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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 08:03
Afin que rien ne change de Bruno Cerqueux

« On a eu notre chance, on l’a gâchée », Renaud Cerqueux semble catégorique, l’humanité pouvait créer un monde idyllique, elle n’a rien fait pour éviter de le précipiter vers son déclin et sa fin probable et plus rapide que beaucoup le pensent.

 

 

Afin que rien ne change

Bruno Cerqueux

 

 

Dès les deux ou trois premières pages de ce livre, j’ai immédiatement pensé au Baron Empain enlevé en 1978 par des malfrats qui espéraient récupérer une énorme rançon, mais à cette époque Renaud Cerqueux n’était peut-être même pas né. Et pourtant son héros subit le même sort que le célèbre baron belge, propriétaire comme lui d’une immense fortune, enlevé et détenu dans des conditions très pénibles. Mais contrairement au baron, celui qui le séquestre ne cherche nullement à l’échanger contre une rançon, il semble avoir des motifs beaucoup plus politiques, moraux et peut-être même revanchards.

 

Emmanuel Wynne, le héros de cette triste aventure, est condamné à empiler à longueur de journée des sucres pour faire des tours, des tours qui seront vendues selon le principe qui est utilisé pour vendre les produits parfaitement inutiles qui vident le portefeuille de très nombreux consommateurs sur l’ensemble de la planète.  « Nos tours ne servent à rien et ne sont pas données, mais grâce à une campagne marketing savamment orchestrée, adossée à des recherches en neurosciences et à l’analyse de big data, ainsi qu’à la participation grassement rétribuée de quelques célébrités, nous avons réussi à générer une demande, voire un véritable engouement pour nos produits que la clientèle s’arrache ».

 

Renaud Cerqueux, prolongeant dans ce roman les nouvelles qu’il a publiées début 2016 dans son recueil « Un peu plus bas vers la terre », ne tente pas de raconter l’histoire arrivée à un individu malchanceux mais cherche à démontrer comment le système économique et financier actuel contribue à n’enrichir qu’une très faible partie de la population au détriment de l’autre, au risque même de provoquer un cataclysme définitif plus rapidement que les scientifiques le prévoient. Il explique comment quelques profiteurs dénués de tout scrupule s’enrichissent toujours davantage, quels que soient les régimes politiques qui gouvernent le monde. « Ils ne se salissent jamais les mains. Ils délèguent la violence. Après des années d’hystérie, même le FMI a reconnu que le ruissellement vers le bas des capitaux était un mythe de l’économie néolibérale, que les riches ne font pas le bonheur de tous ».

 

« Afin que rien ne change » n’est pas un livre pour attirer l’attention des citoyens, les inviter à agir vite, très vite ; non, il semble que son auteur pense qu’il est déjà trop tard, que les dés sont jetés et que les petits-enfants des papas de sa génération subiront les affres des modifications climatiques générés par les abus des générations précédentes sous la houlette des grandes fortunes qui gouvernent la planète. « On a eu notre chance, on l’a gâchée. On a tout foutu en l’air. Après des millions d’années d’évolution, on lutte toujours pour notre survie, comme des bêtes sauvages ». L’espoir semble bien mince de voir reculer l’échéance fatale.


Denis BILLAMBOZ

 

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Afin que rien ne change de Bruno Cerqueux
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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 09:30
L'herbier de Marcel Proust de Dane Mc Dowell

 

Voilà un ouvrage plein de délicatesse que  Flammarion nous propose dans une belle édition en ce début d’automne, au moment même où fleurs et feuilles vont sommeiller pendant de longs mois. Cet ouvrage a le mérite d’allier les évocations des végétaux aux pages de « Jean Santeuil » et de « A la recherche du temps perdu » où elles sont tantôt associées  aux heures d’enfance et aux amours inaccomplis, tantôt aux réminiscences affectives et aux illusions perdues. Il est vrai que l’œuvre proustienne est odorante tant on y croise un nombre incalculable d’arbres et de fleurs dont les descriptions ne se contentent pas d'être une louange à leur beauté mais nous projettent dans le tissage complexe et subtil de la mémoire. Avec Proust, chacune d'elles, qu’elle soit bucolique ou psychologique, va bien au-delà des apparences en nous introduisant dans un univers sans frontière. L’écrivain ne nous invite-t-il pas à le suivre dans un fascinant paysage mental émaillé de métaphores et ne se comparait-il pas lui-même à un botaniste moral « qui laisse dormir dans l’humus de sa mémoire la matière sombre et secrète de sa propre création ? »

