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18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 08:37
Mariage contre nature de Yukiko Motoya

La littérature japonaise se préoccupe souvent des problèmes relationnels entre les êtres notamment au sein des couples et Yukiko Motoya semble y trouver matière à roman puisque c’est son deuxième livre sur ce sujet que je lis. C’est un plaisir car sa prose est légère et élégante.

 

 

Mariage contre nature

Yukiko Motoya (1979 - ….)

 

J’ai déjà lu l’an dernier un autre roman de Yukiko Motoya « Comment apprendre à s’aimer » qui évoquait les difficultés relationnelles apparaissant au fil du temps entre les époux ou les amis, il semblait conclure qu’il suffirait peut-être que nous soyons tous un peu plus tolérants pour que les frictions et autres contrariétés cessent de polluer notre vie. Et, dans ce présent roman, elle reprend le thème de la relation entre époux comme pour pénétrer, plus à fond dans leur union, ce qui l’a constituée et surtout ce qui la perturbe et l’altère.

 

San, une jeune femme n’aimant pas beaucoup son travail est heureuse de le quitter quand elle épouse un homme qui gagne suffisamment d’argent pour lui permettre de rester à la maison où elle se plait bien. Mais un beau jour elle découvre qu’elle ressemble de plus en plus à son mari et que celui-ci vieillit, ses traits s’avachissent, sa silhouette se tasse. « Les pensées de l’autre, ses goûts, ses paroles, ses actes supplantaient peu à peu les miens à mon insu et quand je m’apercevais que je me comportais comme si j’avais toujours été ainsi, cela me paniquait ». Son mari est plutôt grossier, peu attentif à sa femme, peu affectueux, c’est un rustre avec lequel elle n’arrive même pas à échanger sur leur avenir commun. Elle n’a de contacts qu’avec sa voisine plus âgée qui est fort attachée à son chat dont il faut absolument qu’elle se sépare.

San assiste la voisine dans sa séparation et réfléchit à sa situation, son mari prend de plus en plus sa place à la maison, elle doit prendre l’initiative pour reconquérir son territoire. « J’avais toujours laissé les hommes se repaître de moi », elle veut changer cet état de fait. Yukiko Motoya a trouvé une fin surprenante, poétique, fantastique à cette histoire d’amour diluée dans le flot de la vie quotidienne. On reste ensemble parce que c’est plus pratique, plus confortable… mais la vie perd son goût, ses émois, ses émotions…

 

Comme son précédent roman, celui-ci est tout aussi léger, délicat, fin, les choses graves se diluent dans une fantaisie poétique tout à fait charmante même si celle-ci masque mal les difficultés du couple à constituer la famille solide et pérenne à laquelle aspire San et peut-être de nombreux jeunes japonais qui semblent plutôt subir leur vie que la vivre.


Denis BILLAMBOZ

 

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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 09:19
Sous une pluie d'épines de Vu Tran

Vu Tran a fait partie des « boat people » qui ont quitté le Vietnam après la débâcle des Américains. Dans ce recueil de nouvelles, il raconte la vie des combattants pendant la guerre de libération mais aussi des histoires inspirées de la mythologie vietnamienne. Tous ces textes ont en filigrane l’affrontement inéluctable entre le nord et le sud du pays qui ne peuvent pourtant vivre l’un sans l’autre.

 

 

Sous une pluie d’épines

Vu Tran (1975 - ….)

 

 

Tran Vu a quitté le Vietnam alors qu’il n’était encore qu’un grand adolescent, à bord de l’un de ces bateaux qui ont constitué les boat people, ce peuple fuyant le pays après la défaite des Américains en défiant l’océan en grappes humaines entassées dans des rafiots de fortune au risque de leur vie. Après avoir séjourné dans un camp aux Philippines, il a été recueilli en France où il vit toujours. « Nous sommes encore très jeunes. Cela ne se voit pas sur nos visages, dans nos yeux mais dans nos inextinguibles rêves ».

 

Ce recueil comprend six nouvelles qui racontent, dans une langue luxuriante, colorée, chatoyante, les relations violentes, cyniques, sadiques qui ont souvent régné entre les deux parties du Vietnam. Une relation indestructible, comme une fatalité qui unit deux frères qui s’aiment  sans jamais pouvoir vivre en paix. Dans la première nouvelle, il narre la dernière année d’un jeune homme dans ce pays, ses premières beuveries, ses cauchemars d’après la guerre, ses premières expériences sexuelles, la désillusion d’une révolution détournée, la naissance d’un nouveau capitalisme, les carnages récurrents qu’on ne peut pas oublier.

