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26 novembre 2022 6 26 /11 /novembre /2022 10:26
aquarelle d'Anne-Joëlle

aquarelle d'Anne-Joëlle

                                                                                                                                                                                                                                               

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ADIEU CHRISTIAN BOBIN, L'HOMME-JOIE

 

 

CROISIERE EN CROATIE ET AU MONTENEGRO

 

 

BLANC de SYLVAIN TESSON

 

 

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LA PLUME ET L'IMAGE
 

 

Demeurant à Trouville depuis une vingtaine d'années, j'aime la croisière maritime, la marche, la nature et encore et toujours écrire. Dans ce blog, je prends plaisir à vous entretenir de mes écrivains préférés, à vous conter mes voyages et à poser les questions qui invitent au dialogue. Car écrire pour soi-même n'a pas de sens. On écrit avant tout pour l'autre. Pour le rencontrer...ou le retrouver.

  

Bonne lecture, chers visiteurs, et n'oubliez pas de me faire part de vos commentaires, ils seront un enrichissement pour moi et une animation pour les lecteurs de passage.

 

Et, afin de faire plus ample connaissance, voici mon portrait brossé par quelques photos:          

 

 

BIENVENUE SUR INTERLIGNE
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Et mon parcours en écriture consigné par quelques livres :

Quelques-uns de mes ouvrages
Quelques-uns de mes ouvrages
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Pour vous procurer la plupart de ces livres, cliquer   ICI  ou  LA

 

Et pour lire quelques-unes des critiques de poètes, écrivains et journalistes à leur sujet, cliquer  ICI

 

Toutefois, si vous préférez les images aux mots, vous pouvez vous rendre sur mon blog " LA PLUME ET L'IMAGE " consacré au 7e Art, en cliquant  LA


 

 

BIENVENUE SUR INTERLIGNE
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26 novembre 2022 6 26 /11 /novembre /2022 10:23

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Dès la première page, le graphisme parle à la graphologue que je suis. Une phrase manuscrite, belle d’ailleurs, dessine, dès l’abord, le livre et son auteur. Ainsi le trait encré exprime-t-il le plaisir de vivre, la joie simple d’exister, puis le gonflement des hampes et des jambages équilibre harmonieusement la sensualité naturelle de l’homme en osmose avec la nature et les êtres et son souci permanent de rester l’intime des hauteurs. Il y a par ailleurs l’inclinaison à droite qui dévoile l’élan vers l’autre, le frère, l’ami, le proche ou le lointain. Cette écriture exprime la stabilité et la modestie ; toute tendue vers son devenir, elle sourit au monde.

 

«J'essaie de vous dire une chose si petite que je crains de la blesser en la disant. Il y a des papillons dont on ne peut effleurer les ailes sans qu'elles cassent comme du verre».

 

A peine avez-vous franchi  le seuil de l’ouvrage que vous reconnaissez le style particulier de Bobin dont  « Le Très Bas » en 1992 avait été pour moi un véritable choc. Je n’étais pas la seule à l’époque à être frappée par le ton, l’alliance des mots, la réflexion profonde. Ce naturel dans l’énoncé du texte fut beaucoup copié, si bien qu’il y eût dans les années qui suivirent sa publication nombre de Bobin en herbe. « La lumière du monde », « Les ruines du ciel », " La plus que vive", « La présence pure », autant de titres qui creusèrent un sillon unique d’une sincérité totale, d’une sensibilité mystique et d’un dépouillement absolu dans les "Lettres françaises". Christian Bobin s'y révélait un jardinier inspiré qui se contentait de remplacer les plantes et les fleurs par des mots. Et ces mots exhalent toujours  un parfum entêtant, reconnaissable entre tous.