 

Bien qu’il redoutât les parfums à cause de son asthme, il prenait plaisir à faire l’apologie des saveurs et des odeurs et, à l’initiative de Baudelaire, d’unir l’odorat et le goût car tous deux «  restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer et à porter sans fléchir l’édifice immense du souvenir ». Si bien que  cet ouvrage est une aimable promenade dans le monde proustien si vaste et si pénétrant, là où sous le couvert de la ferveur s’élabore un herbier sur lequel l’imagination ne cesse de broder et de solliciter les correspondances les plus inattendues et les plus audacieuses grâce à l’expérience sensorielle de la mémoire involontaire.

 

Par la même occasion, Proust démontre l’importance de la métaphore qui explique l’inconnu par le biais d’un élément familier, une fleur, une plante, et prête à l’art et à la botanique le pouvoir de déceler la signification du monde et, par voie de conséquence, de la vie. A la ressemblance d’une cathédrale, Marcel Proust a conçu et envisagé son œuvre littéraire dans un enchevêtrement végétal aux multiples ramifications « plus vivaces et pérennes que les vergers du Jardin de l’Eden » - souligne Dane Mc Dowell, journaliste et universitaire, spécialiste de l’architecture des jardins et de l’art de vivre, dont l’herbier est une traversée de la mémoire olfactive particulièrement envoûtante. L’herbe drue de la création nous évite ainsi de nous en tenir aux seules données suggérées par les sens et de vivre dans ces paysages agrestes aux vives couleurs une véritable expérience spirituelle. Bien que condamné volontaire dans le huis clos de sa chambre, Marcel Proust a su ouvrir les portes du vrai paradis qui est celui de l’art et de l’art uniquement. N’est-ce pas grâce à lui que les fleurs si vite fanées et les humains si vite vieillis connaîtront des inflorescences enchanteresses et que le passé reconquis, grâce à la mémoire, deviendra en quelque sorte un éternel présent ? 

 

Ce livre aux fragrances multiples et aux sensibles descriptions suit un itinéraire précis qui va des fleurs de l’innocence  aux fleurs de salon, des fleurs du mal à l’herbier de la mémoire et nous découvre des horizons insolites où Proust, en écrivain impressionniste, s’attache à saisir la magie d’un reflet, l’instable dans l’absolu et propose une échappée sur l’essence même de la vie. Un précieux ouvrage, illustré par Djohr, à offrir lors des prochaines fêtes de fin d’année parce qu’il est une introduction à l’oeuvre proustienne particulièrement séduisante. Lisez plutôt ce passage sur la fleur de marronnier :

 « Parce qu’elles fleurissent en candélabres et qu’elles embaument le jardin, ses fleurs aériennes accompagnent une liturgie secrète et personnelle agissant comme des intermédiaires entre les dieux et les hommes. Enfin, lorsqu’elles jonchent le sol en formant un tapis de pétales de roses, elles renouvellent la promesse d’un avenir radieux et d’une vie éternelle. »

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Illustrations de Djohr : le catleya et l'aubépine.
Illustrations de Djohr : le catleya et l'aubépine.

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 09:03
Vie et mort de Katie Olson de James Garner

Aujourd’hui, on parle beaucoup d’attouchements, de violences faites aux femmes et autres sévices encore : psychologiques, moraux, … mais cette détestable attitude date de la nuit des temps. James Garner dans ce très court roman pousse à l’extrême les malheurs que Katie Olson dût subir. Atroce !

 

 

Vie et mort de Katie Olson

James Garner (1962 - ….)

 

 

« Je suis une femme. Ni belle ni laide. J’ai trente ans, quarante ans, cinquante ans. Je ne me lave jamais. Je vis dans la crasse. Depuis que j’ai quatorze ans, je brûle, le feu me ronge de l’intérieur. Alors ce feu, je le prends et je m’en sers pour nettoyer le monde ». Cette citation suffirait presque à résumer ce court récit, tout aussi violent que concis et même peut-être encore plus déstabilisant. Une vraie gifle !