 

Dans la deuxième nouvelle, Tran propose une hypothèse pour résoudre l’assassinat   mystérieux dont a été victime Huê, le roi sanguinaire qui a unifié les deux parties du Vietnam, celle du sud et celle du nord. Dans la troisième, il met en scène la relation sadomasochiste qui unit une femme et son amant sous les yeux de son mari indifférent ou ignorant. La quatrième raconte l’histoire cruelle d’une fille qui rentre dans sa famille qu’elle a dénoncée aux révolutionnaires. La cinquième est consacrée à la vie, notamment celle des jeunes femmes dans les souterrains Viêt-Cong où la claustration rend les gens fous, cruels, sadiques, déshumanisés. La dernière est un texte magnifique, une histoire horrible, celle d’un jeune totalement défiguré qui oblige sa sœur à l’aimer car aucune autre femme ne le pourra. La chute est totalement inattendue et clôture remarquablement le recueil.

 

J’ai admiré l’écriture de ce Vietnamien réfugié en France, il a l’art de dire des choses d’une cruauté et d’une horreur abominables dans un langage d’une grande beauté. J’ai aussi cru déceler dans ces nouvelles l’évocation du désamour permanent séparant les deux parties du pays qui ne peuvent cependant pas vivre l’une sans l’autre. « L’amour entre Loan et Lu s’enfonçait de jour en jour dans une lugubre débauche. Comme l’histoire des Viêts à l’instant irrésistible où ils envahissaient le sud, massacraient les peuplades plus faibles qui y vivaient ». Comme une malédiction qui pousserait les deux pôles du pays à se confronter dans les pires violences pour vivre dans une union qui semble inéluctable mais difficilement accessible.

 

Je suis resté cependant interrogatif en imaginant cet auteur affrontant les pires tourments pour sauver sa vie et gagner la liberté et semblant regretter de n’avoir pas été plus actif dans le combat qui opposait les deux parties du pays. « Je veux vivre cette guerre. Je veux participer. Prendre ma part de crimes. Faire face. Assumer mes responsabilités. Je veux voir de mes yeux les fosses engloutir les cadavres de mes frères, je veux pour une fois tuer… » On dirait que, dans son exil, il lui manque un bout de son histoire sans bien savoir lequel, peut-être celui qui n’a pas existé, celui qui aurait créé un pays libre où les peuples auraient pu vivre dans la quiétude et la paix ? Car il déplore vivement les perpétuels affrontements qui déchaînent les gens du nord contre ceux du sud et vice-versa. « … pitoyables sont ceux qui doivent vivre dans un pays qui ne connait pas d’autres normes au gouvernement des hommes que « Tuer ».

Denis BILLAMBOZ

 

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Sous une pluie d'épines de Vu Tran
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6 décembre 2017 3 06 /12 /décembre /2017 09:52
Ma lettre au Père Noël 2017

 

Voyez-vous en me préparant à écrire ma lettre au Père Noël, je me sens, cette année encore, indécise et perplexe, car je ne parviens pas à me faire à l’idée que la plupart des gens ne croient plus à rien et que mon propre entourage a éclaté de rire lorsque je lui ai avoué que j’allais très prochainement me saisir de ma plus belle plume pour lui adresser un message. Comment, tu crois au Père Noël ? – se sont-ils esclaffés en pouffant dans leurs mains. Eh bien oui, ai-je répondu, je crois au Père Noël, à cette dernière lueur de poésie qui brille encore faiblement sur notre grise planète car je ne puis imaginer un monde sans espérance, sans rêve, qui n’envisagerait pas de farder les jours, voire les nuits, avec les couleurs de l’imagination. Envisagerions-nous un monde sans fée, sans lutin, sans clown, sans prestidigitateur, sans fabulateur, sans conteur, sans tapis volant et sans lui, ce cher Père Noël, pour nous inviter à quitter, ne serait-ce qu’un court moment le quotidien et ses séries noires car, hélas, le mal se porte bien !

 

Je n’ai, pour tenter de convaincre les plus désabusés, les plus désenchantés d’entre nous, que quelques arguments, mais ceux-ci ne manquent pas de pertinence. Réfléchissons à ce que serait une existence sans illusion, une vie sans désir, un monde sans attente. L’attente de quelque chose de doux, de bon, qui nous serait destiné. Un cadeau du ciel, mais oui, un sourire de dame providence. Un futur corrigé d’une plume alerte et opportune.

