Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 10:32
BIENVENUE SUR INTERLIGNE

                             

                                                                                                                                                                                                                            

Derniers articles publiés :

 

 

LE SILENCE SELON EMILE  CIORAN

 

LA CONCESSION FRANCAISE de XIAO BAI

 

MA LETTRE AU PERE NOEL 2016

 

 

Bienvenue sur INTERLIGNE, un blog consacré à la littérature et aux voyages et comportant plusieurs rubriques que je vous décline ci-dessous et dont vous pouvez consulter les articles en cliquant sur leurs liens :

 

 


LISTE DES ARTICLES ME CONCERNANT  

Liste des articles de la rubrique LITTERATURE

Liste des articles de la rubrique ESPRIT des LIEUX

Liste des articles de la rubrique CULTURE

Liste des articles de la rubrique : DOSSIER MARCEL PROUST

 

Liste des articles de la rubrique : LES COUPS DE COEUR de DENIS
Liste des articles "LES QUESTIONS QUE L'ON SE POSE" 

 

Liste des articles "LES VOYAGES LITTERAIRES DE DENIS"


ALBUM PHOTOS - VOYAGES

MES VOYAGES EN IMAGES - SUITE



 

Demeurant à Trouville depuis une vingtaine d'années, j'aime la croisière maritime, la marche, la nature et encore et toujours écrire. Dans ce blog, je prends plaisir à vous entretenir de mes écrivains préférés, à vous conter mes voyages et à poser les questions qui invitent au dialogue. Car écrire pour soi-même n'a pas de sens. On écrit avant tout pour l'autre. Pour le rencontrer...ou le retrouver.

  

Bonne lecture, chers visiteurs, et n'oubliez pas de me faire part de vos commentaires, ils seront un enrichissement pour moi et une animation pour les lecteurs de passage.

 

Et, afin de faire plus ample connaissance, voici mon portrait brossé par quelques photos:          

 

 

BIENVENUE SUR INTERLIGNE
BIENVENUE SUR INTERLIGNE

Et mon parcours en écriture consigné par quelques livres :

Quelques-uns de mes ouvrages
Quelques-uns de mes ouvrages
Quelques-uns de mes ouvrages
Quelques-uns de mes ouvrages
Quelques-uns de mes ouvrages
Quelques-uns de mes ouvrages
Quelques-uns de mes ouvrages

Quelques-uns de mes ouvrages

Pour vous procurer la plupart de ces livres, cliquer   ICI  ou  LA

 

Toutefois, si vous préférez les images aux mots, vous pouvez vous rendre sur mon blog " LA PLUME ET L'IMAGE " consacré au 7e Art, en cliquant  LA

 


Et également sur   FACEBOOK     AGORAVOX   et   PLUME DE POETE

BIENVENUE SUR INTERLIGNE
Published by Armelle BARGUILLET - dans ACCUEIL
commenter cet article
9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 10:30
Le silence selon Emile Cioran

 

 

Emile Cioran, né en Roumanie en 1911, a quitté sa terre natale pour la France en 1939 après des études de philosophie à l'Université de Bucarest. Il obtient sa licence en 1932 après avoir complété une thèse sur Bergson. Son premier livre publié en France en 1949 sera le Précis de décomposition,  connaissance de soi et du monde par la voie du gouffre, à la manière d'un Michaux ou d'un Blanchot. Pour Cioran, la mission première d'un livre est de tout remettre en cause. Pour y parvenir, il privilégie l'aphorisme plutôt que les grands systèmes de pensée. Dans le monde où nous vivons " métro, boulot,dodo", la conscience se doit d'être provocante : à l'égal d'un Nietzsche et d'un Dostoïevski, sa conscience lui pèse comme une fatalité. Sa vie durant, Cioran sera écartelé entre la tentation de la foi et les rémanences du doute. Ecrire était pour lui une libération, même s'il déplorait que l'on écrivît trop et sans suffisamment de raisons. Car, à l'instar du russe Léon Chestov, il pensait qu'il faut situer le mal-être de l'homme au coeur de toute réflexion. Ce qui le préoccupait le plus était la quasi impossibilité de l'être... à être. C'est probablement ce qui nous rend son oeuvre si proche, si intime. Voilà un philosophe qui n'a pas craint de prendre en compte " les misères du moi " et de considérer comme urgents l'analyse et le traitement du désespoir.  "Le développement de la technique - disait-il lors d'un entretien avec Luis Jorge Jalfen - laisse croire que tout est possible et qu'à chaque fois de nouvelles choses sont possibles. C'est là que réside l'un des périls : la fabrication d'illusions, d'utopies de supériorité. Il s'agit de l'utopie des spécialistes, qui n'est rien de plus que la rêverie moderne de la domination du monde à partir d'éléments techniques". Le silence, la solitude lui furent toujours nécessaires. "La catastrophe, pour l'homme, vient du fait qu'il ne peut rester seul. Dans un lointain passé, les gens demeuraient beaucoup plus en contact avec eux-mêmes, pendant des jours et des mois, mais à présent ce n'est plus possible. C'est pour cela que l'on peut dire que la catastrophe s'est produite, ce qui veut dire que nous vivons catastrophiquement" - prophétisait il. Et il ajoutait : "La science est l'escamotage de la sagesse au nom de la connaissance du monde. Pourquoi cette frénésie de nouveauté ; de nouveauté dans le domaine de la pensée, de la poésie, en tout ? Toujours et encore la nouveauté. C'est ridicule. Je crois que l'idée la plus simple, la plus directe, mais la plus difficile, est celle de vivre avec ses propres contradictions".