 

James Garner est issu de la contre-culture américaine, sa plume, particulièrement acérée, critique violemment la société américaine. Dans ce très court récit, il raconte en quelques mots, quelques formules, quelques phrases courtes, dépouillées mais particulièrement incisives, la vie de Katie, une fille que la malchance a fait naître au mauvais endroit et au mauvais moment. Violée régulièrement par son père sous le regard indifférent de sa mère, elle finit par se débarrasser de son bourreau sans que la police ne la soupçonne. Mais la chance l’abandonne et la police la rattrape quand elle l’accuse d’avoir allumé un incendie meurtrier. Le feu est l’arme qu’elle utilise pour se venger de tous ceux qui l’ont fait souffrir ou qui n’ont pas suspendu le geste de ceux qui l’ont torturée, notamment cet abominable père.

Pauvre Katie, elle sera la victime de tous : de sa famille, de la société, de la justice, de la police. Elle était pauvre sans défense, elle n’avait que le feu pour se défendre et même son arme s’est retournée contre elle et elle a fini derrière les barreaux d'une prison.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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Monologue tiré de l'ouvrage et interprété par la compagnie  " Les animaux du zoo".

Monologue tiré de l'ouvrage et interprété par la compagnie " Les animaux du zoo".

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 08:40
La fille de Souslov de Habib Abdulrab Sarori

Quoi de plus clair qu’un roman, une belle histoire d’amour pour expliquer le drame du Yémen, mieux comprendre pourquoi certains sont prêts à mourir violemment pour tuer un maximum de civils qui ne comprennent rien à leur motivation ?

 

 

La fille de Souslov

Habib Abdulrab Sarori (1956 - ….)

 

 

Traduit en 2017, ce roman a été écrit en 2014 juste au moment où a commencé la guerre de Saada, une confrontation entre des rebelles zaïdistes et le gouvernement yéménite. Les insurgés, les Houthistes, se plaignent d’avoir été marginalisés par le gouvernement tant sur le plan politique, qu’économique et religieux. Ce conflit n’est pas éteint, le Nord et le Sud du pays se déchirent toujours aussi violemment, aussi ce roman permet-il de mieux comprendre son origine et ses divers développements.

 

Avant de poursuivre, en 1970, ses études à Paris où il pense assister à la fin du capitalisme, Amran, le héros et certainement un peu l’auteur de ce roman, a participé aux émeutes marxistes qui ont agité le Yémen après l’indépendance du pays en 1967. Sarori raconte, à travers les aventures amoureuses d’Amran, les différents épisodes de l’histoire qui ont affecté le Yémen depuis son indépendance. Quand il était môme, Amran rencontrait, dans une boutique d’Aden, une jeune et superbe jeune fille, ils ne se parlaient jamais mais elle le regardait avec une intensité magnétique. Cette beauté était la fille du responsable de l’idéologie du parti, celui que tous appelaient Souslov, car il avait suivi à Moscou l’enseignement du célèbre théoricien marxiste. Ainsi sa fille était devenue la Fille de Souslov.

 

A Paris, Amran fait la connaissance de sa future épouse Najat, dont il est follement  amoureux, jusqu’à ce qu’elle soit foudroyée lors des attentats du métro Saint Michel commandités par des mouvements islamistes extrémistes. Amran est revenu régulièrement au Yémen et lors de l’un de ces voyages, après le décès de son épouse, il rencontre chez sa sœur, à Sanaa, une femme au regard magnétique qu’il pense reconnaître. Celle-ci se dévoile pour qu’il l’identifie avec certitude. C’est bien elle, la  fille de Souslov, elle a changé de nom et surtout de conviction, elle est devenue l’un des cadres importants et virulents du pouvoir religieux. La différence de leurs convictions, lui toujours un peu socialiste et surtout grand défenseur de la laïcité, elle franchement religieuse et sans aucun scrupule pour faire triompher sa cause, ne les empêche de renouer leur amour en lui donnant une vraie consistance sexuelle ; elle devient sa maîtresse et il la partage avec un vieil imam fort influent dans les mouvements islamiques.

 

Ce couple magnifique mais fort improbable symbolise le Yémen coupé en deux : le Nord religieux et traditionaliste et le Sud moderne, ouvert sur le monde et plutôt marxiste. Une belle allégorie que Sarori développe pour expliquer ce qui sépare ces deux régions qui ne se rencontreront jamais, qui n’ont pas plus d’avenir que ces amoureux que tout éloigne, sauf l’amour. Abyssale, comme Amran appelle son amante, explique sans état d’âme et avec conviction : « Nous sommes dans une guerre éternelle contre les impies. C’est une guerre, et non un caprice, mon chéri. Ils nous tuent comme ils peuvent et nous les tuons comme nous pouvons. » Tout espoir est définitivement perdu au grand dam de l’auteur qui croyait tellement à la révolution, au modernisme, à la liberté, à l’égalité, à la laïcité… Les potentats s’opposent, se détruisent, se vengent, se prennent tour à tour le pouvoir et écrasent à tour de rôle leurs malheureux sujets. « Le seul perdant serait le petit oiseau, le rêve de révolution yéménite, envolé trop tôt ».
 