 

Néanmoins, je l'avoue, j’ai été moins enthousiasmée par « L’homme-joie » malgré les promesses du titre. Est-ce parce que le merveilleux jardinier ne s’y renouvelle pas vraiment, qu’il bêche un carré de terre dont il avait déjà extrait le suc ? En effet, on peut regretter que le poète ne nous mène pas ailleurs, que l’auteur ne nous restitue que l’écho des précédents ouvrages, qu'il n'ouvre pas d'autres perspectives, d'autres voies. Certes, la lecture reste un plaisir, un délicat enivrement, la musique est bien présente, celle émise par l'ami proche, le confident qui nous convie dans son intimité, nous laisse entrer dans son domaine le plus secret parmi ses objets familiers qui, ainsi, deviennent les nôtres, mais est-ce suffisant ? Reste la tendresse, le velouté des phrases où rien ne heurte. Il n’y a pas d’arêtes vives, pas de discours solennel, pas de sermon, moins encore de remontrances ou de profession de foi chez Christian Bobin. Nous sommes dans le domaine de la confidence, propos chuchotés qui ne sanctionnent pas, ne certifient rien, se contentent humblement de décrire l’aube et le crépuscule, le remuement délicat des choses.

 

« Je regarde le bleu du ciel. Il n’y a pas de porte. Ou bien elle est ouverte depuis toujours ». La sienne l’est également. Son seuil est accueillant, bienfaisant  comme le murmure de l’eau. Adieu Christian Bobin.

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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23 novembre 2022 3 23 /11 /novembre /2022 09:54
Blanc de Sylvain Tesson

En compagnie de Sylvain Tesson, le voyage est toujours une aventure intérieure d'une incroyable densité. On se perd dans un ailleurs qui est, en quelque sorte, comme une reconquête de soi-même, car sous la blancheur, celle de la neige évoquée ici, "le monde se retire". Cet écrivain a quelque chose du magicien, magicien des mots certes, mais bien davantage, magicien d'un univers qui est semblable au vent, à l'effort, à la flamme, à la neige, à la blancheur. Oublions le quotidien, suivons-le, car Tessson est un enchanteur plein d'amour pour l'éphémère, invoquant des paysages qui sont l'âme du monde. Il s'y prépare en permanence. Ce vagabond de l'esprit à en horreur les vies obèses chargées de "trop de tout". Lui aime à s'évader, s'ébrouer dans les paysages solitaires, les chemins vagues, les altitudes splendides, les sommets de cristal avec cette envie figée au coeur de ne "jamais redescendre dans les galeries de la termitière." 

 

 

Pour parvenir à cela, il faut accepter ce qui est, pour la plupart d'entre nous, inacceptable : le froid, la solitude, le danger, la fatigue, la peur : "C'était le miracle de chaque aube, la bénédiction de chaque départ." Et où va-t-il ce vagabond qui sait si bien fixer ses rêves, mettre à mal ses inquiétudes, en danger sa vie ? Partout où l'aventure sera une conquête sur le quotidien, des signes dans l'unité du blanc, celle de la neige des hautes altitudes. La blancheur est un univers à lui seul qui fait, en quelque sorte, de votre voyage une prière, une quête d'absolu. Se rendre ailleurs, voilà la formule qui rassemble les mots, qui font des lignes que vous tracez un ailleurs permanent car elles ne cessent de se prolonger, de vous rendre poète, magicien, pourvoyeur de rêves : " L'homme serait inspiré de faire comme l'aiguille : retenir les rayons de la vie. Jamais les ombres." 

 

 

Des brassées de visions, Sylvain Tesson en a eu chaque jour au cours de ce long périple réalisé en plusieurs fois dans les Alpes de la Savoie, du Valais, du Tessin, du Tyrol, des Alpes juliennes "dont l'absence de singularité garantissait l'éclat". Et ce que ses compagnons et lui ont cherché, chacun à leur manière, est de voir le monde et la nature non comme un paysage mais une substance, une substance universelle "dont la traversée s'appelle ... le rêve." Courses folles, dangers permanents, "dans les vallons blancs et les versants de brouillards", ils ont promené à force d'efforts quotidiens leur quête d'un ailleurs intime où la blancheur investit l'esprit dans une méditation scandée par le mouvement. 