 

Il est vrai aussi que le Père Noël, auquel je m’adresse, n’est pas celui rondouillard et peu loquace reproduit à l’identique et de multiples fois dans les rues et les grandes surfaces de nos villes au moment de l’Avent ; le mien est aujourd’hui encore paisiblement assis sur sa planète avec son char d’étoiles à ses côtés et son hamac couleur d’arc-en-ciel. Il médite en contemplant les aurores boréales, les innombrables couchers et levers de soleil dont s’émerveillait déjà le petit Prince, et surtout il ne cesse de s’étonner de l’agitation qui anime, et trop souvent pour le pire, notre planète Terre. C’est la raison pour laquelle il a choisi la nuit et son calme relatif pour agir à la vitesse de la lumière et déposer ses présents dans les souliers de nos enfants.

 

Si je me permets de lui souffler un conseil, soyez assurés que je le fais avec infiniment de respect et dans le seul souci de relever un défi : en effet l’inculture, qui frappe notre jeunesse, ne cesse, au fil des années, d’être préoccupante, aussi j’ose appeler le Père Noël au secours des nombreux enfants qui risquent de passer à côté de la littérature, de la musique, de la peinture et de la poésie, faute d’y être sensibilisés dès leur jeune âge et peuvent être tentés de céder à l’illusion, à la facilité, à violence, à l’arbitraire, voire même à la tyrannie. Oui, pourquoi ne pas envisager cela, notre Père Noël chargeant sa hotte de millions de livres et de disques, d’albums et de recueils de poésie, de légendes exaltantes et de fables drolatiques, et déposant dans les petits souliers, qui attendent au pied du sapin ou de la cheminée, mille ans, voire davantage, d’inspiration, d’esprit, d’illumination et de grâce.  Alors ce Noël serait le plus beau du monde.
 

ARMELLE

 

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Ma lettre au Père Noël 2017
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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 09:02
Les liens du sang de Errol Henrot

François aime les animaux mais son père est tueur aux abattoirs de la petite ville et il doit bientôt assurer la succession. Un drame cruel, un piège dont il faudra bien qu’il sorte d’une façon ou d’une autre. Peut-être que la poésie l’aidera ?

 

Les liens du sang

Errol Henrot (1982 - ….)

 

Jeune garçon dans une petite ville de province, François vit mal, il est n’est pas à l’aise dans sa famille et en conflit permanent avec son père, tueur dans un abattoir. Quant à sa mère, il la juge trop passive, soumise à cet homme brutal. A l’école, il est le souffre-douleur de ses camarades et, en définitive, n'est heureux que dans la nature, au contact des animaux qu’il aime et respecte. Introverti et hypersensible, il ne souhaite pas poursuivre ses études au-delà du bac et aspire à rester seul dans son coin de campagne. Mais comme il faut bien gagner sa vie, son père le fait embaucher à l’abattoir où il devient, comme lui, tueur.

Son premier contact avec l’abattoir est un choc terrible, les descriptions qu’il fait sont insupportables, on se croirait dans « La filière émeraude » de Michael Collins » (si je ne me trompe pas d’Irlandais). Par chance, la rencontre avec une femme provoquera le choc décisif qui va rompre la tradition familiale avec cette infernale machine à tuer.

Voilà un ouvrage qui est tout d'abord un terrible réquisitoire contre l’abattage des animaux en France mais, s’il n’avait été que cela, il ne m’aurait pas beaucoup passionné car ce sujet est désormais régulièrement traité dans les divers journaux télévisés. C’est devenu un marronnier médiatique. Ce qui m’a surtout interpellé est la fragilité de ce jeune homme devant cette situation sans issue, étant donné qu’il lui est impossible de trouver un autre emploi dans cette ville provinciale et impossible de dénoncer les pratiques sadiques de certains employés sans affronter la chaîne de la solidarité interne. Comment échapper alors à ce qui semble être une fatalité ?