Denis BILLAMBOZ

 

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Habib Abdulrab Sarori

Habib Abdulrab Sarori

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 11:54
Sans Abuelo Petite de Cécile Guivarch
 

« Cécile Guivarch,…, sonde encore une fois la mémoire familiale. Entre les questions sur sa langue, ses langues, elle évoque un secret de famille… » Dans un court recueil de poésie constitué d’une partie en vers, en général sur la page de gauche, et d’une partie en prose, en regard sur la page de droite, elle évoque l’histoire de sa famille, l’histoire tue à jamais, l’histoire qui lui colle aux doigts depuis l’âge de neuf ans, l’histoire qu’elle réussit enfin à mettre en poésie. « J’écris ce début depuis mes neuf ans mais il me glissait des doigts. Le voilà qui me revient aujourd’hui. J’ai toujours neuf ans. Ma Maman a un peu vieilli. Mers enfants ne me croient pas mais j’ai neuf ans. »

 

En vers, elle raconte le grand-père, celui qu’elle n’a pas connu, celui qui a fui vers une île pour participer à une autre révolution après l’échec de sa guerre en Espagne.

 

« La rivière a emporté les lettres

Elles ont nagé en suivant ton bateau.

Tu as fui sans vraiment fuir. »

 

En prose, elle évoque le pays où elle vit, le pays dont sa mère a difficilement apprivoisé la langue, où sa grand-mère n’a jamais oublié le grand-père exilé. « Mon grand-père n’est pas mon grand-père. Le vrai je ne le connais pas. N’est jamais revenu. Ne reviendra jamais. Enfermé sur une île

 

Elle raconte le pays où elle vit, le pays qu’elle a quitté, où elle semble retourner pour les vacances, le mélange des langues : « Mes cousins parlent galicien. Je leur réponds en français. En espagnol. Une barrière de langue. Nous ne vivons pas sur la même bande de terre. Mais nous sommes de la même lignée » ; sa double culture, ses racines mélangées et pas forcément bien connues, son appartenance à plusieurs nations et peut-être à aucune, seulement à une famille à géométrie variable. « L’espagnol est langue de mes ancêtres, celle qui nourrit mon sang. Pourtant j’y suis étrangère. »

 

C’est une belle histoire personnelle mise en mots avec beaucoup de finesse et de talent, seul l’essentiel est dit et ce texte court peut inspirer une longue réflexion sur la famille, la nation, l’exil, l’intégration, la multiculture, ….,  « La frontière est une ligne invisible. D’un côté la France de l’autre l’Espagne. Et ce n’est plus la même langue. »

 

C’est aussi, en filigrane, l’évocation de la guerre d’Espagne et de ses conséquences ravageuses, désastreuses pour de nombreuses familles :

« Même les oiseaux se taisaient.

Les uns, les bouches pleines de terre,

disparaissaient dans de grandes fosses.

Les autres ne pouvaient pas rester. »

 

Et surtout un très beau texte, très bien construit, qui dégage beaucoup d’émotion sous la plume de cette femme qui aura toujours neuf ans, l’âge auquel elle a appris que son grand-père chéri n’était pas le grand-père que sa grand-mère avait toujours aimé. « J’ai neuf ans je me demande comment on peut vivre avec une branche en moins dans son arbre. »

 

Denis BILLAMBOZ

 

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Sans Abuelo Petite de Cécile Guivarch
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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 08:18
Jules de Didier van Cauwelaert

Zibal est un scientifique méconnu. Ses inventions auraient pu lui rapporter une fortune mais il ne sait pas se vendre et n’est pas doué pour le bonheur aussi, malgré ses diplômes et ses innombrables brevets, se retrouve-t-il à 42 ans vendeur de macarons à l'aéroport d’Orly. Un jour, devant son stand, apparaît Alice, une jeune et belle aveugle qui s'apprête, avec son labrador Jules, à prendre l'avion pour Nice où elle doit subir une opération pour recouvrer la vue. L'intervention est un succès, sauf pour Jules qui est affecté aussitôt auprès d’un autre aveugle, acrimonieux et brutal. Si bien que Jules va fuguer, retrouver Zibal, qui lui avait permis de ne pas voyager dans la soute à bagage lors du voyage d’Alice, ce qui va déclencher, en moins de vingt-quatre heures, un véritable tsunami pour le pauvre Zibal. En effet, à cause de Jules, Zibal va perdre son emploi, son logement et mettre en péril son avenir. Devenus compagnons de misère, tous deux  n'auront plus qu’une  obsession : retrouver Alice.