 

 

On referme ce livre comme on le ferait d'un émouvant message de vie. La patience ne triomphera-t-elle pas de l'immensité davantage que de la force, la solitude des neiges ne l'emportera-t-elle pas sur l'obstination, tant il est vrai qu'au pied d'une montagne "on a intérêt à tronçonner ses ambitions", mais point à renoncer à ses rêves. Un livre magique dans nos vies effarées de stimuli où le délestage devient mission impérieuse. Oui, "la blancheur pardonne à l'inutile" - en le masquant et, au terme d'une journée de liberté dans la montagne où l'auteur nous invite à le suivre, nous saisissons "l'oscillation entre l'effort de la brute et la communion de l'ange".

 


Armelle Barguillet Hauteloire

 

 

La panthère des neiges de Sylvain Tesson

 

Un été avec Homère de Sylvain Tesson

 

Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson
 


"Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson   

 

 

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Blanc de Sylvain Tesson
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21 novembre 2022 1 21 /11 /novembre /2022 09:13
La déclaration de Robert Massart

 

Sylvain, un bon bougre bruxellois, se laisse convaincre d’accepter la présidence d’une association à but non lucratif, juste pour rendre service à un ami trop empressé. Cette association a pour objet de défendre l’enseignement de la langue française mais elle n’a aucun moyen, ni ressources. Etant vite réduite à l’incapacité d’agir, le nouveau président décide de la dissoudre. Les démarches effectuées, il se sent soulagé et libéré de cette charge inutile. Mais il se leurre, car l’administration fiscale décide de mettre son nez, qu’elle a pointu, dans ce dossier. Elle rappelle au président liquidateur qu’il n’a pas effectué les démarches nécessaires alors que l’association était encore en activité. Sûr de son bon droit et d’avoir accompli les obligations, il décide de passer outre aux injonctions de l’administration. Mais, comme chacun le sait, l’administration est tenace, surtout lorsqu’elle tient dans ses serres un brave citoyen peu rompu aux arcanes du droit administratif, en l’occurrence, elle s’acharne sur l'ex-président s’entêtant dans son immobilisme qu’il juge de bon droit.

 

Le conflit devient de plus en plus aigu, Sylvain est au bord de la rupture, au point d’inquiéter sa nouvelle aide-ménagère, Line, une ancienne étudiante qui n’a pas eu les moyens de financer la fin de ses études. Elle l’assiste dans ses démarches et l’initie à l’utilisation des outils informatiques et des téléprocédures. La représentante de l’administration ne lâche rien, alors, pris de colère, Sylvain envisage de menacer, par personne interposée, la fonctionnaire tenace. Line lui propose de demander l’assistance de son mari cubain, Fran, qui connait des petits voyous capables d’exécuter cette mission. Mais, rien ne se déroule comme prévu, une femme est violentée dans son quartier, la fonctionnaire est victime de deux accidents, son bureau est pollué par des grigris inquiétants, Sylvain culpabilise et craint le pire qu’il tente de prévenir.

 

Ce différend entre l’administration et l’un de ses administrés sent trop le vécu pour ne pas avoir un fondement quelconque. Ayant été moi-même président de nombreuses associations, j’ai connu divers démêlés avec les services de l’Etat et les collectivités territoriales. Ce roman me semble donc poser, une nouvelle fois, le délicat problème de la relation des pouvoirs publics avec leurs administrés. Robert Massart n’est pas un violent, il prône le dialogue, l’empathie, l’entente cordiale, tout ce qui peut rendre la vie plus facile et plus heureuse. Il faudrait que nos dirigeants et les fonctionnaires à leur service lisent ce livre, ils amélioreraient sans doute leur relations avec leurs administrés.