 

 

Insomniaque comme Nietzsche, il sut transformer ses insomnies en un formidable moyen d'introspection.  Aussi écoutons-le se taire et nous instruire sur le silence, lui qui se reprochait d'avoir trop dit et trop écrit :

 

Trois heures de conversation, j'ai perdu trois heures de silence.
La douceur de vivre a disparu avec l'avènement du bruit. Le monde aurait dû finir il y a cinquante ans ; ou, beaucoup mieux, il y a cinquante siècles.
Silence presque total. Ah! Si tous ces gens persévéraient indéfiniment dans leur sommeil ! Ou si l'homme redevenait l'animal muet qu'il fut !
J'entends les cloches de Saint-Sulpice, je crois. Emotion soudaine. Irruption du passé dans une époque sinistre comme la nôtre. C'est tout de même un autre bruit que celui des voitures.
Rentrer en soi, y entendre ce silence aussi vieux que l'être, plus ancien même - le silence antérieur au temps.

 


On m'a raconté l'histoire d'une femme, sourde depuis trente ans, qui vient de recouvrer l'ouïe à la suite d'une opération et qui, atterée par le bruit, a demandé qu'on lui redonne sa surdité...
Veille de Pâques. Paris se vide. Ce silence si inhabituel comme en plein été. Que les gens avant l'ère industrielle devaient être heureux ! Main non. Ils ignoraient complètement leur bonheur, comme nous ignorons le nôtre. Il nous suffirait d'imaginer dans le détail l'an 2000 pour que nous ayons par contraste la sensation d'être encore au Paradis.

 


Si la plus grande satisfaction qu'on puisse atteindre dérive de l'entretien avec soi dans la solitude, la forme suprême de " réalisation " est la vie érémétique.

 


Si seulement on avait le courage de ne pas avoir d'opinions sur quoi que ce soit ! ou alors en émettre une devrait constituer un acte aussi important que prier. Se mettre en état d'oraison pour oser avoir une opinion !  C'est à cette seule condition que " la parole " pourrait acquérir quelque dignité ou reconquérir son ancien statut, si tant est qu'elle en eût un jamais dont elle pût être fière.
Pourquoi tout silence est-il sacré ? Parce que la parole est, sauf dans des moments exceptionnels, une profanation.

 


La seule chose qui élève l'homme au-dessus de l'animal est la parole ; et c'est elle aussi qui le met souvent au-dessous.

 


Je crois la parole récente, je me figure mal un dialogue qui remonte au-delà de dix mille ans. Je me figure encore plus mal qu'il puisse y en avoir un, je ne dis pas dans dix mille ans, dans mille ans seulement.
Je crois aux vertus du silence, je ne m'attribue quelque réalité que lorsque je me tais, et je parle, je parle, et nous parlons tous. Le vrai contact entre deux êtres, et entre les êtres en général, ne s'établit que par la présence muette, par non-communication apparente, comme l'est toute communion véritable, par l'échange mystérieux et sans parole qui ressemble à la prière intérieure.

 


J'ai combattu toutes mes passions et j'ai essayé de rester encore écrivain. Mais c'est là une chose quasi impossible, un écrivain n'étant tel que dans la mesure où il sauvegarde et cultive ses passions, où il les excite même et les exagère. On écrit avec ses impuretés, ses conflits non résolus, ses défauts, ses ressentiments, ses restes...adamiques. On n'est écrivain que parce que l'on n'a pas vaincu le vieil homme, que dis-je ? l'écrivain, c'est le triomphe du vieil homme, des vieilles tares de l'humanité ; c'est l'homme avant la Rédemption. (...) C'est l'humanité tarée dans son essence qui constitue la matière de toute son oeuvre. On ne crée qu'à partir de la Chute.

 


Tout ce que l'homme fait, il ne le fait que parce qu'il a cessé d'être ange.
Tout acte en tant qu'acte n'est possible que parce que nous avons rompu avec le Paradis.
Tout créateur s'insurge contre la tentation de l'angélisme.
Par tempérament je suis bavard, et tout ce que je puis avoir de bon, je le dois au silence.
Il est 1 heure du matin. Ce silence extraordinaire justifierait à lui seul l'adhésion à une forme quelconque d'espoir.

 


Le saint a raison de dire que le silence nous rapproche de Dieu. C'est quand tout se tait en nous que nous sommes à même de Le percevoir. Lui, c'est-à-dire quelqu'un ou quelque chose qui ne résiste pas à l'analyse mais qui remplit néanmoins notre silence.

 


Le silence va plus loins que la prière, puisqu'il n'est jamais plus profond que dans l'impossibilité de prier.
Tout silence dont on est conscient, qu'on cultive ou qu'on espère se ramène à une possibilité d'expérience mystique.