 

L’auteur aime les chiens, beaucoup même, au point que ce personnage de Jules nous tient en haleine tout au long du récit, en structure la composition et fournit la trame de cette histoire contée à deux voix : celles d’Alice et de Zibal impliqués l’un et l’autre dans cette course où l’amour et la tendresse sont l’élixir de leurs vies bancales. On lit ce court roman en deux soirs, tant ce duo, guidé de main de maître par un labrador surdoué, est sympathique et touchant et vous met du baume au cœur : décidément, grâce aux animaux, ce monde serait-il moins méchant qu’il n’y parait ? La fin est certes un peu décevante, on a l’impression que l’auteur ne sait pas conclure, qu’il cède à la facilité, mais les deux tiers de ce roman sont un vrai plaisir de lecture que pimente une bonne dose d’humour. Vous garderez, à n’en pas douter, un excellent souvenir de ce chien qui re-tricote les vies avec ce qu’il faut de flair et de malignité pour conduire les aveugles, que nous sommes, là où nous devons aller, soit là où l’avenir s’éclaire enfin. La morale est la suivante : faisons confiance à notre animal de compagnie, il connait mieux que nous les sentes qu’il faut emprunter pour que notre avenir reprenne de la couleur et de l’intérêt et que nous sortions enfin de la misère où notre société, sans discernement et sans flair, nous condamne trop souvent à souffrir. Les amis des animaux ne peuvent que se réjouir d’un ouvrage qui offre une telle tribune à l’un de leurs compagnons préférés.

 

Comme j’aime les animaux, ce livre m’a réjouie. Une amie me l’a offert pour mon anniversaire et je dois reconnaître, qu'en le choisissant, elle n’a pas manqué de perspicacité. J’en ai goûté les deux tiers avec gourmandise et satisfaction, deux tiers qui me laissent en mémoire le souvenir d’un moment plaisant, d’un partage sympathique avec deux héros un peu déglingués et un chien, infiniment astucieux, qui les promène avec une paisible autorité sur le chemin de la sagesse et du succès.

 

Et puis, le roman a un autre atout auquel je suis sensible : l’histoire se déroule pour une large part à Trouville. Pensez donc, on déambule dans les rues, on dort à l’hôtel Flaubert, on baguenaude sur la plage, on y goûte les lumières si fastueuses le soir et si douces le jour, on sent le parfum de la mer, on surprend la mélodie de ses vagues, on se laisse envoûter par le cri rauque des mouettes et des goélands ; oui, on cède à cette atmosphère unique qui vous tient au cœur et ne vous lâche plus. Lisez plutôt :

« Trouville est complètement raccord. Les gens, l’ambiance, les perspectives, la lumière … Tout est conforme aux images que m’avaient suggérées les sons, l’iode, le grain des façades, le sable sous mes pieds, l’odeur de forêt descendant la colline sous la caresse du soleil ou les aiguilles fraîches du crachin … Tout est joli, joyeux, léger malgré la densité de la foule estivale. Et cette beauté me déchire. Ce mélange d’intimité villageoise et d’espace infini quand la mer se retire, cette rumeur qui s’éloigne à mesure qu’on s’enfonce dans la vase découverte, ce silence troué de mouettes et d’aboiements qui ne sont pas ceux de mon chien. Ces vacances qui ne seront plus les nôtres ».

Comment une trouvillaise peut-elle résister à cette description des lieux où elle demeure et à l’intelligence de Jules, peut-être l’un des chiens qu’elle a surpris en train de galoper au bord des vagues lors de ses longues balades sur la plage à marée basse ?