Denis BILLAMBOZ

 


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L'auteur

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14 novembre 2022 1 14 /11 /novembre /2022 09:44
Tout est sous contrôle de Françoise Pirart

Ce recueil se compose de plusieurs nouvelles, surtout par la taille et les thèmes qu’elles abordent, moins par le fond, sorte de fil rouge  qui semble relier ces textes de façon à ce que le lecteur puisse en tirer une morale, des impressions sur la vie écoulée et peut-être aussi des conclusions utiles à l’approche de la fin de la vie. Des liens intertextuels relient des textes à d’autres, des mots, des expressions, des lieux, des personnages, des événements apparaissent dans certains d’entre eux, comme pour leur conférer une certaine unité et conclure le recueil dans un exercice littéraire que les adeptes de l’Oulipo n’auraient sans doute pas renié.

 

Françoise Pirart n’a pas atteint l’âge auquel il devenu nécessaire de rédiger un testament, fût-il littéraire. Cependant son recueil est empreint d’une certaine nostalgie et d’enseignements qu’elle a tirés du temps écoulé, d’un certain désabusement devant les événements qu’elle a vécus, subis pour certains d’entre eux. Cet ouvrage est une sorte de panorama de ce que fut la vie à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, la période où, comme moi, même si elle est beaucoup plus jeune, elle a traversée et déjà accomplie. Une forme de satire de la société bienpensante et peu généreuse de l’époque, ce monde du m’as-tu vu, des petits bourgeois prétentieux, des frimeurs.

 

Le recueil comporte surtout des nouvelles courtes, quelques pages, pas davantage, néanmoins quelques-unes sont plus conséquentes que les autres et surtout plus originales : un ancien président de la République devenu très vieux regarde le monde depuis sa maison de retraite de luxe, il se souvient de ses concurrents, de ses prédécesseurs, de ceux qui l’ont entouré et surtout de ce qu’il a fait, de ce qu’il n’a pas fait, des promesses proférées et non tenues. Il évoque aussi le pouvoir qu’il faut bien assumer et surtout conserver… Une maison hantée, qui rend malheureux ceux qui ont voulu y habiter, apporte un petit côté fantastique, ainsi que les déboires d’un couple homosexuel confronté aux mêmes problèmes que les hétérosexuels.

 

Et avec tout cela, le temps qui coule inexorablement, la fin qui approche et à laquelle il faut commencer à penser. Le temps qui emporte les amours de jeunesse, les espoirs, les projets, les ambitions, les amitiés. C’est un regard lucide, clairvoyant, mais aussi ironique, sardonique, teinté d’un humour parfois un peu noir que Françoise Pirart jette dans le rétroviseur de sa vie. Le monde tel qu’il a été avec ses joies mais surtout ses déceptions et ses fausses promesses. Un monde de patrons qui oublient leur épouse et leur famille, de vieux qui se dessèchent dans des EHPAD, d’éditeurs qui refusent des manuscrits sans les lire, des voitures folles qui se percutent, des amours incompris, impossibles, étouffés, usés de politiciens incompétents. Mais comme l’a dit un président : « Tout est sous contrôle ! ». Un tout livré dans une écriture fine et policée qui laisse glisser en douceur aussi bien l’ironie que le sarcasme, l’amertume que la dérision.

 

Denis BILLAMBOZ


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L'auteure

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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 09:21
Le cinéma de Saül Birnbaum de Henri Roanne-Rosenblatt