 

                                                                       CAHIERS 1957 - 1972

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique LITTERATURE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

Liste des articles de la rubrique LITTERATURE  
 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

  

Le silence selon Emile Cioran
Le silence selon Emile Cioran
Published by Armelle BARGUILLET - dans LITTERATURE
commenter cet article
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 08:29
La concession française de Xiao Bai

 

Dans ce vaste roman, Xiao Bai propose une histoire à la croisée du polar, du roman d’espionnage, du roman historique et encore d’autres genres littéraires, qui fait revivre la ville de Shanghai et les concessions qui y étaient implantées de la fin des années vingt à la fin des années trente.

 

La concession française

Xiao Bai (1968 - ….)

 

Shanghai porte de l’Occident entrouverte sur l’immense Empire du milieu, Shanghai lieu de confrontation entre les cultures orientales et occidentales, Shanghai lieu de rencontre de toutes les puissances officielles et occultes, Shanghai objet de fasciation pour de nombreux écrivains : Malraux, « La condition humaine », Xiao Li « Shanghai Triad », Weihui, « Shanghai baby . Ainsi, après beaucoup d’autres, Xiao Bai met en scène cette ville cosmopolite avec ses « concessions » et son « settlement », ses sociétés secrètes, ses espions, ses forces révolutionnaires, ses aventuriers spéculateurs, ses polices locales ou étrangères. Et, comme tous ceux qui l’ont précédé, Xiao Bai propose une histoire à la croisée du polar, du roman d’espionnage, du roman historique et encore d’autres genres littéraires.

 

Mai 1931, dans la concession française, un officier de l’armée du Kuomintang est abattu à sa descente d’un bateau par un membre de la Société des Forces Unies qui représente, dans cette ville, les communistes subversifs qui veulent déstabiliser les concessions pour affaiblir la Chine et y exporter leur révolution. Ce meurtre agite les multiples forces qui règnent sur les concessions ou qui voudraient s’y implanter : les Français et les Anglais qui y sont déjà bien installés, les Allemands qui cherchent un point d’ancrage en Orient, la « Bande Noire », une société secrète qui aide les Français à faire régner l’ordre dans leur concession, d’autres organisations occultes, les agents communistes infiltrés, les représentants du pouvoir officiel, celui de Nankin à cette époque, et une série de trafiquants et d’aventuriers qui profitent des divers conflits plus ou moins latents opposant les Chinois entre eux ou aux Japonais pour trafiquer toutes sortes de marchandises, principalement des armes.

 

Dans un tel contexte, tout le monde espionne tout le monde, les informations secrètes circulent un peu partout colportées par des informateurs à la botte du plus offrant, mangeant parfois à plusieurs râteliers. Un grand remue-ménage agite la concession française et le settlement anglais, les diverses polices, les diverses sociétés secrètes, tandis que les partis politiques s’opposent au gré des intérêts qu’ils représentent mais, également, au gré des liens personnels qui unissent certains des protagonistes. Un terrain de jeux idéal pour un auteur de roman policier qui peut y construire les intrigues les plus folles et les plus complexes, si tordues qu’il n’est pas possible de les résumer en quelques lignes. Mais, Xiao ne s’est pas laissé griser par toutes les possibilités qui s’offraient à lui, il s’est extrêmement bien documenté, il connait parfaitement l’histoire de cette époque, le fonctionnement, les coulisses, les concessions multiples et toutes les carambouilles qui se nouent autour. On croirait qu’il a vécu à Shanghai dans les années trente, échappé du célèbre roman de Malraux  « La condition humaine ».

 

Ce texte est bâti autour de quelques événements avérés, il est nourri d’informations réelles issues d’une véritable documentation écrite : archives, coupures de journaux et il doit beaucoup à l’imagination de l’auteur qui a su dans ce roman fleuve reconstituer ce qui était probablement la vie à Shanghai après l’échec du soulèvement de 1927 et avant l’invasion japonaise de 1937. Un monde grouillant, agité, effervescent, où toutes les forces en présence défendent leurs intérêts ou en cherchent de nouveaux. Un portrait réaliste de la ville à cette époque d’expansion, de croissance et d’agitation, d’ouverture de plus en plus large au monde occidental, de nouveaux conflits se profilant à l’horizon. Un récit lent, comme un roman chinois, qui campe le décor avec précision, dessine des personnages au profil très affiné, où l’intrigue sert surtout à faire revivre la ville comme elle était au début des années trente, à l’inverse des polars habituels où la ville sert plutôt de cadre à l’intrigue. J’ai eu l’impression que le héros principal de ce polar était Shanghai et non l’intrigue qui est complexe, tortueuse et semble plutôt écrite pour faire revivre la mégapole. Cette intrigue n’a pas réellement de début ni de fin, c’est un moment, certes remuant de la vie de la cité, un moment décrit avec soin par l’auteur qui met un point d’honneur à créer ou évoquer des personnages qui ont eu un réel rôle historique ou social afin que son tableau gagne une véritable crédibilité historique.

