il ne sait pas ? Il n’y a pas d’ailleurs, d’autres raisons. » Et Françoise serait en mesure d’ « essayer d’être heureuse comme je le suis (elle l’est) ce soir. Danser encore » pour envisager une douce retraite.

Et pourtant ce livre, qui est certainement une ode à la danse, un moyen de réalisation personnelle, une thérapie pour le corps et l’esprit, une raison de vivre, se révèle d’abord et surtout  une leçon de vie. Tout est possible à celui qui ira sans retenue au bout de sa passion, quelle qu’elle soit, dans le souci de réaliser ses rêves et de trouver sa voie. Et voilà comment, avec trois histoires très distinctes, l’auteur réussit à construire un véritable roman.


Denis BILLAMBOZ

 

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Un ours qui danse de Vincent Jolit
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