Les Edifions M.E.O. rééditent ce livre paru en 2012, à l’occasion de la sortie du film « Le Chemin du bonheur » qui s'en est inspiré. Ce chemin, c’est la vie de Saül Brinbaum depuis que sa mère l’a envoyé, en 1939, à Bruxelles dans un Kinderstransport organisé par la Croix rouge pour échapper à la vindicte nazie qui déferlait alors sur l’Autriche après son annexion au Deutsch Reich par l’Anschluss. Né à Braunau-sur-Inn, comme Hitler, à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche, Saül fréquente l’école locale en compagnie de Hilde la nièce d’Hitler. Malgré la douleur de la séparation et le risque de ne jamais revoir son fils, sa mère ne peut pas assurer seule sa sécurité après la séparation d’avec son mari. Saül arrive en Belgique où une famille l’accueille comme son propre enfant mais, dès que les lois antijuives prennent effet, elle doit le confier à une mercière avec qui il va partager sa vie jusqu’à la mort de cette dernière. Il rencontre alors la femme d’un journaliste qui l’initie au cinéma et à la sexualité. Sa tante, réfugiée au Canada, lui propose de la rejoindre. Il y restera quelques courtes années avant de gagner New-York où il réussit dans le commerce de Delicatessen et assouvit sa passion pour le cinéma. Un jour il offre une caméra à son neveu John qui filme des scènes de famille. Il lui propose alors de mettre en images une nouvelle qu’un célèbre auteur a laissée en gage au magasin pour payer ses repas. Après moult tribulations et la construction de plans de financement tous plus scabreux les uns que les autres, Saül finit par convaincre une vedette de l’écran, un réalisateur et son neveu de tourner le film. Grâce à un concours de circonstances particulièrement heureux, le film est primé à Cannes et connait un succès mondial jusqu’en Autriche où Saül revient pour régler ses comptes.

 

Ce roman décrit alternativement deux temps de l’histoire de Saül, son enfance et son adolescence, sa passion pour le cinéma et sa carrière de producteur éphémère à New-York. C’est l’histoire d’un petit juif d’Europe centrale arrivé, comme de nombreux autres dont des acteurs, des réalisateurs, des producteurs, des auteurs, des musiciens et divers artistes et intellectuels encore, par des chemins détournés sur les côtes américaines où ils ont souvent réussi une belle carrière. Ils possédaient un savoir-faire, une culture, une instruction, qui leur a permis de s’intégrer, souvent brillamment, dans une nouvelle société. Ce livre est donc l’histoire d’un petit juif qui réussit dans son métier et dans la production d’un film, soit l’histoire d’un peuple en mouvement pour échapper à son massacre, une page, peut-être la plus cruelle de l’histoire de la planète, l’histoire de certains qui ont réchappé au génocide. Mais c’est aussi une vaste fresque en l’honneur du cinéma américain de l’après-guerre, l’histoire de son épopée, de son financement plus ou moins occulte, plus ou moins frauduleux, les pressions idéologiques, politiques, médiatiques, démagogiques, publicitaires qu’il subira. C’est également  la magie que cet art a déversé sur le monde quand nous étions plus jeunes, beaucoup plus jeunes… Dès les premières pages de ce livre, j’ai pensé au film d’Axel Corti  « Welcome in Vienna ». Si vous le lisez, vous admettrez que je ne m’étais pas tellement égaré. Et, pour mieux m’imprégner de cette intrigue, j’irai voir « Le Chemin du bonheur » dès qu’il sera projeté dans ma ville.


Denis BILLAMBOZ



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L'auteur

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31 octobre 2022 1 31 /10 /octobre /2022 09:26
Un héritage d'amour de Myette Ronday

Agnès, la fille que Mathilde a conçue avec Leni, un soldat allemand dont elle est tombée amoureuse en 1942, inventorie, en 1996, la maison laissée par sa mère après son décès alors que des promeneurs découvrent, dans l’estive, dont elle a hérité dans les Pyrénées, les restes d’un cadavre. La découverte des ossements et leur identification bousculent les plans ourdis par les quelques personnes concernées par cette affaire. Dans la maison de sa mère, Agnès recherche ses origines et son enfance à travers les cartes postales que son père lui a adressées et que sa mère ne lui a jamais remises, les lettres que sa mère a écrites à son père sans jamais les lui envoyer, et, enfin, dans les confidences d’un homme encore très jeune à l’époque, un témoignage sur la vie que le jeune couple a menée à l’estive.