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Jules de Didier van Cauwelaert
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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 07:52
Déséquilibres ordinaires de Françoise Steurs

C’est avec beaucoup de sensibilité et de fraîcheur dans son écriture que Françoise Steurs nous conte les démêlés d'un médecin du SAMU social avec Max sans-tête. Françoise travaille avec des jeunes pas tout à fait comme les autres, des jeunes qui voient le monde différemment et l’appréhendent autrement. C'est le cas de Max qui échappe à toutes les contingences sociales, vit dans le plus grand désordre, mange n’importe quoi, se néglige. Il ne pense qu’à faire des photos des gens de son quartier qu’il capture régulièrement à heure fixe dans un vieil appareil bricolé. « Max n’a que ça en tête : capter la vie qui passe autour de lui. Reproduire ces scènes de la vie quotidienne. A l’infini. En extraire des instants dans l’obscurité de la chambre noire ».

 

Un voisin porte plainte, Max va trop loin, il n’a aucun sens de l’hygiène. C'est alors qu'un médecin du SAMU social passe le voir et découvre des piles de photos, toujours les mêmes, floues mais prodigieusement expressives. Elles sont différentes des clichés habituels, expriment une autre vision du monde. Le Doc est subjugué par cette perception des personnages qui traduit une grande sensibilité en même temps qu’une expression artistique pointue. « Cet homme n’est pas juste bon à être enfermé dans une maison de soins. Il est capable de marquer la différence entre le jour et la nuit, il cuisine tous les jours et n’est pas agressif ». Le médecin décide de le suivre et le convainc d’exposer ses œuvres, ainsi débute une épopée épique qui conduira le Doc à se remettre en question et à se demander lequel des deux est du bon côté de ce qu’on définit  habituellement comme la norme.

 

Un très bon texte sur la différence, en l’occurrence sur ceux qu’on prend pour des attardés mentaux, des dérangés du ciboulot, des gens un peu fous qui, souvent, possèdent une acuité artistique et une créativité  affutées. Max n’a pas une logique cartésienne mais son intuition est peut-être bien supérieure à l’intelligence de nombre d’entre nous. Les conseils qu’il donne au Doc pour choisir une bonne photo pourraient servir aux lecteurs à la recherche d’un bon livre dans une bibliothèque ou une librairie. L’intuition est peut-être la meilleure conseillère quand elle s’appuie sur une perception fine et sensuelle. « Il faut pouvoir piocher, se laisser surprendre au détour d’une image. Etre happé. Ne s’intéresser qu’à une seule. Et tant pis pour les autres. C’est comme à la brocante. Tu te balades sans idée précise dans la tête. Quand, soudain, un objet attire ton regard. Tu t’arrêtes. Tu regardes encore. Tu t’approches de la chose. Tu la touches. De tes yeux, avec tes mains. Tu t’imagines quelque part… » Ce n’est que ça l’émotion artistique.

 

Il faut le croire car « Le fou dit toujours la vérité », Françoise Steurs l’a bien compris, elle est aux premières loges pour s’en convaincre.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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Déséquilibres ordinaires de Françoise Steurs
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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 08:35
Tout un été sans facebook de Romain Puértolas

Agatha Crispies – pas comme la célèbre romancière anglaise, non, comme les céréales servies au petit déjeuner – s’est tellement emmêlée les crayons dans l’affaire des stylos bleus à New-York New-York qu’elle est mutée,  après un tour de passe/ passe administratif, à New-York Colorado. Le pire trou des Etats-Unis, un bled où il ne se passe jamais rien, où les citoyens occupent leur temps à tourner autour des innombrables ronds-points destinés à égarer les étrangers. Elle est « affectée à un commissariat dans lequel on s’ennuie tellement que les effectifs lisent, jouent aux fléchettes, au sudoku ou encore tricotent ». Elle veut quitter ce trou le plus vite possible pour retrouver son poste avec, éventuellement, une promotion dans la mégapole de la côte est. Il lui faudrait une belle grosse affaire qu’elle résoudrait brillamment pour reconquérir la confiance de sa hiérarchie.

 

Comme il ne se passe jamais rien  sur son territoire, elle empiète sur celui de son voisin, elle le persuade que le crime, qu’il vient de  découvrir, appartient à sa juridiction pour pouvoir mener elle-même l’enquête. Le shérif cède et Agatha se saisit de l’affaire qui prend vite une certaine ampleur avec deux autres meurtres, de quoi constituer une belle énigme à résoudre et conquérir une promotion pour un tellement désiré retour au bercail. Agatha se plonge alors dans une enquête rocambolesque dans laquelle l’auteur parodie les poncifs rencontrés habituellement dans les films et surtout dans les séries policières américaines dont il dénonce les incohérences, les invraisemblances et la sous-culture, en mettant dans la bouche de la policière des citations et les noms des plus grands auteurs classiques qu’elle est évidemment la seule à connaître.