 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Xiao Bai

Xiao Bai

Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article
3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 09:34
Ma lettre au Père Noël 2016

Cher Père Noël,

 

Il m'arrive de me demander si, par hasard, tu n'aurais pas pris ta retraite sans prévenir personne et  si, lassé de voir la planète se déchirer en permanence, tu ne te serais pas enfui vers des cieux plus cléments ? Néanmoins, je tente encore de t'écrire cette lettre que je confie à la bonne grâce de quelque pigeon voyageur, de quelque oie sauvage, de quelque oiseau migrateur qui connaissent mieux que moi les voies rapides du firmament. Vois-tu, j'avais une idée à te proposer cette année car tu sais bien qu'il n'est pas question que je charge davantage ta lourde hotte en te réclamant des cadeaux pour mes petits-enfants. Ma suggestion est simple, celle que tu refuses de gâter qui que ce soit, même le plus adorable, le plus tendre, le plus sage des enfants, tant que des bombes iront en tuer des milliers dans certains pays. Oui, pas de gâteries pour les uns alors que les autres voient tomber du ciel une mort cruelle !

 

Sans doute mon idée rejoint-elle la tienne et hoches-tu du chef en te disant intérieurement que prendre ta retraite signifierait que tu éteins la dernière étincelle de merveilleux qui subsiste dans l'univers ? Mieux vaut que tu te contentes de faire grève aussi longtemps que le bruit des armes retentira, semant la mort alentour. Trêve de Noël ou mieux que cela : sainte colère face à l'inadmissible cruauté qui inspire aux hommes des actes barbares. 

 

Ta hotte restera probablement vide en ce mois de décembre 2016. Je te suppose blême de rage et invitant tes rennes à un repos partagé jusqu'à nouvel ordre, confiant  aux parents le soin d'assumer eux-mêmes le Noël de leurs petits. "Où sont mes frères, mes amis, mes semblables" - te désoles-tu - "dans ce monde fracturé de toutes parts ?" Je ne doute pas qu'une larme de mélancolie glisse au long de ta joue. Cher Père Noël, je t'embrasse en souhaitant que le monde devienne meilleur et que tu nous reviennes l'an prochain avec la "petite espérance" blottie sur ton épaule.

 

Armelle

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CULTURE, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Ma lettre au Père Noël 2016
Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
commenter cet article
28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 08:47
Sympa de Alain Schifres

Je ne serai peut-être pas très objectif en commentant ce livre car je partage l’agacement et la plupart des remarques que l’auteur a explicitées dans plus de trente textes courts, au sujet de l’évolution de notre langage, de notre mode de penser et de réflexion et de notre comportement.  Je le suis sans aucune réserve quand il déclare que « Les mots n’ont plus de sens dans ce pays », on en use sans aucune connaissance de leur sens réel, on leur fait dire n’importe quoi, ils deviennent interchangeables au gré des locuteurs, de leur jargon et de leur culture. Plus les médias sont nombreux, plus l’information est standardisée, formatée, plus la pensée est unique. Il suffit de voir comment une vidéo d’une incommensurable banalité peut-être vue des millions de fois en seul jour. Désormais, la formule fait office de discours, l’adjectif (ou l’anglicisme nébuleux) à la mode qualifie tout et n’importe quoi, tout ce qui est in devient cool, tout ce qui est chômage est à résorber, il suffit de répéter sans cesse les mêmes mots pour convaincre les foules mais, il y a un problème, ces formules et ces mots ne sont pas souvent compris de la même façon, ce qui fait que chacun a capté ce qu’il veut bien comprendre. Et, ainsi, on construit des clichés, des lieux communs, des idées toute faites qui sont absolument sans fondement. On n’hésitera pas à vous persuader que le vin n’est pas de l’alcool, qu’une flûte est une coupe de champagne, etc.…

 

Ce langage minimum fondé sur un vocabulaire approximatif contribue fortement à construire des belles idées destinées à satisfaire nos égos, à taire nos éventuelles culpabilités, et à calmer nos angoisses. Elles peuvent aussi,  a contrario, alimenter de sordides rumeurs ou répandre de fausses vérités, tout justes bonnes à jeter le doute et même parfois l’angoisse dans l’esprit des populations bien crédules. L’information en continu demande matière, matière qui se niche dans les fameux marronniers qui fleurissent en toute saison : la rentrée scolaire, la Toussaint, le 11 novembre et toutes les fêtes, tous les événements qui chaque année jalonnent notre calendrier. L’événement peut-être aussi soudain, brutal,  violent… et il faut tout savoir très vite, avant les autres, même si on ne sait absolument rien il faut dire quelque chose, le faire dire à des experts ou à des témoins qui n’ont rien vu. Les chaînes de télévision d’information en continu ont inventé l’information sans information, la question contenant la réponse, l’événement inexistant, l’art de faire du vent dans le vide.

 

Et ainsi, par le bouche-à-oreilles, la télé rabâcheuse, les fameux réseaux sociaux, le mythique Internet, … se transmettent de nouvelles vérités, très virtuelles, qui constituent un socle de croyances aussi irréfutables que le dogme de n’importe quelle religion. Rien ne sera plus comme avant où seuls le journal et la radio détenaient le pouvoir de fabriquer la vérité. Nous aurons beau en appeler au bon sens, aux Français, aux Françaises, aux grand’mères, aux quadras, aux mousquetaires ou Mousquetaires, aux voisins, aux bêtes politiques, aux ténors du barreau, ce sont là des clichés qui viennent combler aisément la déficience langagière de ceux qui ont pour mission de transmettre l’information, premier vecteur du savoir populaire. Même les séries télévisées sont atteintes par les stéréotypes, les mêmes formules reviennent régulièrement sur les mêmes images habitées par les mêmes personnages.