 

Le père de Mathilde, chef dans la Résistance, avait conduit le jeune couple dans une cabane très sommaire sur son estive, le temps que la jeune femme assure sa grossesse. La guerre finie, le couple, avec son bébé, a rejoint la vallée où le papa allemand a été traité comme un prisonnier de guerre mais dans les meilleures conditions, à proximité de sa femme et de son enfant. Bientôt, Leni doit rentrer dans sa maison en forêt Noire pour redresser l’entreprise familiale en déroute. Il propose alors à Mathilde de le rejoindre mais elle refuse, elle a placé sa fille dans des internats pour qu’elle soit à l’abri des quolibets et maltraitances de la part des enfants du village. La relation entre la mère et la fille n’en n'est nullement renforcée, d’autant plus que la mère n’évoque jamais les origines de la jeune fille, allant même jusqu’à lui donner un père qu’elle épouse pour sauver la face. En grandissant Heide, désormais Agnès, se pose des questions et commence à comprendre certaines choses qui l’incitent à chercher ses véritables origines. 

 

Cette histoire pourrait faire partie de la constellation des dégâts collatéraux qui ont détruit de très nombreuses familles et communautés pendant et après la dernière guerre. Myette raconte les malheurs de Mathilde et la quête d’Agnès avec beaucoup de sensibilité et d’émotion, de douceur et de tendresse, malgré les arias qui encombrent le chemin de cette famille cherchant un avenir possible, un amour familial et même une relation sentimentale en ce qui concerne Mathilde. L’écriture poétique de Myette apporte encore plus de douceur et de tendresse dans le monde de violence où évolue cette famille détruite, cet amour éventé, cet avenir en pointillé…

 

Myette connait aussi très bien la nature où elle situe et décrit ses personnages. La flore, notamment les plantes sauvages, est son royaume, elle les connaît toutes comme aucun paysan ne les connait, elle sait les nommer, désigner leur propriétés, ainsi elle a su mettre de l’amour et de la tendresse dans les prés de l’estive et de la vallée. Nous avons, aujourd’hui, tellement besoin de tendresse et d’amour qu’il faudrait que Myette nous enseigne la poésie et la botanique pour calmer les ardeurs des va-t’en guerre qui peuplent la planète en l’enflammant.

 

Un petit post scriptum pour dire que j’ai apprécié son art de l’utilisation des mots que certains croient désuets et qui sont pourtant tellement savoureux et si expressifs.

 

Editions Complicités

 

Denis  BILLAMBOZ


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25 octobre 2022 2 25 /10 /octobre /2022 08:25
Ensemble, nous veillerons le feu

Ici, nous avons cru la nuit définitive,
peuplée de grands ducs et de dames blanches.
Crois-moi si je te rappelle que l’enfance
a le goût des cerises et des pommes sures.
Crois-moi si je t’évoque le parc empli de mystères
où s’empannent les ailes des oiseaux nocturnes.
La demeure resplendit comme une châsse
au bout de la nef d’arbres centenaires,
un peuple de fantômes s’y ébat
à la lueur mourante des chandelles.
Entends le bruit de leurs bottines
qui claquent sur les dalles de marbre noir !
Non, nous ne pouvons plus vivre ici,
trop obsédante est l’attentive sollicitude des  branches,
le frémissement des trembles,
alors que passe l’étranger.
Et puis, au large de la plaine,
le ciel a la couleur de l’ambre.

 

Scrupuleuse, je définis ta place parmi nous,
j’élargis le cercle où tu figureras,
je ferme toutes ouvertures sur le réel,
afin que le foyer soit clos infiniment
sur nos longues nuits désirantes.
Ensemble, nous veillerons le feu.
Je te dirai : recueille-toi, la haute chambre
dévoile son secret,
l’astre franchit l’augure,
la matière se libère et s’aimante,
n’est-ce pas enfin l’obscur qui consent ?