Ce qui m’a le plus accroché dans ce récit, est l’excellence de l’écriture de son jeune auteur qui est en mesure de proposer des pages d’une grande poésie dans un contexte d’une brutalité inouïe. Le héros peut mettre ainsi un immense espace entre la forêt où il aime à se réfugier et l’abattoir tout proche. Il ne milite pas pour la reconsidération de la chaîne alimentaire, il voudrait seulement que les hommes ne considèrent plus les animaux comme des sujets de souffrance sur lesquels le premier venu peut exercer son sadisme incontrôlable. Aussi, j’attends avec impatience que Errol Henrot rédige un autre livre moins engagé qui mette davantage en valeur son écriture si fluide, si claire, si lumineuse.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 09:22
Stefan Zweig ou la nostalgie de l'ancienne Europe

Né le 28 novembre 1881 à Vienne dans une famille de riches industriels israélites, le jeune Stefan préfère la lecture au jeu et fait preuve, dès son âge le plus tendre, d'une austérité naturelle et de peu de goût pour le grand monde et les plaisirs futiles. Elève moyen, il s'intéresse principalement à tout ce qui touche à l'art et à la philosophie. Il écrira à cette époque : "Le seul moment heureux que je doive à l'école, ce fut le jour où je laissai retomber pour toujours sa porte derrière moi." Très vite il s'enthousiasme pour la poésie et lit avec passion Rainer Maria Rilke, de six ans son aîné. Puis, ce sera la découverte de la vie de café où il peut discuter pendant des heures avec ses amis, jouer aux échecs, lire les journaux et les revues culturelles que les cafés répartissent sur des tables à la disposition de la clientèle. Lui-même a commencé à rédiger des poèmes qui seront publiés dans des revues comme Die Zukunfr ( l'Avenir ). Reçu au baccalauréat, il quitte l'appartement familial pour emménager dans une chambre d'étudiant où la vie qu'il se prépare à mener conviendra mieux à sa nature que la cage dorée où il se sentait prisonnier de tout un arsenal de principes, et s'inscrit à l'université de philosophie. Mais, plutôt que de suivre ponctuellement les cours, il préfère se consacrer à l'écriture et, dès 1901, a déjà écrit trois ou quatre cents poèmes dont il fera une sévère sélection pour n'en retenir qu'une soixantaine publiés sous le titre "Les cordes d'argent". Cette même année, il fait paraître également sa première nouvelle "Dans la neige" (Im Schnee ) qui conte l'histoire d'une communauté juive livrée aux brimades d'une horde de flagellants comme s'il voyait déjà se profiler les heures sombres du nazisme... 

 

En 1902, Zweig rencontre à Paris Emile Verhaeren qui lui transmet le goût des "forces tumultueuses" et dont il deviendra le traducteur et le biographe. De même qu'il écrira une préface de quinze pages pour l'oeuvre de Verlaine aux éditions Schuester und Loeffler. A Berlin où il réside un moment, il fait la connaissance des poètes maudits, s'initie à la vie de bohème, se passionne pour les romans de Dostoïevski et la peinture de Munch. Rentré à Vienne, il soutient sa thèse sur Hippolyte Taine et est reçu docteur en philosophie au grand soulagement de ses parents. Désormais Zweig va consacrer sa vie aux voyages et à son travail d'écrivain, visitant Prague, la Sardaigne, Rome, la Corse, Ceylan, Calcutta, Rangoon, publiant des pièces de théâtre comme "Thersite" et "La maison au bord de la mer", jusqu'à ce que la guerre de 14/18 provoque chez lui un véritable traumatisme. Il comprend qu'elle amorce la fin d'un monde et des valeurs auxquelles il était attaché. C'est d'ailleurs à ce naufrage qu'il fera allusion dans la plupart de ses nouvelles et romans qui ne cessent plus de se succéder.

 

En 1922, il publie sa première biographie "Marie-Antoinette", une oeuvre remarquable et une analyse d'une finesse et d'une acuité rares sur les personnages de l'époque et les vicissitudes du pouvoir et s'installe à Londres en 1934, sentant peser sur les juifs les menaces du IIIe Reich. Ses ouvrages n'ont-ils pas été brûlés à Munich et dans d'autres villes allemandes, sombre présage. Bientôt, l'invasion de l'Autriche et son annexion par l'Allemagne hitlérienne le dissuadent d'y retourner et c'est en Angleterre qu'il publie successivement les biographies de Marie Stuart, d'Erasme, de Magellan, son "Castellion contre Calvin" et un roman "La pitié dangereuse", devenant citoyen britannique peu de temps après son installation. En secondes noces, il a épousé sa secrétaire Lotte Altmann qui ne le quittera plus.