 

Dans ce polar loufoque, déjanté, amoral, Romain Puértolas dresse un tableau désopilant mais tout de même un peu désolant de l’Amérique profonde, l’Amérique des ploucs dont Jean Yanne a narré la fantasia dans un célèbre film. Il pointe du doigt la malbouffe généralisée – Agatha, grosse et grasse, se gave toute la journée de « donuts » au chocolat - le racisme endémique affectant encore cette partie de la population - Agatha est, avec son chef, la seule noire du coin - l’absence totale d’humanité, tous les moyens sont bons pour atteindre son objectif et Agatha n’est pas très encombrée par sa bonne conscience. L’auteur préfère en rire mais j’ai eu franchement le sentiment qu’il n’appréciait guère cette Amérique acculturée, asservie par la déesse consommation.

Il reste le polar qui fera, sur le bord de la piscine, une belle lecture d’été en dégustant des … « donuts » … au chocolat.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 06:58
Le bal du comte d'Orgel de Raymond Radiguet

Incroyable maturité de la part de ce jeune écrivain qui, à peine âgé de 20 ans, écrit un roman en prenant pour sujet les sentiments les plus intimes d’une femme d’une trentaine d’années, nommée Mahaut d'Orgel, qui s’éprend d’un ami de son époux François de Séryeuse et dont l’auteur nous détaille les moindres émotions et passe au scalpel l’évolution du mécanisme psychologique qui la conduira à renoncer à cet amour par devoir. Par moment, on se croirait dans « La princesse de Clèves » de Mme de Lafayette ou dans « Le lys dans la vallée » de Balzac, revisités en ce début du XXe siècle par Raymond Radiguet qui mourra d’une typhoïde foudroyante en 1923 avant même l’édition de son ouvrage. C’est Grasset qui s’en chargera, après que le texte ait été relu et corrigé par Cocteau et Kessel. Oui, incroyable maturité de la part de l’auteur et incroyable roman que celui-ci à une époque où la fête était à l’honneur après la saignée de la guerre de 14 /18, ce qui pouvait laisser penser qu’un jeune homme de 19 ans devait avoir en tête bien d’autre sujet que celui-ci. Oui, nous assistons là au combat que se livrent un jeune homme et une femme mariée et plus âgée pour ne pas céder à la tentation et subir les tourments de l’amour sans faillir, puisque celle-ci est mariée au comte d’Orgel et entend honorer l’engagement qui la lie à lui. C’est par conséquent l’histoire d’un amour chaste, non dépourvu d’une tonalité moralisatrice, que choisit de rédiger ce tout jeune écrivain. Que s’est-il passé pour que Radiguet aborde un thème si peu en accord avec son époque, celle des Années Folles, et si peu dans le courant de son inspiration précédente « Le diable au corps » ?

 

Nous sommes là en présence d’un drame intérieur où rien ne se passe, si ce n’est l’analyse au microscope des diverses phases d’un sentiment dont on comprend bien qu’il est de part et d’autre sacrifié d’avance. Alors, comment se fait-il que l’on accroche à ce récit dépourvu de suspense où le devoir ne s’impose que par le souci constant des deux personnages à maintenir leur réputation dans un milieu mondain où les bons usages sont ceux imposés par le qu’en dira-t-on ? Oui, de quel philtre use l’auteur pour nous maintenir en lecture sur un sujet aussi mineur que la personne de cette madame d’Orgel, dont l’attachement éprouvé pour son mari tient davantage à la fortune de celui-ci et à la vie facile qu’il lui offre, et à celle de ce François de Séryeuse qui, s’il passe beaucoup de temps auprès de cette femme, le doit aux relations bienveillantes qu’il entretient avec le comte d’Orgel dont l’essentiel de la vie se consume en mondanités de tous ordres. Le romanesque de l’histoire se focalise essentiellement sur l’étude fine et approfondie de la psychologie des personnages décrits d’une plume froide et rigoureuse, sans aucune sympathie particulière, avec une hauteur toute impartiale. D’où cette intelligence de style, cette implacable description à ce qui se passe en eux, à ce qui s’élabore dans leurs têtes, à ce qui les incite à espérer ou à désespérer, à leurs motivations et à leurs doutes jusqu’à cette confession que Mahaut d’Orgel fait à Madame de Séryeuse afin de condamner François à renoncer définitivement à elle. C’est le rêve du jeune homme qu’elle brise dans le seul objectif de maintenir sa place dans cette société de la noblesse et de la haute bourgeoisie d’entre les deux guerres.