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE ( extraits de « Profil de la Nuit » )

 

 

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Ensemble, nous veillerons le feu
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24 octobre 2022 1 24 /10 /octobre /2022 07:34
Protocole Magog de Marbot, Trauman et Lavault

 

Alors qu’il allait donner sa première communication à l’occasion d’une conférence sur le cryptage informatique au Palais des congrès de Nice, Abel est abattu par un individu très discret qui s’évapore dans la nature. Abel,  associé avec Alain, un ancien trader reconverti dans la vente de logiciels de trading aux banques, est un petit génie de l’informatique. Ensemble, ils ont fondé une start-up développant des logiciels innovants dans ce domaine très pointu du cryptage homomorphique. Un logiciel que seul Abel développe en secret et qui est très convoité par les mafias des pays de l’Est.

 

L’enquête est confiée à la commandante Sanda mais elle est vite dessaisie car Alain est lui aussi assassiné à Paris et dans les deux enquêtes apparait le nom d’un oligarque kazakh dont les activités ne semblent pas claires, notamment pour les dirigeants d’une des plus grandes banques qu’il a escroquée d’une somme très coquette. Et, comme sa petite amie du moment a été méchamment torturée avant d’être assassinée, l’affaire prend une dimension nationale d’autant plus que l’oligarque en question bénéficie de l’appui de l’Etat et des services de renseignements qui le soutiennent dans ses ambitions politiques pour contrarier l’emprise russe au Kazakhstan.

 

La Commandante Sanda ne lâche pas l’affaire et mène parallèlement sa petite enquête avec l’appui d’un de ses ex-petits amis malgré les injonctions de sa hiérarchie et des divers services impliqués dans cette ténébreuse affaire qui mobilise plusieurs services de l’Etat, une grande banque, des puissances françaises et étrangères et, bien sûr, un mafieux riche et ambitieux. Les comptes se règlent violemment, on torture sans vergogne, mais aussi à coups de cyber-attaques qui déstabilisent tout un pays.

 

Les trois auteurs ont réuni leurs compétences et leurs connaissances du monde de la grande finance, de la cybernétique appliquée à la gestion occulte des mouvements de capitaux et de la géopolitique souterraine, celle qu’on n’évoque jamais dans les médias, pour écrire ce roman dystopique qui pourrait facilement devenir une réalité concrète. Il suffit, pour s’en convaincre, d’essayer de comprendre comment un conflit comme celui qui ravage actuellement l’Ukraine, tout en menaçant le monde entier, a pu naître et s’amplifier. Les meilleures analyses proposées par les inénarrables experts des télévisions du câble, et même les autres, ne nous convaincront pas qu’il n’y a pas d’autres intérêts en jeux pour provoquer un tel déferlement de violence. Alors, lisons le livre de ces trois auteurs et nous pourrons mieux comprendre comment d’autres intérêts peuvent entrer dans le jeu géopolitique qui a dégénéré en un conflit impliquant plus ou moins les grandes puissances. Ce livre montre bien aussi que la machine à tout faire que nous avons inventée pour gagner toujours plus en faisant toujours de moins en moins d’efforts pour mériter le confort dont nous bénéficions, peut se retourner contre nous, s’emballer et tout détruire dans sa folle épopée même si elle n’est que virtuelle. Le virtuel est peut-être plus dangereux que le réel, il est moins contrôlable, moins prévisible …

 

Denis BILLAMBOZ

 


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Les auteurs

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17 octobre 2022 1 17 /10 /octobre /2022 08:54
Kill Jekyll de Corinne Vitali

Quand j’ai découvert cet ouvrage, je me suis souvenu d’un recueil de textes courts que Corinne avait publié chez Louise Bottu Editions en 2016, il me semble. Ces textes évoquaient sa relation avec son père, la vie qu’il avait pu avoir entre les soixante-dix-huit ans qu’il avait au moment où elle écrivait et les trente-neuf ans qu’elle avait à ce même moment. Dans ce nouveau recueil, elle propose sept textes, davantage des récits que des nouvelles, des tranches de vie, évoquant des couples plutôt improbables, du moins pas très ordinaires, le plus souvent dans des situations particulières comme on peut le constater ci-dessous à travers mes brefs résumés.