 

En 1941, l'Angleterre étant entrée en guerre contre l'Allemagne, il la quitte, réside quelques mois à New-York et s'envole définitivement pour le Brésil dans l'espoir d'y trouver la tranquillité de l'esprit. Mais ce serait mal le connaître. Le désespoir n'a cessé de le ronger et, après avoir rédigé son autobiographie "Le monde d'hier", il quitte à jamais le monde présent qui a tout pour le désespérer. Le 22 février 1942, après avoir écrit à leurs proches et aux autorités locales de Petrópolis, au Brésil, où ils se sont exilés, Stefan Zweig et sa femme Lotte consomment assez de barbituriques pour ne plus se réveiller.

Le message d'adieu rédigé par Stefan est le suivant : 

"Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j'éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m'a procuré, ainsi qu'à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j'ai appris à l'aimer davantage et nulle part ailleurs je n'aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l'Europe, s'est détruite elle-même.

Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d'errance. Aussi, je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.

Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l'aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux."

Stefan Zweig, Pétropolis, 22-2-42


Le lendemain, Stefan Zweig n'était plus. Sa femme l'avait suivi dans la mort. 

 

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Stefan Zweig ou la nostalgie de l'ancienne Europe
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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 09:11
Le dimanche des mères de Graham Swift

Un joli roman anglais comme les écrivains britanniques en ont écrit des quantités avec bonheur. Un roman qui montre qu’entre la réalité et la fiction l’espace est bien mince et que les mots peuvent être espiègles.

 

 

Le dimanche des mères

Graham Swift (1949 - ….)

 

 

En Angleterre, le jour des mères, les maîtres donnent congé à leurs employés de maison pour qu’ils puissent visiter leurs parents. Ce 30 mars 1924, les Niven, les Sherigham et les Hobday respectent la tradition et laissent leurs domestiques, surtout des femmes car les hommes ont souvent disparu lors de la terrible guerre sur le continent, aller visiter leur famille. Mais Jay n’a pas de famille alors elle attend un coup de fil de son amant qui arrive bientôt dans la maison de ses patrons qui devrait être vide car les trois familles ont décidé de faire un pique-nique en l’honneur du futur mariage de la fille Hobday avec Paul Sherigham, l’amant de Jay.

Le décor est planté : les maîtres piquent-niquent, les domestiques sont dans leur famille respective, les futurs mariés se sont donnés rendez-vous dans une auberge. La tragédie peut se nouer mais le futur époux Paul Sherigham s’attarde auprès de sa maîtresse Jay pour un dernier rendez-vous. Il lui laisse la demeure, se fait beau et quitte la maison au volant de sa voiture, fonçant vers son destin.

Bien longtemps après, alors qu’elle  a  98 ans, Jay répond aux questions des auditeurs de l’une de ses lectures, elle leur dit qu’elle a décidé de devenir écrivaine après cette tragédie mais elle ne raconte pas les amours ancillaires qu’elle a vécues avec le beau Paul, ça personne ne l’a jamais su. Elle évoque surtout Conrad qu’elle admire, les mots qui sans cesse lui jouent des tours, qu’elle n’arrive pas à maîtriser, « … elle était obsédée par le caractère changeant des mots. Un mot n’était pas une chose, loin de là. Une chose n’était pas un mot. Cependant, d’une certaine façon, les deux – choses – devenaient inséparables. »

Qu’aurait été sa vie sans cette tragédie ? Que serait-elle devenue, elle la petite orpheline placée dès son plus jeune âge ? Heureusement, elle savait lire et Mr Niven lui avait ouvert les portes de sa bibliothèque, elle avait pu ainsi confondre sa vie misérable avec les histoires qu’elle lisait. « C’était la grande leçon de la vie, que faits et fiction ne cessaient de se confondre, d’être interchangeables ». Le malheur avait sorti cette pauvre soubrette de sa médiocre condition pour en faire une auteure connue et reconnue mais aussi une femme lucide qui avait bien compris que la vie n’était que hasard et qu’elle pouvait basculer d’un côté ou de l’autre au moindre souffle du vent. Le succès ne lui avait pas fait tourner la tête qu’elle gardait  bien froide malgré son âge. Elle aimait répéter à l’adresse des auteurs comme des lecteurs : «  Eh bien vous devez comprendre que les mots ne sont que des mots, un peu de vent, c’est tout… »

Denis BILLAMBOZ

 

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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 09:51
2401 de Bob Boutique

Pour une fois je vous propose un polar alors que je n’en lis presque plus mais celui-ci, né au pays de la célèbre Chimay bleue, m’a paru assez original et plutôt intéressant.