 

"Sympa", ce livre l’est comme tout ce qu’on ne sait pas qualifier justement ou tout ce que l’on ne veut pas évoquer avec les mots que l’on pense réellement. Voilà ! Un livre sympa ! Et tout est dit, il suffit de lire le catalogue dressé avec malice par Alain Schifres pour s’en convaincre.

 

Denis BILLAMBOZ

 

 

Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer   ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Sympa de Alain Schifres
Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article
25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 09:41
Plus rien ne sera jamais pareil

Plus rien ne sera jamais pareil.
Quelque chose d’indéfinissable a  tremblé
Et nous avons vu une lumière
Lentement naître des ténèbres.
Nos cœurs s’émerveillaient de son approche
Et que de ce tremblement, de cette onde,
Soudain naisse l’élan qui nous relèverait.
La nuit n’avait cheminé qu’un moment avec nous
Et nous en gardions une cécité passagère.
Après nous voyions comme nous n’avions jamais vu,
Les fluorescences de la lune redessiner l’ombre
Sur les fresques du ciel.
Tu caresses mes cheveux,
Je pose délicatement ma main sur la tienne,
nul geste ne peut être plus tendre, plus achevé.
Tu me dis  «écoute », car le monde nous reste  proche,
Je te murmure  « regarde »,
Car l’éternité nous adresse un salut royal.
Un dernier mouvement de foule trace un bref horizon.
Je perçois le choc sourd du jour
Qui heurte la pierre aimantée du temps.
Demain, tu inventeras un langage, tu me baiseras au front
Afin que je porte loin et haut notre amour.
Tes mots dureront. Ils formeront une enceinte,
Ils se doivent de me garder.
Peut-être  dispenseront-ils  leurs bienfaits
Jusque dans les profondeurs des eaux ?
La résurrection des mondes en dépend.
Souviens-toi, il faut être habité d’une  présence infinie …
Pour se taire ensemble.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE  ( publié dans les Cahiers Froissart  N° 47 –Quatrième  trimestre 1988 )

 

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ARTICLES ME CONCERNANT, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Plus rien ne sera jamais pareil
Published by Armelle BARGUILLET - dans ARTICLES ME CONCERNANT
commenter cet article
23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 09:17
Concert/Lecture du 19 novembre 2016 au Grand-Hôtel de Cabourg avec Laura Rabia, soprano.

Concert/Lecture du 19 novembre 2016 au Grand-Hôtel de Cabourg avec Laura Rabia, soprano.

Nous y pensions depuis longtemps Laura  Rabia et moi. Unir les mots de Proust aux mélodies de ses compositeurs préférés, ceux qui ont donné à la musique française ses lettres de noblesse. Leurs noms : Gabriel Fauré, César Franck, Camille Saint-Saens,  Reynaldo Hahn. Proust les a connus, écoutés et aimés. La musique lui apparaissait comme l’art suprême, celui qui  transcende la réalité et unit les âmes. Alors pourquoi ne pas imaginer un Concert/Lecture où l’écrivain prendrait la parole pour faire apprécier davantage encore les notes de ses contemporains et offrir ainsi au public un duo où musique et littérature se fondent dans un seul univers : celui de la beauté. D’autant plus que nous avions la possibilité de le donner à entendre dans un lieu unique que l’écrivain a habité, où il a pensé, contemplé, composé une partie de sa Recherche, cet aquarium qui ouvre sur la mer, le ciel et la digue cabourgeaise, digue où, par un beau matin d’été, il avait vu apparaître les jeunes filles en fleurs et toute la poésie du monde.

 

Sa mère jouant du piano, Marcel Proust eut toujours pour la musique un intérêt très vif qui se confirmera lorsqu’il fera la connaissance de Reynaldo Hahn, chez Madeleine Lemaire, en juin  1894. Auteur d’une œuvre importante et variée, Hahn initiera véritablement Proust et le fera entrer de plein pied dans l’univers musical en exerçant son oreille à une écoute plus aiguë et plus attentive, si bien qu’ils vont ensemble entretenir une relation affective et esthétique qui ne les empêchera nullement de diverger sur certaines questions d’appréciation.

 

Pour Marcel Proust, l’interprétation sera toujours essentielle et l’écrivain notera soigneusement les caractéristiques particulières d’un chanteur ou d’un virtuose dont l’intériorité est, selon lui, capitale pour parvenir à capter sa sensibilité. C’est ainsi qu’il construit son propre univers romanesque de la musique avec le personnage emblématique de Vinteuil. Il est vrai que Marcel bénéficiait d’un répertoire éclectique dans le domaine musical, se rendant souvent aux concerts ou dans les salons où se produisaient fréquemment les musiciens d’alors, ou quand il les priait de venir lui donner la sérénade chez lui Boulevard Haussmann. On sait aussi son admiration pour Richard Wagner, son intérêt pour les Ballets Russes, également pour les œuvres savantes, profanes ou religieuses, et même pour la musique populaire. « Evoquant tour à tour la déclamation de Pelléas, la mélodie grégorienne, les cris de Paris, les intonations de Sarah Bernhardt, de Mounet-Sully et de la diseuse Yvette Guilbert, l’auteur de La Recherche développe une esthétique de la vocalité, jouant subitement sur le rapport entre le son et le sens, brouillant les frontières entre le chant de la parole et la parole chantée »  - souligne très adroitement Anne Penesco.