Le récit de la relation entre Antoine, jeune handicapé en fauteuil roulant qui rêve de visiter Naples où Maradona est l’idole de toute la ville, et de Claude, son ami, qui, lui, a visité Naples seul, incapable d’assumer le handicap de son ami. Antoine n’a pas pu résister à cette trahison…

L’histoire d’une traductrice qui accompagne un expert chez les agriculteurs pour les inciter à des pratiques culturelles plus écologiques. Ils couchent au gré de leur périple dans la campagne, parfois dans le même lit, mais l’expert ne veut absolument pas d’une relation sexuelle avec elle malgré tous les efforts et les artifices qu’elle déploie.

Le récit des aventures d’un homme qui aime Amy à la folie mais qui ne peut pas s’empêcher d’aller voir comment est l’herbe ailleurs, plus verte peut-être, plus excitante, plus savoureuse, plus ... plus, il ne sait pas trop car ses aventures restent éphémères.

L’histoire, un peu fantastique, d’un gars qui rêve d'être le fils de Clint Eastwood si celui-ci n’avait pas obligé sa femme à avorter. Une histoire compliquée d’un gars qui s’incarne dans la peau d’un homme qui n’est jamais né.

Le récit de la déprime de Louise, elle ne croit plus en l’avenir et pas plus en sa vie actuelle. Elle ne veut plus de relations sexuelles, elle repousse  son conjoint qui la trompe sans vergogne avec des jeunes filles dont certaines sont encore en fleur. Il trouve dans ces nouvelles aventures des sensations qui le conduisent à une véritable obsession pour le sexe.

Un bouseux, persuadé qu’il ne trouvera jamais une femme à qui il pourrait plaire et qu’il restera donc célibataire, se laisse aller au fond de sa campagne perdue. Et, pourtant il rencontre Sylvia dont il tombe amoureux. Ils s’aiment en s’engueulant régulièrement. Elle ne veut pas d’enfant, il ne le supporte pas, craque, au moment où l’orage se déchaîne détruisant tout, au moment où  un étranger, qui semble connaître Sylvia, arrive à la maison.

Deux veufs meublent ensemble leur temps car ils ont perdu  leurs compagnes dans des circonstances très différentes. Et, pourtant Robert ne supporte pas Joe qui a été malhonnête avec son épouse. Cette histoire fort romanesque le conduit à préférer la compagnie de Mitchum, son chien, à celle de son détestable ami, mais aussi à Cecilia une jeune fille à qui il voudrait apprendre à conduire…

Corinne écrit des récits contemporains dans une écriture élaborée, très riche, souvent recherchée et d’une entrême précision. Il est donc  difficile de résumer ces sept textes dans lesquels elle évoque les failles et les ruptures qui rendent  improbables les amours pérennes. Elle sonde ses personnages jusqu’au plus profond de leur cœur et de leur âme, mais elle évoque surtout la part charnelle, animale, reptilienne qui entrave souvent les relations amoureuses. Je n’ai donc pu qu’esquisser les textes de Corinne dans lesquels, je n’ai pas vu, comme je l’ai déjà écrit, des nouvelles mais plutôt une première démarche vers la création romanesque. A la lecture de ces récits,  j’ai eu l’impression qu’elle cherchait son chemin vers l’écriture d’un roman profond,  contemporain, un texte sur l’impossibilité de vivre un amour éternel. Corinne Vitali aime l’Ecosse dont plusieurs de ses personnages sont issus et le cinéma, Clint Eastwood, Robert Mitchum qui prête son nom à un chien. Ses évocations de la lande écossaise et des films joués par ses  acteurs de prédilection donnent un caractère encore plus visuel à ses textes.


Denis BILLAMBOZ


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