 

2401

Bob Boutique *

 

J’ai profité d’un voyage en train en Belgique pour lire ce gros roman noir qui raconte une histoire originale, fort complexe, et dont l’intrigue est particulièrement bien construite, surtout la partie belge, par Bobo Boutique, l’auteur. A Chamy, dans le sud de la Belgique, ne pas confondre avec Chimay le village où l’on produit la célèbre bière étiquetée de bleu, un ou plusieurs corbeaux sèment la panique dans la population. D’étranges lettres anonymes parviennent chez certaines personnes qui leur proposent un surprenant marché : le silence sur leurs agissements délictueux en échange de la soumission d’une autre  victime au même mode de chantage. Chaque victime redoutant la divulgation de la vérité se soumet à ce petit jeu.

 

Pendant ce temps, un éminent responsable de la communauté musulmane d’Amsterdam est assassiné lors d’un attentat à la voiture piégée. La police antiterroriste hollandaise, la KMAR, découvre vite que l’auteur de cet attentat viendrait de ce petit village belge de Chamy. Aussi décide-t-elle d’envoyer une de ses inspectrices sur place pour tenter d’en apprendre davantage sur la  population de ce coin de Belgique. La jeune inspectrice comprend vite que des choses étranges se passent dans ce village et, après avoir lié amitié avec une jeune femme perturbée, elle décide de prendre sa place lors d’une réunion occulte à laquelle elle est conviée.

 

Lors de cette réunion, la policière est enlevée et conduite après un long périple à Sion. Son supérieur s’inquiète de sa disparition et lance son équipe à sa recherche avec l’appui de la police belge qui, elle aussi, ne comprend pas le remue-ménage inquiétant qui affecte cette région. Le roman bascule alors dans un autre monde, celui de ceux qu’on présente comme des anormaux, ceux qui sont nés avec des malformations physiques lourdes. Un médecin suisse spécialiste de la tératologie (la science des anomalies de l'organisation anatomique, congénitale et héréditaire, des êtres vivants – selon Wikipédia), avec l’appui d’une secte religieuse qui défend le droit à la vie humaine quelle qu’en soit la forme, étudie ces malformations pour comprendre leur cause. La clinique de ce célèbre médecin semble être le centre névralgique de l’organisation qui manipule la fameuse chaîne constituée par les corbeaux dévoués mais inconscients du rôle qu’ils jouent. Une féroce bataille, pleine de rebondissements, oppose dès lors les polices hollandaises et belges à cette organisation sous le regard intrigué de la police suisse.

 

Voilà un roman noir étonnant, construit sur une intrigue très originale, qui met en scène une organisation particulièrement dangereuse dont les membres ne se connaissent pas et n’ont absolument pas conscience de la portée de leurs actes. Le manipulateur est un génie de l’informatique, il peut anticiper toutes les situations auxquelles il risque d’être confronté. J’ai surtout aimé la partie du roman qui se déroule en Belgique, là où naît l’histoire qui va conduire à l’affrontement définitif. La seconde partie est plus complexe, plus lente, moins rythmée, elle entraîne le lecteur dans un monde beaucoup plus dur à accepter. L’auteur est remarquablement documenté sur le fonctionnement de la police antiterroriste, notamment sur ses activités occultes. Sa connaissance des lieux est elle aussi très intéressante, même si son imagination joue peut-être un rôle important dans la description des sites où il situe l’intrigue.

 

Nul doute que cet ouvrage  enchantera  les amateurs du genre. Personnellement, il m’a appris des choses sur la tératologie et m’a rappelé ce que nous savons tous depuis quelques années, qu’on peut activer des terroristes partout dans le monde sans même sortir de chez soi. Et cela n’est pas rassurant.

Denis BILLAMBOZ

 

* Editions Chloé des Lys

 

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2401 de Bob Boutique
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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 08:03
Afin que rien ne change de Bruno Cerqueux

« On a eu notre chance, on l’a gâchée », Renaud Cerqueux semble catégorique, l’humanité pouvait créer un monde idyllique, elle n’a rien fait pour éviter de le précipiter vers son déclin et sa fin probable et plus rapide que beaucoup le pensent.

 

 

Afin que rien ne change

Bruno Cerqueux

 

 

Dès les deux ou trois premières pages de ce livre, j’ai immédiatement pensé au Baron Empain enlevé en 1978 par des malfrats qui espéraient récupérer une énorme rançon, mais à cette époque Renaud Cerqueux n’était peut-être même pas né. Et pourtant son héros subit le même sort que le célèbre baron belge, propriétaire comme lui d’une immense fortune, enlevé et détenu dans des conditions très pénibles. Mais contrairement au baron, celui qui le séquestre ne cherche nullement à l’échanger contre une rançon, il semble avoir des motifs beaucoup plus politiques, moraux et peut-être même revanchards.