 

Reste cette petite phrase de Vinteuil qui hante et parcourt La Recherche et demeure l’un des grands mystères de son œuvre. Elle ne cesse de se dérober à notre curiosité, de nous inciter à la reconnaître chez Camille Saint-Saëns, César Franck ou Gabriel Fauré, trois compositeurs d’horizons différents mais proches de la sensibilité musicale de Marcel. En définitive, cette sonate de Vinteuil reste l’œuvre énigmatique du romancier. Elle transcende l’amour que Swann porte à Odette, avant de figurer comme le leitmotiv habituel de l’amour du narrateur pour Albertine. La musique devient en quelque sorte une médiatrice qui  éveille, transfigure, magnifie ce sentiment et l’amplifie à volonté, transmuant alors son phrasé en une sorte d’acoustique privilégiée du cœur désirant. Ainsi Marcel Proust rend-t-il la musique incroyablement soluble dans les mots. Ce pouvoir unique, dont elle dispose, n’est-il pas avant tout celui d’être un processus singulier de remémoration ? Nous pouvons à ce sujet nous interroger. Ne serait-ce pas le Temps Retrouvé grâce à la magie de la muse instrumentale ou de la voix humaine dans son souverain accomplissement ?

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique "DOSSIER MARCEL PROUST", cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Photos de Thierry Georges Leprévost
Photos de Thierry Georges Leprévost

Photos de Thierry Georges Leprévost

Proust et la musique : Concert/Lecture à Cabourg
Published by Armelle BARGUILLET - dans DOSSIER MARCEL PROUST
commenter cet article
21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 09:28
Allons z'enfants d'Yves Gibeau

Cet ouvrage, édité en 1952, raconte l’histoire d’un gamin dont le père voulait absolument faire, contre sa volonté, un militaire de carrière comme lui. Un drame tragique. Un témoignage intéressant dont chacun tirera les conséquences qui lui conviennent.

 

 

                                      Allons z’enfants

                              Yves Gibeau (1916 – 1994)

 

 

Quel désespoir, quelle barbarie, quelle haine, dans ce livre publié en 1952 et que le Dilettante réédite en ce début d’année. Yves Gibeau y raconte l’histoire d’un gamin qui a eu la malchance de naître dans le foyer d’un ancien adjudant, vétéran de la Grande Guerre, qui veut absolument que son fils devienne militaire de carrière, comme lui, tout aussi aveuglément dévoué à la Patrie et à ses supérieurs mais avec un grade un peu plus élevé que le sien. Il le confie donc à l’école des enfants de troupe des Andelys où le gamin, peu attiré par le métier des armes, subit toutes les brimades que, ceux qui ont fait leur service militaire connaissent bien, même si elles se sont notoirement atténuées avec le temps. Le gamin ne veut pas de cette vie, il fait donc tout ce qu’il peut pour contrarier sa famille  et sa hiérarchie et pour les convaincre qu’il n’est pas fait pour ça. Mais l’armée «  en a maté des plus têtus » et le père se targue de mettre son fils dans le droit chemin, celui qui mène le plus souvent au monument où l’on inscrit le nom de ceux qui sont morts pour la patrie.

 

Le gamin s’accommode plus ou moins de la vie dans cette école mais il ne supporte plus sa famille dont il a honte, sa mère goinfre et geignarde et son père plus obtus qu’il ne l’a jamais été et qui ne voit en son fils que les supérieurs qui l’ont fait trimer et qu’il a pourtant admirés. Il désire qu’il devienne officier, bien que ses armes préférées soient les livres. Même le bistroquet du coin se rend compte que le père fait fausse route, « Tu n’es pas son père, Chalumot. Pour lui, t’es un adjudant, rien qu’un adjudant ! » Et le calvaire se poursuit à Tulle, à Saumur, enfin à Toul dans un régiment de train et, à chaque fois la bêtise, la méchanceté, et la brutalité des cadres sont tout aussi virulentes, si bien que la haine du gamin, devenu un jeune homme, ne fait que croître et s’amplifier, tandis que le rejet du père s’avère de plus en plus radical et définitif. « Il répète constamment qu’il te renie, que tu n’es pas de lui, que tu fais sa risée dans tout le quartier et qu’il voudrait être débarrassé de toi pour toujours ». Ce dernier, qui n’a, en définitive, qu’un manque d’intérêt pour l’armée, devient alors un véritable militant antimilitariste qui affiche ses convictions sans craindre les risques qu’il encourt. Et les ennuis ne feront que s’additionner sur ses pauvres épaules sans qu’il ne cède jamais.