 

Le dernier chapitre est la préparation d’un bal qui va mettre à nu les sentiments de chacun et où les diverses variations émotionnelles ou calculées semblent désuètes, voire ridicules, tandis que les menées dictées par l’intérêt le plus mercantile révèlent d’autant plus et mieux leur inaptitude à épouser les aspirations du cœur. C’est là aussi que l’on découvre l’importance des non-dits, la force de communication du silence, si présent dans l’ouvrage – les détours multiples, les hésitations qui suspendent une réponse - ces instants où l’on passe à côté de l’autre, tout en se méconnaissant davantage soi-même. Raymond Radiguet se livre à cette savante valse-hésitation des cœurs avec un brio incontestable comme s’il scrutait, fouillait au plus vif des replis intimes, des longues et lentes palpitations secrètes. L’aisance stupéfiante d’un surdoué.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Le bal du comte d'Orgel de Raymond Radiguet
Portrait de Radiguet par Modigliani

Portrait de Radiguet par Modigliani

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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 08:42
La femme qui court de Jennifer Johnston

Une fois de plus, la littérature irlandaise m’a enchanté. Cette fois, c’est Jennifer Johnston qui m’a régalé avec ce texte qui sent l’Irlande à plein nez : histoire, culture, romantisme, qualité littéraire, art du récit, finesse des sentiments, etc… encore une lecture enivrante comme j’en ai trouvée beaucoup sur cette île.

 

 

La femme qui court

Jennifer Johnston (1930 - ….)

 

 

Et de nouveau un roman qui  encourage mon inclination déjà bien marquée pour la littérature irlandaise. J’ai été, en effet, enchanté par la lecture de cet ouvrage, non pour l’histoire qu’il raconte, même si elle est particulièrement dramatique, mais surtout pour la façon dont l’auteure décrit cette histoire et pour ses qualités littéraires. Elle vit son texte, respire les sentiments des personnages qu’elle met en scène et transporte le lecteur au plus profond de l’Irlande, de son histoire, de sa culture, de ses coutumes et des conflits qui l’ont régulièrement secouée.
 

Laura a hérité d’une entreprise de sa mère qui l’a elle-même héritée de sa propre mère, une transmission filiale qu’elle ne pourra pas assurer car elle n’a pas d’enfant. Au moment où elle enterre son père, elle semble bien fragile, son mari qu’elle a épousé parce qu’il pouvait assurer la gestion de l’entreprise, veille sur elle. Même s’il s’absente régulièrement pour des motifs peu crédibles. Pour vaincre son ennui et éteindre une douleur qui semble l’affecter depuis son adolescence, Laura décide de déblayer un coin de végétation envahissante qui a recouvert une gloriette qui semble avoir marqué sa jeunesse. Au cours de ces travaux épuisants, elle reçoit le renfort d’un voisin banni par sa famille lors du décès de son père parce qu’il a jeté sa soutane aux orties. Les deux écorchés de la vie traversent tous deux un deuil sans vraiment regretter leur père respectif. De vieux comptes semblent ne jamais avoir été soldés.
 

Sur fond d’histoire de l’Irlande, de haine entre protestants et catholiques – Laura a été persécutée par ses camarades de classe catholiques parce qu’elle est protestante – d’incestes familiaux récurrents qu’il faut absolument taire pour ne pas être banni et pour ne pas jeter l’opprobre sur la famille, Jennifer Johnston écrit un roman très habile, enchanteur malgré la douleur qu’il dégage. Elle construit son histoire principalement sous la forme de dialogues qui mêlent le présent, que vit son héroïne, avec des scènes de son passé qui apportent progressivement des éléments permettant de mieux comprendre la fragilité qui l’affecte encore au moment du décès de son père. L’auteure passe du « je » au « elle » sans que cela nuise à la lecture, comme si elle ne voulait pas s’enfermer trop profondément dans la douleur de l’héroïne et maintenait une certaine distance afin que le lecteur ressente mieux les sentiments qui se dégagent de cette tragédie familiale. Ainsi assistons-nous à la rencontre de deux êtres trop ou mal aimés qui voudraient faire le ménage dans leur passé de façon à envisager un avenir plus serein. Un véritable bijou qui enchantera les amis des beaux textes.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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