 

Emmanuel Wynne, le héros de cette triste aventure, est condamné à empiler à longueur de journée des sucres pour faire des tours, des tours qui seront vendues selon le principe qui est utilisé pour vendre les produits parfaitement inutiles qui vident le portefeuille de très nombreux consommateurs sur l’ensemble de la planète.  « Nos tours ne servent à rien et ne sont pas données, mais grâce à une campagne marketing savamment orchestrée, adossée à des recherches en neurosciences et à l’analyse de big data, ainsi qu’à la participation grassement rétribuée de quelques célébrités, nous avons réussi à générer une demande, voire un véritable engouement pour nos produits que la clientèle s’arrache ».

 

Renaud Cerqueux, prolongeant dans ce roman les nouvelles qu’il a publiées début 2016 dans son recueil « Un peu plus bas vers la terre », ne tente pas de raconter l’histoire arrivée à un individu malchanceux mais cherche à démontrer comment le système économique et financier actuel contribue à n’enrichir qu’une très faible partie de la population au détriment de l’autre, au risque même de provoquer un cataclysme définitif plus rapidement que les scientifiques le prévoient. Il explique comment quelques profiteurs dénués de tout scrupule s’enrichissent toujours davantage, quels que soient les régimes politiques qui gouvernent le monde. « Ils ne se salissent jamais les mains. Ils délèguent la violence. Après des années d’hystérie, même le FMI a reconnu que le ruissellement vers le bas des capitaux était un mythe de l’économie néolibérale, que les riches ne font pas le bonheur de tous ».

 

« Afin que rien ne change » n’est pas un livre pour attirer l’attention des citoyens, les inviter à agir vite, très vite ; non, il semble que son auteur pense qu’il est déjà trop tard, que les dés sont jetés et que les petits-enfants des papas de sa génération subiront les affres des modifications climatiques générés par les abus des générations précédentes sous la houlette des grandes fortunes qui gouvernent la planète. « On a eu notre chance, on l’a gâchée. On a tout foutu en l’air. Après des millions d’années d’évolution, on lutte toujours pour notre survie, comme des bêtes sauvages ». L’espoir semble bien mince de voir reculer l’échéance fatale.


Denis BILLAMBOZ

 

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Afin que rien ne change de Bruno Cerqueux
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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 09:30
L'herbier de Marcel Proust de Dane Mc Dowell

 

Voilà un ouvrage plein de délicatesse que  Flammarion nous propose dans une belle édition en ce début d’automne, au moment même où fleurs et feuilles vont sommeiller pendant de longs mois. Cet ouvrage a le mérite d’allier les évocations des végétaux aux pages de « Jean Santeuil » et de « A la recherche du temps perdu » où elles sont tantôt associées  aux heures d’enfance et aux amours inaccomplis, tantôt aux réminiscences affectives et aux illusions perdues. Il est vrai que l’œuvre proustienne est odorante tant on y croise un nombre incalculable d’arbres et de fleurs dont les descriptions ne se contentent pas d'être une louange à leur beauté mais nous projettent dans le tissage complexe et subtil de la mémoire. Avec Proust, chacune d'elles, qu’elle soit bucolique ou psychologique, va bien au-delà des apparences en nous introduisant dans un univers sans frontière. L’écrivain ne nous invite-t-il pas à le suivre dans un fascinant paysage mental émaillé de métaphores et ne se comparait-il pas lui-même à un botaniste moral « qui laisse dormir dans l’humus de sa mémoire la matière sombre et secrète de sa propre création ? »

 

Bien qu’il redoutât les parfums à cause de son asthme, il prenait plaisir à faire l’apologie des saveurs et des odeurs et, à l’initiative de Baudelaire, d’unir l’odorat et le goût car tous deux «  restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer et à porter sans fléchir l’édifice immense du souvenir ». Si bien que  cet ouvrage est une aimable promenade dans le monde proustien si vaste et si pénétrant, là où sous le couvert de la ferveur s’élabore un herbier sur lequel l’imagination ne cesse de broder et de solliciter les correspondances les plus inattendues et les plus audacieuses grâce à l’expérience sensorielle de la mémoire involontaire.