 

Dans ce gros pavé, qu’on pourrait juger trop long, si on ne prenait pas un réel plaisir à lire cette belle écriture classique, a disparu de nos lectures actuelles. La raison en est sans doute son profond antimilitarisme que l’auteur a largement revendiqué et proféré avec Boris Vian notamment, mais aussi l’expression de son combat pour la liberté de choisir sa vie et de la conduire selon ses aspirations et ses goûts. Michel Dalloni l’expose clairement dans sa préface : « Dans les lignes serrées de ce gros bouquin, déchiffrées lentement pour mieux comprendre, se trouvait une vérité si simple qu’il m’a fallu du temps, beaucoup de temps, pour l’éprouver : la liberté est un combat contre la connerie dont le prix est celui de la vie ». Plus largement encore, c’est un véritable plaidoyer politique et philosophique pour l’émergence d’une société sans guerre et sans violence. Un vœu peut-être idéaliste mais l’auteur y croit fermement, laissons-lui le mérite d’avoir exposé le problème afin que chacun puisse apporter la réponse qu’il jugera la plus adaptée à la vie de l’humanité.

 

Il y a aussi une pointe de misanthropie dans cet ouvrage, l’enfant de troupe ne rencontre pratiquement que des gens qui lui sont hostiles, qui ne partagent pas ses vues, seules quelques personnes le comprennent : une bonne sœur, un professeur de français, une script-girl (je ne sais pas le dire en français), ça fait bien peu dans ce long roman. Gibeau ne semble pas beaucoup aimer ses contemporains qui s’ébaubissent devant les uniformes rutilants et raffolent de la musique qui marche au pas, il dénonce la bêtise primaire, l’ignorance populaire, l’obscurantisme religieux, la manipulation des innocents, l’endoctrinement des faibles, le manque d’ouverture d’esprit et d’esprit critique. La souffrance, qu’il a éprouvée lui-même en suivant un parcours presque identique à ce gamin, transpire tout au long du texte et on sent qu’il a quelques comptes, lui aussi, à régler avec la Grande Muette et avec sa famille. Son antimilitarisme semble hésiter entre celui du professeur de lettres plus attaché à défendre la liberté de l’enfant : « Je ne cherche pas à faire le procès de l’armée. C’est une institution à l’égal de bien d’autres, nécessaire, obligatoire. Je l’accepte. Mais je n’accepte point qu’on ait le courage, ou l’impudence, de détruire chez un enfant toute vocation, toute aptitude, tout désir toute velléité d’ambition contraire aux visées de parents sans discernement, à l’intelligence souvent modeste, ou que guident de mesquins et d’hypocrites calculs ». Et la stupidité la plus cruelle du Général sacrifiant ses enfants pour la patrie et pour sa gloire personnelle. « Il se distingua tout de suite en exigeant de trois de ses fils un engagement volontaire dans son régiment d’infanterie, « pour la durée des hostilités ». Il les fit tuer joliment, en quinze jours, mais décorer aussitôt de la Légion d’honneur, et, peu de temps après, le galon du colonel récompensait ce violent zèle patriotique. »

 

Plus la lecture avance, plus l’antimilitarisme de l’auteur est virulent et sa démonstration éloquente. Ce roman restera donc comme un grand réquisitoire militant contre les va-t-en-guerre et chacun y trouvera de quoi étayer ses opinions personnelles pour ou contre l’armée. Moi, j’ai lu ce livre avec un certain malaise. Un fond de vieux romantisme remontant au XIXe siècle donne un côté tragique à l’histoire qui l’était déjà beaucoup en elle-même, et rend la lecture assez pesante. Par contre, je me suis senti très à l’aise dans le langage employé par l’auteur, une dose de jargon de bidasses, je l’ai été, une ration du français très approximatif employé dans les couches les moins instruites de la population française, le tout noyé dans une belle langue française très académique. A défaut d’y chercher des enseignements, il faut lire ce livre au moins pour son écriture et son atmosphère.

 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Allons z'enfants d'Yves Gibeau
Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article
16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 09:43

793241.jpg

 

 

Pour moi  l’hiver commence fin novembre. La raison en est que les couleurs, les lumières ont cessé de se nuancer. Après avoir vibrées, elles se figent. Désormais, nous ne sommes plus dans l’éclat mais la matité. Regardez comment les paysages se définissent d’un trait plus sombre, plus net, comment les ciels se dépouillent, tantôt nus et sans relief, tantôt voilés d'obscurité et si proches de la terre qu’ils semblent s’y attarder. Finis les orages et leurs violences, les ciels parés comme des femmes ; tout s’est soudainement dépouillé ou altéré entre les filets puissants des brouillards qui posent leur mystère alentour. On avance dans un monde qui a changé de nature, s’est approprié le silence, se décline dans les tons neutres et cependant d’une infinie acuité au point que, contemplant le littoral, j’aperçois, non plus mêlé et comme enlacé mais soudain pétrifié, le double relief de la mer et du ciel.

 

 

20110511205044-7de43a71-cu_s9999x200.jpg

 

 

Il fait bon rentrer chez soi, retrouver l’âtre et le feu, prévoir le long hiver qui enveloppera chaque chose dans sa parure de neige. Les jours se sont engrisaillés, ils tournent court dès 17 heures alors qu’un soleil blanc s’empresse à nous quitter. On a repris le goût des soirées autour d’un pot au feu et d’une soupe épaisse, des parties de cartes après dîner et des fêtes qui vont se succéder et seront essentiellement familiales dans l’attente de Noël. Déjà les villes s’activent à s’enjoliver dans un halo de lumière artificielle afin de compenser celui qui a choisi de regagner sa pénombre hivernale. Mais ne soyons pas tristes, il y a là une occasion providentielle à entrer en soi, à regarder ce qui nous entoure d’un œil confiant, à surprendre les couleurs gagnées d’une subite retenue ; oui, c’est cela, la nature  nous invite à la méditation, nous incite au recueillement. Il règne autour de nous une concentration salutaire. L'hiver proche, c'est la saison de la contemplation intérieure.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique  CULTURE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

Liste des articles de la rubrique CULTURE

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

 2c0686043ebd11bbaf36301f850b7109_large.jpeg

 

 

 

Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
commenter cet article
14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 09:10
Les lièvres de jade d'Eric Allard et Denys-Louis Colaux

Allard et Colaux semblent avoir en commun certains gènes littéraires, aucune analyse ne pourra le confirmer mais leurs écrits le laissent indubitablement penser. Ils ont donc décidé d’écrire un recueil à quatre mains, Colaux présente le projet dans sa note liminaire : « Allard, lui ai-je écrit, je vous propose une aventure de coécriture. Plaçons, pour épicer l’affaire, ce projet sous quelques consignes. Il sera question de la Lune, nous écrirons chacun quinze épisodes d’une dizaine de lignes, et dans le récit, nous nous croiserons. Rien d’autre ». Le cadre était dressé, il ne restait qu’à écrire et nos deux lièvres sont partis, pour  une fois, à point, ils ont fait gambader leur plume respective chacun sur sa plage/pré pour finir par se rencontrer comme ils l’avaient prévu. Et comme le résultat était probant, ils ont décidé d’écrire une seconde série de quinze textes.

 

La Lune est leur totem, ils l’avaient inscrit dans les contraintes imposées à leurs récits, ils la vénèrent avec les mots, les phrases, les aphorismes, les  images, les clins d’œil, les allusions, …., avec toutes les armes pacifiques du poète. Ils l’adulent car la Lune est mère de toutes les femmes qui nourrissent leurs phantasmes, « Les femmes sont enfants de la Lune », la femme est la muse du poète, les femmes sont nourriture du poème. Colaux la chante, dans sa première série de textes, comme un chevalier médiéval, comme Rutebeuf, comme Villon, comme … d’autres encore qui ont fait que l’amour soit courtois et le reste. Allard m’a fait très vite penser à Kawabata et plus particulièrement à Kawabata quand il écrit « Les belles endormies », je ne fus donc pas surpris qu’il cite le maître japonais au détour d’un de ses textes et qu’il intitule un autre précisément « Les belles endormies ». Pas surpris mais tout de même étonné que nous ayons en la circonstance les mêmes références, peut-être avons-nous, nous aussi, quelques gènes littéraires en commun ?

 

Il y a une réelle proximité ente ces deux poètes, leur mode de pensée respectif semble très proche et ils expriment le fruit de leurs pensées dans un langage et un style qui pourraient leur être commun. Dans la seconde quinzaine de textes qu’il propose, Colaux m’a rappelé les textes d’Allard dans  « Les corbeaux brûlés » que j’ai commentés il y a bientôt dix ans, on croirait ses textes immédiatement issus de ce recueil, les femmes, qu’il dessine, ressemblent étonnamment à celles qu’Eric fait glisser entre les pages de son recueil. Il y a du Léo Ferré dans ces deux séries de textes. Colaux dessinent des filles tout aussi liquides, tout aussi fluides, que celles qu’Allard fait ondoyer dans « Les corbeaux brûlés », comme celle que Ferré chante :

« C’est extra, une fille qui ruisselle dans son berceau

   Comme un marin qu’on n’attend plus ».

 

Deux grands poètes qui ont magnifiquement chanté, en prose, la Lune, l’astre féminin par excellence, et la femme non pas la femme mère ou fille, non, seulement la femme, éternel idéal féminin, source de tous les phantasmes qui agitent les hommes depuis qu’Eve a croqué la pomme. Leurs textes sont d’une grande élégance, d’une grande finesse, tout en laissant la place à de nombreux artifices littéraires, à de jolies formules de style et à des clins d’œil qu’il faut dénicher. Un chouette pari littéraire, de la belle ouvrage !

« Se pourrait-il que parfois la Lune aboyât aux chiens ? » (Colaux)

 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Les lièvres de jade d'Eric Allard et Denys-Louis Colaux
Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET  HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
  • Contact

TEXTE LIBRE

 4016234704 (Small)

Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pours recevoir.
   Goethe

 

 MES DERNIERS OUVRAGES PUBLIES ( cliquer sur l'icône pour accéder à leur présentation )


1184097919 profil de la nuit  2851620614

les signes pourpres  3190-NEL i 978-3-8417-7335-7-full

 

SI VOUS PREFEREZ LES IMAGES et le 7e Art, RENDEZ-VOUS SUR MON BLOG : 

 

Bannière pour Armelle 1 

 

ET SI VOUS AIMEZ LES ANIMAUX, RENDEZ-VOUS SUR " MEMOIRE D'EAU" :

 

P1080160.JPG

Recherche