 

Par la même occasion, Proust démontre l’importance de la métaphore qui explique l’inconnu par le biais d’un élément familier, une fleur, une plante, et prête à l’art et à la botanique le pouvoir de déceler la signification du monde et, par voie de conséquence, de la vie. A la ressemblance d’une cathédrale, Marcel Proust a conçu et envisagé son œuvre littéraire dans un enchevêtrement végétal aux multiples ramifications « plus vivaces et pérennes que les vergers du Jardin de l’Eden » - souligne Dane Mc Dowell, journaliste et universitaire, spécialiste de l’architecture des jardins et de l’art de vivre, dont l’herbier est une traversée de la mémoire olfactive particulièrement envoûtante. L’herbe drue de la création nous évite ainsi de nous en tenir aux seules données suggérées par les sens et de vivre dans ces paysages agrestes aux vives couleurs une véritable expérience spirituelle. Bien que condamné volontaire dans le huis clos de sa chambre, Marcel Proust a su ouvrir les portes du vrai paradis qui est celui de l’art et de l’art uniquement. N’est-ce pas grâce à lui que les fleurs si vite fanées et les humains si vite vieillis connaîtront des inflorescences enchanteresses et que le passé reconquis, grâce à la mémoire, deviendra en quelque sorte un éternel présent ? 

 

Ce livre aux fragrances multiples et aux sensibles descriptions suit un itinéraire précis qui va des fleurs de l’innocence  aux fleurs de salon, des fleurs du mal à l’herbier de la mémoire et nous découvre des horizons insolites où Proust, en écrivain impressionniste, s’attache à saisir la magie d’un reflet, l’instable dans l’absolu et propose une échappée sur l’essence même de la vie. Un précieux ouvrage, illustré par Djohr, à offrir lors des prochaines fêtes de fin d’année parce qu’il est une introduction à l’oeuvre proustienne particulièrement séduisante. Lisez plutôt ce passage sur la fleur de marronnier :

 « Parce qu’elles fleurissent en candélabres et qu’elles embaument le jardin, ses fleurs aériennes accompagnent une liturgie secrète et personnelle agissant comme des intermédiaires entre les dieux et les hommes. Enfin, lorsqu’elles jonchent le sol en formant un tapis de pétales de roses, elles renouvellent la promesse d’un avenir radieux et d’une vie éternelle. »

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Illustrations de Djohr : le catleya et l'aubépine.
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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 09:03
Vie et mort de Katie Olson de James Garner

Aujourd’hui, on parle beaucoup d’attouchements, de violences faites aux femmes et autres sévices encore : psychologiques, moraux, … mais cette détestable attitude date de la nuit des temps. James Garner dans ce très court roman pousse à l’extrême les malheurs que Katie Olson dût subir. Atroce !

 

 

Vie et mort de Katie Olson

James Garner (1962 - ….)

 

 

« Je suis une femme. Ni belle ni laide. J’ai trente ans, quarante ans, cinquante ans. Je ne me lave jamais. Je vis dans la crasse. Depuis que j’ai quatorze ans, je brûle, le feu me ronge de l’intérieur. Alors ce feu, je le prends et je m’en sers pour nettoyer le monde ». Cette citation suffirait presque à résumer ce court récit, tout aussi violent que concis et même peut-être encore plus déstabilisant. Une vraie gifle !

 

James Garner est issu de la contre-culture américaine, sa plume, particulièrement acérée, critique violemment la société américaine. Dans ce très court récit, il raconte en quelques mots, quelques formules, quelques phrases courtes, dépouillées mais particulièrement incisives, la vie de Katie, une fille que la malchance a fait naître au mauvais endroit et au mauvais moment. Violée régulièrement par son père sous le regard indifférent de sa mère, elle finit par se débarrasser de son bourreau sans que la police ne la soupçonne. Mais la chance l’abandonne et la police la rattrape quand elle l’accuse d’avoir allumé un incendie meurtrier. Le feu est l’arme qu’elle utilise pour se venger de tous ceux qui l’ont fait souffrir ou qui n’ont pas suspendu le geste de ceux qui l’ont torturée, notamment cet abominable père.

Pauvre Katie, elle sera la victime de tous : de sa famille, de la société, de la justice, de la police. Elle était pauvre sans défense, elle n’avait que le feu pour se défendre et même son arme s’est retournée contre elle et elle a fini derrière les barreaux d'une prison.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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Monologue tiré de l'ouvrage et interprété par la compagnie  " Les animaux du zoo".

Monologue tiré de l'ouvrage et interprété par la compagnie " Les animaux du zoo".

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